vignette|Laboratoire situé 92 Calle de Zurbano à Madrid (Espagne) appartenant à José Luis Merino Batres, une personne impliquée dans l'affaire de dopage de l'Opération Puerto. L'Affaire Fuentes dite Puerto est un scandale de dopage qui touche, entre autres, le cyclisme professionnel au printemps 2006. Le football serait aussi impliqué. Puerto est le nom de code de l'opération de dopage organisée par le docteur Fuentes.
Déroulement
Révélations de Jesús Manzano En , dans une interview au journal espagnol AS le cycliste Jesús Manzano explique que Kelme, son ancienne équipe, aurait mis en place un système de dopage par transfusion sanguine.. Ses accusations visent notamment Eufemiano Fuentes, ancien médecin de l'équipe.
L'affaire et ses conséquences Le mardi , le médecin Eufemiano Fuentes, le manager de l'équipe Liberty Seguros Manolo Saiz, l'ancien vététiste Alberto León, le directeur sportif assistant de l'équipe Comunidad Valenciana José Ignacio Labarta et le responsable d'un laboratoire d'analyses madrilène José Luis Merino Batres sont arrêtés par la garde civile espagnole dans le cadre d'une vaste opération contre le dopage dans le cyclisme. Les policiers découvrent entre autres au cours de leur perquisition une poudre appelée « poussières de la mère Célestine » (« polvos de la madre Celestina » en espagnol), un produit à base de protéase destiné à faire disparaître toute trace d'EPOPlus fort que la mère Denis, la poussière de la mère Célestine Le Monde du 19 août 2008..
La société Liberty Seguros, sponsor de l'équipe de Manolo Saiz depuis 2004, met alors fin à son soutien financierLiberty lâche Manolo Saiz, L'Équipe/AFP, 25 mai 2006., tandis que les noms des coureurs suspectés circulent, suscitant diverses réactions de leurs équipes. Ainsi l'équipe T-Mobile demande à ses coureurs de signer un engagement assurant leur non-implication All T-Mobile riders must deny involvement, Cyclingnews.com, 31 mai 2006. tandis que la Phonak écarte Santiago Botero et José Enrique GutiérrezBotero et Gutierrez écartés, L'Équipe, 2 juin 2006..
Le dimanche , l'équipe T-Mobile annonce avoir pris la décision de licencier son directeur sportif, le Belge Rudy Pevenage. Ce dernier avait précédemment été mis à l'écart de l'équipe à la suite de l'éviction de Jan Ullrich du Tour de France.
En , la justice espagnole interdit aux différentes fédérations d'utiliser les éléments du dossier judiciaire pour des sanctions. En attendant le procès qui doit s'ouvrir en , les coureurs concernés sont donc intouchables vis-à-vis des fédérations sportives. Ils devraient tous pouvoir retrouver une licence en 2007.
Le , l'UCI « déplore » de devoir rendre sa licence ProTour à Manolo Saiz et à sa société Active Bay mais la fédération internationale n'a aucun moyen juridique de lui retirer sa licence. Parallèlement, les organisateurs des trois grands Tours ont annoncé que l'équipe de Manolo Saiz ne serait invitée sur aucune des épreuves qu'ils organisent.
En , le journal Le Monde affirme à nouveau que le milieu du football serait touché par cette affaireLe Real Madrid et le Barça liés au docteur Fuentes, Le Monde, 7 décembre 2006.. et annonce « avoir eu accès à une série de documents confidentiels » (les plans de préparation rédigés de la main du docteur sur une simple feuille de papier A4) qui détaillent le programme de préparation de la saison 2005-2006 du Barça et du Real. Et sur ces documents figurent des « inscriptions codées » qui cacheraient des produits dopants. Les documents concerneraient également le Valence CF et le Betis Séville selon le journal.
Le , le magistrat Serrano chargé de l'affaire classe le dossier sans suite. La législation antidopage propre à incriminer les cyclistes dopés n'a été votée que postérieurement à l'ouverture du dossier. D'autre part, le juge estime que les faits de mise en danger d'autrui ne sont pas prouvés. Si les sportifs incriminés échappent à la justice espagnole, ils restent sous la menace de sanctions sportives.
Le , Ivan Basso avoue son implication dans l'affaire Puerto et annonce qu'il veut collaborer avec les enquêteurs. Le , le secrétaire général de la fédération de cyclisme espagnol, Eugenio Bermudez, a déclaré que « la fédération [est] là pour aider les coureurs » qui admettront avoir utilisé des transfusions sanguines, s'ils disent la vérité. « Mais quelle que soit l'issue, il faudra respecter la loi espagnole. ». Selon El País, trente coureurs sont intéressés par ce marché si leurs peines sont réduites de quatre ans à un an de suspension.
En , le Comité national olympique italien (CONI) a annoncé son souhait d'entendre les personnes impliquéesAffaire Puerto - Du nouveau ?, L'Équipe, 10 janvier 2008., le procureur Etorre Torri envisageant d'interdire les coureurs concernés de courir en ItalieAffaire Puerto - Ettore Torri offensif, L'Équipe, 14 janvier 2008..
Le , le Tribunal arbitral du sport (TAS) s’est déclaré compétent pour juger les appels déposés par l’Union cycliste internationale et l’Agence mondiale antidopage (AMA) contre la fédération espagnole de cyclisme.
Le , Alejandro Valverde voit sa suspension de deux années pour son implication dans l'Affaire Puerto confirmée par le Tribunal arbitral du sport. Il perd ses victoires et places d'honneur acquises en 2010, notamment le Tour de Romandie et le Tour méditerranéen. C'est le dernier rebondissement à l'heure actuelle de l'affaire puisque les appels des avocats du coureur ont tous été rejetés.
Première réouverture L'Audience provinciale de Madrid a rouvert le dossier en L’affaire Puerto est rouverte, Le Soir/AFP, 14 février 2008., le parquet ayant fait appel.
Mais en , le juge Antonio Serrano avait à nouveau déclaré le classement sans suite du dossier, invoquant les mêmes raisons qui l'avaient poussé à classer l'affaire en .
Seconde réouverture Le , l'Audience provinciale de Madrid a, encore une fois, ordonné la réouverture du dossier., à la suite des appels du parquet, du Conseil supérieur des sports (CSD), de l'Union cycliste internationale (UCI), de la Fédération espagnole de cyclisme, de l'association des cyclistes professionnels (espagnols) et de l'Agence mondiale antidopage (AMA). En , le parquet requiert «deux années de prison» et «une interdiction d'exercice de leur profession» durant cette même période contre les médecins Eufemiano Fuentes, José Luis Merino et Alfredo Cordova, Yolanda Fuentes - sœur du docteur Fuentes - et les anciens directeurs sportifs Vicente Belda, Manolo Saiz et José Ignacio Labarta. Ils seront jugés pour «délit contre la santé publique»Fuentes sera jugé. Le , Eufemiano Fuentes est condamné à 1 an de prison avec sursis.
Dénouement ? En , la presse annonce une décision proche sur la suppression ou non des 200 poches de sangVerdict imminent dans l'affaire Puerto.
Le , la justice espagnole blanchit le docteur Fuentesopage : dix ans après l’opération Puerto, la justice espagnole blanchit le docteur Fuentes et ordonne que les 211 poches de sang ne soient pas détruites, mais qu'elles soient remises « à la Fédération royale espagnole de cyclisme, à l'Agence mondiale antidopage (AMA), à l'Union cycliste internationale (UCI) et au Comité olympique national italien (Coni) »Affaire Puerto : Les poches de sang seront remises aux autorités sportives.
Sportifs, directeurs sportifs et médecins concernés La plupart des coureurs suspectés figurent sur la liste de 31 noms révélée le par la radio espagnole Cadena SER The list gets longer, Cyclingnews.com, 30 juin 2006.Dopage - La liste des coureurs cités, L'Équipe, 30 juin 2006. ou sur la liste communiquée par l'UCI à cette même dateOpération Puerto : Prise de position de l'UCI, communiqué de presse de l'UCI, 30 juin 2006..
Le tableau ci-dessous donne pour chacun des coureurs cités l'état des poursuites judiciaires et/ou disciplinaires à leur encontre. Tous sont concernés par le classement de l'affaire par la justice espagnole en , celle-ci constatant l'absence de loi réprimant le dopage en Espagne à l'époque des faitsDopage - L'affaire Puerto classée, L'Équipe, 12 mars 2007..