vignette|Spectacle de grands dauphins à l'aquarium d'Enoshima (Japon).
Un delphinarium est un aquarium pour delphinidés (dauphins et orques), et parfois pour d'autres cétacés (bélugas, marsouins et dauphins d'eau douce). Le plus souvent, ces animaux vivent dans un ensemble de bassins permettant leur présentation au public, leur élevage, leur dressage, des spectacles, et plus rarement des activités de recherche scientifique. Dans de rares delphinariums, les cétacés sont gardés dans un enclos ou un bassin en merDes enclos de ce type sont plus rares mais il en existe notamment à Punta Cana (République Dominiquaine) au parc Dolphin Island, sur l'île de Cayo Blanco (Varadero, Cuba), au Mexique dans les delphinariums Dolphin discovery ou aux États-Unis comme à Islamorada (Floride) dans un bras de mer fermé au .. Certains delphinariums mènent aussi des actions de secours aux cétacés échoués.
Les delphinariums sont des structures ouvertes au public, la plupart du temps gérées par des sociétés à but lucratif, et souvent intégrées dans de grands aquariums, des parcs d'attraction ou des parcs zoologiques. Il en existe sur tous les continents mais certains pays en comprennent un nombre particulièrement élevé, comme le Japon, la Chine, la Russie, les États-Unis (en Floride, principalement), le Mexique (au Quintana Roo, principalement), ou dans une moindre mesure l'Espagne et la Turquie.
Ils sont de plus en plus controversés et contestés, accusés dans certains pays d'être liés aux captures de cétacés en milieu sauvage, et notamment à la chasse annuelle aux dauphins de Taiji, mais surtout de ne pas fournir des conditions de captivité adaptées aux besoins physiologiques des espèces. L'intérêt de la captivité de ces animaux est discuté étant donné que les espèces concernées ne sont pas considérées comme par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), ces structures ne jouant donc pas de rôle direct dans la conservation de ces espèces. Ainsi, de plus en plus de pays légifèrent pour interdire ou restreindre la captivité des cétacés sur leur territoire.
Histoire Les premiers cétacés maintenus en captivité étaient les deux bélugas du Barnum's Museum de New York présents dès 1861. Mais le premier delphinarium commercial n'a été ouvert que bien plus tard, en 1938, au Marine Studios Delphinarium de Saint Augustine, en Floride. Leur popularité a augmenté rapidement jusque dans les années 1960 et plus particulièrement en 1963 avec la sortie du film Flipper le dauphin et de la série télévisée éponyme. En 1966, le premier delphinarium d'Europe voit le jour.
C'est aussi dans les années 1960 que ces structures commencent à intégrer des orques. Les premières tentatives avortées de garder captives des orques capturées par accident débutèrent en 1961, jusqu'à ce que des captures volontaires débutent en 1968, organisées par l' dans le détroit de Puget. Entre 1962 et 1973, 50 individus furent ainsi capturés et envoyés dans des delphinariums, 12 moururent au cours des opérations. Après le moratoire adopté aux États-Unis avec le Marine Mammal Protection Act de 1972, seules deux orques furent capturées jusqu'en 1978. Ces opérations de capture dans l'océan Pacifique nord fournissaient aussi bien les delphinariums d'Amérique du Nord que ceux d'Europe, elles furent durement affectées par ce moratoire. Les captures se délocalisèrent alors dans l'océan Atlantique nord, au large de l'Islande, entre 1976 et 1983.
Animaux
Espèces concernées Diverses espèces de delphinidés sont gardés en captivité ainsi que quelques autres espèces de petites baleines comme les marsouins communs, marsouins aptères et les bélugas, bien que dans ce cas le mot delphinarium ne soit pas parfaitement approprié dans la mesure où ces espèces n'appartiennent pas à la famille des delphinidés, dont ils sont néanmoins proches.
Le grand dauphin (Tursiops truncatus) est l'espèce la plus communément rencontrée dans les delphinariums, probablement parce que ces dauphins sont assez facilement dressables et résistent mieux que les autres espèces aux conditions de captivité. Des centaines, si ce ne sont des milliers, de grands dauphins vivent en captivité dans le monde, bien que leur nombre exact soit difficile à déterminer.
Les orques (Orcinus orca) sont assez souvent présentes dans ces structures et sont connues pour leurs performances lors des spectacles. Cependant, le nombre d'orques captives est faible par rapport au nombre de grands dauphins captifs, avec seulement 56 individus début 2016, dont 24 dans les trois parcs du groupe américain SeaWorld.
Parmi les autres espèces rencontrées dans les delphinariums, on trouve les dauphins tachetés de l'Atlantique, les dauphins de Gill, les fausses orques, les dauphins communs, ainsi que les dauphins de Commerson et les dauphins à bec étroit, mais en bien moins grand nombre que les grands dauphins. Certains parcs présentent également des spécimens de dauphins rose de l’Amazone, de dauphins de Risso, de dauphins à long bec ou de tucuxi.
De très rares delphinariums possèdent des hybrides de delphinidés. Deux spécimens connus sous le nom de balphins sont visibles au parc Sea Life d'Hawaï, ils sont issus d'un croisement entre un grand dauphin et une fausse orque. Deux autres spécimens hybrides de grand dauphin et de dauphin commun sont présentés en captivité, l'un au SeaWorld de San Diego, l'autre au SeaWorld d'Orlando.
Origine des animaux Très tôt, de nombreux dauphins ont été capturés dans la nature au large des côtes de Floride. Bien qu'aux États-Unis la loi sur la protection des mammifères marins votée en 1972 permette des exceptions en ce qui concerne la capture de dauphins à des fins de recherche ou pour l'exhibition au public, aucun grand dauphin n'a été capturé dans les eaux américaines depuis 1989. Dans la plupart des pays occidentaux, des programmes d'élevage ont été mis en place pour fournir aux delphinariums de nouveaux animaux. Afin d'atteindre un taux de natalité plus élevé et pour éviter la consanguinité, l'insémination artificielle est de plus en plus utilisée. L'utilisation de l'insémination artificielle permet également aux delphinariums d'augmenter la diversité génétique de leur population sans avoir à importer des animaux d'autres établissements.
Le commerce des dauphins est régi par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (la CITES, aussi connue sous le nom de Convention de Washington). Les espèces de dauphins en voie de disparition sont incluses dans l'annexe I de la CITES, leur commerce n'est autorisé que dans des circonstances exceptionnelles. Les espèces qui ne sont pas considérées comme menacées d'extinction sont inscrites à l'annexe II, auquel cas leur commerce "doit être contrôlée afin d'éviter une exploitation incompatible avec la survie de l'espèce". La plupart des espèces de cétacés qui font l'objet de commerce pour l'exhibition au public sont inscrites à l'annexe II.
Toutefois, le commerce de dauphins vivants se poursuit. La valeur d'un grand dauphin est estimée de quelques milliers à plusieurs dizaines de milliers de dollars US, en fonction de son âge, de son état et de ses aptitudes. Les captures sont signalés à la hausse dans le Pacifique Sud et dans les Caraïbes, Cuba a également été un exportateur de dauphins au cours des dernières années, celles-ci étant organisées par l'Aquarium national de Cuba. Au cours des dernières années, les îles Salomon ont aussi permis la collecte et l'exportation de dauphins pour les installations d'exhibition publiquesHONIARA, Solomon Islands (Reuters) - A cargo plane arrived in the lawless Solomon Islands Monday to pick up wild dolphins captured to order for a Mexican syndicate in what activists have blasted as an environmental crime, regional media reported Developments on dolphin capture. Une loi de 2005 a interdit l'exportation de dauphins dans ce pays, cependant cette interdiction a apparemment été annulée en 2007 lorsque 28 dauphins ont été expédiés à DubaïThe Associated Press / International Herald Tribune Solomon Islands dolphins exported to Dubai; protests mount, article retrieved October 25, 2007.. Certains delphinariums, principalement japonais, obtiennent leurs dauphins grâce à des pêches dirigées locales, bien que plusieurs autres pays d'Asie importent également du Japon des dauphins capturés de cette manière. Plusieurs delphinariums des États-Unis ont fait de même, mais cette pratique y a été interrompue en 1993, lorsque le Service national de la pêche maritime des États-Unis refusa un permis d'import au pour quatre fausses orques ayant été capturées au cours d'une pêche dirigée japonaise.
Au siècle, les captures en mer se poursuivent, notamment d'orques dans la mer d'Okhotsk (Russie), afin d’approvisionner les delphinariums russes et chinois. La Whale and Dolphin Conservation Society estime ainsi qu'au moins 16 orques ont été capturées par la Russie entre 2012 et 2015. Le gouvernement russe détermine chaque année un quota annuel de captures pour les orques, fixé à 13 individus en 2015. Selon les associations, environ 1800 dauphins sont capturés chaque année lors de la chasse aux dauphins de Taiji au Japon (grands dauphins, dauphins à flancs blancs du Pacifique, dauphins bleus et blancs, dauphins tachetés pantropicaux, dauphins de Risso, fausses orques et globicéphales tropicaux). Une partie de ces animaux est destinée aux delphinariums, l'autre à la consommation humaine et animale.
Situation et évolution par aires géographiques La législation sur les delphinariums varie d'un pays à l'autre. La majorité des pays n'ont pas de législation particulière sur ce type de structure. De plus en plus de pays les interdisent ou restreignent leur établissement et leur fonctionnement.
Afrique
Afrique du Sud Il existe un delphinarium en Afrique du Sud, le uShaka Marine World.
Égypte Il existe trois delphinariums en Égypte, le Dolphin World Makadi Bay, le Dolphina Hurghada et le Dolphina Sharm el Sheik.
Maroc
Il existe un delphinarium au Maroc. Le Agadir Dolphin World.
Amérique du Nord
Canada vignette|Bélugas de l'aquarium de Vancouver. Il existe deux delphinarium au Canada, tous au Canada anglophone : le marineland du Canada, à Niagara Falls, en Ontario, qui présente une orque, Kiska, des grands dauphins et des bélugas. l'aquarium de Vancouver, en Colombie-Britannique, qui présente un dauphin à flancs blancs du Pacifique. Le projet d'ouverture d'un delphinarium au zoo de Granby au Québec a été abandonné en 2001, faute de financement public, à la suite d'une vive opposition de la part des mouvements écologistes.
Le lagon des dauphins du centre commercial West Edmondton Mall, en Alberta, ne présente plus de cétacés depuis .
En , le gouvernement de l'Ontario annonce l'interdiction de la vente et de l'achat d'orques au sein de sa province, ainsi qu'une nouvelle réglementation plus stricte concernant la captivité des mammifères marins (cétacés et pinnipèdes), à la suite de la publication d'un rapport de 125 pages rédigé par des biologistes marins de l'université de Colombie-Britannique.
États-Unis vignette|Orque du SeaWorld d'Orlando en représentation. Aux États-Unis, parmi les delphinariums les plus importants on trouve le Miami Seaquarium (privé, Wometco Enterprises) en Floride, le Marineland de Floride (public, Aquarium de Géorgie), le delphinarium du parc Epcot à Walt Disney World (Floride) et les trois parc de la compagnie SeaWorld Parks & Entertainment (privés, possédée par Blackstone, une banque d'investissement américaine) : le SeaWorld de San Diego (Californie), le SeaWorld d'Orlando (Floride) et le SeaWorld de San Antonio (Texas).
En , le député démocrate Adam Schiff annonce le dépôt d'un amendement au Marine Mammal Protection Act, baptisée Orca Responsibility and Care Advancement Act, visant à interdire l'élevage, la capture, l'import et l'export d'orques aux États-Unis.
Californie