Mohammed Bedjaoui (en ), né le à Sidi-Bel-Abbès, est un juriste, haut fonctionnaire, diplomate et homme politique algérien. Il est également une figure du droit international public, ayant officié au sein de la Cour Internationale de justice en tant que juge et président.

Biographie

Jeunesse et études Né dans une famille modeste en 1929., Mohammed Bejaoui a vu le jour à Sidi-Bel-Abbès, à l’Ouest du pays. Orphelin à quatre ans, il ne connaît pas son père, décédé en 1933. Il grandit dans la grande banlieue de Tlemcen après que son oncle maternel l'a recueilli.

Il rencontre son épouse, Leïla Francis, avec qui il se marie en 1962. L'oncle de son épouse, Ahmed Francis, est le premier ministre des Finances de l'Algérie indépendante. Il est le père de la réalisatrice de cinéma Amal Bedjaoui.

Il est diplômé de l'Institut d'études politiques de Grenoble en 1952. En 1953, il décide de présenter le concours de l'École nationale d'administration. Il est exclu du concours d'entrée par décision du secrétaire général du Conseil du fait de son engagement communiste. Il introduit un recours auprès du Conseil d'État, qui aboutit à l'arrêt Barel du 28 mai 1954, un des grands arrêts du droit administratif français.

Il décide de continuer ses études de droit et obtient un doctorat en droit à l'université de Grenoble en 1956..

Guerre d'algérie Durant la guerre d'Algérie, il est conseiller juridique du FLN et du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA). Il figure aussi parmi la délégation algérienne lors des négociations d’Evian.

Après l'indépendance de l'Algérie Il occupe le poste ministre de la Justice, de 1964 à 1971. En tant que ministre de la Justice, il s'est notamment manifesté pour avoir refusé la grâce de Desiré Drai, français de confession juive qui a été condamné à mort pour faux monnayage, et ce, alors qu'elle avait été accordée aux deux autres condamnés à mort dans la même affaire (Giovanni Corti, également français, et l'Algérien Ahmed Bouharid)"Un faux-monnayeur français condamné à mort a été exécuté jeudi matin à Alger", Le Monde, 16 septembre 1966. Il a notamment dans cette affaire tenu personnellement à déclarer que "un tel verdict répond au vœu profond du peuple algérien et jette la lumière crue sur l'originalité de l'expérience algérienne de répression des infractions économiques portant atteinte grave aux intérêts de l'économie nationale""La condamnation à mort de cinq faux-monnayeurs a causé surprise et émotion dans divers milieux", Le Monde, 13 septembre 1966. Outre le traitement différencié appliqué à M. Desire Drai par rapport aux deux autres condamnés, la sentence apparaissait d'autant plus dure qu'il ne s'agissait que d'une tentative (les personnes ayant été arrêtés avant toute diffusion des faux billet) mais surtout car il s'agissait d'un cas d'application rétroactive de la loi pénale, la peine de mort n'étant pas prévu en droit algérien pour l'émission et la diffusion de fausse monnaie à l'époque du délit .

Il préside le Conseil constitutionnel de 2002 à 2005., Mohammed Bejaoui. a été président de la Cour internationale de justice en 1993 et président de la Commission de Surveillance de l’élection présidentielle du . Il est nommé Ministre des Affaires étrangères du au . Il a demandé à être déchargé de ses fonctions pour des raisons personnelles et sa requête a été acceptée.

Après avoir quitté le gouvernement, il est désigné ambassadeur en France, auprès de l'Unesco et de l’ONU (1971-1979). Il fut nommé ambassadeur, représentant permanent de l’Algérie auprès des Nations unies à New York jusqu’à 1982. Durant cette période, outre celui d’être vice-président du Conseil des Nations unies pour la Namibie et président du Groupe de contact pour Chypre, Mohmamed Bejaoui a été coprésident de la Commission d’enquête des Nations unies en Iran pour la libération des diplomates américains retenus en otages à Téhéran (1980). Titulaire de plusieurs diplômes, M. Bejaoui a été juge à la Cour internationale de justice de La Haye pendant près de vingt ans (1982-2001), puis président de Chambre (1984-1986) et président de la Cour (1994-1997)..

Bedjaoui est l’auteur d’une dizaine d’ouvrages, dont La Révolution algérienne et le Droit, Traités de conventions de l’Algérie, Non-alignement et droit international, Terra nullius, droit historique et autodétermination et Pour un nouvel ordre économique international. Il a donné trois cours à l’Académie de droit international de La Haye, dont le cours général de droit public en 2006. Il a rédigé près de 300 articles portant sur les matières de droit international public, contribuant à améliorer le droit constitutionnel, le droit d’arbitrage commercial international et les sciences politiques.

En , Mohammed Bedjaoui admet avoir introduit Pierre Falcone auprès des autorités algériennes pour appuyer un consortium répondant à l'appel d'offres pour la construction de l'autoroute Est-Ouest, consortium qui a remporté le marché. Ce comportement est dénoncé par Djilali Hadjadj, porte parole de l'Association algérienne de lutte contre la corruption qui y voit un abus de droit, l'intéressé étant alors président du Conseil constitutionnel Affaire de l’autoroute Est-Ouest : Quand un président de Conseil constitutionnel reconnaît qu’il a joué les…intermédiaires dans un marché public de plus de 11 milliards de dollars !!!. En , dans le cadre de la lutte contre la corruption engagée envers d'anciens ministres ou hauts fonctionnaires, son nom apparaît dans la liste de personnalités susceptibles d'être inquiétéesD’anciens ministres de Bouteflika rattrapés par des affaires de corruption, El Watan, 21 septembre 2020..

En , l'hebdomadaire Jeune Afrique indique que Mohammed Bedjaoui occupe jusqu'à une période récente, un poste de conseiller diplomatique à l'ambassade d'Algérie à Paris, touchant un salaire de euros par mois sans exercer d'activité diplomatiqueElle bénéficiait d’un statut diplomatique aux côtés de Mohamed Bedjaoui, selon "Jeune Afrique" - L’ex- épouse d’Abdelaziz Bouteflika perd ses privilèges à Paris, site elwatan.com, 4 mars 2021.

En , il fait l'objet d'une enquête de la part du parquet national financier (PNF) en France à la suite de la . Il est suspecté de corruption par des officiels qataris dans les années 1990 lors d'un contentieux entre le Qatar et le Bahrein; malgré les mises en garde repetées du tribunal international de justice concernant les preuves fabriquées par le Qatar au coeur de cette affaireLe patrimoine français de Mohammed Bedjaoui sous enquête du Parquet national financier, site lejdd.fr, 29 janvier 2026..

Sources et références

Liens externes

Catégorie:Juriste algérien du XXe siècle Catégorie:Diplomate algérien du XXe siècle Catégorie:Ambassadeur d'Algérie en France Catégorie:Ambassadeur algérien auprès des Nations unies Catégorie:Ministre algérien des Affaires étrangères Catégorie:Ministre algérien de la Justice Catégorie:Membre du gouvernement Ben Bella I Catégorie:Membre du gouvernement Ben Bella III Catégorie:Membre du gouvernement Boumédiène II Catégorie:Membre du gouvernement Ouyahia V Catégorie:Membre du gouvernement Belkhadem I Catégorie:Fonctionnaire de l'UNESCO Catégorie:Parrain du Tribunal Russell sur la Palestine Catégorie:Président de la Cour internationale de justice Catégorie:Élève de l'Institut d'études politiques de Grenoble Catégorie:Étudiant de l'université de Grenoble Catégorie:Docteur honoris causa de l'université Aix-Marseille-III Catégorie:Grand officier de la Légion d'honneur Catégorie:Grand-croix de l'ordre de l'Étoile de Roumanie Catégorie:Récipiendaire de l'ordre du Ouissam alaouite Catégorie:Naissance en septembre 1929 Catégorie:Naissance à Sidi Bel Abbès Catégorie:Docteur honoris causa de l'université complutense de Madrid Catégorie:Docteur honoris causa d'une université en Inde Catégorie:Docteur honoris causa de l'université libre de Bruxelles Catégorie:Docteur honoris causa de l'université de Bucarest Catégorie:Docteur honoris causa d'une université en Algérie Catégorie:Docteur honoris causa d'une université en Corée du Sud Catégorie:Membre du Conseil constitutionnel algérien