vignette|Le châtiment d'Harout et de Marout Harout et Marout () sont deux anges cités dans la sourate 2 (v. 102) du Coran. Ils enseignent la magie.
Citation coranique Ce verset a posé un problème aux orientalistes, en particulier en raison de sa longueur. Blachère, et par la suite de nombreux orientalistes, l'ont considéré comme augmenté d'une interpolation : « En sa forme initiale, ce verset avait à peu près la même longueur que ceux qui précèdent. L’insertion du passage en italique (c’est-à-dire de : “Salomon n’était pas incrédule” à “S’ils avaient su”) est venue l’étirer. »Le Coran, Paris, Maisonneuve et Larose, 1980, p. 42.
Critique textuelle
Les influences à l'origine des figures coraniques d'Harout et Marout ont fait l'objet de recherches anciennesWilliam St. Clair Tisdall, The Original Sources of the Quran. Aujourd'hui, l'opinion généraleSans être une unanimité. L'essayiste et spécialiste des religions Papa Cheikh Jimbira Sakho qualifie une correspondance directe de « tirée par les cheveux » des chercheurs est que ces deux personnages proviennent des deux êtres divins Haurvatat et Ameratat, présents dans la mythologie zoroastrienne. Ces êtres dirigent les eaux et les plantes.
Comme de nombreux autres noms propres coraniques, le schéma lexical est araméen, ce qui montrerait que ces noms ont transité vers la langue arabe via l'araméen. La médiation manichéenne ne peut être exclue entre les figures iraniennes et le Coran.
Contexte coranique Dans le texte coranique, ces figures sont citées en lien avec le prophète Salomon (Soulayman). Elles sont toutes reliées entre elles par le contexte de la magie. Harout et Marout enseignent, comme les démons, le sort qui permet de faire rompre des époux et la magie aux hommesMalek Chebel, "Anges", Les 100 mots du Coran, 2017.Gobillot G., "Ange, angelologie",dans Dictionnaire du Coran, 2007..
La description de ces anges rappelle le motif de l'ange déchu, présent dans l'Orient ancien et responsables de l'arrivée du mal sur la terre comme chez 1 Enoch et Job 4-5. On retrouve, en particulier, dans la tradition musulmane un écho du récit des « fils de Dieu ». Geiger fait le lien entre le Coran et un récit midrashique (‘Aza’el et Shemhazai). Bar-Asher rappelle néanmoins, qu'il est ardu de retrouver la filiation exacte.
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Interprétations et récit traditionnel Bar-Asher fait une synthèse des explications données dans les tafâsîrG. Gobillot trouve cette synthèse "excellente" :Ce récit est post-coranique. Si le Coran précise que cette croyance le précédait, G. Gobillot s'étonne que les commentateurs n'aient pas remarqué la contradiction entre cette hypothèse et un autre passage coranique. L'auteur rappelle que s'il y a une adéquation , les traditions juives et chrétiennes ne donnent pas à Salomon cette dimension en lien avec la magie. Gobillot G., "Le Coran, guide de lecture de la Bible et des textes apocryphes", Pardès 2011/2 (N° 50), p.131-154
Bien que le Coran ne soit pas clair sur le rôle d'Harout et Marout sur Terre, le récit a été développé et canonisé par la tradition post-coraniqueStephen Burge Angels in Islam: Jalal al-Din al-Suyuti's al-Haba'ik fi akhbar al-mala'ik Routledge 2015 p. 8. Il n'apparaît qu'au chez Tabari, lui-même repris au par Ibn Kathir qui reconstitue deux versions du texte. . Tabari attribue cette histoire à Ibn Masud et Ibn AbbasAmira El-Zein Islam, Arabs, and the Intelligent World of the Jinn Syracuse University Press 2009 page 40.. De nombreuses légendes à propos de ces anges sont présentes dans les commentaires coraniques classiquesEncyclopedia of Quran, "Babylon", p. 95.. Le récit est contredit par des penseurs musulmans défendant la doctrine de l'impeccabilité des angesThe Encyclopedia of Islam, art. "Mala'ika", . puisque cette sourate est une .
Postérité À partir du , le récit d'Harut et Marut apparaît dans la littérature occidentale et y reste présent jusqu'au . Il y . Hermann le Dalmate (), dans le texte qu'il a traduit et intitulé Doctrina Machumet, est le premier à évoquer ce récit.
Voir aussi Articles connexes Ange déchu Liste des personnages du Coran
Bibliographie Jean de Menasce, « Une légende indo-iranienne dans l’angélologie judéo-musulmane : à propos de Hārūt et Mārūt », Études asiatiques. Revue de la société suisse d’études asiatiques 1/2 (1947), p. 10-18Malgré sa date ancienne, cet ouvrage est toujours cité en référence par Bar-Asher, par exemple.Roessli J.-M., "Jean de Menasce (1902-1973), historien des religions, théologien et philosophe Avec un aperçu de sa correspondance avec Franz Cumont (1868-1947)", Revue des sciences philosophiques et théologiques 2017/4 (Tome 101), p. 611-654.. Bar-Asher M., "Hârût et Mârût", Dictionnaire du Coran,Paris, 2007, p.384-385.
Notes et références Notes
Références
Catégorie:Personnage du Coran Catégorie:Ange dans l'islam
ar:هاروت وماروت de:Harut und Marut en:Harut and Marut fa:هاروت و ماروت id:Harut dan Marut ja:ハールートとマールート ms:Harut dan Marut sv:Maruter tr:Harut ve Marut