thumb|right|300px|Un fort différentiel économique explique en partie l'immigration clandestine. Ici le mur de Nogales qui sépare à gauche les États-Unis et à droite le Mexique.

L'immigration illégale, également appelée immigration clandestine ou encore immigration irrégulière, est l'entrée illégale, illicite, ou discrète sur un territoire national d'étrangers n'ayant pas réalisé les formalités attendues. Cette immigration est considérée comme illégitime, car elle se distingue de l'immigration régulière par l'existence de législations, de traités, de jurisprudences ou d'autres règlements plus ou moins sévères qui ont été mis en place par des États-nations et qui sont ainsi contournés.

L'illégalité se caractérise par le fait que ces personnes étrangères ne possèdent pas les documents ou conditions requis par la loi ou les traités pour autoriser leur entrée, ou bien par la poursuite de leur séjour après expiration des autorisations. Suivant les législations, elle peut également concerner des passeurs. La clandestinité se caractérise par le fait que l'entrée et le séjour soient cachés, c'est-à-dire réalisés avec une certaine discrétion, parfois à l'abri des regards. L'irrégularité se caractérise par le fait de ne pas respecter les différentes règles en vigueur, notamment les lois, règlements, procédures relatives au séjour d'un étranger. Pour les pays qui appliquent les décisions de la Cour européenne de justice, le séjour irrégulier n'est plus un délit à la suite d'une décision de la Cour européenne de justice.

À la suite d'une immigration en dehors d'un cadre légal, les personnes se trouvent dans une situation d'étranger en situation irrégulière, aussi appelées « clandestins » ou « sans-papiers ». Peuvent également se trouver dans la clandestinité des personnes n'ayant pas obtenu le renouvellement de leur titre de séjour, sous le coup d'une interdiction de territoire, ou après une demande d'asile rejetée.

L'immigration clandestine concerne généralement les habitants de pays relativement pauvres cherchant un meilleur niveau de vie dans les pays plus riches que celui dont ils sont issus. Mais contrairement à une idée reçue, ce ne sont pas les plus pauvres qui migrent, mais ceux qui en ont les moyens (coût très élevé du voyage) et qui espèrent à l'étranger une meilleure promotion sociale que celle qu'ils auraient dans leur pays.

Dans l'illégalité et la clandestinité, ces personnes ne sont pas protégées par la loi, elles peuvent donc prendre des risques importants, pouvant mettre leur propre vie en péril, dans le but de rejoindre des pays présentant des conditions de vie qu'ils espèrent meilleures. Ils n'hésitent donc pas à tout abandonner pour tenter l'aventure, souvent « aidés » dans cette entreprise par des passeurs peu honnêtes leur faisant payer un prix exorbitant pour leur fournir les moyens de franchir les obstacles naturels (mers, montagne, fleuve, etc.) ou humains (poste frontière, mur) dans des conditions de sécurité extrêmement précaires.

La Grande chambre de la Cour de justice de l'Union européenne s'est ainsi prononcée le sur le principe de non-refoulement. Elle avait été saisie dans des affaires concernant la directive sur les réfugiés (directive 2011/95/UE), plus particulièrement dans ses dispositions sur la révocation du statut de réfugié (ou le refus de son octroi) pour motifs liés à la protection de la sécurité ou de la société de l’État d’accueil. Elle a ainsi rappelé qu'un individu ne pouvait être renvoyé dans un pays où sa vie était en danger..

Le nombre d'immigrés clandestins en France est estimé entre et par le ministère de l'Intérieur.

Terminologie Certains glossaires d'organisations internationales documentent les termes utilisés.

résolution internationale La résolution 3449 des nations unies considère que le terme illégal ne devrait pas être employé pour des migrants en situation irrégulière en relation avec la dignité des migrantsrésolution 3449 des nations unies, 9 décembre 1975Droit international de la migration N° 34 - Glossaire de la migration, Organisation internationale pour les migrations, 2019, Genève, ISSN 1813-2278 (PDF).

Ce principe est également énoncé, ou repris, par l'Organisation internationale pour les migrations ou un glossaire de la commission européenne.

approches locales, spécifiques à une région ou à une langue

Diverses organisations comme l'Organisation internationale pour les migrations ou la Commission européenne constatent que les termes utilisés varient selon les pays et les débats politiqueshttps://home-affairs.ec.europa.eu/networks/european-migration-network-emn/emn-asylum-and-migration-glossary/glossary/irregular-migration_en.

L'union européenne, peut utiliser le terme immigration clandestine dans sa législation en langue française. Ce terme est traduit en dans la législation en langue anglaiseDirective 2002/90/CE du Conseil du 28 novembre 2002 définissant l'aide à l'entrée, au transit et au séjour irréguliers.

En Europe, la Convention européenne des droits de l’homme protège toute personne qui se trouve régulièrement sur le territoire d’un État membre et le droit d’y circuler librement et d’y choisir librement sa résidencehttps://www.cncdh.fr/sites/default/files/2022-02/cedh_0_1.pdf.

Dans cette logique, la législation française peut utiliser le terme immigration irrégulière pour les personnes qui ne sont pas protégées par ce droithttps://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000037381808.

terme immigration L'organisation internationale pour les migrations (OIM) définit du point de vue du pays d'arrivée l'immigration comme le fait de se rendre dans un pays autre que celui de sa nationalité ou de sa résidence habituelle, avec le pays de destination qui devient de fait nouveau pays de résidence habituelle .

Contexte et notion d'illégalité Définitions Pour l'Organisation Internationale des Migrations il n'existe pas de définition de la migration illégale. Du point de vue des pays d'arrivée, une immigration est dite irrégulière, liée à l'entrée, au séjour, ou au travail illégal, du fait de l'absence des formalités légalement requises. Du point de vue du pays de départ, l'irrégularité de la migration s'effectue au moment où une personne traverse une frontière internationale sans les documents de voyage ou sans accomplir les attentes administratives nécessaires à la sortie du pays.

Le Bureau international du travail ne définit pas les migrations illégales, mais les situations de migrants comme étant des personnes qui ..

Sur la question de l'illégalité porte deux facettes, l'une est la méthode d'entrée dans le pays, l'autre est la méthode de séjour. Certains immigrés entrent légalement dans un pays et y résident ensuite irrégulièrement, alors que d'autres personnes entrent irrégulièrement dans un pays et y résident ensuite régulièrement..

Pratiques et quantifications Pour ce qui est de l'entrée irrégulière dans un pays, les personnes recourent de manière croissante à des réseaux de passeurs et de trafiquants. Ces derniers ont prospéré avec la fermeture accrue des frontières des pays occidentaux alors même que les coûts et les risques sont accrus pour les migrants.

Les traités des Nations unies différencient la d'une part et le d'autre part. Toutefois ces différences théoriques ne se manifestent pas explicitement dans les faits.

Il est difficile de savoir combien de personnes franchissent de manière illicite une frontière en raison de l'aspect clandestin de ces passages. Les chiffres connus liés au passage de frontière sont donc des estimations.

Au niveau mondial, le trafic de migrants a connu une progression importante depuis le début des années 1990. Le nombre de migrants dans le monde est estimé à 200 millions de personnes. Selon l’organisation des Nations unies, 15 millions d'entre eux ont été transportés par des passeurs professionnels.

À travers le monde, chaque année, quatre millions de personnes migrent, ce qui représente un chiffre d'affaires de sept milliards de dollars. En Europe, 80 % de l'immigration illégale est détectée en Grèce, en Italie, en Espagne et en France. Ainsi, en 2007, cela représentait 3633 personnes en Belgique et 5 748 en France. Au Canada, pour 200 000 à 500 000 personnes sans papiers, la Gendarmerie royale du Canada estime le nombre de migrants entrant avec l'appui de passeurs clandestin annuellement entre 8 000 et 16 000 personnes.

Au Royaume-Uni, Plus de 10 000 migrants sont arrivés, après avoir traversé la Manche depuis le début de l’année, selon des chiffres du ministère britannique de l’intérieur publiés samedi . Ces nouvelles embarcations ont accosté dans le sud de l’Angleterre, avec à leur bord 288 migrants, portant le total de personnes qui sont ainsi parvenues à traverser la Manche à 10 170. Beaucoup viennent d’Afghanistan, d’Iran et de Turquie. Cela représente une augmentation de plus de 35 % par rapport à l’année 2023.

De même, l’agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, a publié un rapport le mercredi pour alerter l'opinion sur l’immigration illégale vers l’Union européenne. Alors que l’année 2023 était la pire enregistrée sur le plan migratoire depuis 2016, les deux premiers mois de 2024 continuent dans ce sens d’après les statistiques dressées par l’instance. , indique l’étude.

De ce fait, Les autorités marocaines par exemple, ont déjoué pour le seul mois d’, plus de 11 300 tentatives d’émigration irrégulière, selon le ministère de l’intérieur et arrêté Plus de 150 personnes pour incitation à l’immigration clandestine via les réseaux sociaux, lors de la tentative de franchissement de la frontière avec l’enclave espagnole de Ceuta (appelée Sebta au Maroc), survenue jeudi .

Perceptions dans les pays de destination Au niveau des enjeux, cela concerne des sentiments relatifs à la diversité ethnique et sociale, au multiculturalisme, à la croissance de la population, à la corruption politique, au crime transnational, aux abus des droits de la personne et à l'incapacité des services de l'État et des organisations internationales à un contrôle efficace.

Facteurs incitatifs Pour l’économiste Georges Tapinos, « l’immigration illégale n’existe que s’il y a dans le même temps des restrictions et une certaine tolérance ».

Depuis les années 1970, les migrations illégales se sont développées mondialement en raison des différences de vitesse de développement des économies des différents pays. Ceci a conduit à un nombre croissant d'études relatives aux migrations irrégulières.

Certains chercheurs considèrent que les migrant irréguliers sont attirés par des employeurs qui préfèrent les migrants irréguliers pour leur travail plus soutenu à des salaires inférieurs.

En 1931, John Hicks considérait qu'une personne migre pour vivre dans le pays qui lui offre le meilleur salaire, toutefois, la théorie classique a été décrite par Todaro en 1969 : il considère qu'une personne migre pour vivre dans le pays qui lui offre le meilleur pouvoir d'achat.

Facteurs sociaux Si la quantité de migrations irrégulières est liée à des facteurs économiques, les lieux de départs et les lieux de destination s'expliquent par la structure des réseaux sociaux des facteurs sociaux. Ainsi, les Mexicains préfèrent aller à Los Angeles plutôt qu'à Minneapolis, en raison de leurs connaissances (parents et amis).

Pour Stark et Bloom, la décision de migrer n'est pas une décision individuelle, mais une décision qui s'inscrit dans le parcours d'un groupe de personnes consanguines ou amies qui s'entraident à cette fin.

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