Les élections parlementaires italiennes de 2006 se sont déroulées les et . Elles ont vu s'opposer une coalition de gauche nommée L'Union, menée par Romano Prodi, et une coalition de droite autour du président du Conseil sortant Silvio Berlusconi, leader de l'alliance de droite, dite Maison des libertés.
Campagne
La campagne électorale fut marquée par des attaques plus ou moins directes et personnelles adressées par certains candidats à leurs adversaires, comme elle fut également marquée par de véhémentes déclarations, assumées par certaines personnalités politiques de premier plan. Ainsi, les médias ont beaucoup relayé la phrase de Silvio Berlusconi refusant de croire qu'il y avait assez de coglioni (couillons) en Italie pour voter à gauche, ou encore celle de Romano Prodi accusant Berlusconi de s'« attacher au pouvoir comme un ivrogne à un réverbère ». Certains propos plus acerbes ont également parsemé la campagne, notamment ceux d'Alessandra Mussolini déclarant qu'il « [valait] mieux être fasciste que pédé » ou encore ceux d'Umberto Bossi déclarant que « le programme de l'Union sent la vaseline ». Cette ambiance très conflictuelle a amené le président de l'époque, Carlo Azeglio Ciampi à demander aux candidats d'être plus « respectueux » les uns envers les autres le jour où il déposa son bulletin dans l'urne.
Partis politiques
L'Italie dispose d'un nombre très important de partis, au contraire de la plupart des démocraties voisines qui ont plutôt tendance au bipartisme. Cependant, ces partis sont regroupés dans deux grands pôles très larges : l'un va de l'extrême-gauche aux centristes de droite, l'Unione, et l'autre s'étend du centre gauche aux partis néo-fascistes, la Maison des libertés (Casa delle Libertà).
LUnione est la coalition de centre gauche alliée pour soutenir Romano Prodi comme candidat à la présidence du Conseil. Hétéroclite, certains disaient même qu'elle se disloquerait après la campagne, ce qui ne s'est pas réalisé. On y trouve : L'Ulivo (L'Olivier): centre gauche pur il est l'alliance à la chambre de La Marguerite (chrétiens centristes), des Démocrates de gauche (ex-communistes totalement reconvertis à la cause social-démocrate) et des Républicains européens, petit parti social-libéral, né d'une scission du Parti républicain italien berlusconiste. C'est le principal parti de la coalition en voie de se transformer en Parti démocrate à l'automne 2007. Parti de la refondation communiste : parti communiste d'extrême-gauche. Rosa nel pugno (Rose au poing) socialistes, radicaux de gauche. Italie des valeurs : libéraux et populistes de gauche. Fédération des Verts : Écologistes formant une alliance avec le parti communiste simple (et pas Refondation, cette alliance s'appelle ). Parti des communistes italiens ; scission modérée de Refondation communiste. Populaires-UDEUR : parti de centre droit, démocrate-chrétien, anti-berlusconiste (membre du Parti populaire européen). Parti populaire sud-tyrolien : Parti autonomiste du Tyrol du Sud, défendant la communauté germanophone (membre du Parti populaire européen).
Sans oublier une quinzaine d'autres mouvements plus ou moins de gauche.
vignette|droite|Silvio Berlusconi.
La Maison des libertés est la coalition de droite alliée pour faire réélire Silvio Berlusconi à la présidence du Conseil. On y trouve : Forza Italia: Parti conservateur et libéral créé de toutes pièces par Berlusconi en 1994. Alliance nationale : Parti conservateur souverainiste et nationaliste. Union des démocrates chrétiens et du centre : Parti démocrate-chrétien de centre droit. Ligue du Nord : Parti populiste et autonomiste très nettement ancré à droite de l'échiquier politique italien. Nouveau PSI : Centre gauche berlusconiste. Démocratie chrétienne pour les autonomies : Parti démocrate-chrétien de centre droit. Réformateurs libéraux : Parti créé en octobre 2005 pour soutenir les positions libérales et radicales à l'intérieur de la Maison des libertés Alternative sociale : Liste guidée par Alessandra Mussolini, petite-fille du dictateur du même nom.
Sans oublier comme à gauche une multitude de petits partis plus ou moins de droite.
Mode de scrutin
Contrairement à la France ou au Royaume-Uni, le système italien est défini par un bicamérisme paritaire, c’est-à-dire que le Sénat et la chambre des députés ont exactement les mêmes pouvoirs. Cela a pour conséquence de rendre le gouvernement impossible dès lors que les deux chambres ne sont pas de la même couleur politique. Les deux coalitions avaient expliqué que si l'on se trouvait dans ce cas, de nouvelles élections seraient organisées.
Chambre des députés Voir l'article détaillé Chambre des députés (Italie)
Son mode d'élection a été profondément modifié par une loi en http://www.camera.it/parlam/leggi/05270l.htm, qui a remplacé le système mixte (majoritaire dans les collèges, proportionnelle dans les circonscriptions) par un système entièrement proportionnel comportant une prime à la majorité.
Les sièges sont répartis entre les coalitions ayant obtenu plus de 10 % des suffrages (et dans ces coalitions, parmi les listes ayant obtenu plus de 2 % des suffrages au total, plus celle ayant le plus de voix parmi les listes en dessous de 2 %), ainsi qu'entre les listes indépendantes ayant obtenu 4 % ou plus. La coalition ou la liste arrivée en tête obtient au minimum 55 % des sièges (340 parmi les 617), plus des sièges supplémentaires en fonction de l'avance sur l'autre parti ou coalition. À ces s'ajoutent élus par les Italiens résidant à l'étranger, et un élu par le Val d'Aoste.
Le droit de vote pour la chambre des députés est ouvert par la majorité (), tandis que les candidats doivent être âgés de ou plus.
Sénat Voir l'article détaillé Sénat de la République (Italie)
L'élection du Sénat se fait par région, c’est-à-dire qu'à chaque région est associée un certain nombre de sièges, en fonction de sa population. Dans chaque régionSauf pour deux régions autonomes, à savoir le Trentin-Haut-Adige et de la Vallée d'Aoste., les sièges sont répartis à la proportionnelle entre les coalitions ayant obtenu plus de 20 % des suffrages (ou 8 % pour les listes hors coalition). À l'intérieur des coalitions, seules les listes ayant obtenu plus de 3 % des suffrages ont accès à un siège. Dans chaque région, une prime majoritaire porte le nombre de sièges de la liste majoritaire à 55 % des sièges minimum http://www.governo.it/Riforme_Istituzionali/sintesi_riforma_elettorale2006.pdf.
Aux élus dans les régions s'ajoutent pour les Italiens de l'étranger, 1 sénateur élu au scrutin majoritaire pour la Vallée d'Aoste, à vie (au maximum) nommés par le président et les anciens présidents de la République.
Seuls les citoyens âgés de plus de peuvent élire le Sénat, tandis que les candidats doivent avoir au minimum .
Journées de vote et annonce des résultats
Les résultats des élections s'annonçaient très serrés, les sondages ne départageant pas clairement Romano Prodi ou Silvio Berlusconi avant les élections. Le premier sondage sortie des urnes, le 10 à 15H, annonçait une large majorité à Prodi, avec plus de 55 % des voix. vers 20 h la tendance s'inversait et mettaient la Maison des libertés en tête. Les résultats provisoires ne permettront pas de départager les deux coalitions, et il faudra attendre les résultats définitifs, qui donnent d'avance à l'Union, soit 0,07 % des voix (participation de 83 %, avec plus de exprimés). Le système de la prime majoritaire lui donne donc une large avance en siège à la Chambre.
Au Sénat cependant, c'est le vote des Italiens à l'étranger qui donna finalement un siège d'avance à l'Union face à la Maison des libertés, ce qui lui permit d'obtenir la majorité aux deux chambres, et ainsi de pouvoir gouverner.
Résultats définitifs validés par la cour de cassation italienne Chambre des députés thumb|Composition de la Chambre des députés en mai 2006, lors de l'ouverture de la (répartition des députés par groupes politiques). +Résultats des élections parlementaires italiennes de 2006PartisItalie (19 régions)Vallée d'AosteItaliens de l'étrangerTotalsiègesVoix%SiègesVoix%SiègesVoix%SiègesDémocrates de gauche (DS)31,27220043,396226La Marguerite (DL)L'OlivierParti de la refondation communiste (PRC)2 229 4645,84410041Rose au poing (RnP)990 6942,60180018Parti des communistes italiens (PdCI)884 1272,32160016Italie des valeurs (IdV)877 0522,3016027 4322,82117Fédération des Verts (FdV)784 8032,06150015Populaires-Union des démocrates pour l'Europe (Populaires-UDEUR)Cette liste est la liste de la coalition n'ayant pas obtenu 2 % des voix ayant obtenu le plus de voix.534 0881,401009 7211,00010Parti populaire sud-tyrolien (SVP)Bien que n'ayant pas obtenu 2 % des suffrages, cette liste représente une minorité linguistique et a obtenu plus de 20 % des suffrages dans une région, ce qui lui permet d'entrer dans la répartition des sièges.182 7040,484004Autonomie Liberté Démocratie (ALP)43,44101Autres588 6831,5401,44000Total L'Union (L'U)19 002 59849,8134044,88147,217348Forza Italia (FI)9 048 97623,7213713 37417,000202 53620,863140Alliance nationale (AN)4 707 12612,34710720072 1057,421Union de centre (UDC)2 580 1906,76392 2822,9006,84039Ligue du Nord-Mouvement pour les autonomies (LN-MpA)1 747 7304,58261,99020 2112,08026Démocratie chrétienne-Nouveau PSI (DC-NPSI)285 4740,754004Autres608 3471,5902 0172,5708 2270,8400Total Maison des libertés (CdL)49,7427724,46038,0542810099 81710,2811Autres0,45024 11930,66043 5284,4800Total100,00617100,001100,0012630
Le , la Cour de cassation attribue les sièges aux deux coalitions, aucune autre liste n'ayant obtenu les 4 % requis.
À ces , il faut ajouter le député du Val d'Aoste (centre gauche) et les à l'étranger dont les résultats officiels ont été proclamés le : 6 pour l'Olivier, 1 pour l'Italie des valeurs, 3 pour Forza Italia et 1 pour une liste soutenue par Alliance nationale et 1 pour l'association des Italiens d'Argentine (qui ont rejoint Prodi).
Les résultats finaux pour la Chambre sont donc (ci-dessous graphique représentant le pourcentage de sièges obtenus par parti) : L'Union obtient ; La Maison des libertés a 281 élus.
L'Unione :348 (55,3 %) CDL :281 (44,7 %) ▲
Sénat
thumb|Composition du Sénat en mai 2006, lors de l'ouverture de la législature (répartitions des sénateurs par groupes politiques) Au Sénat siègent en outre deux anciens présidents de la République, Francesco Cossiga et Oscar Luigi Scalfaro ainsi que cinq sénateurs à vie : Giulio Andreotti, Rita Levi-Montalcini, Emilio Colombo, Giorgio Napolitano et Sergio Pininfarina. Il y a donc en tout : 309 de la métropole, 6 de l'étranger et à vie.
Voici les résultats pour les deux coalitions :
Partis & alliancesVotes%SiègesL'Union Démocrates de gauche La Marguerite Parti de la refondation communiste Ensemble avec l'Union Italie des valeurs Rose au poing Populaires-UDEUR AutresUn siège pour la Liste des consommateurs et un autre pour un sénateur se présentant sous le sigle de l'Olivier16 725 0775 977 3133 664 6222 518 6241 423 226986 046851 875 476 938 826 37348,9617,5010,737,374,172,892,491,402,41148623927114032Maison des libertés Forza Italia Alliance nationale UDC Ligue du Nord-MpA Autres17 153 2568 201 6884 234 6932 309 1741 530 36687733550,2124,0112,406,764,482,56153784121130 Autres 0,83 0Total 100 301 Il faut ajouter à ces résultats ceux des italiens de l'étranger et huit autres sénateurs élus dans des régions à statut particulier : Maison des libertés : L'Union : plus l'élu indépendant des Italiens en Argentine soit .
Parmi l'Union, voici la répartition entre les listes : Démocrates de gauche : 62 élus ; La Marguerite : 39 élus ; Parti de la refondation communiste : 27 élus ; Ensemble avec l'Union (Verts et communistes italiens) : 11 élus ; Sièges obtenus par les partis ayant moins de : 7 élus ; Parti populaire sud-tyrolien : 5 élus ; Italie des valeurs : 4 élus ; Populaires-UDEUR : 3 élus.
Pour la casa delle libertà :