Le quartier de la Goutte-d'Or est le quartier administratif de Paris situé dans le , à l'est de la butte Montmartre. Il était rattaché avant 1860 à l'ancienne commune de La Chapelle.
Situation Le quartier administratif de la Goutte-d'Or s'étend sur . Ses limites, officiellement fixées en 1859 au moment de l'extension de ParisDécret du 3 novembre 1859 qui fixe les dénominations des vingt arrondissements municipaux de la ville de Paris, dans le Bulletin des lois ., sont : alt=Croquis de localisation du de Paris, de ses quartiers et de ses principales infrastructures de transport.|vignette|325x325px|Croquis de localisation du de Paris, de ses quartiers et de ses principales infrastructures de transport. au sud, le boulevard de la Chapelle ; au nord, les limites communales avec Saint-Denis ; à l'ouest, la rue des Poissonniers ; à l'est, la rue de la Chapelle et la rue Marx-Dormoy.
Le quartier est traversé du nord au sud par les voies ferrées de la gare du Nord.
Après le déclassement de l'enceinte de Thiers en 1919, les territoires rattachés à Saint-Denis situés dans la zone des fortifications (la Zone) ont été annexés à Paris par les décrets du Journal officiel de la République française, août 1930, .. Le boulevard périphérique de Paris a par la suite été construit à cet emplacement.
Historiquement, et dans le langage courant, « la Goutte d'Or » fait généralement référence au sud-ouest du quartier administratif, autour de la rue de la Goutte-d'Or, entre le boulevard Barbès et les voies ferrées. Cette définition plus étroite correspond approximativement à la zone urbaine sensible de la Goutte-d'Or.
Du fait de sa situation sur le flanc est de la butte Montmartre, le quartier présente de nombreuses rues légèrement pentues. Il est aussi connu pour son sous-sol où subsistent encore de nombreuses carrières souterraines de gypse. Dans ses rues étroites, la circulation automobile est peu dense et contraste fortement avec le trafic élevé des boulevards qui l'entourent.
Population Démographie En 1999, d'après l'Insee, ce quartier comptait , Atelier parisien d'urbanisme, septembre 2005, 33.. C'est toujours l'un des plus cosmopolites et multi-ethniques de la capitale, la proportion de la population étrangère (n'ayant pas la nationalité française), en baisse continue depuis les années 1980, étant aux alentours de 29 % en 1999 (contre à peu près 17,5 % pour toute la ville de Paris).
Quartier « populaire » thumb|L'intersection des rues Fleury, Boris-Vian, de la Charbonnière et de Chartres en 2012. Au sortir de la station de métro Château Rouge, le marché « Dejean » propose des produits pour la plupart d'Afrique. Le quartier est aussi réputé pour le marché « Barbès », en dessous du métro aérien. Du boulevard Barbès à la rue Marx-Dormoy, la rue Doudeauville fait partie des plus commerçantes et animées. Dans ce contexte, le quartier fait face à des nuisances sonores, des camions de livraison bloquant les rues étroites, une mono-activité, des problèmes sanitaires et de la vente à la sauvette et produits de contrefaçon.
L’insécurité est importante, avec notamment des vols à la sauvette, du trafic de drogue et de la toxicomanie. Le quartier souffre en particulier de son trafic de crack et de cigarettes de contrebande, en particulier au métro Barbès-Rochechouart« Barbès, le plus grand tabac de France », juillet 2010, archive.francesoir.fr.. Un autre des problèmes du quartier est la prostitution de très jeunes femmes d'origine africaine, tenues par des proxénètes à qui elles doivent rembourser le prix de leur passage en France ou qui promettent des représailles sur leurs familles restées en Afrique si elles n'obéissent pas« La Goutte-d'Or excédée par la prostitution », www.leparisien.fr, 23 juillet 2010..
Le quartier est ainsi classé en zone urbaine sensible (ZUS)« Atlas des Zones Urbaines Sensibles », SIG du secrétariat général du CIV, sig.ville.gouv.fr., puis en quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV)« Carte des quartiers prioritaires de la politique de la Ville », ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, www.ville.gouv.fr.. C'est après la visite, en 1991, d'Alain Juppé et Jacques Chirac dans ce quartier que ce dernier prononce sa célèbre phrase sur .
Face à la vétusté des logements, un important plan de réhabilitation du quartier est lancé en 1983, avec la destruction de plus de 100 immeubles à ce jour. Le quartier a la plus forte concentration en logements sociaux de l'arrondissement, ce qui contraste fortement avec le quartier voisin de la butte Montmartre, dont l'offre en HLM est nettement plus réduite. Le tissu urbain présente une forte hétérogénéité d'architecture, qui mêle immeubles en pierre de taille haussmanniens, en pierre de Paris, de style Art déco et ensembles HLM.
Le quartier est marqué par la saturation des deux mosquées, qui attirent des fidèles musulmans du quartier et de la banlieue parisienne. Ce phénomène avait été renforcé par la fermeture de la mosquée de la rue de Tanger, dans le . Devant la saturation des salles de prières, les fidèles musulmans avaient fait le choix de prier dans l'espace public (ce qui est illégal), avec la tolérance de la mairie du arrondissement« Le PS prend position sur les prières de rue de la Goutte-d'Or », www.lemonde.fr, 15 décembre 2010.. Claude Guéant, ministre de l'Intérieur, ordonne en 2011 que cesse cette situation.. Une conciliation est trouvée avec l'ouverture d'une nouvelle mosquée près de la porte de Clignancourt, tandis que la mairie de Paris annonce l'agrandissement des deux mosquées sur deux sites, rue Stéphenson et rue Polonceaul'institut des cultures d'islam : projet de la mairie de Paris.. La mosquée de la rue Myrha est également régulièrement saturée, notamment le vendredi, jour de prière.
Historique Origine Le nom du quartier vient du nom d'un petit hameau qui tenait son nom d'une auberge à l'enseigne de La Goutte d'or (de la couleur du vin blanc que ses vignes produisaient). La rue de la Goutte-d'Or tient son nom de son tracé qui conduisait à ce petit hameau..
Le quartier de la Goutte-d'Or appartenait à la commune de La Chapelle jusqu'au rattachement partiel de cette dernière à Paris par la loi du .
Hameau de la Goutte-d'Or L'espace compris entre les rues de la Goutte-d'Or, Richomme, Cavé, des Poissonniers et Affre a été occupé par une butte, la butte des Cinq Moulins qui descendait en pente douce vers l'est et que 5 moulins couronnèrent de 1750 à 1820Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Éditions de Minuit..
Un hameau se forma vers 1814 sur le versant sud de cette butte, alors situé sur la commune de La Chapelle Partie de la commune de La Chapelle et de ses environs. Son existence fut due sans doute à une nitrière artificielle appelée « nitrière des Cinq-Moulins », installée vers 1787 dans un triangle compris entre le boulevard de la Chapelle, la rue de la Goutte-d'Or et le boulevard Barbès.
Le hameau de la Goutte-d'Or touchait à l'est un autre hameau, le hameau de Saint-Ange créé également vers 1815 et qui était délimité par les rues de la Charbonnière, de Jessaint et le boulevard de la Chapelle. Ce hameau était nommé en référence du nom du propriétaire des terrains Trutat de Saint-Ange. Le hameau devint ensuite le quartier Saint-Ange.
Vignes de la Goutte-d'Or L'appellation « Goutte-d'Or » existait déjà en 1474. L'origine de ce nom venait soit d'un lieu-dit ou l'on cultivait la vigne, soit de l'enseigne d'un cabaret débitant un vin blanc cultivé à cet endroit.
Le cru fut très vite réputé. On raconte que sous le règne de saint Louis on procéda, à la suite d'une grande beuverie présidée par un savant philosophe nommé Rudolf, à un classement des vins. Le premier prix fut décerné au vin de Chypre, le second au vin de Malaga et le troisième fut partagé entre les vins de Malvoisie, d'Alicante et de la Goutte-d'Or. Au Moyen Âge, la Ville de Paris offrait au roi de France quatre muids de vin de la Goutte-d’Or le jour anniversaire de son couronnement..
Une propriété appelée « la Goutte-d'Or » existait en 1764, à l'angle de la rue des Poissonniers et d'une autre rue qui était soit la rue de la Goutte-d'Or soit la rue Polonceau.
: l'urbanisation
Le quartier s'urbanise au . Comme le reste de la commune de la Chapelle, il est rattaché à Paris par la loi du .
Les établissements industriels, notamment liés au chemin de fer, s'y implantent : fabrique de machine à vapeur d'Antoine Pauwels, dépôt de La Chapelle, etc.
Dans les années 2000, le quartier de la Goutte-d'Or connait un début d'embourgeoisement urbain (gentrification) au niveau de la place de l'Assommoir, de la villa Poissonnière, du pourtour de l'église et du square Saint-Bernard, des rues Polonceau et Saint-Luc, ainsi que d'immeubles du boulevard Barbès, de la rue de la Goutte-d'Or et de la rue Doudeauville. Entre 2002 et 2007, le quartier est ainsi l'objet d'une hausse des prix de l'immobilier, la demande étant supérieure à l'offre..
Cependant, le prix moyen au m² reste inférieur à celui du reste du et le phénomène d'embourgeoisement touche moins le quartier de la Goutte-d'Or que les autres quartiers parisiensYouen Tanguy, « Pourquoi la Goutte-d’Or résiste à la gentrification », 28 août 2015, www.lesinrocks.com.. Le magazine Les Inrockuptibles explique cette situation par la forte présence de logements sociaux et de commerces ethniques.
Le quartier se transforme sous l'effet de ravalements de façades d'immeubles de style haussmannien, notamment autour de l'église Saint-Bernard, d'une réhabilitation des logements, d'un réaménagement du boulevard Barbès, d'une requalification de la rue Doudeauville, etc.
De nouveaux équipements sont inaugurés. Au 64, rue Doudeauville se trouve une annexe de la célèbre maison de ventes aux enchères, Drouot. FGO-Barbara, équipement culturel et public financé par la Mairie de Paris, a ouvert ses portes en 2008Il accueille des artistes-musiciens en voie de professionnalisation ainsi que de nombreuses associations du quartier développant des activités autour des musiques actuelles.. D'abord préfiguré en 2006 au 19, rue Léon, puis ouvert en dans un second bâtiment bien plus grand au 56, rue Stephenson, l'Institut des cultures d'islam (ICI)., voué à la création et la diffusion des cultures contemporaines en lien avec le monde musulman, propose expositions, concerts, spectacles animations et ateliers, dans un espace disposant aussi d'un café, d'un hammam et de ruches. Il est aussi possible de citer la réouverture du Louxor-Palais du cinéma (néanmoins situé dans le , de l'autre côté du boulevard de la Chapelle), racheté par la Mairie de Paris pour rénovation, face au métro Barbès-Rochechouart. En 2014, ce cinéma mythique a attiré plus de spectateurs, pour un objectif initial de « La renaissance d'une salle : le Louxor », www.paris.fr.. Au printemps 2012, le quartier voit l'aménagement d'un nouvel espace vert, le square Alain-Bashung, rue de Jessaint« Un square “Alain Bashung” dans le , www.metrofrance.com, 20 septembre 2011.. La rue des Gardes (surnommée « rue de la Mode ») a vu l'installation de plusieurs boutiques de créateurs sous la direction de la Mairie de Paris« La rue de la Mode », lagouttedor-tresorcachedeparis-nord.over-blog.com..
vignette|275x275px|À gauche (2011), anciennement Vano (prêt-à-porter). À droite (2017), aujourd'hui la brasserie Barbès.