En France, le diplôme national de licence (DNL) ou simplement la licence est délivré par un établissement public d'enseignement supérieur comme une université, trois ans après l’obtention du baccalauréat. La licence vaut 180 ECTS et confère le grade du même nom. La licence est à la fois un diplôme national et un grade universitaire de premier cycle de l’enseignement supérieur. L’obtention de la licence permet la poursuite des études universitaires vers le diplôme national de master ou un autre diplôme délivrant le grade de master.
Histoire Systèmes de quatre licences depuis le Avant 1966, il existe trois licences différentes, la licence ès sciences, la licence ès lettres et la licence en droit. Il existe au également une licence en théologie. Une personne diplômée du grade de licence, par exemple en sciences, est .
Licence ès sciences
Le décret du réforme en profondeur la structure de la licence ès sciences en créant un système des certificats d’études supérieures. Puis le décret du institue une année préparatoire menant à l'obtention d'un des certificats d'études supérieures préparatoires (mathématiques générales ; mathématiques, physique et chimie [MPC] ; sciences physiques, chimiques et naturelles [SPCN]), préalable obligatoire aux cours des certificats de licence. Le cours de propédeutique dure un an, et il faut en général deux ans pour obtenir le certificat, le niveau des certificats propédeutiques correspondant à celui de la classe de mathématiques spéciales des lycées.
Sept ans plus tard, une nouvelle réforme modifie profondément l'organisation des premier et deuxième cycles. La réforme Fouchet étale le cycle propédeutique sur deux ans, et supprime le système flexible des certificats de licence au profit d'une organisation par année du deuxième cycle où se distingue un cycle court d'un an menant à la licence, et un cycle long de deux ans menant à la maitrise. « Par rapport à la première réforme, la spécialisation fut encore plus poussée dans le deuxième cycle », en particulier au travers des maitrises de spécialités. Résultat: « plus de disciplines annexes en deuxième cycle, toute la culture générale scientifique était donnée, ou censée l'être, en premier cycle », seules les maîtrises d'enseignement destinées à la préparation aux concours de recrutement de l'enseignement secondaire comportaient des certificats de disciplines différentes (exemple : physique et chimie pour la maîtrise en sciences physiques).
Licence ès lettres
D'après les décrets des et et les arrêtés des et , pour être admis à l'examen de la licence ès lettres, il faut être bachelier ès lettres depuis au moins un an et avoir pris quatre inscriptions aux cours proposés par la Faculté des Lettres. Les examens consistent en épreuves écrites et orales. Les épreuves écrites comportent une composition de dissertation latine, une de dissertation française, une composition de vers latins, un thème grec. Pour l'épreuve orale, les candidats expliquent des ouvrages grecs, latins et français.
Par le décret du se produit une première forme de spécialisation : aux « épreuves communes » à tous les candidats à la licence ès lettres s'ajoutent des « épreuves spéciales » : lettres, philosophie et histoire - on y ajoute des épreuves du même type en langues vivantes le ..
L'aboutissement de ce mouvement est le décret du qui distingue quatre diplômes différents. C'est l'acte de naissance de la licence d'histoire, de la licence de philosophie, de la licence de langues vivantes, qui s'ajoutent donc à la licence de lettres.
D'autres licences sont également créées au : la licence de géographie en 1941., la licence de psychologie en 1947Décret du 9 mai 1947., la licence de sociologie en 1958Décret du 2 avril 1958..
Licence en droit D’après les décrets des et et les arrêtés des et , pour obtenir la licence en droit, obligatoire pour la profession d’avocat, il faut être bachelier en droit, faire une troisième année d’études, prendre quatre inscriptions et subir deux examens et une thèse. Le premier examen concerne les Institutes de Justinien ; le second le Code Napoléon, le code de commerce et le droit administratif. La thèse porte sur des questions de droit romain et de droit français.
Les études pour la licence en droit sont réformées par le décret du , sous le ministère d’André Marie. L’idée générale qui a guidé cette réforme est « que les facultés de droit doivent donner à leurs étudiants, d’une part une culture générale de caractère social, appuyée sur l’enseignement du droit et de l’économie politique, d’autre part une formation mieux orientée vers leurs professions futures. ». Pour cela la réforme a mis en place la distinction entre deux cycles dans les études de licence. « Le premier cycle, d’une durée de deux ans, commun à tous les étudiants, doit permettre d’acquérir les connaissances générales de base. Le second cycle, d’une durée de deux ans également, comporte trois sections : droit privé, droit public et science politique, économie politique ». La réforme allonge ainsi d’une année les études, mais, selon l’exposé des motifs, « cette charge est compensée par le fait que la possession d’une formation plus poussée et d’un diplôme revalorisé dispensera de très nombreux étudiants de rechercher dans le doctorat, comme c’était le cas jusqu’ici, un complément aux études de licence. Ainsi le doctorat en droit retrouvera le caractère véritablement scientifique qui doit être le sien. » Le baccalauréat en droit est délivré au terme de la deuxième année d’études. La réforme met également en place le développement des travaux pratiques.
À la suite du décret du , un diplôme d’études juridiques générales est délivré au bout de la deuxième année des études de licence en droit, en lieu et place du baccalauréat en droit.. La licence en droit organisée en quatre années est transformée en maîtrise en droit en 1976.
À noter que l'ancienne économie politique, traditionnellement enseignée dans les facultés de droit, prend progressivement son autonomie à la fin du , jusqu'à la création de la licence d'économie en 1960..
Licence en théologie D’après le décret du et l’arrêté du , pour obtenir la licence en théologie il faut être bachelier en théologie, avoir pris quatre inscriptions à la faculté et subir deux examens. Le premier porte sur la théologie sacramentale et morale, le second sur l’Écriture sainte, l’histoire ecclésiastique et le droit canon. Il faut également soutenir deux thèses sur les matières des examens, l’une en français, l’autre en latin.
Démocratisation des licences au La licence de 1966 à 1976 La réforme de 1966 décrétée à la suite du plan Fouchet entraîne une modification de la durée du premier cycle qui passe à deux ans dans les facultés des sciences et des lettres et sciences humaines à partir de l'année universitaire 1967-1968. Le deuxième cycle est sanctionné par la licence (cycle court en un an), ou la maîtrise (cycle long en deux ans).
Dans les facultés des lettres et sciences humaines, le deuxième cycle est un cycle de formation approfondie sanctionné soit par une licence, soit par une maîtrise ; sa durée est d’une année pour la licence et de deux années pour la maîtrise. Les enseignements en vue de la licence sont répartis en sections. Six sections conduisent à des licences dites « licences d'enseignements » : lettres classiques, lettres modernes, langues vivantes étrangères, histoire, géographie, philosophie. La licence est délivrée aux candidats ayant obtenu soit un certificat d’études supérieures de licence et un certificat d’études supérieures de maîtrise ; soit, lorsque la maîtrise comporte quatre certificats d’études supérieures, deux certificats d’études supérieures de maîtrise.
Dans les facultés des sciences, le deuxième cycle comporte des sections qui conduisent vers une maîtrise ou une licence d'enseignement. La licence (ès sciences mathématiques, physiques ou naturelles) est délivrée aux candidats ayant satisfait un examen comportant plusieurs épreuves écrites, orales ou pratiques au terme de lannée d'études préparatoire à la licence. Selon l'arrêté du , les horaires d'enseignement hebdomadaires sont de 15 heures en mathématiques, 19 heures en sciences physiques et 20 heures en sciences naturelles. Cependant après les événements de , l'arrêté du institue également la licence d'enseignement comme diplôme sanctionnant la première année d'études conduisant à une des maîtrises d'enseignement en deux ans instituée par le même arrêté et supprimant par là la division voie courte-voie longue de la réforme Fouchet très critiquée par les syndicats. L'arrêté cité institue en outre une licence en technologie de construction et l'arrêté du les licences de construction mécanique, électrotechnique et électrotechnique.
La licence de 1977 à 1998 L’arrêté du , signé par Alice Saunier-Seïté mais préparé par Jean-Pierre Soisson, réforme le deuxième cycle.. Le nouveau texte donne aux universités l’initiative pour définir les enseignements, leurs intitulés et leurs contenus, tout en laissant au ministère le contrôle des habilitations relatives à la délivrance des diplômes nationaux. En outre il est commun à toutes les disciplines universitaires (hors santé) et met ainsi fin à la licence en droit en quatre ans. D’après ce texte, la licence sanctionne une formation cohérente et complète, conçue comme un diplôme terminal. Elle peut néanmoins être suivie par un autre diplôme de deuxième cycle, la maîtrise. La licence comporte soit une formation portant sur les éléments fondamentaux d’une discipline ou d’un groupe de disciplines, soit une formation interdisciplinaire, soit une formation ayant un objectif professionnel. L’enseignement dure une année et comporte de 350 à 550 heures. L’accès est ouvert au titulaire d’un diplôme d'études universitaires générales. Dans la plupart des facultés des lettres et sciences humaines, le deuxième cycle reste un cycle de formation approfondie sanctionné soit par une licence, soit par une maîtrise ; sa durée est d’une année pour la licence et d'une deuxième année pour la maîtrise. Les enseignements restent répartis en sections, et seules six sections conduisent à une licence dite « licence d'enseignement » : lettres classiques, lettres modernes, langues vivantes étrangères, histoire, géographie, philosophie.
Entre 1993 et 1997, la licence est régie par l’arrêté du . Celui-ci s’applique dès la rentrée 1993 (réforme Jospin). Les titulaires du DEUG sont alors autorisés à s’inscrire. Les études durent un an et comportent quatre à huit modules. Les dénominations sont fixés nationalement. On distingue les secteurs suivants :
L’arrêté du modifie à nouveau l'organisation du diplôme Ce texte est toujours en vigueur mais n’est pratiquement plus utilisé, les universités ayant normalement toutes basculé sur le régime proposé par l’arrêté du 23 avril 2002.. Celui-ci s'applique dès la rentrée 1997 (réforme Bayrou). La licence est ouverte à tout porteur du DEUG (dans certains cas, un étudiant qui avait obtenu 80 % du DEUG pouvait être admis à suivre les cours de l'année de licence) ou diplôme équivalent. Le diplôme est organisé en deux semestres et huit unités d’enseignement. Les dénominations sont fixés nationalement. On distingue les secteurs suivants :
Ces licences, créées en 1994, apportent aux étudiants se destinant à l’administration ou à l’enseignement un cursus pluridisciplinaires. Elles sont de deux types : Licence pluridisciplinaire de lettres, arts et sciences humaines et Licence pluridisciplinaire de sciences et technologie. Elles sont supprimées à la rentrée 2012.