Alexandre Farnèse, aussi appelé Alexandre Farnèse le jeune, en , né à Valentano le et mort à Rome le , fournit des preuves que la date de naissance est le 27 septembre, nommé cardinal en 1534, passe à l'histoire avec le surnom de « Gran Cardinale ». Diplomate, cultivé, grand collectionneur et mécène, il est le petit-fils du pape Paul III (qui portait également le nom dAlessandro Farnese) et le fils de Pierre-Louis Farnèse, duc de Parme, assassiné en 1547.
Il ne faut pas le confondre avec son neveu, Alexandre Farnèse (1545-1592), gouverneur des Pays-Bas espagnols, petit-fils de l'empereur Charles Quint et arrière-petit-fils du pape Paul III.
Grâce à la fascination qu'il suscite, il entretint beaucoup d'histoires sentimentales avec de nobles dames.
Jeunesse et formation Alexandre Farnèse naît au château familial de Valentano en Toscane en septembre 1520 (actuelle province de Viterbe), premier des cinq enfants de Pierre-Louis Farnèse, fils du cardinal Alexandre Farnèse (le futur pape Paul III) et de Silvia Ruffini, et de Gerolama Orsini, fille de Ludovico Orsini, septième comte de Pitigliano, et de Giulia Conti. Ses parents se marièrent à Rome le . Le jeune Alexandre étudie à Bologne avec son cousin Guido Ascanio Sforza di Santa Fiora.
Il poursuit ses études au collège Ancarano de Bologne, fondé au par Petrus de Ancarano pour les étudiants spécialisés en études du droit, en compagnie de son frère Octave Farnèse ; ils y reçoivent un enseignement dans les matières littéraires, juridiques et théologiques.
Après sa nomination comme cardinal, le pape lui désigne comme précepteur Marcello Cervini, un jeune prêtre qui s'installe au palais Farnèse.
Charges ecclésiastiques L'élection de son grand-père au trône de saint Pierre accélère son entrée dans le monde ecclésiastique immédiatement aux plus hauts niveaux. Le 18 décembre 1534, à l'âge de 14 ans, Alexandre Farnèse est nommé cardinal diacre de l'église Sant'Angelo in Pescheria. par son grand-père Paul III, élu à la papauté deux mois auparavant. Son cousin Guidascanio Sforza, fils de Costanza Farnèse, sœur de Pierre-Louis, et du comte Bosio II Sforza di Santa Fiora est aussi nommé cardinal, à peine âgé de seize ans. Il reçoit la barrette rouge des mains du cardinal Del Monte, le futur Jules III.
Le 11 août 1535, il est nommé abbé commendataire de l'abbaye Tre Fontane sur la Via Ostiensis, fonction qu'il occupe jusqu'en 1544. En 1535, il est également nommé abbé commendataire de l'abbaye Saint-Étienne de CaenGallia christiana tome XI, Paris, 1759, p. 428.
À la suite de la mort du cardinal Hippolyte de Médicis, le jeune cardinal Farnèse reçoit de nombreuses autres charges et bénéfices, devenant archevêque d'Avignon de 1535 à 1551Gallia christiana Tomus primus (Paris 1716), p. 831-833. et, à vie, vice-chancelier de la Sainte Église romaine (13 août 1535 – 2 mars 1589), la charge produisant le revenu annuel le plus élevé de tous les offices curiauxChancellors and Vice-Chancellors of the Holy Roman Church (GCatholic). et une des plus prestigieuses.
Sans cesser d'appartenir à l'ordre des cardinaux diaconiens, il change son titre de Sant'Angelo in Foro Piscium en celui de San Lorenzo in Damaso. Après cette promotion, le pape adjoint à Marcello Cervini, Bernardino Maffei, un poète et collectionneur de médailles dont il se sert pour ses leçons d'histoire. Au cours de cette période, il reçoit le diocèse de Jaén (Espagne) qui lui est attribué après la mort du cardinal Esteban Gabriel Merino, évêque de Bari, au mécontentement de Charles Quint qui a un autre candidat en vue. Le différend dure jusqu'en 1536, lorsqu'Alexandre échange l'évêché de Jaén avec celui de Monreale, dont la rente se monte à écus l'an, et qu'un autre administrateur, le cardinal Alessandro Cesarini, soit nommé le 6 juillet 1537. Ses rentes, dix ans après, sont estimées à écus. Il est administrateur du diocèse de Viseu au Portugal de 1547 à 1552.
Il est également nommé gouverneur de Tivoli le 13 août 1535, le même jour qu’il est promu au titulus de San Lorenzo in Damaso (1535-1550), archiprêtre de la basilique Sainte-Marie-Majeure (1537-1543)., archiprêtre de la basilique Saint-Pierre (1543-1589).. Le 27 août 1539, à l'âge de 18 ans, il est nommé patriarche latin de Jérusalem, une fonction très lucrative qu'il quitte lors de la nomination d'un nouveau patriarche le 28 février 1550. Ces fonctions sont nominales et n'impliquent pas nécessairement des fonctions épiscopales.
En 1538, il prend le secrétariat de Paul III aidé par Marcello Cervini, puis par Niccolò Ardinghelli, Girolamo Dandini et Bernardino Maffei. Il commence alors un intense apprentissage diplomatique. Il s'occupe de la ligue anti-turque et prépare le voyage de Paul III à Nice pour essayer de rétablir l'entente entre Charles Quint et le roi François Ier de France, proposant, en vain, en un mariage entre l'empereur, veuf depuis peu, et Marguerite de France (1523-1574), la propre fille du roi de France. Il obtient par contre le consentement pour l'investiture de son frère Octave au titre de duc de Camerino.
Fin 1539 et jusqu'au printemps 1540, il est en France en tant que nonce, conduisant une brillante vie de cour et appuyant l'action médiatrice pontificale pour la création d'un front contre la menace ottomane.
En 1541, il est nommé Protecteur du Saint-Empire romain germanique et Protecteur de l’Espagne auprès du Saint-Siège. Ces fonctions font de lui l'agent d'ordonnancement le plus éminent de toutes les affaires impériales et espagnoles de la Curie romaine ; son avis est toujours requis et, comme il est le neveu du pape, il est souvent suivi. Parallèlement, il est nommé légat pontifical à Avignon (1541-1565), avec le consentement royalRoger Vallentin Du Cheylard, "Notes sur la chronologie des Vice-Légats d'Avignon au ," (Avignon 1890) [Extrait des Mémoires de l'Académie de Vaucluse 9 (1890) 202-205.] pp. 5-8.. En 1546, au côté de son frère Octave, il participe comme légat pontifical auprès de Charles Quint à la guerre contre la ligue de Smalkalde.
De 1564 à 1565, il est évêque de Sabina et on suppose, en l'absence de preuves documentées, qu'en 1564, il est finalement consacré évêque. Il est avec certitude évêque lorsqu'il est le principal consécrateur du cardinal Giulio della Rovere le 15 avril 1566.. De 1565 à 1578, il est évêque de Tusculum (Frascati), puis évêque de Porto-Santa Rufina du 9 juillet 1578 au 5 décembre 1580. Il est cardinal-évêque d'Ostie et Velletri et doyen du Collège des cardinaux du 5 décembre 1580 jusqu'à sa mort le 2 mars 1589.
Avantages et revenus vignette|redresse|Titien, Portrait de Paul III avec ses petits-fils, 1545, musée de Capimonte. Alexandre est à gauche. vignette|redresse|Alexandre Farnèse, archevêque d'Avignon du au , sanguine du Recueil d'Arras, par Jacques le Boucq.
Son grand-père, le pape Paul III, nomme Alexandre administrateur du diocèse de Parme le , lui permettant de percevoir les revenus épiscopaux pendant l'interrègne. Il démissionne le 13 août 1535, lorsque le cardinal Guido Ascanio Sforza di Santa Fiora, autre petit-fils de Paul III et seulement deux ans plus âgé que lui, est nommé nouvel administrateur, bénéficiant des revenus parmesans jusqu'à sa démission en 1560.
Le 9 mai 1536, l'empereur Charles Quint nomme le cardinal Farnèse nouvel archevêque de Monreale en Sicile ; sa nomination est confirmée le 15 mai 1536 par le pape Paul III. Monreale n'est pas un lieu serein car les moines de la cathédrale de Monreale et le clergé du diocèse se chamaillent. Le 26 juillet 1549, le pape est contraint d'intervenir, dans une lettre dans laquelle il se réfère au cardinal sous le titre d'''Administrateur perpétuel. Un vicaire est nommé pour suppléer l'archevêque mineur et absent, Giovanni Antonio Fassari, évêque titulaire de Christopolis en Grèce ; il est remplacé en 1546 par Pompeo Zambecari, qui est lui-même remplacé en 1557, par Giovanni Pietro Fortiguerra, évêque de Cyrène en Libye. Le cardinal permet aux Jésuites de fonder un collège à Monreale et aux prêtres de la Fraternité de travailler dans le diocèse. En 1568, le cardinal Farnèse visite son diocèse et y tient un synode. Il est accompagné de son bibliothécaire, le célèbre antiquaire et biographe papal Onofrio Panvinio, qui malheureusement meurt à Palerme le 16 (?) mars 1568. Ilcontinue à bénéficier des revenus du diocèse jusqu'en 1573, date à laquelle il démissionne de l'évêché.
Le 17 juin 1537, il est nommé administrateur du diocèse de Bitonto dans le royaume de Naples à la démission de Lopez de Alarcon ; son administration cesse lors de la nomination d'un nouvel évêque le 8 janvier 1538. Il devient administrateur du diocèse de Massa Marittima le 15 novembre 1538, à la démission d'Hieronymus de Glanderonibus ; comme il n'a que dix-huit ans, il n'est pas canoniquement éligible pour être évêque, mais peut percevoir les revenus de l'évêque jusqu'à ce qu'un successeur soit nommé en avril 1547. Le 16 juillet 1540, il est nommé administrateur du diocèse de Cavaillon en Provence, dont il démissionne un an plus tard le 20 juillet 1541.
Il est administrateur de l'archidiocèse de Tours du 28 avril 1553 jusqu'à ce que le pape Jules III ordonne l'émission de bulles pour l'archevêque Simon de Maillé le 25 juin 1554. Dans le cas de Tours, le droit de nomination appartient au roi de France , dont la fille Diane de France a épousé le plus jeune frère de Farnèse, Horace, en 1552 : Henri II, lors d'une transaction diplomatique, demande que le cardinal Farnèse soit nommé administrateurGallia Christiana XIV .. Le 25 juin 1554, le jour même de la fin de son administration de Tours, Alexandre Farnèse est nommé administrateur du diocèse de Viviers, jusqu'à ce que le pape approuve la nomination par le roi Henri d'un nouvel évêque le 12 novembre 1554. Il est également nommé par le roi de France comme administrateur du diocèse de Cahors, nomination approuvée par le pape Jules III le 12 novembre 1554 ; un nouvel évêque est approuvé par le pape Paul IV le 7 mai 1557, mettant fin à sa nomination. Deux conclaves ont lieu entre-temps, ce qui explique probablement la durée de son administration de Cahors. En 1555, il est nommé administrateur du diocèse de Spolète, poste qu'il occupe jusqu'à la nomination d'un nouvel évêque le 16 décembre 1562. Il a également été administrateur de l'archidiocèse de Bénévent du 22 novembre 1556, jusqu'à ce qu'un nouvel archevêque soit approuvé par Paul IV le 14 janvier 1558. Toutes ces nominations doivent être considérées comme des opportunités d’enrichissement financier et non comme des opportunités de service dans les « vignes du Seigneur » loin de Rome. Les différentes administrations sont effectuées par des agents habilités.
En 1564, il succède à son frère Ranuccio comme abbé commendataire de l'abbaye de Farfa, qu'il occupe jusqu'à sa mort en 1589. Il introduit les moines bénédictins de la Congrégation de Monte Cassino dans le monastère en 1567.
Activité diplomatique Alexandre Farnèse devient également légat papal, organisant la paix entre Charles Quint, perpétuellement en guerre, et François Ier. Lors du Consistoire du 24 novembre 1539, il est envoyé comme Legatus apostolique a latere pour tenter d'arranger une paix entre les deux monarques rivaux. Il quitte Rome le 29 novembre et entre à Paris le 31 décembre. Il est à Rouen le 14 janvier 1540, et rencontre le roi le 14 février. Il part ensuite pour les Flandres le 17 février pour une rencontre avec l'empereur ; il y reste trois mois et revient à Paris le 14 mai, où il a rendez-vous avec le roi François le 17 au château de Saint-Germain-en-Laye. Il retourne à Rome le 5 juin 1540.