Duel est une œuvre audiovisuelle (téléfilm puis film) américaine réalisée par Steven Spielberg, diffusée en 1971, puis sortie au cinéma en 1972. Il s'agit de l'adaptation de la nouvelle homonyme de Richard Matheson, qui signe également le scénario, et du deuxième long métrage de Spielberg, alors âgé de .

Ce film est diffusé pour la première fois sur la chaîne de télévision ABC dans un format téléfilm, puis adapté pour le cinéma dans une version allongée de seize minutes.

Il met en scène un représentant en informatique, interprété par Dennis Weaver, dont la vie est menacée par un poids lourd : tout le film consiste en une longue course-poursuite sur les routes du désert de Californie.

Synopsis

David Mann, un représentant de commerce, doit se rendre en voiture à un rendez-vous d'affaires en traversant le désert de Californie sur la côte ouest des États-Unis. Mais le voyage ne se déroule pas comme prévu. Mann se retrouve bientôt gêné par un vieux camion-citerne avec semi-remorque à l'aspect sale et délabré qui semble rouler au ralenti et en surrégime, son pot d'échappement crachant une épaisse fumée.

Presque aussitôt après avoir été dépassé, le camion rattrape Mann et le double à vive allure avant de se rabattre brusquement, lui faisant une queue de poisson. Pour Mann, c'est le début de ce qu'il croit d'abord n'être qu'un jeu avec le mystérieux camionneur. Il réalise vite qu'en fait de jeu, il s'agit de celui du chat et de la souris, que le camion a délibérément entrepris de mener jusqu'à une issue qui risque d'être fatale pour le représentant de commerce.

Fiche technique

Titre original : Duel Réalisation : Steven Spielberg, assisté de James Fargo Scénario : Richard Matheson, d'après sa nouvelle Musique : Billy Goldenberg Direction artistique : Robert S. Smith Photographie : Jack A. Marta Montage : Frank Morriss Production : George Eckstein Société de production : Universal Television Société de distribution : Universal Pictures, K Films, Cinema International Corporation Pays de production : Format : couleurs Technicolor - 1,33:1 (télévision) - 1,85:1 (cinéma) - mono - 35 mm Genres : thriller, action, road movie Durée : (en version télévisée) / 90 minutes (en version cinéma) Date de première diffusion : États-Unis : Dates de sortie en salle : Royaume-Uni : France : États-Unis : Classifications : États-Unis - TV Parental Guidelines : TV-PG États-Unis - MPA. : PG (certificat ) France - CNC. : tous publics (visa d'exploitation délivré le ) Affiche : Michel Landi (France)

Distribution Légende : Doublage de 1973 / Redoublage de 2003 / Doublage de la version TV de 74 minutes Dennis Weaver (VF : Jean-Claude Michel / Hervé Bellon / Erik Colin) : David Mann Jacqueline Scott (VF : Lily Baron / Josiane Pinson) : (version cinéma uniquement) (VF : Alfred Pasquali / Patrice Dozier / Michel Muller) : le patron du café Lou Frizzell (VF : Albert de Médina / Emmanuel Jacomy) : le chauffeur du bus scolaire (version cinéma uniquement) Gene Dynarski (VF : Claude Bertrand / Marc Alfos / Claude Rollet) : l'homme au café Lucille Benson (VF : Marie Francey) : la femme du Snakerama (VF : Jacques Marin / Jean-Luc Kayser) : le pompiste de la première station-service : un vieil homme (VF : Paule Emanuele / ? / Régine Blaess) : la serveuse du café Alexander Lockwood (VF : Georges Aubert / Jean-François Laley) : le vieil homme de la voiture (VF : Arlette Thomas) : la vieille femme de la voiture Randy Baker (VF : Roland Ménard) : voix-off du présentateur a la radio (version cinéma uniquement) Andrew T. Wayne (VF : Jacques Thébault) : voix-off du candidat a la radio (version cinéma uniquement) Carey Loftin : le mystérieux conducteur du camion : le conducteur de la voiture de David Mann

Production Genèse Le film est inspiré d'une nouvelle de Richard Matheson, Duel, parue en 1971 et inspirée d'une mésaventure arrivée à l'auteur : le , soit le jour de la mort de Kennedy, Richard Matheson circulait avec un ami sur une route déserte de Californie. Soudain, la radio annonce l'assassinat du président américain à Dallas (Texas). Submergé par l'émotion, Matheson fait une embardée. À ce stade, il n'a pas encore vu l'énorme semi-remorque lancé à vive allure derrière lui. Sans aucun mobile, le routier, dont Matheson ne distingue pas le visage, va essayer de l'écraser, avant de disparaître dans l'immensité désertique… Quand Spielberg découvre cette nouvelle, il s'exclame : Télé 7 jours, , programmes du 8 au 14 octobre 2011..

Duel est diffusé par la chaîne américaine ABC sous la bannière : . Un programme hebdomadaire avec des téléfilms produit pour un budget moyen de - par des réalisateurs talentueux Michael Karol, , iUniverse, , .. C'est donc un film destiné en premier lieu à la télévision, ce qui explique son format d'origine en 4/3, mais qui, grâce à ce premier succès, fut rapidement diffusé dans les salles de cinéma aux États-Unis et dans les pays européens.

Attribution des rôles Steven Spielberg avait remarqué le jeu de Dennis Weaver dans La Soif du mal d'Orson Welles, où il jouait le gardien du motel. C'est ce qui a donné à Spielberg l'envie de lui confier le rôle de David Mann.

Carey Loftin, qui joue le rôle du conducteur du camion (que l'on n'aperçoit jamais), était à l'époque un cascadeur bien connu à Hollywood, renommé pour être un excellent conducteur.

Tournage Le film devait être tourné en dix jours mais vu la qualité de production de Steven Spielberg le tournage a été rallongé de trois jours, et avec un budget de .. Pour les scènes filmées embarquées, les caméras étaient fixées sur une voiture empruntée au film Bullitt, sorti trois ans auparavant.

Le tournage, commencé le , a duré treize jours. Il a eu lieu au nord-est de Los Angeles dans une région située entre Santa Clarita et Palmdale. Les routes aperçues dans le film sont l'autoroute 5, la route 14, l'autoroute Sierra, la route des gorges indiennes et la route des gorges de Soledad. Le garage d'où David Mann téléphone à sa femme est situé à Acton, Californie. L'accident de la voiture avant la scène finale a été tourné au col de Vasquez Canyon Road. Le Chuck's Cafe existe toujours. Le bâtiment est devenu un restaurant français nommé Le Chêne et est situé à quelques kilomètres d'Acton.

Version cinéma Après avoir remporté le Grand prix International au Festival d'Avoriaz, le téléfilm a bénéficié d'un droit de sortie en salles. La durée étant trop courte pour un format cinéma, Spielberg a rassemblé à nouveau son équipe pour tourner des passages supplémentaires afin d'atteindre une durée d'environ 90 minutes. Dans ces suppléments : le film démarre avec la voiture de David Mann sortant de son garage, traversant la ville, roulant sur l'autoroute pour arriver sur une route de désert, là où débutait initialement la version télévisée ; à la première station service, David Mann descend de sa voiture et téléphone à sa femme pour s'excuser à la suite d'une dispute familiale ; après avoir redémarré depuis le , David Mann tombe sur un bus scolaire en panne. Le chauffeur lui demande de le pousser afin qu'il puisse repartir. Mann fait une tentative mais coince son pare-chocs sous celui du bus. À ce moment, le camion fait son apparition et, en le voyant, Mann prend peur, débloque sa voiture et s'enfuit. Le camion, quant à lui, donne un bon coup de pouce au bus, lui permettant ainsi de reprendre la route ; peu après l'épisode du bus, David Mann s'arrête à un passage à niveau pour laisser passer un train. Le camion surgit derrière lui et le pousse progressivement vers les rails. Une fois le train passé, Mann démarre sur les chapeaux de roues et se gare sur le côté pour échapper une nouvelle fois au camion.

Version française Il existe trois versions de doublage français de Duel. La société Universal a décidé de refaire les doublages au début des années 2000 pour certains de ses anciens films. La première version française (1973) n'est plus diffusée mais fut utilisée pour les VHS. La seconde version (2004), réalisée trente ans après la première avec de nouveaux interprètes, reprend plus ou moins le premier dialogue sans toutefois y être totalement fidèle. Il manque surtout le cri à la fin du film, censé être celui du camion qui plonge dans le ravin, un effet sonore que Steven Spielberg avait inséré dans le film d'origine et dans les doublages pour renforcer le caractère monstrueux de la machine. Le réalisateur regretta cette absenceBonus du DVD de Duel (commentaire du réalisateur Steven Spielberg).. C'est cette seconde version que l'on retrouve sur les DVD et blu-ray. Le redoublage, marqué notamment par l'anglicisation de la langue française, comporte par ailleurs une petite erreur : au restaurant, David Mann affirme commander un cheeseburger alors qu'en fait, il s'agit d'un simple sandwich au gruyère avec du pain de seigle (le premier doublage y étant pourtant resté fidèle). La troisième version accompagne la version initiale du téléfilm.

Accueil Diffusé à l'origine à la télévision aux États-Unis, Duel a rencontré un succès d'audience mais également critiquehttp://www.lequotidienducinema.com/mentionslegales/index.php?option=com_content&task=view&id=350&Itemid=107&PHPSESSID=dfed81daf12fb59f85e0e53fe74e3202, ce qui a permis à Universal de le sortir à l'étranger, surtout en Europe, où il fut distribué en salles dans certains pays comme la France, la Suède et la Finlande, dans une version allongée de seize minuteshttp://www.imdb.com/title/tt0067023/alternateversions.

En France, Duel a rencontré un succès public assez honorable au box-office, avec plus de 837 000 entrées sur le territoire français, dont 284 400 entrées à Paris..

Analyse

Le titre annonce dès le début l'analogie avec le genre du western, et plus particulièrement du western spaghetti : le combat se déroule dans de grands espaces qui évoquent les étendues désertiques du Bon, la Brute et le Truand (Sergio Leone, 1966), mais l'intérêt pour Spielberg était d'avoir un endroit où le décor faisait ressortir le rouge (la proie) de la Plymouth Valiant et le camion comme le chasseur.. Le caractère angoissant du film vient en grande partie du fait que l'on ne voit jamais le visage du chauffeur du camion et de l'absence de motivations personnelles à jeter son dévolu sur cet innocent automobiliste. À certains moments, le conducteur du poids-lourd est aperçu, mais seulement ses jambes avec ses santiags à la station-service ou encore son avant-bras indiquant à Mann de le doubler ou actionnant le frein de secours de la remorque dans la scène finale. Ainsi l'art de la mise en scène de Spielberg se révèle dans une véritable personnification du camion lui-même dont chaque détail révélé (modèle ancien, peinture terne, aspect sale et graisseux, pollution induite par l'échappement, « visage » figuré par la face avant) inspire tour à tour interrogation, dégoût, crainte, peur panique puis réelle terreur. Les questionnements de l'anti-héros quant aux motivations du routier et aux réponses à y apporter font ainsi progressivement place à l'instinct de survie le plus primaire face à la menace représentée par cette masse surmotorisée muée en véritable prédateur.