L'héliport de Paris - Issy-les-Moulineaux - Valérie-André est situé à Paris, au sud de la porte de Sèvres et du boulevard périphérique, à l'ouest du parc Suzanne Lenglen, dans une zone constituant une extension du , limitrophe de la commune d'Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine).

Situation Le terrain est célèbre pour avoir contribué à l'histoire de l'aéronautique au début du . Il est actuellement exploité par Paris Aéroport..

Depuis 2022, l'héliport porte le nom de Valérie André, médecin militaire au grade de général et pilote d'hélicoptère..

Ce site est desservi par la station Suzanne Lenglen de la ligne 2 du tramway, par la station Balard de la ligne 8 du métro et par la station du même nom de la ligne 3a du tramway.

La piste n'est utilisée que pour les hélicoptères, aucun avion ne pouvant s'y poser.

Elle est bordée de plusieurs bâtiments dont : la tour Sequana, ancien siège de Bouygues Telecom, occupé depuis 2015 par le groupe hôtelier Accor. ; la direction générale de l'Aviation civile ; les immeubles des frères Voisin ; le siège de Securitas France ; l'Aquaboulevard ; l'Hexagone Balard.

Histoire

Du champ de manœuvres militaire au terrain d'aviation

vignette|Départ d'un avion Blériot participant au Circuit de l'Est. vignette|gauche|Plaque commémorative à l'héliport de Paris - Issy-les-Moulineaux - Valérie-André, rappelant les vols de Traian Vuia et d'Henri Coanda.

Lors de l'érection de la tour Eiffel sur le Champ-de-Mars en 1889, les militaires sont provisoirement délogés de leur terrain d'entraînement le temps de l'exposition universelle. Ils se voient proposer en compensation un vaste terrain alors en pleine campagne à Issy-les-Moulineaux, d'une surface de . La tour Eiffel n'étant finalement pas démontée à l'issue de l'exposition, le , ils obtiennent la concession d'une partie seulement du champ de manœuvres, d'une surface de , délimité au nord par l'enceinte de Thiers. Le déménagement devient alors définitif.

L'ancien champ de manœuvres militaires devient un terrain d'aviation. En 1905, le mécène Ernest Archdeacon obtient des autorités, pour la première fois, l'autorisation de faire voler un planeur biplan Voisin en ce lieu. L'expérience menée le consiste au remorquage d'un aéroplane, du type Wright, lesté de de sable et reposant sur une glissière, par une automobile d'une puissance de soixante chevaux, à la façon d'un cerf-volant. La manœuvre s'achève par la chute de l'appareil qui est toutefois parvenu à s'élever à une trentaine de mètres de hauteurLa Vie au grand air, 342 du 30 mars 1905..

Le , Louis Blériot franchit la distance de à dans son monoplan tandem Aéroplane VI Libellule. En octobre, Henri Farman atteint la distance de ; Alberto Santos-Dumont, lui, effectue des sauts de puce, après ses essais restés célèbres au parc de Bagatelle.

vignette|redresse|Le monument. Le , Henri Farman boucle le premier kilomètre en circuit fermé sur un appareil Voisin à moteur Antoinette, en . Il emporte le prix Deutsch-Archdeacon. Pour commémorer cet exploit, en 1929, un monument sculpté par Paul Landowski et offert par la mécène Suzanne Deutsch de La Meurthe est mis en place à l'entrée du terrain, à l'intersection entre les rues Henry-Farman et Louis-Armand.

En 1908, le gouverneur militaire de Paris interdit l'usage du terrain aux aéroplanes, faisant écho aux craintes des riverains. Mais cette interdiction est rapidement levée. En 1910, la première course internationale Paris-Bruxelles en aéroplane prend le départ à Issy. C'est aussi l'aérodrome de départ et d'arrivée du Circuit de l'Est d'.

Le , l'aviateur français Pierre Prier, directeur de l'école de pilotage Blériot à Londres, atterrit à Issy-les-Moulineaux en provenance de l'aérodrome londonien de Hendon. Il vient d'effectuer, sur monoplan Blériot, le premier vol entre les deux capitales, en .

Le se déroule la première course Paris-Madrid. Elle est remportée par Jules Védrines. Mais la fête est aussi endeuillée par le décès accidentel de Maurice Berteaux, ministre de la Guerre, frappé de face par l'hélice du monoplan de Louis Émile Train, qui tente un atterrissage d'urgence.

Les expositions internationales aéronautiques de Paris sont organisées sur ce terrain.

À partir de 1922, Raoul Pateras Pescara réalise des essais d'hélicoptères sur les prototypes de sa construction. Il met au point la commande de pas cyclique et réalise un bond de .

Après le déclassement de l'enceinte de Thiers en 1919, le champ de manœuvre est rattaché officiellement à Paris par un décret du Journal officiel de la République française, 5 avril 1925, .

En 1940, le terrain subit les bombardements de la Luftwaffe ; il est rapidement placé sous contrôle des Allemands qui y installent leurs avions.

La transformation en héliport après la Seconde Guerre mondiale thumb|Héliport de Paris, bâtiment technique. Après guerre, la multiplication des constructions autour de l'aérodrome impose de nombreuses restrictions. Si les pistes sont dorénavant trop courtes pour les avions modernes, plusieurs sociétés de giraviation viennent en revanche s'y installer, poussées par le développement des hélicoptères. En 1952, se déroule la première coupe internationale d'hélicoptères, où Jean Moine et Gérard Henry se partagent la victoire. En 1953, les avions disparaissent définitivement de l'aérodrome. vignette|gauche|redresse|Valérie André en 2015. En 1956, l'aérodrome, placé sous l'autorité d'Aéroports de Paris, devient l'héliport de Paris. En mars 1957, la Sabena ouvre, à l'occasion de l'Exposition universelle en Belgique, une ligne de transport de passagers par hélicoptère entre Paris et Bruxelles, en . Mais cette liaison cesse en 1962, faute de rentabilité.

Le terrain se réduit progressivement, amputé par diverses réalisations : dix hectares à partir de 1958 pour construire le boulevard périphérique de Paris, puis la Ville de Paris prélève dix hectares pour des terrains de sports. La tour EDF s'installe à son tour, puis la tour de l'hôtel Sofitel, et enfin l'Aquaboulevard. L'héliport voit sa fréquentation diminuer d'année en année, en raison de la concurrence d'autres terrains comme l'aéroport du Bourget, et de problèmes croissants de nuisances dans un environnement devenu particulièrement dense.

En 2010, un nouveau bâtiment en forme de cube de béton blanc, œuvre des architectes Richard et Schoeller, est érigé sur le site afin d'y installer les bureaux et la salle de commandement des hélicoptères de la Sécurité civile ; ce document est une archive..

En , la dénomination de l'héliport est complétée, par décret, en y ajoutant le nom de Valérie André, médecin militaire au grade de général et pilote d'hélicoptèreDécret n° 2022-314 du 3 mars 2022 portant changement de dénomination de l'héliport de Paris - Issy-les-Moulineaux. Lire en ligne..

En , après avoir envisagé sa fermeture totale, la mairie de Paris annonce la diminution de moitié de la surface de l'héliport, d'ici 2025, transférant au parc omnisports Suzanne-LenglenPARIS : L'HÉLIPORT D'ISSY-LES-MOULINEAUX VA ÊTRE RÉDUIT DE MOITIÉ, L'AQUABOULEVARD RÉNOVÉ, BFMtv.com, 19 septembre 2022..

Caractéristiques

Pistes

L'hélistation dispose d'une piste : Numéro QFU Dimensions Nature Balisage 0624 062°-242° × Non revêtue Oui

L'héliport dispose des infrastructures suivantes : aire de stationnement : ; hangars pour aéronefs : 7 hangars.

Usage Cet héliport sert à de multiples usages : rapatriements sanitaires ; vols d'appareils d'État (sécurité civile, gendarmerie, police, armée, douanes) ; vols de transport à la demande de passagers ou vols de fret ; vols de travail aérien (pour des photos, héliportages, etc.) ; vols touristiques ; vols privés.

Il existe de fortes restrictions d'usage limitant l'utilisation de l'héliport.. les commandants de bord doivent avoir pratiqué l'héliport au cours des 24 derniers mois et avoir reçu une formation spécifique pour connaître ses conditions particulières d’exploitation ; au départ ou à destination de l'héliport, les vols d'école et d'entraînement sont interdits ; au départ de l'héliport, les vols circulaires avec passagers sont interdits sauf si une escale de plus d'une heure est prévue au cours du vol ; les samedis, dimanches et jours féries, le trafic journalier est limité à 70 mouvements ; le nombre de mouvements sur l'héliport est plafonné à par an..

Les activités commerciales de transport de passagers sont fortement limitées par ces restrictions d'utilisation.

L'héliport sert de base hélicoptères pour la Sécurité Civile de Paris. Deux Eurocopter EC145 opèrent sur toute l'Île-de-France, sous l'indicatif Dragon 75..

Historique du Groupement d'hélicoptères de la Sécurité civile vignette|gauche|upright=0.6|Dragon 75 Sécurité civile sur l'héliport en 2023. Les prémices de l'utilisation de l'hélicoptère pour le secours en France remontent au 15 novembre 1949. Sous l'impulsion du commandant Curie, une première démonstration est organisée à Issy-les-Moulineaux : l'adjudant de Taddeo réalise avec succès un exercice de sauvetage suspendu à une échelle de corde lors d'un vol aller-retour vers le viaduc d'Auteuil.

Au printemps 1955, le lieutenant-colonel Curie concrétise cette expérimentation en mettant sur pied le premier groupement aérien, bénéficiant du soutien technique de la société Fenwick Aviation et du concours de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris.

L'officialisation de la structure intervient le 19 juin 1957 par un arrêté du ministère de l'Intérieur. Le Groupement d'hélicoptères est alors rattaché à l'Inspection générale du service national de la Protection civile.

Dès la fin de l'année 1957, trois bases pionnières sont opérationnelles pour couvrir les missions spécialisées :

Grenoble, dédiée au secours en montagne ; Lorient, spécialisée dans le secours en mer ; Issy-les-Moulineaux, qui fait office de base principale et de centre de maintenance aéronautique, délocalisés à Nîmes en 1997.

Initialement confondue avec l'échelon central du Groupement, la Base de Paris acquiert son autonomie administrative en 1968. Sous la direction du commissaire principal Thienard, elle débute son activité indépendante avec trois appareils : une Alouette II Artouste (F-ZBAA) appartenant à la Protection Civile, ainsi qu'une Alouette II Astazou (F-ZBDB) et une Alouette III (F-ZBDC) financées par la Ville de Parisdragon75paris.free.fr/historiquebase/historiquebase.html.

Cette base se distingue par sa mixité interservices, réunissant des personnels navigants et techniques issus de trois corps : la Protection Civile, la Préfecture de Police et la Brigade de Sapeurs-Pompiers de Paris.

Dorénavant, l'héliport sert de base hélicoptères pour la Sécurité Civile de Paris où deux Eurocopter EC145 opèrent sur toute l'Île-de-France, sous l'indicatif Dragon 75.

L'activité du Groupement d'Hélicoptères de la Sécurité Civile se concentre prioritairement sur les missions de secours d'urgence, de sauvetage et de protection des populations, incluant l'évacuation de blessés, le transport d'équipes médicales et la lutte contre les feux de forêts. Ces unités interviennent également dans la gestion des catastrophes majeures (plans ORSEC, inondations), les missions de recherche et sauvetage (SAR), les transferts sanitaires inter-hospitaliers, ainsi que dans le soutien aux missions de police administrative et judiciaire. Pour garantir l'efficacité de ces interventions, le Groupement assure en permanence la mise en condition opérationnelle de ses équipages et des services partenaires par des entraînements spécialisés, tout en participant à des actions de présentation et de promotion des moyens techniques de l'État.

Projets La viabilité de l'héliport, en raison des nuisances qu'il provoque, est régulièrement remise en cause« L'héliport de Paris dans le viseur du ministère de la Défense », Le Parisien, 10 septembre 2015.« L'héliport d'Issy dans le collimateur des élus de Paris », Le Parisien, 19 aout 2013..