vignette|Le quartier des Fontaines à Tours mixe logements sociaux et privés.
La mixité sociale consiste, en une zone géographique donnée, à permettre à des personnes issues de milieux sociaux différents de se côtoyer, ou de cohabiter.
La mixité sociale engendre des quartiers hétérogènes peuplés d'habitants distincts par leurs revenus ou leurs origines. Le brassage social est facilité par les législations, mais aussi par les acteurs sociaux comme les politiques, ou les associations. Les acteurs économiques, et notamment les entreprises, jouent aussi un rôle en termes de mixité par leur politique de recrutement de main-d'œuvre. À l'inverse, les quartiers homogènes regroupent une classe sociale, ou une communauté précise.
En France, cette notion est abordée par la question de la mixité résidentielle, sociale et son lien avec l'école publique.
La notion de mixité sociale Selon l'Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire (Injep) en 2019 : .. Selon l'économiste Harris Selod en 2005 : ..
Selon l'Injep en 2019, c'est , dont on attend qu'elle amène plus de justice sociale et moins de ségrégation sociale. L'Injep souligne qu'elle peut et qu'il est important lorsqu'on la considère de bien définir l'espace et l'échelle d'action, ainsi que les caractéristiques des groupes sociaux étudiés. Harris Selod souligne lui aussi l'importance des critères considérés, ainsi qu'une ambiguïté à propos des .
Le concept de « mixité sociale » est utilisé en France d'abord en politique de la ville et en matière de renouvellement urbain, et se répand plus largement notamment à partir des années 1980 dans les lois et dans les discours. Pour Harris Selod, la notion « renvoie à un idéal de société qui préserverait la cohésion nationale et garantirait l’égalité des chances ». Dans le débat public, cette ségrégation implique essentiellement une opposition entre les quartiers populaires et les centres-villes plus aisés.
La « mixité sociale » est différente de la « mixité » qui, lorsque le terme est utilisé seul, renvoie plus souvent à la coexistence des genres dans un espace social, ou bien à la « diversité » dans le monde professionnel.
Mesures de la mixité sociale
Plusieurs dispositifs ont été élaborés pour tenter de mesurer la mixité sociale, tels que l'indice de dissimilarité (1955) — qui est davantage une mesure de la ségrégation — ou l'indice d’entropie normalisé.
Mixité sociale et urbanisme vignette|Démolitions au quartier de l'Ariane de Nice : la démolition de logements sociaux se fait notamment au nom de la mixité sociale.
Depuis plusieurs dizaines d'années, la mixité sociale est devenue le maître mot des politiques urbaines. On vise ainsi à favoriser la présence de personnes de différents horizons au sein d'un même territoire, dans un même quartier, dans une même unité d'habitation..
La loi contre les exclusions sociales de 1998 a introduit la notion de mixité sociale.. Pour autant, la politique du logement social a démarré bien plus tôt : dès 1894, la loi Siegfried encourage le développement d'organismes d'habitations à bon marché et crée les « habitations à bon marché » (HBM), qui permettent d'accéder à des logements à prix social. Au cours du , elle évolue avec notamment, après la Libération, la loi sur la limitation des loyers dès et la loi sur les habitations à loyer modéré l'année suivante, en ..
La loi de décentralisation de 1982 rend les . La loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains (loi SRU) du — qui, selon Harris Selod, vise à contrer la ségrégation — met ainsi en avant la nécessité d'adapter l'offre de logement à l'ensemble des revenus tout en promulguant une mixité urbaine. De plus, selon cette loi, les communes qui n'atteignent pas objectif minimal de 20 % de logements locatifs sociaux sont soumis à une amende tout en devant rattraper leur retard dans le domaine. La réalisation d'une offre HLM et d'une offre locative cohérente sur un territoire serait donc une réponse à une bonne mixité sociale.. Différentes politiques de développement du territoire ont été menées, cherchant, au moins depuis les années 1980, à , selon Harris Selod, mais les effets sont restés . Des « politiques intégrées », qui tentent d'agir sur plusieurs dimensions amenant de la ségrégation afin d'amener à plus de mixité sociale, sont mises en œuvre à partir de 2005.
La loi relative à l'égalité et la citoyenneté de 2017 , selon la rédaction du site Vie-publique.fr.
L'économiste Harris Selod souligne en 2005 que . Le même auteur indique également que l'absence de mixité urbaine peut entraîner des conséquences plus larges sur l'accès à l'emploi, l'accès à un capital scolaire, la détérioration de réseaux sociaux, ou sur la transmission de difficultés sociales liée à certaines interactions de voisinage, et sur des discriminations en fonction du territoire. Cependant, il peut être intéressant pour certains individus de vivre parmi d'autres avec lesquels il peut partager certaines caractéristiques, selon le même auteur. Dans le domaine économique, cet auteur souligne que . Il précise par ailleurs que l'intérêt de la mixité sociale pour une société peut être lié à l'idéal qu'a celle-ci pour elle-même et à ses choix de normes.
Mixité sociale et mixité ethnique thumb|Gala des Princes du Ring 2025 à Tours.
Derrière les critères qui définissent la mixité sociale, se cache parfois « la référence implicite à la dimension ethnique »Launay Lydie, « De Paris à Londres : le défi de la mixité sociale par les « acteurs clés » », Espaces et sociétés, 1/2010 (), . En France, la catégorisation ethnique est exclue de l'appareil statistique bien que des travaux aient montré l'existence de cette catégorisation dans la pratique notamment de bailleurs sociaux.
On observe également une « tension » entre différents groupes sociaux autour de l'appropriation des espaces publics qui montre « une volonté de réduire le marquage social et ethnique » dans certains quartiers, où ce marquage « n'est plus considéré comme une richesse culturelle, mais plutôt une dégradation de l'espace résidentiel ».
Mixité sociale à l'école
Enjeux
Généralités vignette|Quartier des Hauts-de-Chambéry. La mixité sociale à l'école, désigne la variété des classes sociales chez les élèves... Si au contraire, une classe sociale est sur- ou sous-représentée par rapport à la population générale (nationale ou locale), on parle alors de ségrégation sociale. De nombreuses études et expériences ont concerné la mesure des effets de cette mixité sur le bien être et les résultats scolaires des élèves.
Au niveau international, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) s'intéresse, en 2019, à l'influence de la mixité scolaire sur la réussite des apprentissages des élèves...
En s'appuyant sur les enquêtes PISA, elle établit que parmi les facteurs qui influent sur les résultats scolaires, figurent les caractéristiques de l'élève, mais aussi celles de ses camarades ; et que dernier élément peut jouer favorablement quand il y a émulation et coopération entre élèves, ou négativement si l'enseignant doit consacrer trop d'attention à certains élèves perturbateurs au détriment des autres et des cours. L'OCDE souligne l'importance, pour les résultats scolaires d'un pays, de bien prendre en compte la façon dont les élèves sont affectés dans les établissements d'enseignement et ses conséquences sur les éventuelles différences académiques ou socio-économiques entre ces derniers. La mixité sociale doit aussi tenir compte de la mixité scolaire, et d'autres facteurs tels que l'hétérogénéité.. de niveau scolaire dans les classes (par la différenciation des apprentissages), notamment par une formation. des enseignants à ce sujet.... En effet, il semble que la progression des élèves dépende du niveau moyen de la classe et que l'impact de la mixité scolaire soit asymétrique : une classe avec des niveaux hétérogènes bénéficie plus aux élèves les plus faibles.. Une composition 1/3 de forts, 1/3 de moyens et 1/3 de faibles semble être favorable. Pour lutter contre l'évitement et la ségrégation, la moitié au moins des élèves doit être de catégorie sociale moyenne ou aisée, selon un retour d'expérience anglo-saxon..
Enjeux spécifiques à la France vignette|Le collège Jacques Decour (REP+) du quartier de la Rabaterie, Saint-Pierre-des-Corps.
La mixité sociale à l'école est considérée comme un enjeu en France. ; au tout début du , selon le Ministère de l'éducation nationale français, .. En effet, on y observe des établissements peu mixtes scolairement (du ghetto scolaire à l'établissement huppé).. Une concentration d'élèves de faible niveau socio-économique dans certains établissements est considérée comme un facteur d'échec scolaire et influencerait le sentiment d'appartenance ainsi que l'adhésion aux valeurs de la République... Au contraire, des classes socialement mixtes et hétérogènes semblent favorables à la scolarité. : effet sur le climat scolaire, amélioration du sentiment d'appartenance et entraînement des plus faibles par les meilleurs, selon le CNESCO et l'OCDE..
Plusieurs indices de ségrégation sont utilisés pour qualifier le degré de mixité sociale à l'école. La mixité sociale y dépend souvent de la mixité sociale du quartier. Marco Oberti a étudié l'influence de l'école (dont les offres en options) sur les choix résidentiels, la qualité de l'école constituant une aménité recherchée... Ainsi, le prix de l'immobilier à Paris est influencé par la réputation de ses collèges....
Dans les années 2000, le sujet de la carte scolaire reste pour certains un tabou.. en France, et il reste sensible........, notamment lorsqu'il s'agit de comparer la mixité dans les écoles publiques et dans les écoles privées sous contrat avec l’État. Une crainte est de raviver la guerre des écoles de 1984. en imposant des quotas d'élèves défavorisés au privé ou en lui imposant la carte scolaire..... Plusieurs chercheurs. se sont emparés du sujet comme le sociologue Pierre Merle.., Choukri Ben Ayed.., la sociologue Agnès van Zanten. ou Julien Grenet.... Pierre Merle alerte sur un statu quo entre enseignement public et privé : il y a une tendance à l'embourgeoisement des collèges privés et une paupérisation de certaines écoles publiques. qui peut contribuer à générer une fracture scolaire..., comme cela a été observé à l'étranger.... L'OCDE demande en 2019 à la France de lutter plus fortement contre le poids de l'origine sociale dans les inégalités de réussite scolaire. Le ministre de l'Éducation propose alors d'œuvrer pour réduire la « fracture scolaire »..
Une meilleure mixité sociale dans l'enseignement primaire et secondaire est aussi une revendication de collectif de parents ou d'habitants souhaitant mettre fin aux établissements « ghettos », comme au Petit Bard. ou dans d'autres établissements à Montpellier... et dans la métropole de Lyon.. — métropole qui présente désormais la particularité, à l'instar de Paris, d'être la collectivité chargée de la construction des collèges et de la sectorisation. Un syndicat d'inspecteurs de l'éducation nationale souhaite également en 2019 que le sujet de la mixité sociale et de la lutte contre la ghettoïsation des établissements soit un sujet davantage investi par le ministère de l'Éducation nationale.. En ce qui concerne les établissements d'enseignement publics et privés, la comparaison reste complexe, le secteur privé permettant d'éviter le collège public de quartier mais fidélisant des familles des classes moyennes à supérieures dans des territoires considérés comme relevant de la politique de la ville. Certains collèges privés revendiquent ainsi une bonne mixité sociale et accueillent des élèves boursiers.. À l'inverse, certains établissements privés sous contrat pratiqueraient l'entre-soi en discriminant selon le nom de famille..