Les ganglions de la base (autrement appelés noyaux gris centraux ou noyaux de la base) sont un ensemble de structures sous-corticales constitué par des noyaux pairs, interconnectés au niveau télencéphalique (hémisphères cérébraux) et diencéphalique. Leur structure peut varier selon qu'on les définit de manière anatomique ou fonctionnelle.. Le terme anatomique « ganglions de la base » est archaïque et anatomiquement incorrect, étant donné que « ganglion » se réfère à un groupe de neurones situés en dehors du système nerveux central. Hors dans ce cas, ils sont situés à l'intérieur,
Au sens purement anatomique, ils comprennent quatre noyaux pairs :
le noyau caudé ; le noyau lenticulaire correspondant au putamen et au pallidum ; le noyau sous-thalamique ; la substance noire (lat. substantia nigra).
Au sens fonctionnel, on aborde ces structures de manière différente :
le striatum, composé du noyau caudé et du putamen (correspondant à la partie latérale du noyau lenticulaire) ; le interne (GPi) et globus pallidus externe (GPe), correspondant au pallidum (partie médiale du noyau lenticulaire) ; le noyau sous-thalamique (ou corps de Luys) ; la substance noire compacte (SNpc, du ), et la substance noire réticulée (SNr, ).
Le striatum, GPe, GPi et la SNpr sont essentiellement composés de neurones inhibiteurs (GABAergiques). Dans ce circuit, seul le noyau sous-thalamique est composé de neurones excitateurs (glutamatergiques).
Ces noyaux participent à des réseaux neuronaux disposés en boucles parallèles motrices, oculomotrices, cognitives et limbiques unissant successivement le cortex, les ganglions de la base, le thalamus et le cortexBasal ganglia-thalamocortical circuits: parallel substrates for motor, oculomotor, "prefrontal" and "limbic" functions.
Les connexions entre les différents noyaux des ganglions de la base sont assez complexes. Généralement, les entrées du cortex se recoivent par le striatum et le noyau sous-thalamique, et ressortent par le GPi et la SNpr, qui projettent in fine sur le thalamus. L'intérieur du circuit est composé de projections inhibitrices du striatum vers le GPe, le GPi et la SNpr ; de projections excitatrices du noyau subthalamique vers le striatum, le GPe, le GPi et la SNpr ; de projections inhibitrices du GPe vers le striatum, le noyau subthalamique, le GPi et la SNpr.
Une interprétation de cette connectivité en termes de chemins (ou voies) dits direct et indirect a été proposée pour expliquer les troubles moteurs apparaissant en particulier dans la maladie de ParkinsonThe functional anatomy of basal ganglia disorders: la voie directe activatrice par désinhibition du thalamus : cortex cérébral ⇒ D1 ⇒ interne/substance noire ⇒ thalamus ⇒ cortex cérébral ;
et
voie indirecte inhibitrice du thalamus : cortex cérébral ⇒ D2 ⇒ externe ⇒ noyau sous-thalamique ⇒ interne/substance noire ⇒ thalamus ⇒ cortex cérébral.
L'ajout d'une voie dite hyperdirecte, correspondant aux projections : cortex cérébral ⇒ noyau sous-thalamique ⇒ thalamus ⇒ cortex cérébral, a été proposée en 2002Functional significance of the cortico-subthalamo-pallidal 'hyperdirect' pathway. Cependant, la pertinence de ces simplification de la connectivité en "voies" sont encore débattuesDirect and indirect pathways of basal ganglia: a critical reappraisal.
Dans le monde animal Les ganglions de la base sont l'une des zones du cerveau où l'on retrouve des cristaux de magnétite, naturellement biominéralisés par l'organisme, et/ou apportés par la pollution de l'air, via le sang au travers de la barrière hémato-encéphalique, ou ayant migré à partir des récepteurs olfactifsMagnetite Nano-Particles in Information Processing: From the Bacteria to the Human Brain Neocortex - .
En médecine L'atteinte des ganglions de la base est responsable en totalité ou partiellement de plusieurs maladiesObeso JA, Rodriguez-Oroz MC, Stamelou M, Bhatia KP, Burn DJ, The expanding universe of disorders of the basal ganglia, Lancet, 2014;384: 523–531 : la maladie de Parkinson, par atteinte de la substantia nigra (ou locus niger) pars compacta ; la maladie de Gilles de la Tourette ; la maladie de Huntington, atrophie des noyaux caudé ; la maladie de Wilson ; la dystonie myoclonique.
En outre, elle jouerait un rôle dans les psychoses, telles que la schizophrénie...
Divers L’ (IBAGS) est chargée de promouvoir l'étude des ganglions de la base dans le monde. En France, il existe un Club des ganglions de la base..
Annexes
Articles connexes
Ganglion nerveux Ganglion sensitif d'un nerf spinal Noyau sous-thalamique Système des ganglions de la base du primate
Alexander Cools (1941-2013) (1924-2006)
Notes et références
Catégorie:Anatomie du télencéphale