Gong est un groupe de rock progressif international, originaire de Paris, en France. Le groupe incorpore des éléments de jazz et space rock à sa musique. Il est formé par le musicien australien Daevid Allen, qui a d'abord joué avec le Daevid Allen Trio en 1963 (formé de Hugh Hopper à la basse et Robert Wyatt à la batterie) puis avec Soft Machine en 1966, qu'il quitte en 1967 à la suite d'un exil forcé en France. La première formation de Gong en 1967, comprend Allen (chant, guitare), Gilli Smyth (chant, chœurs) et Didier Malherbe (flûte, saxophone) auquel s'ajoute le batteur éphémère Rachid Houari en 1969. Le guitariste Steve Hillage rejoindra la formation à géométrie variable en 1972.
Le premier album, Magick Brother de Gong, se caractérise par un son pop psychédélique. En 1971, sort l'album Camembert électrique, qui se caractérise par un son plus rock psychédélique/space rock auquel le groupe sera souvent associé par la suite..
En 1975, Allen et Smyth quittent le groupe, qui continuera sans eux en publiant plusieurs albums de jazz rock sous la houlette du batteur Pierre Moerlen. Cette incarnation sera connue sous le nom de Pierre Moerlen's Gong. Entretemps, Smyth forme Mother Gong et Allen inaugure une série de groupes dérivés comme Planet Gong, New York Gong et Gongmaison, avant de revenir aux manettes de Gong en 1990 et ce jusqu'à son décès en 2015. Avec les encouragements d'Allen, le groupe décide de continuer publiant l'album Rejoice! I'm Dead! en ..
Biographie Origines (1967–1968) Les origines du groupe remontent avant la formation de Soft Machine, le jour d'une vision de Daevid Allen au cours d'une pleine lune de 1966. Il vit des intelligences supérieures, les Octave Doctors, le regarder jouer sur une scène devant un public rock en expérimentant une connexion avec eux qui avaient la qualité de l'amour intenseHistoire du groupe sur le site officiel. Après avoir fondé Soft Machine en , il travaille avec le groupe sur le répertoire qui deviendra le premier album. Mais en le guitariste australien se voit refuser l'entrée en Angleterre pour trois ans et quitte Soft Machine. Il n'apparaît donc pas sur leur premier album mais on peut retrouver le témoignage ce que fut la formation originelle du groupe avec Mike Ratledge, Robert Wyatt, Kevin Ayers et Daevid Allen dans un enregistrement studio incluant des pièces demeurées jusque là inédites et qui sera réédité à de multiples reprises, d'abord sous le titre Faces And Places Vol. 7 sur BYG Records en 1972 disponible uniquement en France, ensuite At The Beginning distribué seulement en Italie en 1980 sur Charly Records, puis sous le titre Jet Propelled Photographs publié en 1989 et finalement en 1993 dans la collection Les Génies Du Rock sous le titre At The Beginning aux Editions Atlas. Daevid Allen réenregistra cet album en 2004 avec le groupe University of Errors sous le titre Jet Proplled Photographs.
Installé à Paris, Daevid forme un groupe « ancêtre » du Gong, parfois appelé ProtoGong, et joue avec Don Cherry, Gilli Smyth, Ziska Baum entre autres Gong Dreaming 1 page 127. Au printemps 1968 il forme le Banana Moon band avec Gilli, Marc Blanc (batterie) et Patrick Fontaine (basse). Mais un de leurs concerts pendant les « événements » de mai 68 l'oblige à un premier exil à Deià (Majorque). Le répertoire de cette époque constituera le premier album de Gong, enregistré à l'automne 1969 : Magick Brother. C'est de ce moment qu'on peut dater la naissance du groupe qui comprend autour de Daevid et Gilli, Didier Malherbe aux bois et Rachid Houari à la batterie recrutés en septembre à Paris et les musiciens Christian Tritsch à la basse, Daniel Laloux (grosse caisse et voix), et Gerry Field et Dieter Gewissler aux violons Chronologie du groupe sur le site calyx-canterbury.fr.
C'est dans cette formation qu'ils se produisent au Festival d'Amougies, parmi les autres invités, dont Yes, The Nice, Pink Floyd, Soft Machine et ZOO. Cette prestation est tournée par Jérôme Laperrousaz et Jean-Noël Roy, et le film tient l'affiche pendant une semaine à Paris, mais est par la suite interdit, en particulier à l'injonction de Pink Floyd. Le producteur du festival n'avait en effet pas acquis les autorisations nécessaires et n'avait pas toujours réglé les sommes qu'il devait aux divers musiciens. Le film est resté invisible depuis.
Premières années (1969–1972) gauche|thumb|Chronologie des changements de formation.
Le premier album est bien accueilli et Le Pop-Club de France Inter le nomme « album pop de la semaine ». Il offre déjà les couleurs des futurs albums mais reste différent avec des influences folk et free jazz. Alors que le groupe s'installe à l'automne 1970 avec managers, techniciens et musiciens dans un ancien pavillon de chasse, Le Pavillon du Hay à Voisines près de Sens à une centaine de kilomètres au sud-est de Paris, il tourne en France ; avec Ange, Crium Delirium et Magma il sera l'un des groupes qui feront le plus de concerts dans le circuit des MJC. Ils jouent au premier festival de Glastonbury en 1971 et leur set sort sur le disque Greasy Truckers.
Le réalisateur Jérôme Laperrousaz fait appel au groupe pour la bande originale du film Continental Circus. À cette période, le groupe enregistre un album en collaboration avec Dashiell Hedayat, Obsolete, et son deuxième véritable disque, Camembert électrique. Christian Tritsch (basse) et Pip Pyle (batterie) assurent la section rythmique.
Kevin Ayers joue quelques mois comme membre « semi-permanent » puis quitte l'équipe, ainsi que Pip Pyle, remplacé par Laurie Allan en . Le groupe garde difficilement une section rythmique stable, avec différents batteurs (Marc Poole, Charles Hayward, retour de Laurie Allan) et Francis Moze (ex-Magma) à la basse Allen, Daevid. Gong Dreaming 2. SAF Publishing, 2009, pages 154, 165, 175..
Trilogie Radio Gnome (1973–1974) vignette|Gilli Smyth et Daevid Allen de Gong, en concert en 1974.
L'œuvre la plus reconnue du groupe est la trilogie Flying Teapot, Angel's Egg et You, clef de voûte de toute la discographie du Gong et la meilleure formation. Elle raconte les aventures délirantes et magiques de Zero the Hero. À l'époque de l’enregistrement du premier volet en , Flying Teapot, Tim Blake (synthétiseurs) et Steve Hillage (guitare), sont recrutés. Les recherches au synthétiseur VCS3 de Blake et le superbe jeu de guitare de Hillage complètent le son du groupe.
Quelques mois plus tard arrive une nouvelle et définitive section rythmique avec Mike Howlett à la basse et Pierre Moerlen à la batterie. Avec cette formation vont être réalisés Angel's Egg (été 1973) et You (été 1974). Avec les guitares glissando d'Allen et Hillage, le space whisper et les cris de Smith et les spirales pré-techno de Blake, le psychédélisme atteint des sommets. On peut considérer Other Side of the Sky et A Sprinkling of Clouds comme des morceaux précurseurs de la techno, autant que ceux du krautrock de Kraftwerk, de Tangerine Dream ou de Ash Ra Tempel. You est considéré par certains comme leur plus grande réussite en studio et la compilation de concerts Live Etc. présente certaines des plus belles versions de la trilogie. La musique peut être à la fois drôle et légère, comme très complexe et puissante. Mais on commence à sentir un antagonisme entre les musiciens comme Allen et ceux, beaucoup plus techniques, comme Moerlen, très audible dans You, avec des chansons légères et de longs instrumentaux très .
Ces divergences grandissent au fil des mois et, à l'été 1974, Gilly Smith part. Le , Daevid Allen ne peut sortir des loges d'un concert à Cheltenham, comme si une force invisible l'en empêchait, et quitte le navire Allen, Daevid. Gong Dreaming 2. SAF Publishing, 2009, page 412.. Puis vient l'album Shamal où Steve Hillage, promu meneur, se trouve dans une position inconfortable et part lui aussi avec sa compagne Miquette Giraudy à l'automne 1975, au moment de l'enregistrement de son premier disque solo Fish Rising réalisé avec l'ensemble du Gong.
Jazz-rock, projets solo et premier retour (1975–1977) Le premier album post-Pixie est Shamal qui marque une grande transition dans le style musical. Le lien avec la période précédente est, avec le côté planant, l'utilisation des vibraphones et le jeu caractéristique de Didier Malherbe au saxophone. Par contre, les titres prennent davantage la couleur jazz rock progressif qui sera celle des années suivantes, avec des passages clairement musique du monde. Il n'y a plus de boucles de synthés psychés, de guitares glissando ou de space whisper, on trouve moins de chansons et plus de passages instrumentaux. Steve Hillage et Miquette Giraudy ne participent que très peu. Shamal connait néanmoins un grand succès. Il est notable de constater qu'à l'instar de Soft Machine, Gong est le deuxième groupe à évoluer vers le jazz-fusion après le départ du fantasque Australien Daevid Allen.
Sous la houlette de Pierre Moerlen le disque suivant Gazeuse! prend encore plus le virage jazz fusion. Allan Holdsworth et son jeu très complexe y est pour beaucoup : il a déjà joué pour Soft Machine. Gazeuse! est une réussite et sûrement le meilleur album du Pierre Moerlen's Gong (il n'est signé de Gong que pour des raisons contractuelles avec Virgin). La nouvelle formation tournera autour de Moerlen, Holdsworth, Francis Moze (basse) et Benoît Moerlen (vibraphone). Des invités prestigieux ont participé au Pierre Moerlen's Gong : Didier Lockwood (violon), Mike Oldfield et Mick Taylor (guitare), Steve Winwood (claviers).
Daevid Allen enregistre son deuxième album solo (après Bananamoon 1971) : Good Morning, réalisé à Deya avec le groupe Euterpe. Il revient à un style plus simple et acoustique. Après Now Is the Happiest Time of Your Life (1977) et la production du groupe Can am des puig, il part vivre à New York où il joue avec Bill Laswell (du groupe Material) dans un projet post-rock qui donnera le disque About Time de New York Gong. Gilly Smith enregistre Mother (1978) et fonde Mother Gong avec Harry Williamson. Ce groupe est toujours en activité et a proposé plus d'une dizaine de disques à ce jour. Steve Hillage se consacre avec succès à sa carrière solo, de loin celle la plus en phase avec le Gong psychédélique. Au fil des années il se rapproche peu à peu de la musique électronique. Il est un des précurseurs de la techno ambient, en particulier avec Rainbow Dome Musick (1979).
Le , Gong se reforme occasionnellement et joue à l'Hippodrome de Paris l’intégralité de ses quatre albums phares : Camembert électrique, Flying Teapot, Angel's Egg et You. Ce concert est sorti en vinyle puis en CD sous le nom de Gong Est Mort, Vive Gong. En réponse au Punk naissant Daevid et Gilly forment Planet Gong avec des musiciens de Here & Now et publient Floating Anarchy Live 77, un mélange de punk et de space rock.
De Gongmaison aux 25 ans (1981–2001) La décennie 1980 est la moins intense au niveau création musicale. Daevid Allen repart en Australie en 1981, il travaille sur des performances et de la poésie. Il apprend le Rebirth, une technique de développement personnel issue de la psychologie thérapeutique en vogue dans les mouvements New Age. Gilly Smith continue l'aventure de Mother Gong et sort des albums régulièrement. Steve Hillage travaille comme producteur, notamment pour Simple Minds, Murray Head, Cock Robin et sur le concert 1, 2, 3 Soleils des artistes Raï Rachid Taha, Khaled et Faudel. Pierre Moerlen arrête le Pierre Moerlen's Gong en 1981. Il joue entre autres avec Magma et Mike Oldfield.
Après avoir passé la plupart des années 1980 en Australie, Daevid Allen revient au Royaume-Uni en 1988 et forme la Compagnie d'Opéra Invisible du Tibet (C.O.I.T.) avec Harry Williamson, Didier Malherbe et le violoniste Graham Clarke. Le groupe devient Gongmaison et sort l'album du même nom en 1989.