Aubin-Edmond Arsenault, né le à Abrams-Village et mort en à Charlottetown au Canada, est un avocat, juge et homme politique acadien.
Membre du Parti conservateur de l’Île-du-Prince-Édouard, il est premier ministre de la province de l'Île-du-Prince-Édouard de 1917 à 1919, devenant ainsi le premier Acadien à diriger le gouvernement d'une province canadienne. Durant son mandat, il obtient notamment la levée de l'interdiction de circulation des véhicules à moteur sur l'île. Défait lors des élections générales de 1919, il demeure chef de l'opposition officielle. En mai 1921, il est nommé juge à la Cour suprême de l’Île-du-Prince-Édouard et reste en fonction jusqu'en 1946.
Il est l'un des membres fondateurs de la société Saint-Thomas-d'Aquin et a présidé la Société nationale des Acadiens, organisations de promotion de la culture acadienne.
Biographie Enfance, études et débuts
Né le à Abrams-Village, Aubin-Edmond Arsenault est le cinquième enfant d'une fratrie de neuf. Son père Joseph-Octave Arsenault, élu à l'assemblée législative de l'Île-du-Prince-Édouard, est originaire de Baie-Egmont, tandis que sa mère Gertrude Gaudet vient de Miscouche.
En 1885, Aubin-Edmond Arsenault quitte son village natal pour étudier à l'Université Saint Dunstan à Charlottetown, où il obtient une licence d'enseignement de deuxième classe. Il enseigne pendant deux ans dans une école rurale, puis une année au collège Saint-Joseph, avant de revenir à l'université Saint Dunstan pour un an poursuivre ses études. Il effectue sa cléricature pendant quatre ans auprès d'un cabinet d'avocats charlottetonnien, W.A.O. Morson. Admis au barreau le comme avocat, il quitte dès l'année suivante le Canada pour s’installer à Londres, où il travaille pour le cabinet d'avocats de Sir Charles Russell. Pendant son séjour londonien, il se voit confier une mission en Afrique du Sud, dont il ne précise pas la nature, même dans ses mémoires. Il rejoint Le Cap peu avant le déclenchement de la guerre des Boers.
Aubin-Edmond Arsenault retourne sur l'Île-du-Prince-Édouard en 1899, où il s'installe dans la ville de Summerside avec sa première femme, Anita, originaire d'Irlande, et son fils adoptif, William Muttart. Il commence à exercer le droit le , en s'associant d'abord avec H. R. MacKenzie, installé à Charlottetown, puis avec Neil MacQuarrie, à Summerside. Lors du recensement canadien de 1901, Aubin-Edmond Arsenault déclare un revenu de 500 dollars canadien en tant que barrister.
Carrière politique En 1906, il est élu au conseil municipal de Summerside. Durant son mandat, il participe notamment au lancement d'une campagne en faveur de l'installation d'un égout et d'un système de distribution d'eau dans la ville. Il démissionne en 1908 pour se présenter en tant que candidat conservateur dans le troisième district de Prince lors des , et est élu député face au candidat libéral, . Il conserve son siège à l'assemblée législative de l'Île-du-Prince-Édouard lors des élections de 1912, 1915 et 1919. D'abord membre de l'opposition, il intègre le Conseil exécutif de l'Île-du-Prince-Édouard en tant que ministre sans portefeuille après la victoire des conservateurs aux élections générales prince-édouardiennes de 1912.
A la demande de John Alexander Mathieson, démissionnaire en 1917 de sa charge de premier ministre de la province de l'Île-du-Prince-Édouard, Aubin-Edmond Arsenault est nommé premier ministre, devenant ainsi le premier Acadien à diriger le gouvernement d'une province canadienne. En , il autorise par décret en Conseil la circulation des véhicules motorisés sur les routes de l'île tous les jours de la semaine, levant une en cours depuis 1908. Opposé à la Prohibition, en vigueur sur l’Île-du-Prince-Édouard depuis 1901., il modifie la législation afin de soumettre à référendum le maintien de la loi sur la prohibition. Les conservateurs sont défaits avant que le plébiscite ne puisse avoir lieu.
Lors des élections générales prince-édouardiennes de 1919, les conservateurs subissent un revers électoral. Selon la revue , les Orangistes provinciaux, une société fraternelle protestante, ont accusé Aubin-Edmond Arsenault de faire preuve de favoritisme à l'égard de ses coreligionnaires catholiques.. Dans ses mémoires, Aubin-Edmond Arsenault présume que son projet visant l'instauration d'un taux unique de taxe scolaire lui a coûté la victoire. D'après l'historien , le gouvernement d'Aubin-Edmond Arsenault fut victime du mécontentement de la population prince-édouardienne, notamment face à l'inflation galopante.
Après la défaite des conservateurs aux élections générales de 1919, Aubin-Edmond Arsenault demeure chef de l'opposition officielle, jusqu'à sa nomination en tant que juge à la Cour suprême de l’Île-du-Prince-Édouard le . Lorsqu'il prend ses nouvelles fonctions, il déménage de Summerside pour s'installer avec sa famille à Charlottetown. Il occupe la fonction de juge pendant 25 ans.
Engagement communautaire Il est membre fondateur de la société Saint-Thomas-d'Aquin. En 1921, il est élu président de la Société nationale des Acadiens. Il reste à la tête de l'association jusqu'en 1927.
Au début des années 1920, il est nommé président de l'association touristique de l’Île-du-Prince-Édouard. Il est également le premier directeur de l'office de tourisme de l’Île-du-Prince-Édouard, créé au milieu des années 1930., président de la , directeur et membre exécutif de la Société géographique royale du Canada, président de l'association de l'industrie touristique du Canada et membre de la Royal Society of Arts au Royaume-Uni. Enfin, il est membre de l'ordre des chevaliers de Colomb, 4ème degré.
Décès Aubin-Edmond Arsenault meurt le ou le . à l'hôpital de Charlottetown suite à une courte maladie. La messe d'enterrement est célébrée dans la cathédrale Saint-Dunstan de Charlottetown.
Famille et descendance Aubin-Edmond Arsenault épouse en premières noces une femme irlandaise nommée Anita, mais le mariage est annulé peu après son installation à Summerside, sans que les raisons ne soient connues. Le , il épouse Bertha Rose Gallant, originaire de Tignish. Ensemble, ils ont 11 enfants, dont neuf filles et deux garçons : Iphigénie (née en 1908), Cyril (1910), Catherine (1912), Regis (1914), Marie (1916), Valérie (1918), Patricia (1920), Laure-Jeanne (1922), Félice (1923), Paula (1925) et Lois (1927).
Postérité En 1946, lors d'un hommage rendu par Thane Alexander Campbell, juge en chef de la Cour suprême de l’Île-du-Prince-Édouard, au moment du départ à la retraite d'Aubin-Edmond Arsenault, ce dernier est décrit comme un homme de bonne réputation, dont le discernement, l'impartialité et la bienveillance sont appréciés. Dans ses remerciements, Aubin-Edmond Arsenault déclare ne regretter aucune des décisions qu'il avait rendues dans des affaires criminelles. De son côté, l'hebdomadaire de Summerside, , affirme .
Reconnaissance officielle de sa contribution à la vie de l'île, le gouvernement prince-édouardien nomme en un bâtiment en l'honneur d'Aubin-Edmond Arsenault. Situé à Charlottetown, le appartient alors au Ministère de l'Éducation.
Notes et références Notes
Références
Annexes Bibliographie . . . . .
Liens externes
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