Un médicament générique — ou un générique — est un médicament identique ou équivalent à celui d'une marque (appelé médicament , ce dernier étant le médicament original protégé par brevet.). La substance active (ou principe actif du médicament) en est soit identique, soit équivalenteIl peut s'agir sel différent ou d'un isomère du principe actif à celle du produit de marque, les seules autres différences possibles étant la présentation, la forme d'administration (uniquement pour la voie orale) et les excipients avec une tolérance dans la concentration plasmatique maximale entre le médicament original et le générique.thumb|Médicament génériqueLe générique a une définition officielle : on entend par générique d’une spécialité de référence, celle qui a la même composition qualitative et quantitative en principes actifs, la même forme pharmaceutique, et dont la bioéquivalence avec la spécialité de référence est démontrée par des études appropriées de biodisponibilité.
Ces médicaments génériques peuvent être produits après expiration du brevet, ou en l'absence de brevet. De nos jours, de très nombreux médicaments brevetés issus de la recherche se sont vus, au cours des années, entrer dans le domaine public, dans le patrimoine commun de l'humanité, et leurs gammes couvrent un très large éventail de maladies aiguës ou chroniques, graves ou bénignes. Par des choix politiques (politique de santé), une entorse peut être imposée sur des médicaments encore protégés, par exemple pour ce qui est des médicaments contre le SIDA, dans les pays en développement.
La posologie, les indications et contre-indications, les effets secondaires et les garanties d'innocuité sont les mêmes. En revanche, un médicament générique est, par principe, à sa sortie, vendu à un prix moindre (ce n'est pas toujours le cas, certains laboratoires ayant décidé de baisser le prix de leurs médicaments , dans un deuxième temps, pour encourager les médecins à continuer de les prescrire).
Il est notable qu’un médicament dont la bioequivalence ne peut être démontrée peut néanmoins être autorisé à la vente par l’ANSM à titre d’hybride.
Développement Pour obtenir une autorisation de mise sur le marché (AMM), un médicament générique ne nécessite pas de données précliniques mais un test de bioéquivalence, c'est-à-dire qu'il sera testé sur quelques volontaires sains, en général des hommes, jeunes et en bonne santé, ne prenant pas d'autres médicaments, après une administration unique ou répétée selon le profil du médicament. Le comportement biologique du médicament générique sera alors évalué par rapport au médicament original. Si le générique se comporte d'une manière suffisamment proche, par exemple si l'intervalle de confiance à 90 % des principaux paramètres pharmacocinétiques (surface sous la courbe de la concentration plasmatique du principe actif en fonction du temps (AUC), la concentration plasmatique maximale du principe actif (Cmax), le moment où la concentration plasmatique maximale est observée (Tmax), paramètre mesurant la vitesse d’absorption de la substance active), est compris dans la fourchette 80 % - 125 % par rapport à ceux du médicament original, alors le générique sera considéré comme « bioéquivalent »Le Corre P, Bio-équivalence et génériques de principes actifs à marge thérapeutique étroite, La Presse Médicale, 2010;39:169-176 EMEA, Guideline on the investigation of bioequivalence, janvier 2010 . En général, la bioéquivalence entre deux produits ne pourra être démontrée que si les valeurs moyennes pour l’AUC et le Cmax présentent un écart de moins de 5 % entre le produit test et le produit de référence. Il est important de rappeler qu'un générique contient toujours la même molécule active, et à la même dose que le médicament princeps.
Même si le principe actif est défini comme identique, du fait de la possible différence de forme et d'origine de ce principe et des excipients, dont certains pouvant avoir des effets notoires (mais qui peuvent être présents dans le princeps), il peut exister de légères variations quant à la pharmacocinétiqueLa loi européenne définissant les génériques, a été transposée en France dans le code de la Santé publique, qui indique Concernant les excipients, l'IGAS précise in Évaluation de la politique française des médicaments génériques, IGAS, septembre 2012, ; 40 ; .
Un médicament générique n'est pas évalué sur de vrais patients. En effet, il contient les mêmes molécules actives, et aux mêmes posologies, molécules qui a déjà été testée lors de la mise sur le marché du princeps in Évaluation de la politique française des médicaments génériques, IGAS, septembre 2012.
Cette méthode d'évaluation a le mérite d'être rapide, simple à mettre en œuvre et peu coûteuse. Elle a pour inconvénient de ne pas évaluer le médicament en conditions réelles, mais cette critique s'applique également à tout nouveau changement de forme, de dosage, ou même de conditionnement du médicament « originel »changement de forme du Coversyl sur pharamster.over-blog.com.
Il faut signaler, cependant, qu'en dehors du test fondamental de bioéquivalence, les données concernant la partie chimie, fabrication et contrôle du médicament (en particulier le dosage, les impuretés et les données de stabilité) sont à fournirhttp://www.afssaps.fr/content/download/17870/215342/version/2/file/qualites-med-generiques.pdf de la même façon que pour le . Ces impuretés sont toujours présentes lors de toute synthèse organique. Le taux de ces impuretés est réduit et ramené à un niveau comparable à celui du , par des méthodes de purification (cristallisation, chromatographie, etc.).
Production Leur fabrication répond aux mêmes normes d'exigence que tous les autres médicaments (contrôles, délivrance d'une autorisation de mise sur le marché, engagements « qualité » des laboratoires).
Les médicaments génériques sont produits : par des sociétés spécialisées, appelées « génériqueurs ». Ces derniers pourront être amenés à commercialiser leur copie via d'autres sociétés commercialisant des génériques. En , à la suite de sérieuses déviations par rapport aux normes de production européennes, le géneriqueur Acino GmbH a dû retirer toutes ses copies du clopidogrel du marchéEMA - European Medicines Agency recommends precautionary recall of batches of clopidogrel-containing medicines from Acino Pharma GmbH, le 25 mars 2010. En France, ce sont deux sociétés différentes qui ont été impactées : Sandoz et Ratiopharm ; par de grandes sociétés pharmaceutiques, ce, sous leur marque ou celle d'une éventuelle filiale spécialisée dans le générique ou encore sous la marque d'un « génériqueur » avec lequel un accord de commercialisation est passé. Dans tous les cas, la mention de la fabrication par une structure différente de celle qui commercialise est indiquée sur la boîte ou la notice du médicament générique.
Les « génériques de marque » et les accords de licences peuvent être un des nombreux moyens pour les grandes sociétés pharmaceutiques de défendre leurs intérêts pour leurs produits tombés dans le domaine public en évitant une partie de la perte de marché causée par l'arrivée des génériques. Les outils de production peuvent ainsi continuer de fonctionner pour la fabrication de l'original et du ou des génériques maisons. Les grands laboratoires pharmaceutiques mettent en avant une meilleure innocuité et une meilleure connaissance du médicament. En effet, les médicaments génériques ne subissent que des tests de bioéquivalence. Les excipients peuvent varier, ce qui peut entraîner de nouveaux effets secondaires ou certaines nouvelles contre-indications (allergies).
Provenance
Nombre de sociétés ont délocalisé la fabrication des médicaments génériques dans les pays émergents (Chine, Inde, Pays de l'Est) et en 2012 80 % des principes actifs étaient fabriqués en Chine et en Inde (contre 50 % pour les princeps) Le Parisien (rédaction) « Médicaments : 80 % des génériques sont importés d'Asie » Le Parisien, 10 décembre 2012.
Selon un documentaire diffusé sur Arte en , 30 % des médicaments génériques consommés dans le monde proviennent du complexe pharmaceutique Hyderabad Pharma City en Inde. Selon ce documentaire, l'industrie pharmaceutique occidentale a été attirée par une main-d'œuvre bon marché, de faibles taxes, et des règlementations environnementales quasi inexistantes. Les industries pharmaceutiques implantées près de cette mégalopole de 8 millions d'habitants sont responsables de la pollution de la rivière Musi, qui engendrerait des infections pulmonaires, des fausses couches et des cancers dans la population locale selon la communauté scientifique« Inde : Hyderabad, la plus grande pharmacie du monde », documentaire diffusé sur Arte en juin 2023, consulter en ligne.
Types de génériques On distingue trois types de génériques utilisés dans les pays de l'Union européenne.
La copie-copie C'est la copie conforme du médicament original (même substance active, même quantité, même forme galénique, mêmes excipients) souvent produite par le même laboratoire pharmaceutique. On les appelle aussi « auto-génériques ».
Les médicaments essentiellement similaires Les excipients peuvent changer mais ni la substance active, ni sa quantité, ni la forme galénique ; ces génériques doivent uniquement prouver leur bioéquivalence avec le médicament original. Attention, si la substance active est rigoureusement la même, les excipients contenus pourraient toutefois modifier les effets, par exemple en modifiant la vitesse du passage du principe actif dans l'organisme. Pour cette raison, les laboratoires doivent produire une étude de bioéquivalence, prouvant que les nouveaux excipients ne modifient ni la quantité de substance active qui passe dans le sang, ni la vitesse à laquelle elle atteint l'organe cible.
Les médicaments assimilables Des modifications minimes peuvent affecter la forme galénique (comprimé au lieu de gélule par exemple), la forme chimique de la substance active (sel au lieu de base, par exemple) ; ces génériques doivent également prouver leur bioéquivalence avec le médicament original.
C'est ainsi, par exemple, que pour contourner le brevet du bisulfate de clopidogrel, un médicament très utilisé en cardiologie, des génériqueurs ont eu l'autorisation de commercialiser une molécule proche : le besylate de clopidogrel. Ce produit est légalement substituable au médicament original : le bisulfate de clopidogrel, mais les indications ne sont pas strictement les mêmes (pour seulement 5 % des cas). Dans le cas où le pharmacien ne s'assure pas que l'indication entre le générique et l'original ne sont pas identique, il ne respecte pas, l'AMM du générique.
Autres types Il existe deux autres types de médicaments pouvant être considérés comme génériques dans d'autres pays que ceux de l'Union européenne : les médicaments originaux améliorés, parfois appelés « génériques-plus » : les médicaments originaux sont améliorés en termes de tolérance, efficacité… les : ils ont la même activité thérapeutique sans être identiques ; il s'agit, en fait, d'un médicament différent ayant la même indication thérapeutique, comportant, par exemple, une modification mineure de la formule. On peut considérer que certaines statines Atorvastatine, lovastatine, fluvastatine, pravastatine, rosuvastatine, simvastatine (6 sur le marché français), antiparkinsoniens dopaminergiques (6 sur le marché français) sont des .
Légalisation