Le Renault R35 est un char d'assaut français de la Seconde Guerre mondiale.

Caractéristiques Le char R35 possédait un blindage avant de , ce qui était considérable pour l'époque, mais son canon de datait de la Première Guerre mondiale et son équipage ne comptait que deux personnes (le conducteur et le chef de char, « un homme à tout faire » devant identifier et tirer sur l'objectif, approvisionner la pièce et guider le conducteur).

Il était doté d'un moteur de à essence qui pouvait l'amener à une vitesse de pointe de et son autonomie était limitée à .

L'armement peu puissant et un équipage insuffisant conduisirent les R35 Renault, à subir de sérieux revers et de nombreuses pertes lors de la bataille de France en mai-.

Entretien Les engins blindés en service à l'époque nécessitaient un entretien important. Le R35 se révélera un matériel très résistant du point de vue mécanique. Il répondait correctement au travail demandé, mais le train de roulement était défectueux, le R40 réglant en grande partie ce problème.

Il nécessitait un graissage tous les , une vidange du moteur toutes les et de la boîte de vitesses tous les .

L'engin étant compact, ses organes mécaniques sont difficiles d'accès ce qui gêne la maintenance. Il faut pour changer le moteur, pour l'embrayage et pour la boîte de vitesses.

Historique

Développement Le programme d'armement de 1926 introduit le concept de char d'accompagnement, un engin léger, peu coûteux, facile à produire, déployé en combinaison avec de l'infanterie pour lui apporter protection et appui-feu. Ce rôle revient donc au Renault FT, vétéran de la Grande guerre, auquel il convient de trouver un remplaçant. Renault propose au tournant des années 1930 un char de 14 tonnes, le D1. Mais ce dernier est finalement jugé plus adéquat dans le rôle de char de bataille, et verra de fait son armement et son blindage améliorés pour donner naissance au D2, un char moyen de 20 tonnes.

En 1933, la firme Hotchkiss prend les devants pour proposer un concept de char d'accompagnement plus léger et meilleur marché, en optant pour des sections de châssis coulées dans des moules puis boulonnées ensemble. Cette initiative pousse le Conseil Consultatif de l'Armement à émettre, en août de la même année, de nouvelles spécifications pour un engin de 6 tonnes blindé à 30 mm dans toutes les directions. Plusieurs sociétés développent des prototypes, dont APX et FCM. La firme Renault parvient à présenter avant Hotchkiss, le , un prototype désigné Renault ZM.

Au printemps 1935, le blindage est porté à 40 mm afin de répondre aux nouvelles exigences émises en matière de protection, et le châssis est doté d'une tourelle APX R qui recevra un canon de 37 mm SA18 et une mitrailleuse coaxiale MAC 31 de 7,5 mm. Alors que les essais menés sur le ZM ne sont pas terminés et que le design définitif du futur modèle de série n'est pas encore fixé, le prototype de Renault est retenu au détriment de son principal concurrent, Hotchkiss. Une commande de 300 unités est passée le . Les premiers exemplaires de série sont livrés le , et entament une nouvelle campagne d'essais, qui révèleront les faiblesses du système de suspension. Son comportement en tout-terrain et sa capacité de franchissement ne sont pas satisfaisants. Il sera même envisagé de systèmes lance-fascine, c'est-à-dire de l'équiper de fagots de bois dans l'objectif de combler les irrégularités du terrain.

La peur des mines C'est à la suite de l'offensive sans envergure en Sarre en que l'état-major français prend conscience du danger représenté par les mines allemandes. Un projet de char démineur est alors lancé en urgence en . Quatre solutions différentes montées sur le châssis du R35 sont présentées sur différents types de terrain du 2 au . Ces terrains sont minés avec des fabriquées par la France mais très semblables aux mines antichars allemandes à l'exception près du remplacement de l'explosif par de la fumigérite. La solution retenue est le châssis de R35 équipé d'un rouleau à disques multiples proposé par AMX. Cette solution n'est pas idéale mais l'urgence de la situation pousse l'état-major à en commander . Aucun ne pourra être fabriqué avant l'armistice.

Beutepanzer sont tombés aux mains des Allemands. Parmi ces chars de prise (), 131 ont été utilisés sous la désignation Panzerkampfwagen 35R 731 (f) ; 124 ont été revendus par l'Allemagne à l'Italie sous la désignation Carro armato Renault R.35 (FR) et environ autant à la Bulgarie, la plupart ont été réutilisés plus tard en tant que tracteurs d'artillerie et transporteurs de munitions après avoir enlevé la tourelle. 174 ont été convertis en chasseurs de char, équipés du canon de calibre Škoda A6 tchécoslovaque pour remplacer le Panzerjäger I, sous la désignation Panzerjäger 35R (f) mit 4,7-cm-PaK 36(t)). Un petit nombre a été converti pour la défense côtière, sous l'appellation Panzerkampfwagen 35R 731 (f).

La Suisse capture pour sa part de la du BCC, internée dans la Confédération après la défaite française.

Syrie, Liban et Israël Après la guerre, les treize Renault R35 de la compagnie autonome de chars du Levant sont cédés à la Syrie par la France. L'armée syrienne les utilise lors de la guerre israélo-arabe de 1948-1949... Certains exemplaires capturés furent ensuite utilisés par les Israéliens.

Le Liban reçoit les Renault R35 de l'ancienne compagnie spéciale de chars.. Ils sont remplacés en 1949 par des M4 Sherman d'origine américaine..

Conception et production

origine : concours du char de du essais du prototype : adoption par l'armée française : années de construction : 1936-1940 réception par l'armée française : à compter de production totale (au ) : environ , et au : . statut industriel en 1939 : programme de guerre (type R40 avec suspension AMX à compter de ) constructeurs : Renault pour les organes mécaniques et AMX pour le montage

Dotations

Répartition aux armées de la défense territoriale (au ) vignette|L'engin vu de profil. En , ils étaient dans 17 bataillons : les , , , , , , , , , , , , , , , , BCC ;

880 dans 20 bataillons le : les et BCC (bataillon de chars de combat) mobilisés sur FT, sont transformés sur R35 en septembre- et le de nouvelle formation, est prêt en pour un total de 880 chars en état et 13 chars en réparation dans les parcs d'armées, soit un déficit de 7 chars, sur les 900 théoriques ; 98 chars dans les dépôts, en école dont 39 à l'ECC (École des Chars de Combat) de Versailles et 10 au CPTICC (Centre Pratique de Tir et d'Instruction des Chars de Combat) et divers ; 6 chars dans les bataillons de manœuvre : il s'agit des bataillons en formation, les , et BCC qui sont provisoirement dotés de chars FT et de quelques chars modernes, réservés à l'instruction ; 60 chars de disponibles à l'ERGM (Entrepôt de réserve générale du matériel) de Gien et chez les constructeurs ; 6 chars en réparation chez les constructeurs ; 2 chars détruits.

Total général en France au : .

Répartition aux armées de la défense territoriale (au ) vignette|L'engin vu de l'arrière. vignette|Colonne de chars R35 du de chars de la de cavalerie blindée polonaise en France en . L'état de situation détaillée pour le n'existe pas aux archives, il peut être reconstitué ainsi :

environ 80 chars en fabrication pour le mois d'avril ; les , et BCC ne seront dotés qu'à la mi-mai.

Répartition outre-mer (au avril 1940)

répartis dans du BCC au Maroc au Levant : il y a deux bataillons, le n'a qu'une compagnie de R-35 en , les deux autres, mobilisés sur char Renault FT, sont dotées de R-35 en . Quant au BCC, il est doté de venant d'un lot destiné à la Pologne, qui ne pourra y être expédié faute de temps.

Vente et cessions françaises à des puissances amies

50 chars à la Pologne en ; 40 chars au royaume de Roumanie en août- ; 100 chars à la Turquie en deux lots, le premier de 50 unités en , le second de 50 unités en ; 50 chars au royaume de Yougoslavie, en .

Chars équivalents en 1940 vignette|Taille comparée à un adulte. Allemagne : Panzerkampfwagen 35(t), tchèque, Panzerkampfwagen 38(t), tchèque également URSS BT5 T26 France Hotchkiss H35 FCM36 Italie Fiat L6/40 Semovente L.40 47/32 Fiat M13/40

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Renault Trucks Défense Liste des véhicules blindés Beutepanzer

Liens externes Le char R35 sur le site www.chars-francais.net Chars français 1939-1940

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