La Libye est un pays d'Afrique du Nord, dont le nom dérive de Libou, un peuple berbère connu depuis l'antiquité.
Sous l'Antiquité, le nom de ce peuple est également à l'origine de celle de la région du continent communément appelée Libye antique, et de la dénomination de Libyens, qui désigne alors les populations nord-africaines berbères.
Le territoire de l'actuelle Libye est au cours de l'Histoire, dominé par divers peuples et États, dont l'Empire romain, l'Empire byzantin, l'Empire ottoman, et enfin au le royaume d'Italie. À la régence de Tripoli sous l'Empire ottoman, succède, à partir de 1911, la colonie italienne de Libye : à cette occasion, le pays reprend l'appellation de Libye, en vigueur sous l'Antiquité. Ce n'est qu'après la Seconde Guerre mondiale, que la Libye émerge en tant que véritable État souverain.
Le royaume de Libye, proclamé en 1951, est renversé en 1969 lors d'un coup d'État mené par Mouammar Kadhafi. Ce dernier exerce ensuite un pouvoir sans partage sur le gouvernement de la Jamahiriya arabe libyenne, occupant une place singulière sur l'échiquier politique international, jusqu'au déclenchement en 2011 d'une révolte armée contre son régime. Après la chute et la mort de Kadhafi, la Libye entame une transition démocratique. Le pays échoue cependant à jeter les bases d'un régime politique stable et connaît à partir de 2014 une nouvelle guerre civile.
Préhistoire
Paléolithique moyen en Libye et Cyrénaïque
L'Atérien et le Moustérien La chronologie absolue fiable pour le Paléolithique moyen de l'Afrique du Nord en est encore à ses débuts. À l'exception du Maghreb où l'Atérien est susceptible d'avoir survécu jusque vers ans, pour la majeure partie de l'Afrique du nord, la séquence du paléolithique moyen se trouve au-delà des possibilités de datation au carbone 14. Les déterminations d'âge proviennent d'autres techniques comme la thermoluminescence, l'ESR et l'OSL. Les dates disponibles suggèrent que le Moustérien était présent dans le sud-est du Sahara au début de la fin du Pléistocène moyen (250-). Ces premières trouvailles datées du Paléolithique moyen sont identifiées comme du Moustérien et montrent de nombreuses affinités formelles avec le Moustérien du sud-ouest de l'Asie et de l'Europe.
Deux sites majeurs offrent des assemblages moustériens en Cyrénaïque: Hajj Creiem (142:142ff) et Haua Fteah (20). L'Atérien est aussi présent à Haua Fteah ainsi qu'à Wadi Gan (142 : 22ff), mais est absent du site de Hajj Creiem, qui semble présenter une relativement courte période d'occupation. D'autres sites atériens sont présents dans le Tadrart Acacus, dans le sud et l'ouest de la Libye (143,144).
est une grotte très large et profonde, avec une très longue séquence du Paléolithique moyen, qui comprend des horizons atériens et moustériens. Il existe deux dates carbone 14: ± BP (GrN -2564) et ± BP (GrN -223) (20:48ff). La méthode C14 montre des limites quant à la certitude de ces dates. De rares pièces atériennes se rencontrent aussi dans des horizons du début du paléolithique moyen (couche XXXV), que McBurney (20:105;106) date de la fin du dernier interglaciaire, sur la base de calculs de températures basés sur des coquillages marins associés. Ces niveaux dateraient de plus de ans. Les outils de type atériens (grattoirs, burins ; des pièces foliacées bifaciales, des racloirs et des pièces pédonculées) ont été retrouvés en quantité notable. Ils sont légèrement plus fréquent dans la séquence haute mais disparaissent dans la séquence inférieure (couches de sédiments). Des indices isotopique des coquillages retrouvés dans ces sédiments indiquent une température froide. Dans ce cas, les niveaux moustériens semblent suivre l'Atérien.
Un assemblage très différent a été retrouvé à Wadi Gan, dans l'ouest de la Libye (142:225ff). Le site est un mince horizon d'occupation. L'assemblage consiste en quelques nucléus de très petite taille, d'outils fait de pièces pédonculées, des pointes moustériennes (quelques-unes denticulées et qui peuvent être classées comme des pointes de Tayac), des racloirs, des grattoirs ; d'autres outils comprennent des denticulés, un burin et une pièce foliacée. Les fréquences des pièces pédonculées et des pointes sont plus élevées et celles des pièces foliacées bifaciales plus faibles, dans le Wadi Gan que dans les niveaux atériens de Haua Fteah. L'importance du nombre des grattoirs par rapport aux racloirs, et la pauvreté en pièces foliacées bifaciales au Wadi Gan rappelle l'Atérien tunisien. Cela pourrait indiquer un contact avec des groupes du paléolithique supérieur présents dans l'est de la Libye vers ans et dans la vallée du Nil avant ans. L'assemblage du Wadi Gan serait plus récent, entre et ans.
Vestiges humains
Deux fragments de mandibules, une d'adulte et l'autre juvénile, ont été découverts par McBurney dans la couche (XXXIII) levallois-moustérienne, à proximité de l'interface avec la couche XXXIV, et environ sous le niveau du début du Paléolithique supérieur. Les données paléoclimatiques indiquent un épisode froid et une date C14 de BP, permettent à McBurney de situer ces hominidés à une époque contemporaine du début du Vistulien. L'examen des mandibules, par Klein et Scott, démontre l'absence de caractères néandertaliens dans ces fragments. Il a été alors proposé comme au Djebel Irhoud ou les Atériens de Dar es Soltan, que cette population non-néandertalienne n'était cependant pas encore totalement moderneMohamed Sahouni Le Paléolithique en Afrique, l'Histoire la plus longue, ed. errance, 205.
Les restes momifiés d'un jeune enfant négroïde, daté d'il y a , ont par ailleurs été retrouvés dans le Tadrart AcacusTadrart Acacus.
Néolithique
De à ans, apparition de la culture des céréales dans le croissant fertile Premiers centres de civilisation primitive, Merimde, Maadi, Fayoum, Tasa, Badari, Nagada. Maisons à angles droits, d'abord en roseaux recouverts d'argile, puis en pisé et enfin en brique séchée. Comme à la période précédente, il n'existe aucune différence notable de civilisation et de peuplement entre la Libye, l'ensemble du Maghreb et l'Égypte. Ce sont les descendants des Caspiens.
De ou ans, apparition en Tunisie, Libye, Palestine, Égypte d'une culture méditerranoïde dite Capsien caractérisée par des petites lames en forme de demi-lune. Culture des « bifaces » et civilisation de la « pierre éclatée » dans tout le Maghreb.
De à ans, culture au Maghreb dite « Ibéromaurusien » qui disparut il y a dix mille ans sans laisser de descendance (d'après certains chercheurs il n'y aurait aucun rapport entre ce cro-magnoïde venu de la péninsule ibérique et les Guanches des îles Canaries. Il aurait donc disparu sans laisser de descendance).
De à ans dans le Sahara, c'est la période des chasseurs ou du Bubale.
De à ans, arrivée de pasteurs indo-européens venus d'Asie Mineure. Poursuite de la civilisation des Capsiens (petits groupes de chasseurs négroïdes à la pierre polie, semi-nomades, javelots, massues, sagaies, flèches, harpons, emploi d'ocre comme colorant, usage de meule pour écraser les produits de la cueillette, art de coudre les peaux, de travailler l'os avec des grattoirs, de tresser, puis la poterie font leur apparition). Commerce intensif de l'ambre et de l'étain entre l'Europe, la Méditerranée, l'Asie Mineure, le Proche-Orient, par terre ou par mer. Sur le plan stylistique, c'est la grande période des pasteurs de bœuf, histoire du Bos taurus qui va voir les roches du Sahara se couvrir de peintures rupestres, peintures rupestres du Sahara - Tassili-n-Ajjer, Adrar des Iforas, Aïr, Ahnet, Ahaggar, identique à Ouenat (Nubie)- variété des types humains ; négroïdes, leucodermes et mixtes.
Le pasteur de la fin de l'âge de pierre domestique le bétail, chèvres, moutons, pratique la cueillette de graminées sauvages, et commence tout juste la culture de parcelles au bord du Nil. L'habitat dans le désert est troglodytique ou sous des huttes faites de branchages, tandis que près des fleuves et vers l'Égypte les habitations sont faites en briques et en argile. Sur le plan spirituel c'est la poursuite de la mystique pastorale, commune à tous les peuples pasteurs, entamée en Anatolie (Asie Mineure) et présente en Afrique d'une manière similaire chez tous les groupes berbères et une « religion du Bœuf » commune à toute la Méditerranée. Mais c'est là, dans le désert encore vert que va se forger l'ethnogenèse berbèreBasil Davidson in Les Royaumes Africains revu par Henri Lhote, éd. Time, 1969.
À l'est de la future Libye, dès av. J.C. alors que le delta n'est encore qu'un marigot émergeant tout juste de la mer, commence une toute nouvelle civilisation : la civilisation égyptienne. Des inscriptions égyptiennes datant du ont été trouvées sur ce que les archéologues appellent la piste d'Abou Ballas reliant le djebel Uweinat et la zone de Gilf al-Kabir à l'oasis d'Ad-Dakhla. Cette Égypte pharaonique qui apparaît tisse des liens à travers le sud de la Libye vers l'Afrique..
Peu à peu, Égypte et Libye vont affirmer leurs identités respectives. L'Égypte va se tourner vers l'Orient, la Libye va se tourner vers sa seule voie d'expansion possible, la mer Méditerranée, dont elle reçoit régulièrement, par bateaux, la visite de peuples maritimes, en particulier des civilisations égéenne et phénicienne. De fait, dès le Néolithique, la plupart des habitants de la Libye habitent le front de mer, tandis que l'interland en voie de désertification dès le constitue un repli pour des groupes épars, réunis en chefferies et en communautés de pâtres.
Période du cheval
Vers -, période du cheval, s'étendant jusqu'aux premiers siècles de l'ère chrétienne. On observe l'apparition de petites aristocraties locales suffisamment puissantes et influentes pour nouer alliance avec les peuples belliqueux de Méditerranée, l'arrivée de populations venues du nord de l'Europe, de Colchide (ancienne Géorgie), d'Asie Mineure, du Proche-Orient et d'Iran. Des chars attelés font leur apparition, de facture identique à ceux de la Grèce antique (tombes à fosses du cercle A de Mycènes, stèle du Péloponnèse représentant des chars identiques ; décors à base de cercles, spirales et courbes enlacés prisés de longue date par les Egéens). Sont aussi présentes des armures et des lances à armature métallique, arme de prédilection des pasteurs de bovins du Sahara méridional.
Au nord, des affrontements contre l'Égypte se poursuivent jusqu'à la romanisation du Maghreb (~ AEC). Peu à peu les tribus libyennes du sud sont repoussées vers le Sahel, pour deux raisons très simples : la désertification du Sahara commencée au millénaire avant notre ère et l'entretien d'une cavalerie sensible aux écarts de températures et aux épizooties. Moutons et chèvres sont gardés sur les côtes (désert de Syrte ; Cyrénaïque), sur les monts de la chaîne Libyque. Le désert Libyque est traversé par des bouviers.
Antiquité
Dès le millénaire av. J.-C., les Libous, installés en Cyrénaïque, forment un peuple redouté des Égyptiens. Vers 1000 av. J.-C., les premiers comptoirs phéniciens sont fondés sur la côte libyenne.
Durant l’Antiquité, les principales parties de l’actuelle Libye sont : la Cyrénaïque, d’après le nom de la prestigieuse ville de Cyrène, qui aurait été fondée par des Grecs de Théra en 631 av. J.-C. ; la Tripolitaine, à l’origine une colonie phénicienne comprenant les trois villes de Sabratha, Leptis Magna et Ola ; Ola devient la capitale de la colonie sous le nom de Tripoli, qui signifie « trois villes » ; le Fezzan ou Phazania, région saharienne et désertique de la Libye antique.