Paul Watson, né le à Toronto (Ontario, Canada), est un officier de marine, militant écologiste et antispéciste canado-américain. D'abord militant chez , il en est exclu et fonde en 1977 son propre mouvement : la .

Biographie Paul Franklin Watson est le fils d'Anthony Joseph Watson et d'Annamarie Larsen. Il grandit dans la ville de St. Andrews-by-the-Sea, au Nouveau-Brunswick. Jeune déjà, il piste les trappeurs pour détruire leurs piègesRon Colby, Paul Watson Pirate des Mers, 2008, documentaire.. Il travaille comme guide à l'Expo 67, l'exposition internationale de Montréal, avant de déménager à Vancouver.

En 1968, il s'engage dans les garde-côtes canadiens, où il sert dans des navires météorologiques et des aéroglisseurs de secours en mer. En 1969, il s'enrôle dans la marine marchande à bord d'un navire norvégien, le Bris, en tant que matelot. Ce navire, enregistré à Oslo, naviguait principalement sur l'océan Indien et le Pacifique.

Greenpeace En , Paul Watson participe à une protestation du Sierra Club contre les essais nucléaires sur l'île Amchitka. Les personnes présentes à cette manifestation ont créé le Don't Make a Wave Committee, un groupe qui est par la suite devenu Greenpeace. Il a été parmi les premiers à entrer dans les rangs de l'association, en tant que membre de l'équipage et skipper, puis en tant que membre du Conseil d'administration.

Paul Watson serait l'un des membres fondateurs de Greenpeace, mais l'organisation a démenti cette affirmation Paul Watson, Sea Shepherd and Greenpeace: some facts, Greenpeace, le 17 décembre 2008., déclarant qu'il a « joué un rôle marquant dès les débuts de Greenpeace, mais que, contrairement à ce qui est parfois relayé dans les médias, il ne fait pas partie des membres fondateurs ». Ils affirment que Paul Watson les a rejoints au cours de la campagne d'Amchitka qui serait leur seconde expédition. Le principal intéressé a, quant à lui, clamé que cet événement est le premier organisé par Greenpeace et les a depuis accusés de réécrire leur histoire.

Il navigue sur des navires de Greenpeace jusqu'au milieu des années 1970, notamment sur le Phyllis Cormack et le Greenpeace Too ! en 1971 et l'Astral en 1972.

En 1973, il aide les services de soins de l'American Indian Movement, pendant la crise de Wounded KneeBiographie de Paul Watson sur Mediaman.com., dans le Dakota du Sud (États-Unis). Durant les années 1970, il continue à militer pour Greenpeace, en tant que membre et marin.

En 1975, il participe à une campagne contre les baleiniers soviétiques. Sur ce point, il est écrit sur le site de la :

Paul Watson est convaincu de la nécessité de mener des actions directes, ce qui entre en conflit avec la philosophie de non-violence prônée par Greenpeace. En 1977, en désaccord avec la politique des instances dirigeantes, il est exclu de la direction de l'ONG ( pour, , la sienne). Le conseil d'administration de Greenpeace lui reproche ses tactiques « trop conflictuelles », tandis que lui-même est en rupture avec celles de l'ONG : brandir des pancartes, prendre des photos et témoigner lui paraît inefficace.

Après Greenpeace Watson fonde alors son propre groupe, la , la même année..

Sa première arrestation durant une opération menée par la Sea Shepherd date de 1979. Pour sauver la vie de bébés phoques dans le golfe du Saint-Laurent, il les enduit avec une peinture naturelle qui empêche de commercialiser leur pelage. Il est alors arrêté avec sept autres militants et inculpé car il n'avait pas d'autorisation pour se trouver en zone de chasse et a résisté à l'intervention des forces de l'ordre. C'est le début d'une longue série d'actions musclées qui l'amènent en confrontation avec la justice de divers pays. Notamment, en 1983, il bloque le port de St. John’s à Terre-Neuve pour empêcher des bateaux de partir à la chasse au phoque. Les autorités canadiennes saisissent son navire, le Sea Shepherd II, et il est condamné à 21 mois de prison. Mais la Cour d’appel du Québec revient sur cette décision, et sa détention n'aura duré que neuf jours.

Depuis 2007, l'émission de télé-réalité Justiciers des mers est consacrée à l'association et aux combats qu'elle mène.

Il milite pour le véganisme et une vision du monde basée sur le biocentrisme plutôt que sur l’anthropocentrisme. Il est végétalien, et tous les repas servis sur les bateaux de la sont végétaliensInterview de Paul Watson par Renato Pichler, Vegetarismus.ch..

Les campagnes qu'il mène lui ont valu des poursuites judiciaires dans divers États, dont les États-Unis, le Canada, la Norvège, le Costa Rica et le Japon.

En 2002, la justice costaricaine avait étudié une plainte déposée par des braconniers costaricains accusant Paul Watson de les avoir menacés de les tuer. Deux fois, la plainte a été rejetée par des juges costaricains, mais un troisième juge avait décidé d'incarcérer Paul Watson en préventive le temps de l'enquête. Paul Watson a alors fui. L'affaire est ensuite restée sans effet. En 2011, Paul Watson et son ONG qui, chaque année, fait une campagne contre les baleiniers japonais, gênent considérablement la flotte japonaise cette année-là. La flotte ne parvient ainsi à ramener qu'un dixième de son quota de baleines. Les baleiniers japonais attaquent Paul Watson devant la justice américaine, mais échouent. En 2012, l'affaire costaricaine de 2002 est relancée avec le mandat d'arrêt costaricain contre lui. Paul Watson craint une entente entre le Japon et le Costa Rica et que, s'il était arrêté par le Costa Rica, il soit ensuite extradé vers le Japon. Le Monde signale à l'appui de cette thèse qu'il est avéré que le Japon tente de faire pression sur Paul Watson : un document du gouvernement américain révélé par en montre que des discussions, sans résultat, ont bien eu lieu entre les gouvernements américain et japonais, afin de retirer à l'ONG de Paul Watson son statut caritatif, ce qui ne permettrait plus aux donateurs de bénéficier de déductions fiscales.

En , il est emprisonné en Allemagne, à la suite d'un mandat émis par le Costa Rica pour une affaire datant de 2002, où Paul Watson s'était opposé à une pêche illégale d'un bateau costaricain. Après cette arrestation en Allemagne, Interpol indique que Paul Watson n'est pas sur ses listes rouges, la demande du Costa Rica n'étant pas conforme à ses critères légaux. Assigné à résidence à Francfort, Paul Watson apprend par des fuites qu'il va être extradé par l'Allemagne vers le Costa Rica. Déguisé pour se rendre méconnaissable, et avec l'aide de certaines complicités, il s'enfuit d'Allemagne. En , Interpol, qui affirme avoir reçu de nouvelles informations du Costa Rica concernant les accusations contre Paul Watson, accepte cette fois d'émettre une notice rouge à son encontre.

En 2012 et 2013, il reste pendant quinze mois en mer dans des eaux extraterritoriales afin d'éviter d'être arrêté. Watson retourne à Los Angeles en , afin de témoigner dans un procès contre son ONG, . Par ailleurs, si la notice rouge d'Interpol relative au Costa Rica a été levée, il reste sous le coup d'une autre notice rouge, relative au Japon, datant de 2012. Par ailleurs, il doit répondre devant la justice américaine de d'accusation d'outrage pour non-respect d'une injonction délivrée en par un tribunal américain, qui exigeait qu'il ne s'approche pas à moins de d'un navire japonais. Il s'installe dans le Vermont où il se met à l'écriture.

En 2013, Le Figaro fait un bilan de l'activité de Paul Watson sur les quarante dernières années, indiquant notamment qu'il a à son actif coulés, éperonnés, et baleines sauvées (ainsi que des dizaines de milliers de phoques, dauphins, thons et requins). Il est devenu pour ses ennemis « l'écologiste à abattre ». Notamment, le Japon fait désormais accompagner sa flotte par un navire militaire comportant et trois hélicoptères.

Début , il quitte les États-Unis pour la France, où il est accueilli par Brigitte Bardot, à la Madrague à Saint-Tropez. Ils se sont rencontrés, en 1977, à l’occasion de leur opération sur la banquise canadienne pour dénoncer le massacre des bébés phoques. Puis, Paul Watson s'installe à Paris.. Il ne va plus en mer et se marie en France. Il écrit et vit de ses droits d'auteur, continue de s'occuper de son ONG et fréquente Nicolas Hulot.

En , il démissionne de l'antenne américaine de . Il affirme avoir été marginalisé au sein de l'organisme américain et que ce dernier s'orienterait désormais plutôt vers la recherche scientifique que le militantisme, une stratégie qu'il refuse de cautionner. Il reste cependant l'un des six directeurs du conseil d’administration de la maison mère, (chaque antenne de l'ONG est indépendante, juridiquement et financièrement). Cependant, en , il est exclu du conseil d'administration de . Épaulé par , qui est présidé par Lamya Essemlali, l'un de ses forts soutiens, il crée . Une scission se crée alors au sein des antennes : tandis que les antennes en France, au Royaume-Uni, au Brésil, en Hongrie et en Nouvelle-Calédonie signent la charte d'Origins, les autres antennes se rallient à l'antenne américaine (antennes australienne, chilienne, espagnole, irlandaise, islandaise, italienne, néerlandaise et portugaise). L'antenne américaine attaque en justice Origins pour concurrence déloyale. Paul Watson crée la Fondation Captain Paul Watson, qui s'implante dans les pays non ralliés à Origins, afin de s'adresser directement aux militants. Grâce aux dons, Paul Watson achète un nouveau bateau et reprend la mer.

Il est arrêté en au Groenland (pays constitutif du royaume du Danemark), sur la base du mandat d’arrêt international japonais : le Japon l’accuse d’avoir blessé le personnel de baleiniers en 2010. Sans pour autant l'avoir blanchi, la justice danoise refuse son extradition. Il est libéré le et regagne la France (voir détails de cette affaire ici).

Le premier navire de l'association, le (« Berger de la Mer ») est acheté en , avec l'aide de la Fund for Animals. Dès ses débuts, l'organisation se forge une réputation, les actions directes qu'elle mène sont controversées. Ses tactiques incluent la projection d'objets sur les ponts des navires baleiniers, l'espionnage de ces navires illégaux en pleine mer, l'abordage ou le sabotage, notamment de deux navires dans un port islandaisSea Shepherd et les Baleines.. En tout, il aurait mis fin à la carrière de 9 baleiniers illégaux. Paul Watson reste le chef de l'association, appelé « Capitaine » par ses membres bien qu'il n'ait jamais été nommé au grade civil ou militaire de Capitaine.

Le , son nouveau bateau rapide, le Ady Gil, est fracturé en deux par la collision volontaire d'un baleinier japonais au large de l'Australie. La collision a lieu à la fin d'une attaque des alors que lAdy Gil n'avait plus de carburant, tandis que Paul Watson (à bord du Steve Irwin) se dirigeait vers le lieu d'immobilisation du trimaran. Parmi l'équipage, un cadreur est blessé. (il s'en sort avec une côte brisée.). Cette même année, Paul Watson reçoit plus de de la part de . En , Paul Watson renonce au titre de capitaine du Steve Irwin. En raison de nombreuses complications judiciaires, il renonce également à la présidence de l'association, afin de se conformer aux modalités d'une injonction qui lui interdit de s'approcher des navires baleiniers japonais.

Le , il annonce sur les réseaux sociaux quitter la branche américaine (USA) en raison de désaccords avec les choix stratégiques du conseil d'administration, tout en restant membre de et de ses autres entités internationales. En 2023, évincé de , il crée la fondation . qui opère sous le nom de .

Autres activités écologiques Paul Watson est correspondant de l'association entre 1976 et 1980, et représentant de la Fund for Animals entre 1978 et 1981. Il est aussi le cofondateur des associations Friends of the Wolf et Earthforce Environmental Society.