Laval est une ville du Québec située dans la banlieue de Montréal. Elle constitue également à elle seule l'une des dix-sept régions administratives de cette province, en plus de posséder les compétences attribuées à une municipalité régionale de comté (MRC). Avec sa population de lors du recensement en 2021, Laval est la troisième ville la plus peuplée au Québec, derrière Montréal et Québec, ainsi que la treizième au Canada. Sa superficie totale est de , dont sont terrestres.

Si la majorité du territoire de la ville est constituée de l'île Jésus, Laval comprend également une multitude de petites îles en son pourtour, qui font partie de l'archipel d'Hochelaga. La rivière des Mille Îles, au nord et à l'ouest, la sépare des municipalités de la Rive-Nord de Montréal, situées dans les régions des Laurentides et de Lanaudière, et la rivière des Prairies, au sud et à l'est, délimite sa frontière avec Montréal.

Peuplée de manière permanente depuis le , l'île Jésus voit plusieurs agriculteurs français s'y installer au cours des siècles. Les sols très fertiles de la région firent de l'agriculture une activité très répandue. Tout comme à Montréal, on retrouvait sur le territoire lavallois une végétation décidue, des milieux humides et une biodiversité très développée. En , Laval est constituée à partir du territoire de quatorze municipalités qui sont aujourd'hui ses quartiers. Depuis les , Laval se transforme progressivement en banlieue très étendue, fortement résidentielle et légèrement industrielle. Le tiers du territoire est protégé par la loi provinciale afin de conserver les terres agricoles. Les bois qui subsistent sur le territoire témoignent de l'industrialisation du territoire et rappellent des fragments de l'histoire de l'île Jésus.

Géographie Sont répartis sur le territoire de Laval, en ordre d'importance : les surfaces artificielles (56,9 %), les forêts (16,6 %), les terres agricoles (16,4 %), les eaux (7,7 %) et finalement les milieux humides (2,4 %)Institut de la statistique du Québec - Le Québec chiffres en main 2018.

Situation À la fois ville et région, Laval couvre l'entièreté de l'île Jésus, immédiatement au nord-ouest de l'île de Montréal, au cœur de l'archipel d'Hochelaga. Avec Montréal, la métropole du Québec, Laval est le cœur de la Communauté métropolitaine de Montréal, l'une des plus grandes agglomérations urbaines du Canada.

Sa superficie s'étend sur , dont qui sont terrestres, soit exactement 0,02 % du territoire québécois. Malgré sa très faible superficie, Laval possède tout de même le statut de « région administrative » depuis 1987. Elle est de loin la plus petite région : elle est moins vaste que le Nord-du-Québec, la plus grande. En raison de sa proximité immédiate avec Montréal, elle est en processus important d'étalement urbain depuis le milieu du , la majorité de son territoire étant désormais urbanisé.

Elle est bordée au nord par les régions de Lanaudière et des Laurentides et au sud par Montréal.

Relief Située au milieu des basses-terres du Saint-Laurent, l'île Jésus possède un relief très plat. Son altitude varie entre (rivière des Prairies) et (mont Laval). L'altitude est d'à peine une dizaine de mètres dans le quartier de Saint-François, dans le secteur de la pointe est de l'île.

Sol et agriculture À l'instar de l'île Bizard, le sol rocheux qui se réchauffe rapidement de l'île Jésus combiné à un bon climat font de Laval l'endroit idéal pour la production de légumes de primeur. Bien que se chiffrant à 45 % du territoire lavallois peu après la promulgation de la Loi sur la protection du territoire agricole en 1978, la zone agricole permanente de Laval se chiffre en 2024 à 29 % du territoire.

Hydrographie L'île Jésus est délimitée par deux rivières se rejoignant à ses extrémités : la rivière des Mille Îles (au nord) et la rivière des Prairies (au sud). On retrouve à l'intérieur de l'île près de de ruisseaux permanents qui sillonnent le territoirehttp://credelaval.qc.ca/wp-content/uploads/2017/05/RapportFINAL_ProjetRuisseaux_CREdeLaval_2104.pdf. Les principaux sont les ruisseaux La Pinière, Champagne, Papineau-Lavoie et Gascon. L'île ne possède aucun lac ou plan d'eau notable.

Municipalités limitrophes

Histoire Seigneurie de l'Île-Jésus vignette|150px|Armoiries du Séminaire de Québec, propriétaire de l'île Jésus durant 175 ans. Connue des peuples autochtones et utilisée principalement comme halte ou comme lieu de passage, l'île Jésus devient une seigneurie alors que le territoire du Québec est colonisé par les Français sous le nom de Nouvelle-France.

En 1636, l'île Jésus est offerte aux Jésuites canadiens à titre de seigneurie, mais demeure inexploitée. Elle passe ensuite aux mains de François Berthelot, conseiller et secrétaire du roi Louis XIV. Ce dernier ne la conserve que avant de la céder, en 1675, à François de Montmorency-Laval, évêque de Québec, en échange de l'île d'Orléans. En 1680, l'île est cédée au Séminaire de Québec, qui en demeure seigneur jusqu'à l'abolition du régime seigneurial, en 1854.

Le peuplement de l'île Jésus est amorcé en 1672 à partir de sa pointe est, mais demeure timide jusqu'à la signature de la Grande Paix de Montréal, en 1701, qui met fin à une guerre entre Français et Iroquois. Au cours des siècles, des agriculteurs français s'installèrent sur l'île Jésus. Plusieurs maisons y seront encore habitées des centaines d'années plus tard. Les sols très fertiles de la région firent de l'agriculture une activité très répandue. Tout comme à Montréal, on retrouvait sur le territoire lavallois une végétation douce et un milieu humide favorisant la croissance de plusieurs forêts de feuillus. Une biodiversité très développée y régnait.

Naissance des premières paroisses vignette|gauche|400px|Carte de Laval en 1834 réalisée par André Jobin.

En 1702, on établit la paroisse de Saint-François-de-Sales et, en 1740, on autorise la création des paroisses de Sainte-Rose-de-Lima et de Saint-Vincent-de-Paul. La population, d'abord concentrée sur les rivages, s'étend graduellement vers le centre de l'île, comme en témoigne l'apparition d'une nouvelle paroisse, celle de Saint-Martin, en 1774. En 1681, l'île Jésus compte . En 1765, ce nombre passe à 2 379, pour atteindre près de en 1823.

Sous le régime seigneurial, le territoire de l'île Jésus demeure majoritairement rural. On note néanmoins le développement d'un premier village dans la paroisse de Saint-François-de-Sales dès 1753 et la création de divers chemins donnant accès, notamment, aux églises et aux moulins de l'île.

En 1845, on tente une première fois d'instaurer un système municipal. Devant son échec, deux ans plus tard, on proclame l'« Acte pour faire de meilleures dispositions pour l'établissement d'autorités municipales dans le Bas-Canada ».

En 1854, l'Acte pour l'abolition des droits et devoirs féodaux dans le Bas-Canada est proclamé, mettant ainsi définitivement fin au régime seigneurial, hérité de la période coloniale française et maintenu par les Britanniques après la conquête de 1763.

Comté de Laval et multiplication des municipalités vignette|Ferme à Laval-des-Rapides en 1941. vignette|gauche|Le gouvernement fédéral ouvre le pénitencier de Saint-Vincent-de-Paul en 1873.

Le régime municipal est établi de façon permanente en 1855, avec l'Acte des municipalités et des chemins du Bas-Canada.

Avec l'entrée en vigueur de ce nouveau mode de gestion du territoire, toutes les agglomérations d'une population d'au moins 300 habitants deviennent des municipalités. Ainsi, sur l'île Jésus, les municipalités des paroisses de Saint-François-de-Sales (plus tard Saint-François), de Saint-Martin (plus tard Renaud), de Sainte-Rose-de-Lima (plus tard Auteuil) et de Saint-Vincent-de-Paul (plus tard Duvernay) apparaissent en 1855.

L'Acte des municipalités et des chemins du Bas-Canada prévoit également la création de corporations municipales de comté, où siègent les maires de municipalités voisines pour délibérer sur des sujets d'intérêt commun. Ainsi, la Corporation du comté de Laval est également constituée ; le nom inspirera celui de la ville de Laval, créée 110 ans plus tard.

Au fil du temps, les territoires des quatre municipalités de paroisse sont progressivement retranchés pour fonder de nouvelles municipalités. C'est ainsi que naît le village de Sainte-Rose en 1858, la paroisse de Sainte-Dorothée en 1869, la paroisse de Saint-Elzéar en 1904, la ville de Laval-des-Rapides en 1912, la paroisse de la Partie ouest de Sainte-Rose en 1914, la ville de Laval-sur-le-Lac et le village de L'Abord-à-Plouffe en 1915, la municipalité de Pont-Viau en 1926, le village de Plage-Laval en 1930, la ville des Îles-Laval en 1941, le village de Sainte-Dorothée en 1947, la ville de Saint-Vincent-de-Paul en 1952 et la ville de Saint-Martin en 1953.

Création de la ville de Laval vignette|L'autoroute des Laurentides, inaugurée en 1958 entre Montréal et Sainte-Rose. La disparité dans le développement et l'urbanisation des diverses municipalités de l'île Jésus suscite l'intérêt du gouvernement provincial qui cherche, dès la fin des années 1950, remédier à la situation en établissant une structure de gouvernance régionale bénéficiant de pouvoirs plus étendus. En 1959, la Corporation du comté de Laval change de nom pour la Corporation interurbaine de l'Île Jésus et est chargée d'étudier et résoudre les problèmes intermunicipaux dans l'île.

Parallèlement, l'heure est aux fusions, et ce, malgré la constitution très récente de nouvelles municipalités. Les premières municipalités à fusionner sont celles de la paroisse de Sainte-Dorothée et du village de Sainte-Dorothée, fondé douze ans plus tôt, en 1959, ce qui donne lieu à la création de la ville de Sainte-Dorothée. Vient ensuite en 1961 la fusion de la cité de Saint-Martin, de la ville de Renaud et de la ville de L'Abord-à-Plouffe pour créer la cité de Chomedey. Le projet initial prévoyait également la fusion de la Ville de Laval-des-Rapides, mais celle-ci se retira rapidement du projet.. Les problèmes d'urbanisation et de développement des infrastructures subsistent cependant incitant le gouvernement à agir de nouveau.

Le , le ministère des Affaires municipales du Québec annonce la tenue d'une Commission d'étude sur les problèmes intermunicipaux de l'île Jésus, qui est présidée par le juge Armand Sylvestre et lancée parallèlement à une commission portant sur le même sujet pour l'île de Montréal, présidée par Camille Blier. En , la conclusion de la commission d'étude est annoncée au public : Le , le gouvernement du Québec fusionne les 14 municipalités qui constituaient le comté de Laval et crée ainsi la Ville de Laval :Ces anciennes municipalités sont encore les dénominations des quartiers de la ville de Laval dans le langage usuel de la population.

Urbanisation et développement vignette|Immeubles de copropriété en bordure de la rivière des Prairies.

L'administration municipale de la nouvelle ville de Laval, à l'époque la deuxième ville du Québec par sa population avec près de , doit composer avec un territoire très étendu largement agricole et parsemé de noyaux villageois éloignés qui n'ont parfois que peu en commun. Le développement y est en conséquence quelque peu anarchique. Les terres agricoles font progressivement place à des développements de toutes sortes. En 1956, sur les de l'île Jésus, sont encore en culture, alors qu'elles se chiffrent à environ en 1976. Les cultivateurs qui occupaient avant la fusion plusieurs sièges sur les conseils municipaux des villes de l'île Jésus ne sont maintenant plus au pouvoir, ceci engendrant une pression toujours plus forte sur les terres agricoles.