Jean-Pierre Jouyet, né le à Montreuil, est un haut fonctionnaire, lobbyiste et homme politique français. Il a notamment été secrétaire d'État aux Affaires européennes du gouvernement de François Fillon entre 2007 et 2008 et collaborateur de François Hollande en tant que secrétaire général de la présidence de la République entre 2014 et 2017.
Il est président de l'Autorité des marchés financiers de 2008 à 2012, directeur général de la Caisse des dépôts et consignations et président de la banque publique d'investissement (BPI) entre 2012 et 2014, ambassadeur de France au Royaume-Uni entre 2017 et 2019, et ambassadeur, représentant permanent de la France auprès de l'OCDE entre 2019 et 2020. Il rejoint ensuite le cabinet de lobbying Lysios ainsi que le conseil d’administration de Covéa.
Biographie
Jeunesse et études Fils de notaire, Jean-Pierre Jouyet effectue ses études secondaires à l'Établissement Saint-Adjutor. Il obtient le baccalauréat, malgré un 4/20 en mathématiques, ce qui lui permet d'étudier à la faculté de droit de l'université de Rouen. Il y obtient une licence de droit.
Il est ensuite diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris (promotion 1976, section Service Public). Son grand oral de fin d'études, qui traite de Joseph Caillaux, est sanctionné par une mention . Il obtient un diplôme d'études approfondies (DEA) de droit public à l'université de Paris.
Il intègre l'ENA en 1978 au sein de la promotion Voltaire, où il cofonde avec François Hollande et Michel Sapin un syndicat visant à la réforme de l'ENA. Il sort, en 1980, classé (voie administration générale). Ce dernier choisissant la Cour des comptes, Jouyet intègre l'Inspection générale des finances.
Parcours dans l'enseignement Directeur d'études à l'Institut d'études politiques de Paris de 1981 à 1988, il y est chargé de cours en 1996-1997, puis professeur associé. Il siège au Conseil d'administration de la Fondation nationale des sciences politiques depuis 2006"Les membres du Conseil d'administration de la FNSP, archives du blog de Richard Descoings, directeur de SciencesPo., 16 avril 2008. Depuis , il est professeur associé à l'université de Paris DauphineDepuis novembre 2011, il est professeur associé à l'université de Paris-Dauphine .
Il est maître de conférences à l'ENA en 1982 puis en 2006-2007. Il préside la Commission chargée de réfléchir à l'évolution de la procédure de sortie de l'ENA"Il faut supprimer le classement de l'ENA". Il est président d'honneur de l'Institut Aspen France après en avoir été Président jusqu'en , date à laquelle Cyril Benoit lui a succédé. Il est également membre du comité scientifique de l'Institut du Bosphore et du comité de parrainage du collège des Bernardins. Il est membre du club Le SiècleJean-Pierre Jouyet, l’ami de François Hollande, est un fidèle du Siècle, mais il n’aime pas qu’on le sache,Reporterre.net, le 11 juillet 2012, consultée le 21 septembre 2012.
Du à , il préside le Conseil d'administration de l'Institut Pasteur..
Carrière administrative et politique Nommé à l'Inspection générale des finances à la sortie de l'ENA, il occupe ensuite le poste de chef de bureau au service de la législation fiscale au sein du ministère des Finances. Il est, de 1988 à 1991, le directeur de cabinet de Roger Fauroux, ministre de l'Industrie et de l'Aménagement du territoire.
En 1991, il devient chef adjoint du cabinet de Jacques Delors, président de la Commission européenne, puis chef de cabinet de 1994 à 1995Biographie sur le site de l'ambassade de France en Iran.
De 1995 à 1997, il est avocat associé au cabinet Jeantet Associés.
En 1997, il est adjoint au directeur de cabinet du Premier ministre Lionel Jospin jusqu'en 2000. À ce titre, il contribue à la préparation de l'entrée de la France dans la zone euro.
En 2000, il occupe le poste de directeur du Trésor, jusqu'à l'arrivée de Nicolas Sarkozy, ministre de l'Économie et des Finances en 2004. Celui-ci le fait nommer ambassadeur chargé des questions économiques internationales.
Brièvement président de Barclays France en 2005, il est ensuite nommé chef du Service de l'Inspection générale des finances, poste qu'il occupe jusqu'en 2007.
Président d'honneur du club Témoin, où il avait succédé à François Hollande, depuis 1999 et président du club Démocratie en 2000, il est l'un des initiateurs et signataires de l’appel « des Gracques » à une alliance PS-UDF pendant la campagne présidentielle de 2007« Entretien de M. Jean-Pierre Jouyet avec Paris Match », sur le site de l'ambassade de France au Royaume-Uni.. gauche|vignette|Jean-Pierre Jouyet, Secrétaire d'État aux Affaires européennes, le 09 septembre 2008 à Paris. Le , il devient secrétaire d'État chargé des Affaires européennes auprès du ministre des Affaires étrangères et européennes, Bernard Kouchner, dans le gouvernement de François Fillon. Il a pour mission la préparation et le bon déroulement des négociations de la présidence française du Conseil de l'Union européenne, au deuxième semestre 2008Interview à Libération.
À la fin de cette échéance, il est choisi par le président de la République Nicolas Sarkozy pour prendre la tête de l'Autorité des marchés financiers (AMF)« Jouyet bientôt président de l'Autorité des marchés financiers » L'Express 14 novembre 2008. Il est nommé par décret du pour remplacer Michel Prada. Dans le cadre de ses fonctions, il travaille à l'adoption de la loi du sur la régulation bancaire et financière qui lui confère, ainsi qu'à l'institution qu'il préside, de nouvelles prérogatives et missionsLoi du 22 octobre 2010 sur la régulation bancaire et financière. Plusieurs réformes de l'autorité sont mises en application ; s'agissant des sanctions : publicité des sanctions, relèvement du plafond des amendes, mise en place du principe de transaction, droit du collège de faire appel des décisions de la commission des sanctions. Concernant la défense : davantage de place laissée au contradictoire... Il demande au législateur d'augmenter les ressources de l'AMF« L'AMF réclame plus de moyens », L'Expansion, 21 juin 2010 afin qu'elle puisse assurer les nouvelles missions qui lui sont conférées par la loi de régulation bancaire et financière et qu'elle puisse s'adapter aux nouvelles technologies utilisées par les marchés financiers.. Au contraire de son prédécesseur plus technicien, il donne à son mandat une dimension très politique.
Le , il est nommé directeur général de la Caisse des dépôts et consignations, après avoir obtenu les 3/ des voix de la Commission des Finances de l'Assemblée nationale et du Sénat le Caisse des dépôts : feu vert du Parlement à Jouyet, Le Figaro, 10 juillet 2012. et président de la Banque publique d'investissement (BPI) le suivant. La création de la BPI accorde aux fonctionnaires titulaires du plan de distribution d’actions gratuites baptisé PAGA de CDC Entreprises la somme de 7,2 millions d’euros sans que Jean-Pierre Jouyet n'intervienne pour s'y opposerBienvenue à la Caisse des jackpots et consignations !, Emmanuel Lévy, marianne.net, 12 février 2015La filiale de la Caisse des dépôts et ses très chères actions gratuites, lemonde.fr, 11 février 2015.
Le , sa future nomination par François Hollande, comme secrétaire général de la présidence de la République en remplacement de Pierre-René Lemas est annoncée« Jean-Pierre Jouyet nommé secrétaire général de l'Élysée », Le Monde, 9 avril 2014. Elle est rendue effective par l'arrêté du . Il est présenté comme ayant joué un rôle déterminant dans l'ascension politique d'Emmanuel MacronPhilippe Barthélémy, APRÈS LONDRES, EMMANUEL MACRON OFFRE À JEAN-PIERRE JOUYET UNE NOUVELLE AMBASSADE, capital.fr, 19 juin 2019Jean-Pierre Jouyet, de la cour de l'Élysée au jardin de la reine d'Angleterre, lexpress.fr, septembre 2017Ces réseaux sarkozystes qui ont aidé à faire élire Emmanuel Macron, entretien avec Marc Endeweld, atlantico.fr, 28 avril 2019. L'ayant « pris sous son aile » à l'Inspection des finances alors qu'il était son chef de corps, il lui fait intégrer le cabinet du président et il annonce son entrée au gouvernement. Il agit de concert avec lui par exemple pour éviter la reconduction d'Henri Proglio à la tête d'EDF.
Le , il est nommé ambassadeur de France au Royaume-Uni. Il est représentant permanent de la France auprès de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) entre Jack Dion, La macronie sait reconnaître les siens, marianne.net, 28 juin 2019 jusqu’à sa retraite en 2020.
En , il postule sans succès au poste de ministre d'État de la principauté de Monaco, équivalent du Premier ministre français.
Il rejoint le cabinet de lobbying Lysios ainsi que le conseil d’administration de Covéa.
Polémiques
Affaire Jouyet-Fillon Le , L'Obs publie des bonnes feuilles d'un ouvrage à paraître, . D'après une déclaration de Jean-Pierre Jouyet, François Fillon aurait demandé, lors d'un déjeuner, que l’Élysée fasse pression sur la justice à l'encontre de Nicolas Sarkozy. François Fillon dément le soir même, et Jean-Pierre Jouyet dément le lendemain.
Le , dans Le Monde daté du 8, Gérard Davet et Fabrice Lhomme, auteurs de l'ouvrage en cause, et ceux qui recueillaient régulièrement des confidences de François Hollande depuis pour le futur livre Un président ne devrait pas dire ça..., répliquent dans un article. Ils confirment que Jean-Pierre Jouyet leur a déclaré avoir reçu de François Fillon une demande d'intervention, et précisent qu'ils ont pour le prouver un enregistrement du . Ils déclarent également que ce qui leur a été dit ce jour-là n'était pour eux qu'une confirmation de ce qu'une « source fiable » (non précisée) leur avait déjà peu après le du . Malgré les deux démentis formels des participants à ce déjeuner, Le Monde présente la supposée demande d'intervention comme un fait avéré en titrant .
Le , Antoine Gosset-Grainville, qui était le troisième homme présent au déjeuner, assure à son tour qu', et que .
Le , Jean-Pierre Jouyet reconnait que, devant les journalistes, il a effectivement accusé François Fillon d'avoir demandé une intervention auprès de la justice, et se renie en affirmant, cette fois, qu'une telle demande a bien été formulée lors du déjeunerJouyet reconnait que Fillon lui a parlé de Sarkozy, Reuters, 9 novembre 2014. Il contredit ainsi sa déclaration formelle du dans laquelle il avait assuré que et .
Antoine Gosset-Grainville, , et qui a été adjoint puis remplaçant intérimaire de Jean-Pierre Jouyet à la Caisse des dépôts et consignations, réitère alors, le , sa réfutation de la version de Jean-Pierre Jouyet : ayant signalé au passage que c'est à la demande de Jean-Pierre Jouyet que ce déjeuner avait été organisé, il assure que la discussion , et que . Sur BFMTV, Antoine Gosset-Grainville dit trouver .