La province de Córdoba est une province argentine située dans le centre-nord du pays. Elle est parfois appelée le « Cœur de l'Argentine ». Sa capitale est Córdoba, la deuxième plus grande ville du pays. La province a une superficie de et une population de en 2015, ce qui en fait la deuxième province la plus peuplée du pays, après celle de Buenos Aires.
Situation Les provinces voisines sont, depuis le nord et dans le sens des aiguilles d'une montre : Santiago del Estero, Santa Fe, Buenos Aires, La Pampa, San Luis, La Rioja et Catamarca.
Histoire Avant la conquête espagnole
Avant la conquête espagnole, quelques tribus vivaient sur le territoire de la province, notamment les Comechingóns et les Sanavirons. Les Sanavirons faisaient partie du groupe ethnique pampide.
Ils formaient en fait une partialité des tonocotés qui s'était différenciée dans la zone de Salavina (centre de la province de Santiago del Estero actuelle). Leur expansion vers le sud-ouest commença, à la suite d'une part de la pression due à sa forte croissance démographique et d'autre part probablement à une période de sècheresse liée à la miniglaciation de Spörer (allant d'environ 1410 à 1570). Ainsi ils arrivèrent à cette époque aux Sierras de Córdoba, envahissant (grâce à leur supériorité numérique) certains territoires ancestraux des Comechingóns. Au sud, leur frontière se heurta au territoire des Taluhets. C'est ainsi qu'au les Salavinons peuplaient toute la zone entourant la Mar Chiquita de l'actuelle province de Córdoba. Au nord, on les trouvait jusqu'au río Salado, où commençait le territoire des tonocotés. Au sud, ils étaient arrivés jusqu'au río Primero. À l'ouest ils atteignaient la sierra de Sumampa et leur frontière orientale coïncidait avec les frontières actuelles entre les provinces de Santiago del Estero et de Santa Fe.
Conquête espagnole vignette|Poste de Santa Cruz dans le département de Tulumba date du . C'était un relais sur la grande route venant du Pérou, appelée .
Dès qu'ils furent les maîtres du Pérou, les Espagnols cherchèrent une route pour transporter l'or et l'argent du Pérou vers le Río de la Plata où ils avaient établi un port. Il s'agissait d'amener les richesses en Europe le plus facilement et le plus rapidement possible. Ainsi naquit la route royale () de Potosí en Bolivie au Río de la Plata jalonnées de diverses villes dont Córdoba. C'est Diego de Rojas qui fut en 1543, le premier espagnol qui explora la région des sierras de CórdobaDiego de Rojas, por Andrés Mendieta. Il partit de Cuzco avec un contingent de , avec la mission de découvrir une province entre le Chili et le Río de la Plata. Mais il rencontra une féroce résistance des Comechingóns sur sa route. Rojas mourut là, atteint d'une flèche, et l'expédition dut rebrousser chemin, décimée, sous le commandement de Francisco de Mendoza.
Après la création de la vice-royauté du Pérou le , la régión du Tucumán se trouva incorporée au sein de celle-ci, non comprise l'actuelle région de Córdoba encore totalement insoumise. La Gobernación del Tucumán, Juríes y Diaguitas fut créée en 1564, avec à sa tête comme gouverneur Francisco de Aguirre. Sa capitale était établie à Santiago del Estero. Avec la création de l'évêché de Tucumán en 1570, cette région commença à prendre de l'importance au sein de la vice-royauté du Pérou.
Córdoba de la Nueva Andalucía, aujourd'hui Córdoba) fut fondée le par le conquistador Jerónimo Luis de Cabrera, au bord du río Suquía, en un site appelé Quizquizacate par les aborigènes (ce qui signifie en idiome sanavirón). Le nom donné par Cabrera à la ville était un hommage à sa mère, dont la famille provenait de la province espagnole de Cordoue en AndalousieJerónimo Luis de Cabrera. Cabrera avait deux objectifs : le premier d'entre eux était de disposer d'une sortie vers la Mar del Nord Il pensait l'avoir déjà trouvée avec la découverte de la Laguna de Mar Chiquita, car il pensait qu'elle était une baie de cet océan. Il projetait aussi de créer un port sur les rives du rio ParanáCórdoba: Historia de la ciudad y leyendas de la zona. Son second objectif était de découvrir la mythique et fabuleuse Ciudad de Los Césares. De ce fait, il désobéit aux ordres du vice-roi du Pérou et fonda la ville de Córdoba bien plus au sud que ce qu'il lui avait été prescrit, c'est-à-dire fonder un établissement dans la région de la province actuelle de Salta. Et cette désobéissance lui coùta la vie : Cabrera fut décapité à Lima, au Pérou le . Terrible récompense pour un homme qui avait mis d'immenses territoires aux pieds de l'empire espagnol et ouvert la voie à la colonisation des Pampas, mais témoignage de plus de l'incroyable barbarie qui régnait en nos pays, au .
Le Colegio Convictorio de Nuestra Señora de Monserrat fut, peu après, fondé par les Jésuites en 1599, et en 1622 elle devint l'université de Córdoba, la première en Argentine, et la seconde en Amérique du Sud. Dès cette époque, la ville ne cessa de grandir comme important centre culturel, croissance soutenue par le commerce des métaux précieux du Pérou. En 1761, une imprimerie fut installée à l'université.
En 1783, après l'établissement de la vice-royauté du Río de la Plata, l'intendance de Córdoba devint un territoire qui inclurait actuellement les provinces de La Rioja, Mendoza, San Juan et San Luis, divisant ainsi l'ancienne intendance de Tucumán en deux. Son premier gouverneur intendant fut le marquis Rafael de Sobremonte, qui plus tard deviendra vice-roi de la vice-royauté du Río de la Plata. À la fin du , la ville comptait .
Géographie vignette|Vue du cerro Uritorco () dans la Sierra chica de Córdoba, depuis la ville de Capilla del Monte. vignette|Vue des Sierras de Córdoba. À l'avant-plan, le lac San Roque sur le río Primero (près de Villa Carlos Paz, dans la vallée de Punilla).
La province de Córdoba présente trois aires très différentesAutomóvil Club Argentino Guía Turística Argentina 2008-2009 page 6 chapitre Panorama Regional :
la plaine pampéenne qui occupe la partie orientale avec deux sous-régions : au nord, se trouve le bassin de la grande lagune salée appelée Mar Chiquita, et au sud le bassin purement pampéen du río Quinto ; les Sierras de Córdoba occupent un cinquième du territoire provincial, s'étendant sur la partie nord-ouest de la province. Cette zone comprend les Sierras australes ou de Córdoba (et de San Luis). Ces sierras sont des plissements anciens et de hauteur modérée. Entre les plissements ou sierras se sont formées des vallées longitudinales (nord-sud), d'origine tectonique. Parmi elles, il faut mentionner la Vallée de Punilla très étendue. L'altitude maximale de la province est le cerro Champaquí de , ce qui est quand même plus élevé que le plus haut sommet des Carpathes en Europe. À partir de là, un cordón appelé sierra de Comechingones prend son départ ; au nord-ouest des sierras, dans le département de Cruz del Eje, partagée avec les provinces de Catamarca, La Rioja et Santiago del Estero, se trouve une très grande cuvette désertique, relique d'une ancienne mer, qui actuellement est un des plus grands salars de la planète, de climat très continental, qui s'appelle Salinas Grandes. Là une réserve a été créée, la , étonnamment fort riche en vie animale.
Voies d'accès Voie routière La province est traversée du nord au sud par l'importante route nationale 9 qui relie Córdoba d'une part à Buenos Aires (côté sud), et d'autre part au grand nord-ouest argentin (c'est-à-dire à San Miguel de Tucumán puis Salta), et ainsi à la Bolivie. D'est en ouest, Córdoba se trouve à la jonction des routes nationale 19 et route nationale 20. Vers l'est, La RN 19 relie la ville à Santa Fe avec son tunnel sous le fleuve Paraná, et plus loin avec le grand sud industrialisé du Brésil. La RN 20 quant à elle se dirige vers l'ouest et aboutit à San Juan, au pied des Andes.
Toujours à Córdoba, débute une autre grande voie nord-sud constituée par la route nationale 36 suivie de la route nationale 35. Ainsi le centre de la province se trouve relié avec la province de La Pampa, puis, plus loin, avec le sud de la province de Buenos Aires, en l'occurrence avec le port atlantique de Bahía Blanca, porte de la Patagonie atlantique. De plus, la Route nationale 152 se détache de la RN 35, en direction du sud-ouest vers le barrage de Casa de Piedra sur le río Colorado, et donc vers l'ouest de la province de Río Negro et la Patagonie andine.
Le sud de la province de Córdoba est en outre traversé d'est en ouest par la route nationale 7 qui relie Buenos Aires à Mendoza, capitale de la région de Cuyo, et donc au Chili voisin. De plus, la route nationale 158 au départ de la ville de Río Cuarto aboutit à l'est (via la nationale 19) à Santa Fe et à son tunnel sous le Paraná. Enfin, la province de Córdoba est reliée au nord-ouest du pays grâce à la route nationale 60. Celle-ci débute un peu au nord de Córdoba, près de Jesús María, et court en droite ligne vers le nord-est, traversant les provinces de Catamarca et de La Rioja. Elle aboutit dans les Andes à la frontière chilienne au Paso de San Francisco, au milieu des plus hauts volcans de la terre. Au Chili, elle se termine sur l'Océan Pacifique.
Transport aérien vignette|Vue du grand hall de l'aéroport Ingeniero Ambrosio Taravella à Córdoba.
L'aéroport international Ingeniero Ambrosio Taravella de Córdoba (), se trouve à au nord du centre de la ville. Il est le troisième aéroport le plus important du pays après celui d'Ezeiza et l'Aeroparque Jorge Newbery, tous deux à Buenos Aires. La longueur de sa grande piste bétonnée est de . Entre janvier et , de vols internatinaux le fréquentèrent.. Il a une superficie de . En 2006, un nouvel édifice de a été inauguré, à la suite de la très forte augmentation du trafic.
En 2017, ont été enregistrésInforme anual del Aeropuerto Internacional Ingeniero Ambrosio Taravella.
Aires naturelles protégées
vignette|Montagne Los Gigantes, frontière nord de la Pampa de Achala, avec ses .
Il existe différentes aires naturelles protégées dans la province. Elles comprennent des zones situées dans les sierras comme dans les plaines.
La zone des sierras inclut : la la la Réserve Hydrique Provinciale Pampa de Achala, qui inclut le parc national de la province : le Parc national Quebrada del Condorito.
Dans les plaines on trouve : le parque nacional Traslasierra, créé en . la Reserva Natural Laguna de la Felipa (dans le département de Juárez Celman, près de la ville d'Ucacha) les (déclaré Site Ramsar, étant une zone humide d'importance internationale). Celle-ci, qui couvre une surface de , est située au nord-est de la province, occupant le secteur oriental des départements de Río Seco et de Tulumba, le nord du département de Río Primero et le centre-nord du département de San Justo. Au nord de la réserve se trouve la Province de Santiago del Estero le Corridor biogéographique du Chaco aride le parc et réserve naturelle Chancaní qui fait partiellement aussi partie de la zone des sierras (sierras de Pocho) le Corridor biogéographique du Caldén. Celui-ci se trouve à l'extrémité sud-ouest de la province et couvre une surface de soit la moitié du département de General Roca. Le but est d'associer la population locale à la protection et l'entretien des superbes forêts de Caldén de la région (juste au sud du río Quinto) la réserve de vie sylvestre Monte de las Barrancas.
Ressources hydriques vignette|Vue de la toute récente (2013) Avenida Costanera de la station balnéaire de Miramar sur la Mar Chiquita.
Dans la partie nord-ouest, il y a de courtes rivières coulant dans des bassins endoréiques (vers les Salinas Grandes). L'eau y est retenue dans des lacs artificiels, telle la retenue du barrage de Cruz del Eje sur le Río Cruz del Eje. Parmi ces rivières, il faut citer le río Pichanas, le río Candelaria et le río Soto..