Le second temple de Jérusalem est le temple reconstruit à Jérusalem sur les fondations du Premier Temple, connu sous le nom de « temple de Salomon », qui avait été détruit et pillé en , à l'issue du siège de Jérusalem par l'armée babylonienne. La construction du Second Temple commence après le retour de captivité des Judéens de Babylone à l'époque perse sous le gouverneur Zorobabel. Le temple est restauré et agrandi sous , à partir de Voir Flavius Josèphe 15 livre antiquités judaïques, chapitre 11, paragraphe 1 et 2. Herode rassembla les matériaux dans sa 18 année de règne et les travaux du temple commencèrent dans sa 19 année de règne qui correspond à l'an 19 En raison de l'expansion massive du lieu de culte par Hérode, cette construction est quelquefois appelée temple d'Hérode.
Le Second Temple est le centre culturel et spirituel du judaïsme pendant la période du Second Temple (de à ). Il s'y déroule les sacrifices rituels quotidiens, les korbanot, et les grands rassemblements de pèlerins juifs lors des trois fêtes de pèlerinage (Pâque, Chavouot, Souccot). Le Second Temple est détruit en l'an par les Romains au terme de la première guerre judéo-romaine. Selon la tradition juive, les deux temples auraient été détruits à la même date, le 9 av selon le calendrier hébraïque. Le mur de soutènement de l’esplanade du Temple existe toujours de nos jours : le « mur des Lamentations » en est une section.
Histoire Reconstruction sous Zorobabel
vignette|Arc de triomphe de Titus (Rome). Prisonniers juifs portant la Menorah et les trompettes du temple de Jérusalem. Les seules informations concernant la reconstruction du temple sous Zorobabel proviennent de la Bible hébraïque qui insiste sur les difficultés de cette reconstruction. Après le retour de captivité, sous la houlette de Zorobabel, petit-fils de Joaquin, nommé gouverneur de Judée, et du grand prêtre Josué, des arrangements sont quasi immédiatement pris pour relever et rendre sa grandeur au royaume de Juda, dévasté et abandonné 70 ans plus tôt. Les pèlerins, au nombre de y compris des enfants, viennent de parcourir un long voyage éprouvant de quatre mois, depuis les rives de l'Euphrate jusqu'à Jérusalem. La ferveur religieuse qui les anime leur commande de restaurer le lieu de culte, en reconstruisant le Temple détruit (le Premier Temple) et en réinstituant le rituel des sacrifices (korban). À l'instigation de Zorobabel, qui se déleste personnellement de 1 000 dariques d'or (entre autres présents), le peuple offre promptement ses biens afin de remplir le trésor sacré (Ezra 2). Ils érigent l'autel de Dieu à son ancien emplacement précis, et débarrassent le site du Premier Temple des débris. Au second mois de la seconde année (535 av. J.-C.), les fondations du Second Temple sont posées, au milieu de grandes manifestations de joie (conformément aux Psaumes 116; 117; 118). Ce mouvement est suivi avec grand intérêt, bien qu'avec des réactions variables, par la population non exilée de Judée (Aggée 2:3; Zacharie 4:10). Entre-temps, le gouvernement perse rappelle Zorobabel, son gouverneur, dont l'ascendance davidique avait suscité des espoirs messianiques considérables.
Les Samaritains offrent leur coopération au projet de reconstruction, mais ils essuient un refus formel de la part de Zorobabel, Josué et des Anciens, estimant que la Judée doit reconstruire son Temple sans aide. Des rumeurs malveillantes envers les Juifs se répandent immédiatement. D'après Ezra 4:5, les Samaritains cherchèrent à « frustrer leur but, » envoyant des messages à Ecbatane et à Suse, ce qui eut pour effet de suspendre les travaux.
Sept ans après ces faits, Cyrus le Grand, qui avait ordonné la reconstruction du Temple, meurt (2 Chroniques 36: 22-23). Son fils lui succède. À la mort de ce dernier, le « faux Smerdis », un imposteur, usurpe le trône pour sept à huit mois, avant d'être écarté par (intronisé en 522 av. J.C.). Les Samaritains demandèrent la cessation de la construction du temple de Jérusalem sous (Esdras 4:6-16). Les travaux de construction du temple de Jérusalem ont cessé sous (Esdras 4:23) et ont repris en -421 sous (Esdras 4:24). La construction du deuxième Temple est terminée la sixième année du règne de Darius II, en -417 (Esdras 6:15). Les commentateurs de la fin de la construction du deuxième Temple en -516 confondent Darius I avec Darius II. Ce ne peut pas être Darius I car il est mentionné que le Temple a été terminé après Artaxerxès I ; Darius I a vécu avant Artaxerxès I, Darius II après. Il a donc fallu 121 ans pour construire le Deuxième Temple de Jérusalem.
Le livre d'Aggée comporte une prédiction (2:9) que la gloire du Second Temple surpasserait celle du Premier. Toutefois, certains commentateurs, comme Abravanel, estiment que ce Temple n'était qu'une pâle copie de l'ancien, l'une des vicissitudes de l'exil, lequel dure selon lui depuis la destruction du Temple de Salomon.
Différences entre les deux Temples Des éléments essentiels décrits dans le premier Temple ne purent être remplacés : l'Arche d'alliance, les Ourim et Thoummim, l'huile sainte, le feu sacré, les Tables de la Loi, le pot de manne, et le bâton d'Aaron. Toutefois, la plupart des récipients en or qui avaient appartenu au premier Temple et avaient été emportés à Babylone ont été rendus par Cyrus (Ezra 1:7-11).
Comme dans le Tabernacle, il n'y avait dans le Second Temple qu'une seule Menorah pour le lieu saint, une table de pain de présentation et l'autel d'encens avec ses encensoirs d'or.
Époque hellénistique Après la conquête de la Judée par les Macédoniens, Jérusalem passe sous la domination lagide puis séleucide. Au début du , le grand prêtre Simon entreprend d'importants travaux de rénovation du Temple (Siracide 50), sans doute dans le cadre d'une fortification de la ville alors que la région est soumise à une guerre entre les Lagides et les Séleucides.
En 167 av. J.-C., le roi séleucide impose la dédicace d'un autel dédié à Zeus dans le Temple, ce qui est sacrilège pour le culte juif. Au cours de la révolte des Maccabées, le temple est rendu au culte juif, ce que commémore la fête de Hanoucca. La chronologie réelle de ces événements est incertaine. Selon le premier livre des Maccabées, Antiochus IV meurt après la dédicace du Temple, alors que selon le second livre des Maccabées, l'ordre des événements est inversé. Antiochus meurt en kislev 148 de l'ère séleucide, c'est-à-dire en novembre/décembre 164 av. J.-C. Selon I Maccabées, la dédicace intervient le 25 kislev 148 de l'ère séleucide. Si cette date est comprise selon l'ère séleucide de Mésopotamie, comme c'est le cas habituellement, la dédicace intervient en décembre 164 av. J.-C., c'est-à-dire au moment de la mort d'Antiochus, voire quelques semaines après, compte tenu des différences possibles d'introduction des mois intercalaires entre le calendrier juif et le calendrier babylonien . Dans ce cas, la séquence de II Maccabées est la bonne. En revanche, si la datation de I Maccabées suit l'ère séleucide d'Antioche, la dédicace intervient un an plus tôt, en décembre 165 av. J.-C., conformément à la chronologie de I Maccabées.
Pendant la brève restauration de l'indépendance de la Judée sous la conduite des Hasmonéens, le Temple subit quelques aménagements mineurs (I Maccabées 9:54). Ces travaux s'inscrivent à nouveau dans le cadre d'une fortification du site. En 63 av. J.-C., le consul romain Pompée s'empare de Jérusalem à la faveur de la guerre civile entre et son frère, le grand prêtre . Selon une notice rapportée par Flavius Josèphe au nom d'Hécatée d'Abdère, le temple se distingue alors par son absence de statue et par la présence d'une lampe qui brûle jour et nuit . Les nombreux sacrifices pratiqués dans le Temple nécessitaient une grande quantité d'eau : la Lettre d'Aristée insiste sur la complexité des installations de collecte et de stockage de l'eau, ainsi que sur l'ingéniosité des systèmes d'évacuation du sang des animaux sacrifiés.
Selon Flavius Josèphe, le triumvir romain Crassus pille Jérusalem vers 54 , prenant tout ce qu'il y a de valeur dans le Temple de JérusalemFlavius Josèphe, Antiquités juives, livre 14, VII, 1..
Époque hérodienne vignette|Le mur de soutènement ouest du mont du Temple et le pavement défoncé par la chute des pierres lors de la destruction du Temple.
Vers l'an 19 av. J.-C., Hérode le Grand entreprit une rénovation et expansion massive du deuxième Temple. Le monument en résultant est quelquefois appelé le Temple d'Hérode - à ne pas confondre avec le Troisième Temple.
Destruction vignette| La Destruction du Second Temple de Jérusalem (1867), vue par Francesco Hayez (Galeries de l'Académie de Venise).
En 66, la population juive se rebelle contre l'Empire romain sous le règne de Néron. Quatre ans plus tard, en 70, sous le règne de Vespasien, les légions romaines menées par Titus reconquièrent et détruisent Jérusalem, y compris le Second Temple. Cet évènement particulièrement douloureux dans l'histoire des Juifs est commémoré chaque année le 9 av.
Flavius Josèphe affirme que Titus fait détruire le temple peu avant la Pâque, pour punir le crime de la Juive Marie de Bathéchor, qui, n'ayant plus de nourriture, avait tué et mangé son fils qu'elle allaitait..
Le mur de soutènement du Temple, dont une partie est connue comme le mur des Lamentations, aux énormes pierres est toujours deboutNational Geographic France Vol. 19.6 N° 111 décembre 2008 . Il a aussi été découvert deux inscriptions grecques qui interdisaient l'accès du Temple aux étrangers.
Organisation et culte Sources Les traités de la Mishna contiennent de nombreux détails sur l'architecture et le déroulement du culte dans le Temple. L'ordre Kodashim offre notamment une description des différents éléments du culte. On trouve aussi des détails dans les livres des Chroniques, dans les livres des Maccabées et dans les écrits de Philon d'Alexandrie et de Flavius Josèphe. Le culte tel qu’il était pratiqué au est décrit dans la lettre d'Aristée et dans le chapitre 50 du Siracide (« l'Ecclésiastique »). Le Nouveau Testament donne des éléments sur le Temple dans sa phase hérodienne. Parmi les Manuscrits de la mer Morte, la description du Temple donnée dans le Rouleau du Temple peut avoir été influencée par le temple hérodien.
Les prêtres Le culte du Temple est assuré par les prêtres et les Lévites. Au sein du peuple, les prêtres forment un cercle fermé, une sorte de noblesse juive. L’appartenance à la prêtrise se fonde sur l'hérédité. Pour les prêtres, il est donc très important de pouvoir justifier de son ascendance pour assurer son statut social. Ainsi, Flavius Josèphe, au début de sa « Vie », expose-t-il les détails de sa généalogie. Les prêtres peuvent officier dans le Temple à partir de l'âge de vingt ansTalmud de Babylone, Hullin 24b. Cet âge de vingt ans se retrouve aussi dans la secte de Qumrân qui, bien que s'étant séparée du culte du Temple de Jérusalem, considère qu'à partir de vingt ans, un homme devient un membre à part entière de la communautéRège de la Communauté 1QS.