Un gay (également orthographié gai au Canada) est un homme homosexuel, c'est-à-dire que son attirance amoureuse ou sexuelle est exclusivement tournée vers des personnes de genre masculin, c’est-à-dire d’autres hommes.
Le terme peut également désigner, dans une acception plus restreinte, certaines personnes non binaires ou transmasculines qui s’identifient comme gays et qui sont attirées affectivement ou sexuellement par des personnes de genre masculin ou non cisgenre.
La catégorie de l'identité gay, conçue comme une disposition innée propre à des hommes spécifiques, a été construite par la médecine du puis revendiquée par les hommes gays. Les communautés masculines gays partagent des pratiques culturelles, construites par exemple grâce à des lieux communs comme les bars gays.
Dans certains aspects de la vie, les gays se retrouvent avec des rapports différents à des expériences comme celles de la paternité, de la masculinité, de la spiritualité ou encore de la vieillesse. Ils sont aussi souvent confrontés à une hostilité systématique de la part de la société, appelée homophobie.
Le terme « gay » est recommandé par certaines associations LGBTQ et des codes typographiques pour désigner toutes les personnes attirées exclusivement par des personnes du même sexe (Reprinted from ) alors que le terme « lesbienne » désigne spécifiquement les femmes homosexuelles, et celui de « hommes gays » les hommes homosexuels.
Histoire du concept vignette|Un jeune homme sur le point de pénétrer un garçon docile, sur une élégante terrasse au clair de lune Bien que le sexe entre hommes existe depuis aussi longtemps que le genre masculin, l'identité gay telle qu'elle est conçue aujourd'hui apparaît à l'époque moderne. Le travail le plus célèbre sur cette question est l'Histoire de la sexualité par Michel Foucault, lequel met en avant que l'idée d'une orientation homosexuelle inhérente à certaines personnes est un produit des sciences médicales du qui est par la suite revendiqué par les gays eux-mêmes afin d'obtenir des droits.
Étymologie thumb|upright|Dessin de Punch Magazine (1857), illustrant l'utilisation de comme un euphémisme pour . Une femme a dit à l'autre : (). L'affiche sur le mur annonce La traviata, opéra de Giuseppe Verdi inspiré de La Dame aux camélias d'Alexandre Dumas, évoquant la vie d'une célèbre courtisane.
Le mot « gay » est utilisé en anglais à partir du , venant du vieux français « gai ». Ce mot a été emprunté à l'occitan, et est très probablement d'origine germanique.. Le mot est utilisé dans la littérature des troubadours dans les expressions gaya scienza ou gai saber, et signifie « pétulant », « gai ». Pour l'essentiel, le sens premier du mot est « joyeux », « sans souci », et le mot est très couramment utilisé en ce sens dans les discours et la littérature. Par exemple, l'optimisme des années 1890 est encore souvent dénommé, en anglais, « Gay Nineties ». Le titre d'un ballet français, la Gaîté parisienne (1938) de Manuel Rosenthal sur des thèmes d'Offenbach, illustre également cette connotation. Dès le , le terme gay est employé pour désigner ce qui a trait aux distractions et plaisirs immoraux, avant d'être associé au à la prostitution..
Dans le monde anglophone À son origine jusqu'au milieu du , gay est essentiellement utilisé en référence au fait d'être « insouciant », « heureux » ou « lumineux et voyant ». L'historien George Chauncey suggère que c'est cette idée d'ostensibilité et de flamboyance qui conduisit les « tantes » (fairies) à adopter ce terme dès les années 1920 aux États-Unis, tout comme sa polysémie qui en permettait un usage codé, utilisable en présence de personnes « normales » (hétérosexuelles). Dans les sous-cultures urbaines d'hommes efféminés, le mot gay était alors employé pour désigner les bars et les rues où les membres de ces communautés se retrouvaient, sans désigner les homosexuels pour autant.
Le terme a commencé à être utilisé en référence aux relations entre personnes de même sexe en 1947, avec un usage qui remonte peut-être à 1868, au moment où le terme médical, homosexualité, a été inventé. Mais son usage populaire en ce sens n'existe que depuis les années 1950.
Progressivement, en est venu à être utilisé comme adjectif et parfois comme nom, en rapport aux personnes, aux pratiques et à la culture associées à ladite homosexualité. Cette signification apparaît aux États-Unis dans les années 1970, à la suite des émeutes de 1969 à New York, à travers les premières tenues de Gay Pride (la première fut en 1970, coordonnée par Brenda Howard), qui visaient une pleine acceptation des homosexuels et non pas une tolérance mêlée d'hypocrisie. Une étymologie non avérée postule que les initiales GAY du slogan sont à l'origine du mot, mais il s'agit en réalité d'un rétroacronyme.
À la fin du , le mot est d'usage courant en anglais pour désigner ce qui a trait aux personnes attirées par des personnes de même sexe et à l'univers qui s'y rattache (sexuel, social, culturel)... Le langage familier le distingue de , un adjectif qui possède d'autres sens en anglais (conventionnel, franc, direct), qui lui confèrent donc un caractère plus normatif que son équivalent francophone, .
Dans un tout autre sens, un usage argotique à caractère péjoratif du mot apparaît dans certains pays anglo-saxons dans le courant des années 2000. Au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Australie, gay peut ainsi revêtir une connotation moqueuse, non sexuelle, équivalente à « nul » ou « stupide » (par exemple : That's so gay!)...
Sexualisation Il ne semble pas jusqu'au que le mot soit utilisé pour désigner spécifiquement les homosexuels, mais il avait précédemment acquis des connotations sexuelles.
Le mot semble être associé à l'immoralité à partir de 1637 et est utilisé à la fin du avec le sens de « dépendance aux plaisirs et à la débauche », et cela, par extension de la première signification du terme : « sans souci », impliquant « sans complexe au regard des contraintes morales ». Une femme est une prostituée, un homme est un homme à femmes et une maison , un lupanar.
L'utilisation par la langue anglaise de dans le sens d'« homosexuel » est, à l'origine, une simple extension de la connotation sexualisée du mot, en « insouciance et désinvolture », qui implique une volonté d'ignorer les mœurs sexuelles respectables ou conventionnelles.
Cette utilisation serait documentée dès les années 1920 et il y a des indications pour une utilisation avant le , même si elle a d'abord été plus couramment utilisé pour définir des modes de vie hétérosexuelle sans contrainte, comme dans l'expression : « gay Lothario ». ou dans le titre du livre (et du film) The Gay Falcon (1941), qui concerne un détective, homme à femmes, dont le prénom est Gay. Au milieu du , un célibataire d'âge moyen peut être décrit comme « gay », sans aucune implication de l'homosexualité.
Cet usage peut s'appliquer aux femmes également. La bande dessinée britannique Jane est publié pour la première fois dans les années 1930 et décrit les aventures de Jane Gay. Loin de l'homosexualité, il fait référence à un style de vie libre avec beaucoup d'amants.
Alternative à « homosexuel » En 1929, la comédie musicale Bitter Sweet de Noël Coward contient une autre utilisation du mot dans un contexte qui implique fortement l'homosexualité. Dans la chanson Green Carnation (« L'Œillet vert »), dont le titre fait référence au célèbre œillet d'Oscar Wilde dont l'homosexualité avait défrayé la chronique, quatre dandys des années 1890 déclarent :
D'autres usages, à cette date, ont la même ambiguïté. L'Impossible Monsieur Bébé (1938) est considéré comme le premier film à utiliser le mot en référence à l'homosexualité : dans une scène où les vêtements de Cary Grant ont été envoyés au nettoyage, il doit porter une robe de chambre féminine garnie de plumes. Quand un autre personnage s'enquiert du pourquoi de cette tenue, il répond : .. Cependant, étant donné que l'utilisation du mot pour désigner l'homosexualité est encore peu répandue à cette époque chez la plupart des spectateurs, la réplique peut aussi être interprétée comme signifiant « J'ai décidé de faire quelque chose de futile ». Il y a débat sur la signification de cette improvisation de Grant, la phrase ne figurant pas dans le script, notamment en raison des rumeurs concernant sa vie privée.
Le mot continue de fait à être utilisé avec le sens dominant d'« insouciance », comme en témoigne The Gay Divorcee (La Joyeuse Divorcée), un film musical de 1934 sur un couple hétérosexuel. Le film portait à l'origine le titre The Gay Divorce (« Le Joyeux Divorce »), comme la pièce de théâtre dont il est tiré – et, détail amusant, dont l'auteur, Cole Porter, bien que marié était connu pour ses liaisons homosexuelles – mais le Code Hays avait estimé que si toute femme divorcée pouvait être , il serait inconvenant qu'un divorce apparaisse ainsi.
En Grande-Bretagne, où l'homosexualité masculine était illégale jusqu'au Sexual Offences Act de 1967, l'accusation publique d'une personne comme « homosexuelle » était considérée comme outrageante et synonyme d'activités criminelles graves. En outre, aucun des mots décrivant les aspects de l'homosexualité n'est jugé approprié pour la bonne société. En conséquence, un certain nombre d'euphémismes ironiques est utilisé comme allusion à une homosexualité présumée.
Si la signification originelle du mot continue à être utilisée dans la culture populaire, notamment la chanson thème de la série télévisée d'animation des années 1960 Les Pierrafeu, où les spectateurs sont assurés d'« avoir un vieux temps gai », have a gay old time ou en 1966, la chanson des Herman's Hermits, No Milk Today (Top 10 au Royaume-Uni et Top 40 aux États-Unis), qui proclame ., le nouveau sens du mot « gay » est néanmoins suffisamment bien connu pour être utilisé en 1963 par Albert Ellis, dans son livre The Intelligent Woman's Guide to Man-Hunting. Dans la chanson I Feel Pretty de West Side Story (1961), Maria chante : « I feel pretty and witty and gay » ; l'évolution du sens de l'expression dans le langage courant a conduit, dans certaines versions, à modifier le texte en remplaçant « gay » par « bright »…
Variation sémantique L'orientation sexuelle, le comportement et l'identification personnelle ne sont pas forcément aussi tranchées d'un individu à l'autre. Les termes gay et homosexuel sont synonymes, 2003.. Toutefois, certains considèrent que le terme gay est une question d'identité personnelle, alors que le terme homosexuel fait référence à l'orientation sexuelle.
En médecine, le terme (« HSH. ») est devenu le terme médical pour désigner les hommes s'engageant ou s'étant déjà engagés dans des relations sexuelles avec d'autres hommes, quelle que soit la définition qu'ils ont de leur orientation sexuelle.. En effet, pour de multiples raisons, nombre de ces hommes peuvent ne pas se définir comme homosexuels, bisexuels ou pansexuels, certains se qualifiant même d'hétérosexuels, repris dans .. : les pratiques sexuelles peuvent ainsi diverger de l'identité dont on se réclame...
La catégorie de l'orientation sexuelle gay masculine, étant historiquement liée à celle de l'efféminement et de la variation de genre, est souvent utilisée de manière interchangeable avec des concepts adjacents ou qui la recoupent de manière floue. Notamment, le néologisme d'uraniste a été populaire pendant un temps pour penser la diversité de sexualité plutôt comme une forme de troisième genre. La plupart des termes sont empreints de la vision négative des hommes gays prévalente dans la société : associés à la pédérastie à travers et sa variante , à la folie avec , voire tout simplement à la féminité avec d'autres insultes homophobes comme (de Maria), (de tante) ou (de sister).