Le Bûcher des vanités () est un film américain de Brian De Palma, sorti en 1990.

Adaptation du roman du même nom (1987) de l'écrivain Tom Wolfe, ce film est la seconde adaptation d'un roman de Wolfe après L'Étoffe des héros (1983). Mettant en vedette les acteurs Tom Hanks, Bruce Willis et Melanie Griffith dans les rôles principaux, le film connaît cependant un échec critique et commercial.

Synopsis Sherman McCoy, un trader new-yorkais hors pair, a tout pour être heureux. Il possède l'un des postes les plus enviés de Wall Street, un des plus luxueux appartements de Park Avenue, une gentille petite fille qu'il adore, une fortune personnelle et mène une double vie avec sa séduisante maîtresse Maria Ruskin, tout en menant ses activités d'homme du monde au sein du gratin new-yorkais aux côtés de son épouse névrosée Judy, fana de décoration d'intérieur.

Mais la vie de rêve de Sherman bascule subitement lorsque, un soir où il raccompagne Maria après être allé la chercher à l'aéroport, il devient complice de sa maîtresse dans un accident de la route. S'étant perdu dans l'arrondissement mal famé du Bronx, Maria, prenant le volant de la voiture de Sherman, renverse accidentellement dans une rue déserte Henry Lamb, un jeune noir, le blessant au cours du choc. Ayant pris le jeune noir pour un voleur, ils fuient après l'accident.

Par la suite, le jeune homme tombe dans le coma et l'affaire devient publique quand celui-ci meurt. Les médias relaient alors l'histoire du malheureux étudiant noir d'un quartier difficile, victime d'une injustice ayant entraîné sa mort. Maria, étant l'épouse d'un vieil homme d'affaires new-yorkais, refuse d'avouer sa culpabilité aux autorités ; elle préfère laisser Sherman porter le chapeau. Accusé à tort par les policiers qui ont retrouvé sa trace, Sherman devient alors la proie de nombreuses personnes qui vont se servir de cette affaire pour leur propre compte.

Sherman est notablement la cible du révérend Bacon, le meneur d'un groupe de pression religieux afro-américain, qui essaie de faire passer cet accident pour un crime raciste afin de demander d'énormes dommages et intérêts pour son organisation. Par ailleurs, le procureur du Bronx, Abraham Weiss, souhaitant assurer sa réélection, voit dans cette affaire l'opportunité de faire un cas exemplaire et ainsi faire plaisir à la communauté noire afin d'obtenir leurs votes ; il manœuvre alors pour traîner McCoy en justice. Enfin, les médias, ravis de relayer cette affaire croustillante, aggravent la situation en enflammant l'opinion publique, décrivant McCoy comme un individu cynique issu de la haute société new-yorkaise. Bientôt, toute la ville veut la tête de Sherman. Ce dernier voit sa femme le quitter et ses amis se détourner de lui.

Peter Fallow, un journaliste d'un journal à scandales new-yorkais, alcoolique et sur le déclin, découvre lors de son enquête que Sherman est innocent. Malheureusement, cette vérité n'arrange personne après l'énorme publicité donnée à cette affaire, car tout le monde préfère que Sherman paie quand même.

Au procès, Sherman retourne adroitement la situation en faisant jaillir la vérité. Quand le public du tribunal manifeste son mécontentement, le juge sermonne l'assistance, soulignant l'importance de l'honnêteté. Peter Fallow, devenu un auteur encensé, jouit de sa nouvelle notoriété.

Fiche technique Titre français : Le Bûcher des vanités Titre original : The Bonfire of the Vanities Réalisateur : Brian De Palma Scénario : Michael Cristofer, d'après le roman Le Bûcher des vanités de Tom Wolfe Musique : Dave Grusin Photographie : Vilmos Zsigmond Montage : Beth Jochem Besterveld, Bill Pankow et David Ray Décors : Richard Sylbert Costumes : Ann Roth Producteur : Brian De Palma Producteurs délégués : Peter Guber et Jon Peters Coproducteur : Fred C. Caruso Productrice associée : Monica Goldstein Société de production : Warner Bros. Société de distribution : Warner Bros. Budget : Pays de production : Genre : comédie noire Durée : 125 minutes Dates de sortie : États-Unis : France :

Distribution

Tom Hanks (VF : Jean-Philippe Puymartin; VQ : Bernard Fortin) : Sherman McCoy Bruce Willis (VF : Patrick Poivey ; VQ : Jean-René Ouellet) : Peter Fallow Melanie Griffith (VF : Dorothée Jemma ; VQ : Élise Bertrand) : Maria Ruskin Kim Cattrall (VF : Emmanuèle Bondeville ; VQ : Élizabeth Lesieur) : Judy McCoy Saul Rubinek (VF : Michel Mella ; VQ : Mario Desmarais) : Jed Kramer Morgan Freeman (VF : Robert Liensol ; VQ : Victor Désy) : le juge Leonard White John Hancock (VF : Med Hondo ; VQ : Hubert Gagnon) : le révérend Bacon Donald Moffat (VF : Bernard Dhéran) : M. McCoy F. Murray Abraham (VF : Bernard Tixier) : le procureur Abe Weiss (non crédité) Kevin Dunn (VF : Daniel Russo ; VQ : Marc Bellier) : Tom Killian Barton Heyman (VF : Edmond Bernard) : l'inspecteur Martin Norman Parker (VF : Jean-Luc Kayser) : l'inspecteur Goldberg Clifton James : Albert Fox Beth Broderick (VF : Dominique Chauby) : Caroline Heftshank Kurt Fuller (VF : Michel Dodane ; VQ : Luis de Cespedes) : Pollard Browning Robert Stephens (VF : Bernard Tiphaine) : Gerald Moore Alan King (VQ : Ronald France) : Arthur Ruskin Louis Giambalvo (VF : Jacques Frantz) : Ray Andruitti Adam LeFevre (VF : Lionel Henry) : Rawlie Thorpe Patrick Malone : Henry Lamb Troy Winbush : Roland Auburn Rita Wilson (VF : Frédérique Tirmont) : la femme des relations publiques Andre Gregory (VF : Jean Topart) : le poète Aubrey Buffing atteint du sida Kirsten Dunst : Campbell McCoy Richard Belzer : le producteur de télévision Connie Sawyer : la grand-mère de la famille Ruskin Novella Nelson

Source VQ: Doublage Québec« Fiche de doublage québécois du film »

Production Genèse et développement Le roman Le Bûcher des vanités de Tom Wolfe est publié en 1987 et devient un best-seller. Warner Bros. acquiert les droits pour . Le studio propose le projet à Brian De Palma qui bénéficie alors d'une bonne « cote ». Malgré les résultats décevants de son précédent film au box-office, Outrages (1989), il avait connu de grands succès avant cela notamment avec Les Incorruptibles (1987). Le réalisateur et le studio décident ensemble d'avoir une approche plus commerciale que le roman en orientant le scénario vers la comédie.

Le réalisateur Brian De Palma expliquera par la suite avoir apprécié sa collaboration avec le scénariste Michael Cristofer et qu'il aurait sans doute apprécié une nouvelle collaboration mais, comme le film a été un violent échec commercial et que Michael Cristofer est devenu réalisateur, cela n'a pas pu se faire

Attribution des rôles vignette|redresse|L'actrice principale, Melanie Griffith, l'année de sortie du film.

Dans le roman, le personnage du journaliste Peter Fallow est anglais. Le rôle est ainsi proposé à John Cleese. Après le refus de l'acteur, le rôle est proposé à Jack Nicholson, sans succès. Le studio suggère alors à Brian De Palma d'engager Bruce Willis, qui sortait du succès de Piège de cristal.

Le rôle du juge que tient Morgan Freeman, devait à l'origine être tenu par Walter Matthau et devait s'appeler (comme dans le livre) Myron Kovitzky. Mais l'acteur demande un salaire trop important. Alan Arkin est engagé en remplacement mais, en raison des retards du tournage, doit se désister. Il est remplacé par Morgan Freeman et le personnage est rebaptisé Leonard White pour notamment éviter davantage de polémiques raciales, en raison du sujet du film.

Kristin Scott Thomas a fait des essais pour le rôle de Judy McCoy. Non retenue, elle sera finalement dirigée par Brian De Palma dans Mission impossible en 1996. Quant à Uma Thurman, elle a auditionné pour le rôle de Maria Ruskin.

Le contrat de l'acteur F. Murray Abraham, qui incarne le procureur Abe Weiss, stipulait que soit son nom serait au-dessus du titre de l'affiche du film, soit son nom n'apparaîtrait pas au générique. La production, ayant déjà au casting Tom Hanks, Bruce Willis, Morgan Freeman et Melanie Griffith, ne put mettre le nom d'Abraham au-dessus du titre ; F. Murray Abraham n'est donc pas crédité au générique du filmSecrets de tournage, AlloCiné.fr.. L'acteur, tout comme Richard Belzer, avait déjà tourné sous la direction de Brian De Palma dans Scarface (1983). Ils n'ont pas de scènes en commun, tout comme dans Le Bûcher des Vanités.

Le film offre à Kirsten Dunst l'un de ses tout premiers rôles : celui de la fille de Sherman McCoy, incarné par Tom Hanks. Par ailleurs Rita Wilson, la femme de Tom Hanks, joue dans le film.

Tournage Le tournage a eu lieu du au .

Lieux de tournage New York 346 E , Manhattan 816 Park Avenue, Manhattan Criminal Courts Building - 100 Centre Street, Manhattan NBC Building, Rockefeller Center, Manhattan South Bronx, Bronx Los Angeles Hollywood Forever Cemetery - 6000 Santa Monica Boulevard, Hollywood Natural History Museum of Los Angeles County - 900 Exposition Boulevard, Exposition Park Burbank Plateau 2, Warner Brothers Burbank Studios - 4000 Warner Boulevard

De nombreux problèmes sont venus ponctuer le tournage, notamment une relation conflictuelle entre Brian De Palma et Bruce Willis. Tout cela a été relayé par le livre The Devil's Candy: The Anatomy of A Hollywood fiasco de la journaliste Julia Salamon, que Brian De Palma avait autorisé à suivre le tournage.

Musique

La musique du film est composée par Dave Grusin.

Liste des titres Prologue Bonfire of the Vanities Theme Master of the Universe Concorde Bronx Exit Yo! Get-Away Love Drums, Pt. 1 Love Drums, Pt. 2 Coma End of the Road Hang-Out Jackals, Pt. 1-2 Subway Breakdown (Prelude) Blues for Caroline Thinking of Caroline Out of My Life Blues (Reprise) Bugged Father/Son Decency Speechless/Case Dismissed Sword of Justice Epilog-Peter's Theme End Credit Theme

On entend aussi un extrait de l'acte final du Don Giovanni de Mozart.

Accueil Critique À l'issue de sa sortie en salles, Le Bûcher des vanités rencontre un accueil critique majoritairement négatif.

Sur le site agrégateur de critiques Rotten Tomatoes, le film obtient un score de 16 % d'opinions favorables seulement, sur la base de 51 critiques collectées et une note moyenne de 4,0/10 ; le consensus du site indique : .. Sur Metacritic, le film obtient une note moyenne pondérée de 27 sur 100, sur la base de 27 critiques collectées ; le consensus du site indique : ..

Un critique du magazine Variety indique au sujet du film que ..

Vincent Canby du New York Times décrit quant à lui le film comme une . Owen Gleiberman du magazine Entertainment Weekly y voit .

Roger Ebert du Chicago Sun-Times est quant à lui un peu plus clément, et donne au film une note de 2 étoiles et demi sur 4. S'il regrette que le film manque de profondeur psychologique, .

Box-office Avec un budget de production de 47 millions de dollars, Le Bûcher des vanités est l'un des plus grands échecs du studio Warner, récoltant seulement de recettes.. En France, le film totalise ..

Brian De Palma s'autocritiquera énormément après le film, précisant par exemple que Interview de Brian De Palma dans le du magazine Empire, décembre 2008, . Il précisera également que la faute en revient au studio qui a produit le film.

Distinctions Le film est nommé à cinq reprises aux Razzie Awards 1991 dans les catégories « pire film », « pire réalisateur », « pire actrice » (pour Melanie Griffith), « pire scénario » et « pire actrice pour dans second rôle » (pour Kim Cattrall).

Analyse Comme beaucoup de personnages des films de Brian De Palma, Sherman McCoy vit dans une réalité qu'il s'est créée. Son univers est protégé et il s'y prend pour le « maître du monde ». Après l'accident, une fois que les médias s'en prennent à lui, il découvre qu'il existe une réalité bien différente dont il n'avait aucune conscience auparavant.