Le pistolet est une arme de poing dont la chambre est intégrée au canon ou en permanence alignée avec lui.
Étymologie Il existe différentes hypothèses : Il serait à l'origine un mot tchèque « píšťala »Französisches Etymologisches Wörterbuch - Walther von Wartburg, t.16, pp.624-626 qui exprime le sifflement. D'après Étienne Tabourot, pistolet viendrait de la ville de Pistoia en Italie, où étaient fabriquées de petites dagues. Ce nom aurait alors été transposé plus tard aux « petites arquebuses »« Pistolet a esté ainsi nommé premierement pour une petite dague ou poignard qu'on souloit faire à Pistoye, petite ville distant deux lieues de Florence, et furent à ceste raison nommez premierement pistoyers, depuis pistoliers et enfin pistolets ; quelque temps après, l'invention des petites arquebuses estant venue, on leur transporta le nom de ces petits poignards ; depuis encore on a appellé les escus d'Espagne pistolets, pour ce qu'ils sont plus petits que les autres ; et, comme dit Henry Estienne, quelque temps viendra qu'on appellera les petits hommes pistolets et les petites femmes pistolettes. » .
Histoire
Les premiers pistolets sont apparus à l'aube de l'histoire des armes à feu. Les plus anciens pistolets connus ont été utilisés lors de la bataille de Towton en Angleterre le Revue française de généalogie, , février-mars 2011, .. D'une taille imposante et dotés d'un canon unique à chargement par la gueule et d'un système de mise à feu par mèche, rouet ensuite par silex, leur poignée était souvent dotée d'un lourd pommeau, la calotte, en métal qui permettait de se servir du pistolet comme d'une arme contondante après avoir tiré l'unique coup. Des armes à canons multiples ont été créées mais peu produites.
Au , l'apparition du revolver, arme de poing à barillet, changea radicalement la donne car il offrait la possibilité de tirer successivement plusieurs coups sans recharger. À la fin du siècle, les premiers pistolets à répétition automatique, dits « semi-automatiques », font leur apparition, mais il faudra attendre le début du pour obtenir les premiers modèles fiables. Une arme semi-automatique tire une fois lors de chaque action sur sa queue de détente.
Pendant presque tout le , l'Europe a produit plus de pistolets que de revolversLes modèles de révolvers européens les plus connus sont le Modèle 1892 de Saint-Étienne et ses copies espagnoles, les Webley et Enfield britanniques, puis dans les années 1960-1970 les Barracuda de la FN Herstal et le Manurhin MR 73. La fin du a vu des progrès considérables en matière de fiabilité des pistolets et des munitions, notamment grâce à de meilleurs matériaux et à un usinage plus précis et régulier. Diverses inventions améliorèrent également la sûreté de fonctionnement, tout à la fois essentielle et difficile à assurer car elle doit interdire le tir non commandé, même si l'arme tombe au sol, mais ne doit pas ralentir la mise en œuvre.
De nos jours, les pistolets se chargent surtout par la crosse : on insère un chargeur contenant des cartouches à l'intérieur de la crosse et on tire vers soi-même la glissière du pistolet pour amener la première cartouche dans la chambre où elle sera prête à être tirée par l'action du doigt sur la détente.
Évolutions
L'une des grandes tendances récentes est l'utilisation de matières plastiques (ou polymères) plus légères que le métal et qui ne se corrodent pas. Le HK VP70, présenté comme le premier pistolet à carcasse en polymère produit en série, est commercialisé à partir de 1970 par la société Heckler & Koch. Il connaît toutefois un succès commercial limité. D'autres modèles de Heckler & Koch, notamment le P7 et le P9S, ont également fait appel à des matériaux polymères avant le succès des pistolets Glock.
Au début des années 1980, la société autrichienne Glock, par le biais de son fondateur Gaston Glock, lança une nouvelle arme en polymère, le Glock 17, qui connut un franc succès et provoqua une petite révolution dans le monde des armes de poing. Le Glock 17, développé au début des années 1980 pour répondre notamment aux besoins des forces armées autrichiennes, associe une carcasse en polymère à une culasse, un canon et plusieurs composants internes en acier. Il est adopté par l'armée autrichienne sous la désignation P80 et contribue ensuite à la diffusion des carcasses en polymère dans le domaine des pistolets.
La présence de matières non métalliques a fait dire à certains qu'il s'agissait d'une arme pouvant échapper aux détecteurs de métaux (notamment ceux des aéroports), mais cette affirmation est trompeuse : les pistolets à carcasse en polymère comportent des éléments métalliques importants, notamment le canon et la culasse, susceptibles d'être détectés par les systèmes de sécurité.
Les craintes suscitées aux États-Unis par la possibilité que des armes à carcasse en polymère puissent échapper aux détecteurs de métaux ont notamment contribué au débat ayant précédé l'adoption de l'Undetectable Firearms Act de 1988. La législation américaine impose depuis lors que les armes à feu soient suffisamment détectables par les dispositifs de détection réglementaires.
Depuis, l'emploi de polymères dans les carcasses de pistolets s'est largement diffusé chez les fabricants d'armes à feu.
Une autre tendance est l'adjonction d'accessoires, tels que des torches miniatures ou des viseurs laser. Les armes modernes sont de plus en plus souvent équipées d'un rail standard sous le canon qui permet de monter ce genre d'équipement.
Rafaleurs
Les pistolets « rafaleurs » permettent le tir automatique. Ces armes, qui nécessitent souvent l'usage d'un chargeur de haute capacité (leur cadence de tir souvent très élevée l'épuisant rapidement), se révèlent très difficiles à utiliser avec précision sans un entraînement constant, même si certains modèles permettent l'ajout d'une crosse de type fusil (Beretta 93R, HK VP70 en version automatique). L'idée d'un tel pistolet à tir automatique n'est pas récente puisque le Mauser C96 connut une version automatique en 1932 nommée Mauser M712 Schnellfeuer.
Certains modèles contiennent un ensemble appelé « ralentisseur de cadence », facteur d'amélioration de la docilité, de l'autonomie et de la fiabilité.
Certains rafaleurs le sont par construction et beaucoup offrent un sélecteur de tir, sorte de levier grâce auquel le tireur décide du mode de fonctionnement (semi-automatique ou automatique), semblable à celui d'un fusil d'assaut.
D'autres rafaleurs sont des pistolets semi-automatiques modifiés de façon souvent dangereuse, par exemple par retrait de la pièce appelée séparateur qui contraint le tireur à relâcher puis actionner la queue de détente entre deux tirs.
Il existe une méthode de tir en rafale avec un pistolet (ou tout autre arme) semi-automatique, appelée bump fire. Cette technique utilise les deux mains du tireur. L'une d'entre elles tient l'arme en la poussant fortement vers l'avant, tandis que l'on utilise un doigt de l'autre main (généralement le pouce ou l'index)pour presser la détente. En conservant cette position, chaque départ de coup produit un recul suffisant pour que la détente se remette en place, permettant au mécanisme de l'arme de commencer un nouveau cycle et ainsi de suite jusqu'à relâchement de l'arme ou épuisement du chargeur. Il est évident qu'en termes de précision de tir, cette technique n'a que très peu de valeur.
Revolver et pistolet
Revolver et pistolet sont tous deux des armes de poing. Le pistolet dispose d'une chambre intégrée au canon alors que le revolver dispose d'un cylindre tournant appelé barillet contenant des chambres pour des charges ou cartouches individuelles. Le mot revolver vient du verbe anglais to revolve qui signifie « tourner, rouler, pivoter » (du latin revolvere « tourner en arrière »)Définition du Centre national de Ressources textuelles et lexicales..
Évolution de la mise à feu De 1450 jusque vers 1500
Les années 1450-1500 voient l'invention d'un mécanisme (au début simple) qui présente la mèche dans le canal de mise à feu. Il s'agit d'un chien composé de deux parties maintenant la mèche. Le chien est retenu en arrière en permanence par un ressort. En appuyant sur un levier le chien pivote sur son axe et vient présenter la mèche ; en relâchant le levier, le chien reprend sa position initiale.
Le principal problème rencontré était la perte de la poudre d'amorçage ; on adjoint donc un couvre-bassinet que le tireur repousse manuellement avant de tirer. Puis ce couvre-bassinet sera mû par un mécanisme simple qui s'efface en même temps que le chien avance. La pression exercée sur la mèche éteignait souvent celle-ci, le tireur allumait donc les deux extrémités de la mèche pour pouvoir rallumer facilement cette dernière par contact.
L'Italie semble avoir été la principale source d'approvisionnement d'armes à mèche. Henri VIII d'Angleterre en possédait un grand nombre, qui ont été décrites dans un inventaire de 1547 : on dénombre 496 italion peces dont 116 avec chambre (c’est-à-dire se chargeant par la culasse) à Westminster et 206 autres à Greenwich. Il commanda en 1544 à Brescia de différentes sortes et des armures. Il dut obtenir pour ce faire l'autorisation du doge de Venise.
possédait des « pistolets-revolvers » à mèche (conservés au musée de l'Armée).
Le mécanisme à rouet apparaît vers les années 1500 sans faire disparaître le mécanisme à mèche qui sera presque exclusivement réservé aux armes militaires.
De 1500 jusque vers 1820
Durant cette longue période se sont développées les armes à rouet, sorte de roue dentée remontée avec une clef sur laquelle la pyrite de fer (pierre à briquet) venait frotter pour assurer la mise à feu puis à silex.
La première mention de la platine à rouet se trouve dans le codex de Léonard de Vinci. On y trouve sur cinq feuillets des croquis de mécanismes destinés à produire l'ignition. Il est probable que ces mécanismes étaient plus destinés à des briquets qu'à des armes à feu. On peut estimer que ces feuillets ont été réalisés entre 1483 et 1505. Si la plus vieille platine à rouet connue est allemande (vers 1515) et que la plus grande quantité d'armes à rouet est de la même origine, la naissance en Italie de ce mécanisme est une certitude.
Les plus anciennes armes à rouet étaient des armes combinées, (élément secondaire d'une platine à mèche ou élément supplémentaire d'une autre arme : arbalète, épée, masse d'arme, hache, poignard). On devait peut-être manquer de confiance dans le fonctionnement du mécanisme mais il fallait aussi y voir un nécessaire savoir-faire particulier qui était souvent celui des horlogers : c'est en 1520 que le capitaine de cavalerie Sébastien de Corbion (Corbion, village belge à l'est de Bouillon, frontalier avec la France) met au point une arme à canon court, se tirant d'une seule main qu'il dénomma pistollet et qui fut le prototype des armes d'arçon de la cavalerie et par extension de toutes les armes de poing. Il existait jusque-là le pétrinal qui était une arme courte également et que l'on appuyait sur la poitrine pour amortir le recul.
Il faut savoir qu'au et jusqu'au début du il n'existait pas d'armurier proprement dit mais des monteurs d'armes ou arquebusiers. Les différentes parties de l'arme étaient produites à part : les canons, les platines, les crosses et les gravures étaient réalisés chez chacun des artisans dont c'était la spécialité. Les canons étaient la spécialité des allemands surtout pour les canons rayés, les platines à rouet celle des italiens.