Janine Charrat, née le à Grenoble et morte le à Rueil-MalmaisonRelevé des fichiers de l'Insee« Décès de la danseuse Janine Charrat », Le Figaro, 29 août 2017, est une danseuse, chorégraphe et directrice de ballet française.

Biographie Fille de Roger Charrat, colonel des sapeurs-pompiers de Paris, chevalier de la Légion d'honneur, et de Laura Guinot, Janine Charrat acquiert jeune, à douze ans, une réputation d'enfant prodige de la danse avec son rôle dans le film de Jean Benoît-Lévy La Mort du cygne. À la recherche d'un partenaire, elle est mise en relation avec Roland Petit par la critique Irène Lidova. Avec les encouragements de Serge Lifar enfreignant la règle de ne faire danser les élèves du Ballet de l'Opéra qu'entre eux, elle forme avec lui le couple vedette de l'univers chorégraphique. En 1945, elle crée pour les Ballets des Champs-Élysées Jeu de cartes, son premier ballet, puis fonde sa propre compagnie en 1951, les Ballets Janine Charrat, appelés un temps les Ballets de FranceDictionnaire de la danse Larousse. alt=Père de Janine Charrat|thumb|Où l'on apprend que Janine Charrat est la fille du colonel des Sapeurs-Pompiers de la Caserne Champerret. Elle présente sa troupe nouvellement créée au théâtre de l'Empire, devant son père très ému. La Vigie Marocaine, 2 février 1952 Pour Paul Valéry, la jeune prodige est la réincarnation de son Atictée dans L'Âme et la danse. En 1948, elle crée un ballet à partir du mimodrame que Paul Claudel avait écrit pour la scène japonaise en 1922 (La Femme et son ombrePaul Claudel, Théâtre, tome II, Pléiade, 2011. Voir aussi Roland Petit, J'ai dansé sur les flots, Grasset, 1993, p. 205 : « Janine Charrat aimait Claudel. Le côté mystique de son œuvre l’impressionnait. […] J’allais donc voir Claudel pour lui parler de la petite chorégraphe qui rêvait de danser Jeanne d’Arc, et me retrouvai face à une sorte de pachyderme postillonnant et expectorant dans un mouchoir de calicot. Il ne m’accorda que quelques minutes, pour me dire que si la jeune chorégraphe le souhaitait elle pouvait faire son ballet sur un de ses contes inspiré d’un no japonais. Mais qu’il n’était pas question qu’elle perçoive des droits d’auteur, ces revenus lui étant réservés. Janine a conçu un très joli ballet sur La Femme et son ombre. Claudel, ce vieux grippe-sou, n’a même pas pris le temps de lui écrire un petit mot d’encouragement. » ).

Elle travaille avec de très grands créateurs et artistes du : auteurs, chorégraphes, compositeurs, hommes de théâtre, peintres, décorateurs, costumiers. Citons Jean Babilée, Pierre Balmain, Jean Bazaine, Bertolt Brecht, Marius Constant, Paul Delvaux, Leonor Fini, Jean Genet, Alexis de Giers, Arthur Honegger, Joseph Kosma, Marcel Landowski, Fernand Léger, Serge Lifar, Jean-Denis Maillart, Darius Milhaud, Francis Poulenc, Maurice Ravel, Henri Sauguet, Pierre Soulages, Igor Stravinsky, Maurice Thiriet, Jean Vilar, Jean Wiener, ou Kurt Weill. Jean Cocteau disait d'elle « Janine Charrat, marcheuse solitaire, va au-delà des étoiles ».

Le , au Théâtre des Champs-Élysées, c'est la création avec Bertrand Castelli du ballet qu'elle chorégraphie : Les Algues, sur une musique de Guy Bernard.

En 1961, elle co-signe avec Maurice Béjart Les Quatre Fils Aymon. La même année, le , pendant les répétitions du ballet Les Algues pour la télévision française, son tutu prend feu au contact d’un flambeau placé au sol. Transformée en torche vivante, elle est très sévèrement brûlée. Après plusieurs mois de soins, de convalescence et de rééducation à l'hôpital Cochin, elle revient à la scène en prenant la direction de la danse du Grand Théâtre de Genève de 1962 à 1964. En 1966, elle obtient du tribunal une indemnité d'un montant de 1 450 000 francs à l'encontre de Jean Lajoie, accessoiriste à l'ORTF, déclaré responsable du drame pour avoir posé un flambeau allumé sur le sol du plateau de télévision, à proximité de Janine Charrat, et ne plus s'en être préoccupéL'Écho républicain de la Beauce et du Perche, 5 juillet 1966 : "Grièvement brûlée dans un studio de télévision, Janine Charrat obtient 1.450.000 fr. du tribunal".

Elle se marie en 1969 dans l'île de Moorea avec l'industriel Michel HumbertParis-Presse, L'Intransigeant, 22 août 1969, p.7 : "Janine Charrat s'est mariée".

En 1975, elle est candidate à l'Académie française, en même temps que Louise Weiss.

En 1978, elle devient conseillère pour la danse au Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou à Paris.

Ballets 1931 : La Marchande d'eau fraîche, musique de Jacques Ibert - La Vierge à la crèche, musique de César Franck 1931 : Sur l'eau, musique de Claude Debussy - Danse hawaïenne 1932 : Pavane pour une infante défunte, musique de Maurice Ravel 1933 : Boléro, musique de Maurice Ravel - Valse, musique de Johann Strauss - Le Charmeur de serpents 1934 : La Poupée brisée, musique de Maurice Ravel 1935 : La cathédrale engloutie, musique de Claude Debussy - Tabou, sur une musique de jazz 1940 : Danse avant l'aube, sur un poème de Pham Van Ky, musique d'Alexandre Tcherepnine 1940 : Alexandre le Grand, chorégraphie de Serge Lifar, musique de Philippe Gaubert 1942 : Britannicus, chorégraphie de Serge Lifar - Nuit d'août, chorégraphie de Serge Lifar - La Légende de la licorne, musique de Francis Poulenc 1943 : Avant le bal, chorégraphie de Serge Lifar, musique de Franz Schubert - Symphonie printanière, chorégraphie de Serge Lifar - Les Souliers rouges, chorégraphie de Serge Lifar, musique de Maurice Thiriet - Pavane, chorégraphie de Serge Lifar - Jack l'Éventreur, chorégraphie de Serge Lifar - Le ciel est au-dessus le toit, chorégraphie de Serge Lifar - Sur la route, chorégraphie de Janine Charrat, musique de Pablo de Sarasate - La Berceuse nègre, chorégraphie de Janine Charrat - Diana d'André Chénier, chorégraphie de Serge Lifar 1944 : La Classe, chorégraphie de Serge Lifar, musique de Maurice Thiriet - La Réversibilité de Charles Baudelaire, poème lu par Maurice Escande, chorégraphie de Serge Lifar - Soupir, chorégraphie de Serge Lifar, musique de Franz Liszt - Le Bourgeois gentilhomme de Molière, chorégraphie de Serge Lifar, musique de Claude Delvincourt (avec Raimu, Pierre Bertin, Marie Bell, Jacques Charon, Pierre Dux, Janine Charrat). Comédie-Française, 1945 : Jeu de cartes, chorégraphie de Janine Charrat, livret et musique d’Igor Stravinsky, décors de Pierre Roy (avec Jean Babilée, Roland Petit, Youly Algaroff, Irène Skorik, Nathalie Phillippart. Théâtre des Champs-Élysées, - Carnet de bal, chorégraphie de Serge Lifar, musique de Georges Auric 1946 : Cressida, chorégraphie de Janine Charrat, musique de Tony Aubin, décors et costumes de Constantin Népo, Monte-Carlo, - La Valse, chorégraphie de Serge Lifar, musique de Claude Debussy - Plegaria, chorégraphie de Serge Lifar, musique de Ludwig van Beethoven - Passion, chorégraphie de Serge Lifar, musique de César Franck - Chota Roustaveli, chorégraphie de Serge Lifar, musique d'Arthur Honegger, Monte-Carlo, 1947 : Concerto n° 3, chorégraphie de Janine Charrat, musique de Serge Prokofiev, décors et costumes de L. Zack. Opéra-Comique, Paris, - Danseuse de Degas, chorégraphie de Janine Charrat, musique d'Ivan Semenoff, décors d'Alexis de Giers, costumes de Marc Dolnitz - Brazileira, chorégraphie de Janine Charrat, musique de Darius Milhaud - Hommage à Taglioni, chorégraphie de Janine Charrat - La Petite Fille aux allumettes, chorégraphie de Janine Charrat, musique de Joseph Kosma - Idylle, chorégraphie de Janine Charrat, musique de R. Jordania 1948 : L'Âme heureuse, chorégraphie de Janine Charrat, musique de Charles Koechlin. Opéra-Comique, Paris - Thème et Variations, chorégraphie de Janine Charrat, musique de Tchaikovski - Adame miroir, chorégraphie de Janine Charrat, musique de Darius Milhaud, décors de Paul Delvaux, livret de Jean Genet. Théâtre Marigny, - Allegro, chorégraphie de Janine Charrat, musique de Maurice Ravel, décors et costumes de Jacques Fath. Théâtre Marigny, - La Femme et son ombre, chorégraphie de Janine Charrat, argument de Paul Claudel, musique d'Alexandre Tcherepnine, décors de Vachon, costumes de Pierre Balmain (avec Janine Charrat, Colette Marchand, Maurice Béjart). Théâtre Marigny, 1949 : Le Combat, chorégraphie de W. Dollar, musique de R. de Banfield, décors et costumes de Marie-Laure de Noailles. Princess Theater, Londres, - La Nuit, chorégraphie de Janine Charrat, musique d'Henri Sauguet, décors de Christian Bérard, costumes de Barbara Karinska, argument de Boris Kochno. Théâtre des Champs-Élysées, - Hérodiade, argument tiré d’un poème de Mallarmé, chorégraphie de Janine Charrat, musique de Maurice Thiriet, décors et costumes de P. Sunderland. Théâtre des Champs-Élysées, - La Jeune Fille et l'Enchanteur, chorégraphie de Janine Charrat, musique de Marcel Landowski, décors et costumes de Douking - Abraxas, chorégraphie de Janine Charrat, musique de Werner Egk, décors et costumes de J. Fenneker. Berlin, Staatsoper, 1950 : Les Sylphides, chorégraphie de Michel Fokine, musique de Frédéric Chopin - Giselle, chorégraphie de Jean Coralli et Jules Perrot, musique d'Adolphe Adam - Roméo et Juliette, chorégraphie de Serge Lifar, musique de Tchaikovski - Nuit et Jour, chorégraphie de Janine Charrat, musique de Tchaikovski. Palais de Chaillot, - Le Passage de l'Étoile, chorégraphie de Janine Charrat, pièce en 4 actes de Jean Vilar, musique de Jean Gilles. Théâtre du Jorat, - Obéron, chorégraphie de Janine Charrat, musique de Carl Maria von Weber. Opéra d'Amsterdam 1951 : Ballade, chorégraphie de Janine Charrat, musique de Frédéric Chopin - Concerto, chorégraphie de Janine Charrat, musique d'Edvard Grieg (avec Janine Charrat et Serge Perrault). Palais Chaillot - Orfeo, cantate chorégraphique de R. Lupi, d’après les Géorgiques de Virgile, chorégraphie de Janine Charrat, décors et costumes de Leonor Fini, production d'Irène Lidova. Biennale de Venise, - Colombus, chorégraphie de Janine Charrat, musique de Werner Egk. Opéra de Berlin - Abraham, chorégraphie de Janine Charrat, musique de Marcel Delannoy, livret de Maurice Sarrazin, décors de Pierre Lafitte, costumes de Pierre Soulages. Festival de Toulouse - La Mort de Mimi Pinson, chorégraphie de Janine Charrat, musique de Mendelssohn - Rêve d'amour, chorégraphie de Janine Charrat, musique de Franz Liszt - La Belle au bois dormant d’après Charles Perrault, chorégraphie de Janine Charrat, musique de Tchaikovski - La Petite Marchande d'allumettes, chorégraphie de Janine Charrat, musique d'Ivan Semenoff - Une étrangère à Paris, chorégraphie de Janine Charrat, musique de Jean Wiener et D. Barcley, décors d'Alexis de Giers - Le Massacre des Amazones, chorégraphie de Janine Charrat, musique d'Ivan Semenoff, argument de Janine Charrat et Maurice Sarrazin, décors et costumes de Jean Bazaine. Grenoble, Théâtre municipal, 1952 : Quatre Gestes pour un génie et La Mécanique, chorégraphie de Janine Charrat, musique de W. Garett et Maurice Jarre, mise en scène de Maurice Cazeneuve, costumes de Fernand Léger et Pierre Soulages (avec Alain Cuny et Peter Van Dijk. Château d'Amboise en l’honneur de Léonard de Vinci, le - Rumba classique, chorégraphie de Janine Charrat, musique d'Ivan Semenoff, costumes de Louis Touchagues - Le Rêve, ballet de Janine Charrat en hommage à Christian Bérard qui dessina les costumes, musique de Franz Liszt, décors d'Alexis de Giers - Jeux d'eau, chorégraphie de Janine Charrat, musique de Maurice Ravel et Claude Debussy, décors et costumes de J.-C. Vigne - Jardin sous la pluie, chorégraphie de Janine Charrat, musique de Claude Debussy, décors et costumes de J.-C. Vigne