Christian August Sinding, né le à Kongsberg et mort le à Oslo, est un compositeur, professeur de musique et violoniste norvégien. Après Edvard Grieg, il s'agit du plus important compositeur norvégien. Sa proximité avec la culture allemande est restée étroite toute sa vie : il passe une quarantaine d'années en Allemagne.

Si à son époque sa musique pour piano, très romantique a un vif succès, c'est au détriment de compositions de plus haute qualité, notamment sa Troisième symphonie. De nos jours, il reste au répertoire ses quatre symphonies, dont la première est la meilleure ; son Concerto pour piano qui est l'une de ses plus belles réalisations et son Quintette, op. 5, qui lui vaut sa première renommée internationale.

Biographie Formation Christian August Sinding naît le 11 janvier 1856, à Kongsberg, une petite ville du Comté de Buskerud, à environ à l'ouest d'Oslo (alors appelée Christiania). Il est le fils de l'ingénieur des mines Mathias Wilhelm Sinding et de Maria Cecilia Sinding. Cette dernière s'intéresse à l'art. Christian Sinding passe son enfance à Lillehammer. En 1860, son père meurt et la famille déménage à Oslo. Ses frères aînés, Otto et Stephan, orientent Christian Sinding vers une carrière d'avocat, avant qu'il ne se tourne avec succès vers la peinture, la sculpture et l'écriture. Il montre, cependant, un talent tout particulier pour la musique. En 1867, il entre à la vénérable École cathédrale et suit les cours de Gudbrand Böhn et L. M. Lindeman. Cinq ans plus tard, ses résultats sont si mauvais qu'il est placé chez un oncle, pour apprendre la cordonnerie. Il réussit cependant à devenir apprenti dans la fabrique de pianos des frères Hals. Il y travaille durant deux ans et reçoit une instruction régulière et approfondie sur la pratique des divers instruments. Il étudie le violon à Oslo, puis poursuit, à partir de 1874, ses études en Allemagne, au conservatoire de Leipzig, avec Salomon Jadassohn pour la théorie musicale, et Henry Schradieck, pour le violon. Le conservatoire de Leipzig est, à cette époque, un des plus renommés auprès des étudiants en musique.

Dans son bulletin pour l'année 1877, Salomon Jadassohn écrit que Christian Sinding ne possède qu'un talent musical limité. Celui-ci interrompt alors ses études et revient à Oslo, où il joue dans des orchestres dirigés par Edvard Grieg et Johan Severin Svendsen. C'est à cette époque qu'il commence à s'intéresser à la composition. En 1879, il retourne à Leipzig et prend des cours de composition avec Carl Reinecke. Cette année-là, une sonate pour violon est créée, à Leipzig, et une sonate pour piano à Oslo. Celles-ci, comme la plupart des premières œuvres de Christian Sinding, seront détruites.

Compositeur

À partir des années 1880, un soutien financier régulier de l'État norvégien permet à Christian Sinding de passer la plus grande partie de sa vie en Allemagne. À partir de 1884, il effectue un séjour prolongé à Munich. Là, il découvre le monde de la musique de Richard Wagner, qui, plus tard, influence ses propres compositions, ainsi que les œuvres de Liszt. C'est à cette époque que sont publiées, sous forme imprimée, ses premières compositions valables.

Le 19 décembre 1885, un concert, donné à Oslo, permet à Christian Sinding de se faire connaître en Scandinavie. Au programme, il y a un Quatuor à cordes en la majeur (détruit par la suite), le cycle de lieder Alten Weisen, sur des poèmes de Gottfried Keller, ensuite publié comme opus 1, et le Quintette pour deux violons, alto, violoncelle et piano opus 5. Les critiques norvégiens sont tout à fait positifs ; en particulier, l'originalité, l'harmonie et la beauté du Quintette sont louées.

L'année suivante, Christian Sinding revient à Leipzig et y établit de nouveaux contacts artistiques. Il rencontre le jeune Ferruccio Busoni. Jusqu'à sa mort, il passe près de 40 ans en Europe centrale. Il revient cependant fréquemment en Norvège. En 1887, il commence à travailler à la Symphonie en ré mineur . En 1888, il obtient, avec son Quintette avec piano, un brillant succès au premier Festival de musique nordique de Copenhague. Tchaïkovski, notamment, est enthousiasmé par l'œuvre. Christian Sinding écrit, dans une lettre à Frederick Delius :

Lors de la première exécution, au Gewandhaus de Leipzig, du Quintette avec piano, le , les critiques de deux journaux musicaux permettent à Christian Sinding de se faire connaître en Allemagne. Le 2 novembre de la même année, le Concerto pour piano en ré bémol majeur , dédié à la pianiste norvégienne Erika Nissen, est créé à Oslo.

En 1890, la deuxième version de la Symphonie est créée à Oslo. Christian Sinding n'a jamais publié la première version. Cette œuvre, avec son humeur sombre et ses crescendos éruptifs, reçoit un accueil enthousiaste de la critique et du public. Le 4 janvier 1894, la troisième exécution de la symphonie a lieu à Dresde. En 1896, les Six pièces pour piano sont publiées. Le Frühlingsrauschen (Bruissement du printemps) devient, très rapidement, très populaire et est diffusé dans d'innombrables transcriptions. Aux États-Unis, cette pièce est publiée par cinquante éditeurs, mais l'absence d'accord entre les États-Unis et la Norvège, concernant les droits d'auteur, fait que cela ne rapporte rien à Christian Sinding. En 1898, le compositeur termine, à Londres, son Concerto pour violon en la majeur . La même année, il épouse l'actrice Augusta Gade (1858-1936), dont le premier mari était Fredrik Georg Gade, l'un des pionniers de la microbiologie. Felix Weingartner dirige, le 22 mars 1907, la création, à Berlin, de la Symphonie en ré majeur , la plus wagnérienne des symphonies de Christian Sinding.

Ce dernier est nommé membre d'honneur de l'Académie Royale des beaux-arts de Berlin (Preußische Akademie der Künste), en 1909 (en même temps que Giacomo Puccini). À partir de 1910, l'État norvégien lui attribue le produit d'une « taxe artistique », qui lui permet de subvenir à ses besoins. En 1912, il achève, après trois ans de travail, son unique opéra, en deux actes, Der heilige Berg (La montagne sacrée) , sur un livret de Dora Duncker. Cette œuvre est créée le 17 avril 1914, à Dessau. En 1916, Christian Sinding reçoit, de l'État norvégien, qui le qualifie de « plus grand compositeur national depuis Grieg », une subvention de Christian Sinding: Biography from Answers.com..

En reconnaissance de son travail de création, l'État norvégien lui accorde également, à l'occasion de son , en 1921, un salaire annuel d'honneur de . Cette année-là, le compositeur se rend aux États-Unis, afin d'enseigner la composition à la Eastman School of MusicEastmann School of Music. de Rochester (New York), qui venait juste d'être dotée par son bienfaiteur, l'inventeur du célèbre appareil photographique Kodak. Il retourne peu après à Oslo, en 1922, où sa réputation de compositeur fait que l'État lui attribue, en 1924, une demeure, , où a vécu Henrik Wergeland. Sa dernière composition, Six chansons sur des textes norvégiens, est publiée en 1935. Le 13 janvier 1936, Harald Heide dirige, à Bergen, la création de la Rhapsodie pour orchestre « Vinter og Vår » , en sept mouvements, parfois considérée comme Symphonie .

Après l'invasion allemande de 1940, la réputation de Christain Sinding, très importante de son vivant, est entachée par son inscription au parti nazi norvégien Nasjonal Samling, huit semaines avant sa mort. Les circonstances de ce soutien ne sont pas claires et continuent à faire controverse., car Christian Sinding souffre, depuis plusieurs années, d'un syndrome démentiel et est atteint de surdité. Le compositeur a combattu pour les droits des musiciens juifs pendant les années 1930, est un ami proche du héros de guerre Nordahl Grieg et s'est élevé contre l'occupation allemande.. Le jour où les troupes allemandes défilent dans Oslo, il s'exprime ainsi auprès d'un journaliste suédois :

Les nazis et le régime Quisling avaient une forte motivation pour le recruter, car il était extrêmement populaire avant la guerre, notamment en Norvège et en Allemagne. C'est le parti qui a payé sa cotisation. Le formulaire d'adhésion, conservé aux Archives nationales norvégiennes, porte, au crayon rouge, la mention que l'adhésion est payée par le consul général d'Allemagne en Norvège. Christian Sinding devient, après la Seconde Guerre mondiale, persona non grata dans son pays, car la radio nationale et les salles de concert boycottent officiellement les sympathisants nazis, y compris Knut Hamsun. Ce fait explique, en partie, la faible notoriété actuelle de ce compositeur, qui n'a plus guère été joué pendant des années. Le , Christian Sinding meurt, à l'âge de .

Famille

Christian Sinding est le fils du surintenant des mines Matthias Wilhelm Sinding (1811-1860) et de Cecilie Marie Mejdell (1817-1886). Il est le frère du peintre Otto Ludvig Sinding et du sculpteur Stephan Sinding. C'est le neveu de Nicolai Mejdell (1822-1899) et de Thorvald Mejdell (1824-1908), et, par le premier, un cousin germain de Glør Thorvald Mejdell, qui a épousé la sœur de Christian Sinding, Thora Cathrine Sinding.. Christian Sinding est aussi le cousin germain de Alfred Sinding-Larsen et des trois frères et sœur Anton Ernst Henrik Sinding, Elisabeth Sinding et Gustav Adolf Sinding. Par son frère Otto, il est l'oncle du peintre Sigmund Sinding. Il est l'arrière-grand-oncle de Tone Sinding Steinsvik et du traducteur Terje Sinding.

En novembre 1898, il épouse l'actrice Augusta Gade, née Smith-Petersen (1858-1936). Elle avait été mariée à Fredrik Georg Gade, pendant dix-sept ans, et est la fille de Morten Smith-Petersen et la grand-mère maternelle de Jacob von der Lippe.

Postérité « Frühlingsrauschen » (« Bruissement du printemps ») est cité par Meredith Willson, dans sa comédie musicale The Music Man. C'est aussi l'un des principaux thèmes de la minisérie de Dennis Potter, The Singing Detective (1986). Cette oeucre est aussi échantillonnée par le producteur de hip-hop The 4th Disciple, sur la piste Wu-Renegades, de Killarmy. Au début du , cette pièce jouissait d'une vogue considérable, aux côtés d'autres pièces maintenant oubliées, comme le Chant sans paroles, de Tchaïkovski, la Mélodie en fa majeur, d'Anton Rubinstein, la Polonaise en mi bémol mineur, de Xaver Scharwenka, le Menuet en sol majeur, de Paderewski, ou le Cinquième nocturne, d'Ignace Leybach, qui se retrouvent tous invariablement dans des collections avec des titres comme « Les plus grandes pièces pour piano ». Aujourd'hui, l'œuvre de Christian Sinding est peu interprétée.

Distinctions et prix Christian Sinding est commandeur de l'Ordre de Vasa. En 1916, il devient commandeur de l'Ordre de Saint-Olaf. En 1938, il est promu au rang de grand-croix de ce dernier ordre.

1905 - Membre de l'Académie royale de musique suédoise 1909 - Membre honoraire de l'Académie royale des arts de Berlin 1910 - Bourse d'études de l'État norvégien

Style Christian Sinding occupe, des années 1890 aux années 1920, une place centrale sur la scène musicale norvégienne, aux côtés d'Edvard Grieg et Johan Svendsen. Son style musical reste romantique et son inspiration est assez peu Ihle Hadland C, notice de l'enregistrement de ses pièces pour violon et piano, volume 2, par Kraggerud H et Ihle Hadland C, éditions Naxos., moins que celle de son compatriote et contemporain Edvard Grieg, dont il est considéré comme le successeur, non pas tant par son style musical, mais que comme compositeur norvégien de renommée internationale. Après la création de sa première sonate pour piano, un critique se plaint qu'elle est « trop norvégienne ». Bien que Christian Sinding eût répondu que la prochaine le serait encore plus, les éléments populaires spécifiquement norvégiens ne sont pas très apparents dans son style orchestral post-wagnérien richement contrapuntique.