Alain Le Ray, né le à Paris et mort le dans la même ville, est un général français, grand-croix de la Légion d'honneur et de l'ordre national du Mérite.
Premier évadé de Colditz, grand résistant, il est le premier chef militaire du maquis du Vercors (1943) et le chef des FFI de l'Isère (1944-1945). Il commande par la suite la division alpine en Algérie (1962) avant d'être nommé général de corps d'armée (1968).
Biographie Famille Alain Le Ray est le fils de Vincent Le Ray, directeur des Hôpitaux de Paris, et de Valentine Beaunier. Il se marie le à Luce Mauriac, fille de l'écrivain François Mauriac. Cinq filles naissent de cette union : Christiane, Françoise, Marie-Anne, Emmanuelle et Sophie.
Études Il est élève à l’école Saint-Jean à Fribourg, au lycée de Montpellier, à la faculté des lettres de Paris et en sciences politiques. Il est licencié ès-lettres. Il est diplômé de l'École militaire de l'infanterie et des chars de combat, de l’École militaire de haute montagne, de l’École supérieure de guerre, du Centre des hautes études militaires et de l’Institut des hautes études de Défense nationale.
Sa bonne pratique de l'allemand le conduit à séjourner outre-Rhin où il peut observer l'ascension du nazisme.
Jeunesse Alain Le Ray est né le à Paris d’une famille bretonne, son père est alors intendant des hôpitaux parisiens. C’est une famille traditionnelle de l’époque, catholique et fermement patriotique. La jeunesse d’Alain le Ray est marquée par la première guerre mondiale. Il se souvient des « Taxis de la Marne » qui passèrent sous ses fenêtres pour réaliser ce que l’on nommera le miracle de la Marne. Mais il nourrit surtout une admiration sans limite envers son cousin, Henri Bertho, Saint-Cyrien qui traversera les quatre années de la Grande Guerre sur tous les champs de bataille de France. Il sera blessé six fois, chevalier de la Légion d’honneur à 22 ans et capitaine à 23. Pour le jeune Alain c’est le symbole du héros. Il obtient le baccalauréat à dix-sept ans et obtient une licence d'allemand à vingt ans.
Alpinisme À dix-sept ans il est déjà entré dans la religion montagnarde. Ses séjours à Chamonix et en Suisse, pour soigner sa pneumonie, vont lui permettre de se découvrir une passion pour l'aventure et en particulier la montagne. Tout en poursuivant une licence en allemand, Alain Le Ray s'aguerrit de plus en plus à la pratique sportive de la montagne, ses séjours en Allemagne dans le cadre de ses études lui permettent de rencontrer différents alpinistes allemands de renom et de s'exercer sur les massifs d'Europe. En 1930 tout jeune membre du Groupe de haute montagne, avec ses amis Jacques de Lépiney, Lucien Devies, Jean Franco, Maurice Herzog, Henry de Ségogne, Robert Tézenas du Montcel, Guido Magnone et Louis Lachenal. Il a même grimpé avec Roger Frison-Roche. Ses exploits en montagne, qui ont failli lui coûter la vie plusieurs fois, sont la Meije en 1928 ou encore la face nord du pic Coolidge, qui font de lui un des membres de l'élite montagnarde française de l'époque. Lors de ses séjours en Allemagne il prend conscience du péril qui menace la France outre-Rhin et en 1931, lui qui hésite encore entre l'armée et la diplomatie devient officier de réserve.
À partir de 1927, Alain Le Ray est membre du Groupe de Bleau, qui regroupe les alpinistes parisiens, dont ses amis Bobi Arsandaux, Pierre Chevalier, Jean Deudon, Raymond Gaché, Jean Carle, Pierre Allain, Raymond Leininger, les frères Jacques Boell (alpiniste et écrivain de montagne) et André Boell, Marcel Ichac, les sœurs Élisabeth et Raymonde Lartigue, etc. Ce groupe est ainsi nommé car ses membres se retrouvent sur les blocs de la forêt de Fontainebleau pour s'entraîner à la varappe et réalisent de nombreuses premières, notamment en Oisans. Avec ses amis que ce soit du Groupe de Bleau, du Cuvier Academic Club ou du Groupe de haute montagne, il participe à de très nombreuses expéditions en France ou à l'étranger notamment l'expédition dans le Caucase (1934), à la tentative aux Hidden Peak, au Karakoram (1936), Annapurna (premier « » vaincu par Louis Lachenal et Maurice Herzog, 1950), Fitz Roy (1952), Makalu (1955), Tour de Mustagh (1956), Chacraraju (1956), Jannu (1962), mont Huntington (1964), face nord du Huascaran (1966), pilier ouest du Makalu (1971), etc. Il fait partie de ces expéditions entre 1927 et 1979. Il continue à faire des expéditions avec d'autres participants jusqu'à ses 80 ans. Il commence la spéléologie en compagnie de Pierre Chevalier à partir de 1934. Il utilise pour la première fois toutes les inventions de Pierre Allain et de ses autres amis car son avis est déterminant pour connaître leurs performances afin de pouvoir les commercialiser. Dès 1934, alors qu'il a 24 ans, il entre au comité français à l'Himalaya chargé d'organiser l'expédition française de 1936 au Hidden Peak. En tant que membre bénévole de la direction de nombreuses associations, il participe à l'organisation de nombreuses expéditions jusqu'en 1990 (Groupe de haute montagne (1930-1988, président 1945-1951), Club alpin français (1930-1986, président 1948-1951, 1957-1963, 1966-1970), Fédération française de la montagne (1942-1986, président 1948-1973), Union internationale des associations d'alpinisme (1948-1988, président 1968-1976), du Spéléo-club de Paris (1936-1986), de la Société spéléologique de France (1937-1987), Fédération française de Spéléologie (1963-1987), Ski-club alpin parisien (1935-1985) Jeunesse et montagne (1948-1988), Fédération française de ski (1945-1985), Comité olympique français (1946-1972), Comité national des sports (1946-1972), Comité national olympique et sportif français (1972-1986)).. Il tient la chronique alpine dans la revue Alpinisme, publiée par le Groupe de haute montagne (1930-1955) tout en étant son rédacteur en chef (1935-1955). Parallèlement il écrit une chronique dans la revue La Montagne, publiée par le Club alpin français, de 1933 à 1955. Par la suite, il écrit la chronique alpine dans la revue La Montagne et Alpinisme qui lui succède (1955-1990) tout en étant son rédacteur en chef (1955-1974). Il dirige le bulletin du Groupe de haute montagne, Les Annales, véritable encyclopédie de l'histoire de l'alpinisme en France et dans le monde (1955-2002). Il s'implique dans la rédaction de nombreux guides dont la première édition du Guide Vallot (1933-1939), puis il rédige la deuxième édition de ce guide (1946-1979). Il dirige la collection Sempervivum (1949-1979) chez Arthaud.
Il est membre de l'équipe française de ski (1930-1946). Il participe aux différentes épreuves du championnat de France militaire de ski entre 1931 et 1939 et en 1942-1943. Il participe aux différentes épreuves du championnat d´Europe de ski (descente, slalom, combiné) entre 1930 et 1946. A Arlberg-Kandahar. Il participe aux épreuves de descente, slalom et de combiné entre 1931 et 1937 et en 1939. Il participe aux différents épreuves du championnat du monde de ski (combiné, slalom, descente) entre 1931 et 1939. Aux Jeux olympiques d'hiver de 1932, il participe aux différentes épreuves de combiné nordique, ski de fond et de saut à ski. Aux Jeux olympiques d'hiver de 1936, il participe aux différentes épreuves de combiné nordique, saut à ski, ski de fond, ski alpin et de patrouille militaire. Il est président du comité d'organisation entre 1964 et 1968 des Jeux olympiques d'hiver de 1968 à Grenoble. Il a été membre du Comité international olympique (CIO) entre 1961 et 1985. Il est président du conseil d'administration de l'École nationale des sports de montagne entre 1970 et 1985. Il est élu membre de l'Academie des sports le , de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Savoie le , de l'Académie delphinale le , de l'Académie florimontane le , de la Société savoisienne d'histoire et d'archéologie le , de l'Académie salésienne le , de l'Académie chablaisienne le , de l'Académie de la Val d'Isère le ,de la Société d'histoire et d'archéologie de Maurienne le , et de la Société d'histoire naturelle de la Savoie le . Il est président du conseil de perfectionnement de l'École militaire de haute montagne entre 1970 et 1985. À la demande de Pierre Mazeaud, il rédige le futur projet de loi réformant la profession de guide de haute montagne.
Entrée dans l'armée En , il entre au peloton des officiers de réserve de Grenoble au sein du bataillon de chasseurs alpins. Il tombe hélas gravement malade et doit être réformé, il perd ainsi six mois. Décidé à se prouver à lui-même ses capacités, il réalise plusieurs ascensions dont la toute première des 400 mètres de la « Grande Face » de l'aiguille Dibona, à laquelle personne n'avait encore osé se frotter. Il est admis en tant qu'élève-officier de réserve à Saint-Maixent en et y reçoit ses galons de sous-lieutenant en . Il reste sous-lieutenant peu de temps, car pour passer officier d'active il lui faut démissionner et effectuer deux années en tant que de sous-officier. Il se réengage ainsi en , en tant que sergent au sein du bataillon de chasseurs alpins qui stationne à Gap. Affecté à la deuxième compagnie, il aura pour tâche essentielle d'assurer l'instruction des chasseurs de sa section. Il sera ainsi affecté à la formation du peloton des officiers de réserve de Grenoble, celui-là même qu'il avait fréquenté. Il passe tout son temps libre en montagne et réalise à cette époque un grand nombre de premières, telles que la première hivernale à la roche Méane ou la traversée des aiguilles Mummery et Ravanel dans le massif du Mont-Blanc. À l'été 1935, il réussit le concours d'entrée à l'École militaire d'infanterie et des chars de combat et commence sa formation en . Sa promotion se nomme « Verdun » et reçoit son baptême devant l'ossuaire de Douaumont en . Le Ray est promu sous-lieutenant le .
De l'arrivée au RIA à la guerre Il se présente le au régiment d'infanterie alpine de Briançon. Son classement plus que flatteur en sortie d'école lui permet de choisir le 15/9, appelé également « Régiment de la neige ». D'abord affecté dans la compagnie stationnant au fort du Randouillet au-dessus de Briançon, l'un des plus hauts forts de la ligne de défense de la vallée, le sous-lieutenant Le Ray prend la tête d'une section d'éclaireurs skieurs en . Les SES sont alors les unités d'élite des régiments alpins, elles patrouillent sans cesse en haute montagne et renseignent sur les crêtes face à l'Italie. Le sous-lieutenant reçoit pour mission d'occuper les baraquements d'été du col de Granon à 2415 mètres d'altitude et d'en faire une installation permanente. Ces installations représentent alors la première ligne de défense face aux Italiens. Il occupera pendant deux années le commandement de ce poste isolé face à la frontière. À la tête de sa SES, il a parcouru sans relâche les crêtes et montagnes pour renseigner sur les activités ennemies et prévenir de toute intrusion. Il est promu lieutenant le . Lui qui sent très bien que la guerre est imminente à l'été 1939, prépare sa SES à la guerre, mais ce n'est pas avec elle qu'il la fera. Au cours de la bataille des Alpes en 1940 les SES alors seules face aux Alpini italiens montreront leur incomparable valeur. En la France mobilise et on lui confie le commandement de la compagnie du RIA. Sa compagnie, qui est formée avec des mobilisés d'Embrun, est d'abord postée à la frontière italienne puis courant septembre monte sur les avants de la Ligne Maginot. Déplacée sur des points d'appui très éloignés les uns des autres, le 15/9 et le lieutenant Le Ray quittent la première ligne au printemps 1940. Le régiment est alors placé en réserve près de la frontière suisse. Il y sera maintenu jusqu'à l'offensive allemande.
1940, l'épreuve du feu