La plaque d'immatriculation allemande est un dispositif permettant l'identification des véhicules du parc automobile allemand.

vignette|Plaque d'immatriculation arrière de l'arrondissement de Rastatt en Bade-Wurtemberg. vignette|upright=1.5|Carte des identifiants territoriaux des plaques d'immatriculation allemandes. En bleu, les anciens identifiants qui peuvent à nouveau être utilisés, en rouge ceux qui ne le peuvent pas.

Historique En Allemagne, quelques autorités locales ont commencé entre 1870 et 1890 à imposer des plaques d'immatriculation aux bicyclettes afin de réduire le nombre de délits de fuite. Ces plaques étaient émises localement et se distinguaient entre elles par leur couleur. En 1896, la première plaque minéralogique fut attribuée à une automobile dans le Pays de Bade. Dix ans plus tard, le , le premier règlement concernant l'immatriculation des véhicules fut publié dans l'Empire allemand. Ce règlement, entrant en vigueur le , prévoyait l'attribution d'une vignette à voitures, motos et 957 poids-lourds.

La première immatriculation allemande commençait par un chiffre romain pour désigner le territoire : I pour la Prusse, II pour la Bavière, III pour le Wurtemberg, etc. Après le chiffre romain, une lettre désignait la circonscription administrative (district ou province) : I A pour Berlin, II B pour le district de Haute-Bavière, etc. Les villes libres n'avaient pas de chiffre romain, n'étant pas incorporées au sein d'un territoire. Elles étaient donc désignées par une ou plusieurs lettres : B pour Brunswick, HH pour Hambourg, etc. Au contraire, dans le Royaume de Saxe, l'immatriculation ne débutait que par un chiffre romain, sans être suivie d'une lettre.. Ce système perdura jusqu'à la chute du Reich.

Après la Seconde Guerre mondiale, l'Allemagne étant occupée par la France, le Royaume-Uni, l'URSS et les États-Unis, les plaques d'immatriculation prirent des couleurs différentes selon la zone d'occupation : Lettrage noir sur fond rouge pour le secteur français, Lettrage noir sur fond bleu pour le secteur britannique, Lettrage noir sur fond blanc pour le secteur soviétique, Lettrage noir sur fond orange pour le secteur américain. vignette|gauche|Une Ford Eifel avec la plaque "AB" (Bavière), en 1952 En 1947, les Alliés prirent la décision de mettre en place un système unifié de plaques d'immatriculation.. Entré en vigueur en 1949, ce règlement établissait que toutes les plaques présenteraient un lettrage blanc sur un fond noir. La distinction géographique des véhicules se faisait par le biais de deux lettres disposées l'une au-dessus de l'autre au début de la plaque. Ces plaques furent en service jusqu'à la séparation effective de l'Allemagne en deux États, chacun ayant son propre système de plaques minéralogiques.

En , l' prévint les Länder que le système de plaques d'immatriculation alors en vigueur n'était pas adapté à la croissance du nombre de véhicules motorisés. En 1953, la RDA introduisit donc son propre système, dans lequel les plaques étaient blanches avec un liseré noir. Trois ans plus tard, le , publié le , établit le système de plaques minéralogiques de la RFA et de Berlin-Ouest.

Développement depuis 1956 vignette|Plaque d'immatriculation de l'arrondissement de Sarrelouis du début des années 1960 vignette|Ancienne plaque avant, dite plaque DIN, de l'arrondissement de Karlsruhe vignette|Plaque arrière au format actuel (plaque Euro)

Le système actuel a été mis en place en RFA le . Après la réunification de 1990, et avec un peu de retard, le système a été étendu aux anciens Länder d'Allemagne de l'Est le . La conception et le placement sur les véhicules des plaques d'immatriculation sont réglementés par le paragraphe 10 du Règlement allemand sur l'immatriculation des véhicules (FZV).

L'ancien système, datant de 1956, était appelé , du nom de l'Institut allemand de normalisation (Deutsches Institut für Normung), qui fixa la norme DIN 1451 pour la police de caractères en 1949.

Le nouveau système est appelé car, comme son nom l'indique, le drapeau européen surmontant la lettre "D" (pour Deutschland) figure dans un bandeau bleu sur la partie gauche de la plaque d'immatriculation. Ce format est commun à tous les pays de l'Union européenne. Sur ces nouvelles plaques, la police de caractères a été remplacée par la police FE afin d'empêcher la circulation de plaques modifiées ou contrefaites.

Grâce à cette nouvelle police, les lettres B, F,G, I, O et Q ont été introduites dans les nouvelles immatriculations car elles ne faisaient plus l'objet de confusions (exemple : entre le O et le 0, entre le 1 et le I). Le nombre de combinaisons de caractères a ainsi augmenté significativement. La plaque EURO a d'abord été mise en place à Berlin et dans le Brandebourg en 1994, avant d'être généralisée à tout le pays. Les premières plaques de ce type arboraient encore un tiret séparant les sceaux. Depuis le , seules ces nouvelles plaques sont délivrées et le tiret a disparu par manque de place pour les nouveaux sceaux.

Ces deux formats ont en commun la police noire sur fond blanc et la bordure noire autour de la plaque.

Le , des plaques d'immatriculation réfléchissantes ont été introduites pour les nouveaux véhicules et pour ceux ayant des plaques endommagées. Elles existaient sur le marché depuis 1967 mais n'étaient utilisées que par 15 % de conducteurs volontaires. Seuls les véhicules tactiques de la Bundeswehr font exception à cette règle, pour des questions de sécurité.

Lorsque des plaques ne sont plus valables, le numéro d'immatriculation est réattribué. Le système d'immatriculation est donc pérenne.

Constitution des plaques

Les plaques actuelles sont des plaques dites . Elles sont divisées en 4 parties (de gauche à droite) : le bandeau européen bleu avec le drapeau de l'Union et le D, abréviation du pays. l'identifiant territorial (das Unterscheidungszeichen), composé de 1 à 3 lettres (exemple : B pour Berlin, DA pour Darmstadt, BAD pour Baden-Baden, M pour Munich) ; des vignettes : sur la plaque avant, le sceau officiel de l'administration (das Dienstsiegel) et le contrôle anti-pollution (die Abgasuntersuchung) (supprimé depuis 2012); sur la plaque arrière, le sceau officiel et le contrôle technique (die Hauptuntersuchung) ; le numéro d'identification (die Erkennungsnummer) constitué d'une ou deux lettres suivies de 1 à 4 chiffres.

Une plaque normale contient au maximum 8 caractères et une plaque d'immatriculation saisonnière en contient au maximum 7. Sur les plaques à deux lignes (sur les motos ou sur certains véhicules à l'arrière), il y a 7 caractères au maximum, faute de place.

L'identifiant territorial

L'identifiant territorial, composé d'une, de deux ou de trois lettres, correspond à l'arrondissement ou à la ville arrondissement d'immatriculation du véhicule. Plus la ville est grande, moins il y a de lettres, exception faite des villes de la Hanse comme Hambourg, grande ville d'Allemagne, dont l'identifiant territorial est HH. L'identifiant territorial comprend les trémas. Exemples : K pour Köln, la ville de Cologne (Rhénanie-du-Nord-Westphalie) ; KO pour Koblenz, la ville de Coblence (Rhénanie-Palatinat) ; PLÖ pour l'arrondissement de Plön (Schleswig-Holstein).

Avant même la modification du règlement sur l'immatriculation des véhicules, qui, depuis le , permet d'avoir plusieurs identifiants territoriaux pour un seul et même arrondissement, il existait déjà un certain nombre de particularités dans la répartition de ces identifiants.

Par exemple, la municipalité de Büsingen am Hochrhein a pour identifiant territorial BÜS alors qu'elle fait partie de l'arrondissement de Constance (KN). Comme la ville est enclavée en territoire suisse, elle a son propre identifiant territorial depuis le , afin de faciliter les contrôles aux frontières.

Un autre exemple est le Land de Brême qui est le plus petit des seize Länder allemands, et le seul constitué de deux zones sans continuité territoriale ayant le même identifiant HB : la ville de Brême et celle de Bremerhaven. Il est toutefois possible de les différencier car les numéros d'immatriculation de Bremerhaven sont du type . Les numéros d'identification sont tous du groupe : 1 lettre et 4 chiffres (cf. ci-dessous).

Les véhicules des administrations fédérale ou régionales ont des identifiants territoriaux qui leur sont propres : THW pour la Technisches Hilfswerk ; BP pour la Police fédérale (Bundespolizei) ; Y pour la Bundeswehr ; BWL pour le Gouvernement, le Parlement et la police du Land du Bade-Wurtemberg (Baden-Württembergische Landesregierung, Landtag und Polizei) ; etc.

Certaines abréviations sont utilisées pour désigner en même temps la ville arrondissement (Stadtkreis ou kreisfreie Stadt) et l'arrondissement (Kreis ou Landkreis). Ainsi, par exemple, BT désigne la ville-arrondissement de Bayreuth et l'arrondissement de Bayreuth.

Le ministère fédéral des Transports, de la Construction et du Développement Urbain est chargé de la création ou de la suppression de ces identifiants territoriaux, ceux-ci ne devant pas être indécents.

Lors d'un déménagement vers un autre arrondissement, les plaques d'immatriculation devaient être changées. Depuis le , il est possible de garder son numéro d'immatriculation.

Les vignettes

Sur les plaques d'immatriculation DIN, l'identifiant territorial et le numéro d'identification sont séparés par un trait d'union . Sur les nouvelles plaques EURO, il n'y a plus de trait d'union car la taille du sceau officiel a été agrandie et il n'y avait plus assez de place. Toutefois, les premières plaques EURO à Berlin, en Brandebourg et en Saxe portaient encore ces traits d'union.

Contrôle technique vignette|upright=0.65|Vignette du contrôle technique valable jusqu'en décembre 2007 inclus

La vignette ronde figurant sur la plaque d'immatriculation arrière correspond au contrôle technique. Elle est également appelée autocollant TÜV, du nom de l'organisme de certification. Cette vignette est en aluminium et autocollante. Elle est sécurisée et ne peut pas être décollée d'une plaque pour être recollée sur une autre sans que cela se remarque. Un système plus récent permet de clipser la vignette dans un support en aluminium riveté sur la plaque d'immatriculation. Chaque année, les vignettes ont une couleur différente (cf. ci-dessous).

Les voitures particulières, les véhicules utilitaires jusqu'à et les motos doivent être présentées au contrôle technique tous les deux ans (trois ans après la première immatriculation). Pour les poids-lourds et les transports collectifs (bus et taxis), cette visite a lieu annuellement. Cette visite technique s'effectue dans n'importe quel garage, qui, généralement une fois par semaine, fait ce genre de visites. L'attestation qui est remise au propriétaire est ensuite présentée à l'administration qui délivre la vignette.

Anti-pollution vignette|upright=0.65|Vignette hexagonale anti-pollution valable jusqu'en décembre 2007 inclus

De 1985 à 2009, des vignettes hexagonales étaient délivrées à la suite du contrôle anti-pollution et étaient apposées sur la plaque d'immatriculation avant. Elles adoptaient le même code couleur que les vignettes du contrôle technique et, dans certains districts, étaient également en plastique rigide. Depuis le , le numéro d'immatriculation n'est délivrée par l'administration que si le contrôle anti-pollution est conforme. De fait, ces vignettes ont disparu fin 2012, au fur et à mesure du renouvellement des plaques.

Couleur des vignettes, validité

L'apparence des vignettes est restée pratiquement la même depuis leur introduction en 1960. Jusqu'en 1973, il existait quatre couleurs différentes qui alternaient chaque année. En 1974, ce nombre est passé à 6 couleurs. Ces différences de couleurs garantissent que les plaques qui ne sont plus valables sont immédiatement visibles par les forces de l'ordre.