Baia Mare (littéralement « la grande mine », , en , en , (consulté le 6 décembre 2022) ou Frauenbach, , la « Rivière des Dames »), est une ville du județ de Maramureș, dans le nord-ouest de la Roumanie. Sa population s'élevait à en 2021.

La ville est un centre industriel, commercial et culturel, tristement connu pour la catastrophe de 2000, accident minier au cours duquel des tonnes de cyanure de l'industrie aurifère furent déversées dans le bassin hydrographique du Someș et de la Tisza à la suite de la rupture d'un barrage qui contenait des eaux contaminées. On a qualifié cette catastrophe de pire désastre écologique depuis Tchernobyl.

Une importante école de peinture, sous l'influence de l'impressionnisme et de l'expressionnisme, a été fondée ici à la fin du par des artistes venus des quatre coins du monde.

Toponymie Baia Mare signifie littéralement « la grande mine », « mare » signifiant « grand » en roumain et « baie » étant un archaïsme roumain équivalent au hongrois « bánya » signifiant « mine ». On trouve partout le mot baie là où il y a d'anciennes mines en Roumanie.

Géographie Baia Mare est située dans la vallée de la rivière Sasar, un affluent de la Lăpuș. Elle se trouve dans une dépression, environnée par un relief montagneux carpathique au nord avec les monts Igniș (Munții Ignișului) et à l'est avec les monts Gutâi (Munții Gutâiului), et constitué de collines au sud dans les Dealurile Silvaniei.

Baia Mare est située à au nord de Cluj, à au nord-ouest de Bucarest, à de la frontière hongroise et à de la frontière ukrainienneDistances à vol d'oiseau ou distances orthodromiques..

Le deuxième centre urbain du județ est Sighetu Marmației, capitale historique du Maramureș, ville située à au nord-est. Il faut franchir le col du Gutâi ( d'altitude) pour y parvenir.

Histoire Des vestiges archéologiques montrent que ce territoire a été habité à partir du paléolithique supérieur. À l’âge du bronze apparaissent les Carpes, tribu Dace (des Thraces septentrionaux) dont le nom signifie « rocailleux » et qui a laissé son nom aux Carpates. Les caractères ethnographiques des Daces se sont mieux conservés dans la Marmatie voisine et autour de Baia-Mare, ce qui en fait une zone de grand intérêt pour les ethnologues.

La plus ancienne trace écrite de la ville remonte à 1142, lorsque le roi hongrois Géza II encouragea les paysans et nobliaux de Lorraine, du Luxembourg et de Rhénanie à coloniser la Transylvanie alors hongroise pour la protéger de l'invasion des nomades Coumans. On considère que la ville est ainsi fondée sous le nom au par ces immigrants venus de Saxe.

Le nom de Baia Mare est ensuite mentionnée pour la première fois dans un document de 1329. La ville y est présentée comme un centre minier et une cité médiévale à majorité allemande, bénéficiant de larges franchises, sise dans le comitat hongrois de Satu Mare (Szatmár). Cette nouvelle attestation documentaire provient la chancellerie du roi de Hongrie, Charles-Robert d'Anjou. Mais c'est la chancellerie du roi Louis d’Anjou, le , qui détaille le mieux les institutions de la ville. L'Hôtel des monnaies de Baia Mare est mentionné pour la première fois en 1411 et présenté comme l'atelier le plus renommé de ce type en Transylvanie.

En 1446, le domaine de Baia Mare avec toutes ses mines devient la propriété du voïvode de Transylvanie, Jean Hunyadi, en remerciement pour son courage contre l’invasion ottomane. C'est à ses frais que l'on entreprend la construction de la cathédrale Saint Étienne ayant comme annexe « La Tour d’Étienne ».

En 1469, le roi Matthias Corvin émet un document important pour les citoyens de la ville : il s’agit du droit de renforcer les fortifications avec de hauts murs, des cloisons, des fossés, des palissades capables de repousser de puissants assiégeants. Baia Mare reçoit alors le rang de : « castrum » ou « castellum » (ville fortifiée). Malgré cela, en 1490 Baia-Mare est prise et pillée par les troupes polonaises du prince Jean Albert.

En 1526, la ville de Baia Mare devient la propriété du voïvode de Transylvanie, Jean Zapolya, période pendant laquelle on enregistre un déclin de la vie économique locale, les ressources de la ville étant dilapidées en coûteuses guerres par Zapolya et ses successeurs. Dans les années suivantes, la Réforme progresse parmi les Baïmarènes (comme on appelle ses habitants). L’année 1547 est remarquable pour la création d’une importante institution d’enseignement ; il s’agit de « Schola Rivulina », qui appartenait au culte reformé. Cette école s’est affirmée pendant plus de deux siècles comme un véritable berceau de culture, en fournissant un grand nombre de théologiens, de fonctionnaires, de juristes, de lettrés mais aussi d'ingénieurs des mines. vignette|gauche|Vue d'une rue à Nagybánya, Lajos Tihanyi (1908).

Afin d'exprimer sa reconnaissance pour l’abolition de ses dettes par le voïvode valaque, Michel le Brave, en 1600, l’administrateur des mines Felician Herbstein ordonne l’émission, par l’Hôtel des Monnaies de Baia Mare, d’une médaille d’or qui représente le visage du voïvode : c'est l’une des plus belles réalisations du domaine numismatique.

En 1699, par le traité de Karlowitz, comme toute la Transylvanie, Baia-Mare passe sous l'occupation autrichienne. Les tentatives, en 1703, du capitaine Pintea Viteazul (« le Brave »), au service du voïvode François II Rakoczi, de les en chasser, échoue. En 1748, les autorités autrichiennes créent à Baia Mare l'inspection minière (Obermat), et construisent un nouvel Hôtel des Monnaies.

En 1867, alors que le chemin de fer atteint Baia-Mare, l'autonomie de la principauté de Transylvanie est supprimée et l'empire d'Autriche devient la double monarchie austro-hongroise : Baia-Mare redevient une ville de province du royaume de Hongrie, où affluent des peintres (Károly Ferenczy, Vilmos Aba-Novák, Lajos Tihanyi…), attirés par les paysages alentour, des géologues, des collectionneurs de minéraux et des ethnologues venus étudier les villages valaques conservant des traditions et des pratiques médiévales. L’année 1889 voit la parution du premier hebdomadaire roumain « Gutinul », revue socio-littéraire et économique. vignette|redresse|Nagy Bánya dans le Royaume de Hongrie en 1907.

En 1920, le traité de Trianon attribue Baia-Mare à la Roumanie. La ville devient alors un chef-lieu de département. En 1940, par les « Arbitrages de Vienne », la ville repasse sous la souveraineté de la Hongrie, soumise à la dictature de Miklós Horthy. Dans les années 1940, les Juifs de Baia Mare doivent subir l'antisémitisme des « Croix fléchées » et en 1944, Baia Mare devient un centre de regroupement forcé pour les Juifs en attendant leur déportation vers Auschwitz : sur les ordres du gouvernement de Ferenc Szálasi, le ghetto est établi le dans l'ancienne verrerie Koenig, où doivent s'entasser jusqu'à et un autre ghetto est installé dans une grange pour , d'autres devant rester à la rue.

Les concentrés dans ces deux ghettos sont déportés à Auschwitz en deux convois, respectivement le et le . Toutefois, grâce à son commandant militaire, le lieutenant-colonel Imre Reviczky, de nombreux Juifs échappent à la déportation ordonnée en 1944 par le (en 1962, Imre Reviczky fut distingué à titre posthume comme Juste parmi les nations).

En , l'offensive des 2, 3 et 4 fronts ukrainiens et de l'armée roumaine désormais Alliée contre la deuxième armée hongroise et la sixième armée allemande, rend de facto Baia Mare à la Roumanie, ce qui sera reconnu de jure après la Seconde Guerre mondiale, au traité de Paris en 1947 qui annule les « arbitrages de Vienne ». Mais la Roumanie est soumise, du au à une dictature communiste sous la férule d'un parti unique, le PCR.

Depuis 1991, Baia Mare se développe surtout grâce au tourisme dans le Maramureș, mais reste un centre culturel, minier et industriel important.

Le , aux alentours de Baia Mare a eu lieu une catastrophe industrielle de nature chimique : le déversement de cyanure provenant de l'exploitation minière aurifère Aurul. d’effluents contenant des cyanures () et des métaux lourds contaminent une superficie de et polluent la Sasar. Une « vague » de 30 à de long contenant des effluents cyanurés se propagera les jours et semaines suivantes sur la Lăpuș, le Someș, la Tisza et le Danube. La pollution atteint cinq pays : Roumanie, Hongrie, Serbie, Bulgarie et Ukraine et aboutit en mer Noire.

Politique

+ Élections municipales de 2020PartiSiègesStatut Parti national libéral (PNL)7 Coalition pour Baia-Mare (PSD)7 Union sauvez la Roumanie (USR)4 Parti Mouvement populaire (PMP)3Union démocrate magyare de Roumanie (UDMR)2

Démographie

Communautés culturelles Au début du , la majorité de la population est hongroise. La proportion s'inverse au cours des deux décennies suivantes. Des Juifs ashkénazes commencèrent à s'établir à Baia Mare vers 1850, principalement des artisans, des entrepreneurs et des agriculteurs et la première synagogue ouvrit en 1887. Une partie d'entre eux étaient affiliés à la fameuse école hassidique de Szatmár mais presque tous furent exterminés dans la Shoah et il ne restait que 950 Juifs à Baia Mare en 1947, qui émigrèrent pour la plupart au cours des décennies suivantes Histoire des Juifs de Baia Mare sur www.jewishvirtuallibrary.org. Consulté le 16 février 2014.. Riche de paysages variés, son centre artistique accueille depuis sa création, à la fin du XIXe siècle, de nombreux artistes étrangers. La ville leur offre l'opportunité à la fois celle d'exposer leurs oeuvres, et celle d'y résider à des prix avantageux pour en créer d'autres. +Répartition de la population par etnieAnnée..RoumainsHongroisAllemandsJuifsRomsUkrainiensAutres%%%%%%%188040,6356,082252,01310,28520,46192048,3931,987,6211,40.990,61193054,5231,771680,9411,111640,9270,04540,30195655,8840,731030,272,81220,06340,09480,13197773,1625,344400,442700,274650,461920,19970,10199280,2417,390,68910,061,323400,23720,05200284,7014,272490,1820,007330,532540,181650,12201177,6610,302700,22320,032,511530,129,16 Religions Selon le recensement de 2011, la répartition religieuse de la ville est la suivante : Orthodoxes : 67,19 % Catholiques Romains : 7,18 % Greco-catholiques : 4,51 % Réformés : 5,18 % Pentecôtistes : 3,58 %. Témoins de Jéhovah : 1,14 % Non-déclarées : 9,54 % Autres : 1,65 %

Économie L'économie de la ville pendant la période communiste était fondée sur l'extraction minière des alentours et la transformation des métaux. Ces industries ont beaucoup souffert de la période de restructuration qui a suivi la révolution de 1989, le secteur entier ayant progressivement fait faillite, et les mines d'or, de cuivre, de plomb, les combinats Romplumb, Aurul et Phoenix sont maintenant inactifs.

En 2012, Baia Mare est la capitale roumaine du meuble Catalin Vischi , « Primele trei firme din Romania din industria mobilei sunt din Maramures », sur emaramures.ro, 4 septembre 2012. grâce notamment à l'usine Italsofa, une filiale du groupe italien Natuzzi S.p.A., dont le siège se trouve à Bari. En activité depuis 2002, cet établissement emploie environ et fabrique des canapés, fauteuils, canapés-lits extensibles, etc.

Tourisme Le tourisme est un domaine d'avenir pour Baia Mare et sa région qui bénéficient de nombreux atouts tels que les lacs Firiza Association Gers-Roumanie : lac Firiza et Mogoşa Tourisme Transcarpathie : Maramures, les stations d'hiver Izvoare et Suior, ou encore des attractions culturelles, par exemple des églises en bois inscrites au patrimoine mondial de l'UNESCO Ensemble « Églises en bois de Maramureş », ou la colonie de peintres.

Sport Rugby à XV CSM Baia Mare qui évolue en SuperLiga, le championnat de première division. Football Minaur Baia Mare

Patrimoine