Hélène Boucher, née le à Paris et morte le à Guyancourt, est une aviatrice française qui a battu plusieurs records du monde de vitesse au début des années 1930. Elle meurt lors d'un vol d'entraînement sur l'aérodrome de Guyancourt (Yvelines).

Biographie

Jeunesse Hélène Antoinette Eugénie Boucher est la fille de Léon Boucher, architecte parisien, et de Élisabeth Hélène Dureau. Dès son enfance, elle reçoit le surnom de LénoLéno est l'anagramme de Léon le prénom de son père et de Noël le prénom de son frère. qu'elle conservera toute sa vie. Pendant la Première Guerre mondiale, elle quitte Paris avec sa famille. Dans la propriété familiale de Boigneville, près de Yermenonville., en Eure-et-Loir, elle collectionne alors les photos d'aviateurs et les articles sur les avions. Adolescente, elle part en Angleterre pour apprendre l’anglais, qu'elle maîtrise parfaitement à son retour. Elle cultive une passion pour la littérature anglaise, notamment Charles Dickens. De retour dans l'appartement familial au 169 rue de Rennes à Paris, elle entre au lycée Montaigne puis au collège Sévigné, premier établissement secondaire laïque pour jeunes filles créé en FrancePatrick Liegibel, Stéphanie Duncan, « Hélène Boucher, une vie intense », émission Au fil de l'histoire sur France Inter, 23 janvier 2013. et où elle rencontre son amie et confidente de toujours, Dolly Van Dongen, la fille du peintre Kees van Dongen.

Elle passe son baptême de l'air le à Orly avec Henry Le Folcalvez, à l'âge de . Quelques semaines plus tard, elle décide de devenir aviatrice afin de conjurer la mort d'un ami de son frère, le sergent-pilote Jean HuberÀ ne pas confondre avec le pilote d'essais Jean Hubert.. Ce dernier, basé à l'école d'Istres, est tombé dans son avion en flammesAvec son passager, le mécanicien Gustave Audouy., dans l'Hérault, le . Henri Farbos., pilote français (fondateur de l'aéroclub des Landes de Mont-de-Marsan en 1928) propose à Hélène Boucher de passer son brevet de pilote au sein de son Aéro-Club des Landes.

L'aviatrice vignette|gauche|redresse|Hélène Boucher au volant de la Vivasport à 6 cylindres. Réclame de la société Renault de 1934. Elle prend son premier cours de pilotage en avec Henri Liaudet, et obtient son brevet de pilote de tourisme le puis, après avoir cumulé cent heures de vol et réalisé un vol de nuit, son brevet de pilote professionnel de transport public en . Elle s'achète aussitôt un petit avion d'occasion. Dès , elle participe au rallye international aérien de Deauville sur l'itinéraire Cannes - Deauville. Son moteur mal conçu, mal réparé, tombe en panne au redécollage et elle doit se poser dans l'urgence. L'avion reste accroché dans les branches d'un arbre, mais elle s'en sort sans blessures..

Elle poursuit ses participations aux manifestations : le raid Paris - Saïgon au début de l'année 1933 dont René Chambe publie le journal de bord dans la biographie qu'il lui consacre, puis les d'Angers en (avec Edmée Jarlaud comme passagère, elle termine au classement général et est la première femme à franchir la ligne d'arrivéeBernard Marck, Les Aviatrices, L'Archipel, Paris, 1993.). Le , elle remporte son premier record du monde: celui d'altitude féminin pour avion léger deuxième catégorie, avec à bord de son avion Mauboussin Corsaire à moteur Salmson .

En , elle se lance dans l'acrobatie aérienne. Le pilote d'essais et champion de voltige Michel Détroyat, son moniteur, déclare au terme de sa formation : « Dans quelques mois, elle sera la meilleure acrobate du monde ! »La fabuleuse histoire d'Hélène Boucher, « record woman » de vitesse en avion.. Au Petit Palais, face au Salon de l'Aviation du Grand Palais, Hélène Boucher raconte le ses Impressions d'acrobatie aérienne avec son instructeur, en vue de sa première prestation prévue pour le prochain match Fieseler - Détroyat.

En 1934, elle s'engage avec les aviatrices Maryse Bastié et Adrienne Bolland dans le combat féministe« Exposition – Les femmes s’affichent – 8 mars-14 juillet 2003 », sur le site museehistoirevivante.com. et devient militante pour le vote des Françaises au côté de Louise Weiss« Le combat des femmes sous la Troisième République (1871-1940) », sur le site thucydide.com..

En , Hélène Boucher signe un contrat avec la nouvelle société Caudron-Renault. C'est François Lehideux, administrateur délégué de Renault de l'époque, qui décide de son embauche pour tester la maniabilité de ses appareils. Avec ce contrat elle obtient, outre un salaire assurant son indépendance financière, des moyens techniques lui permettant de donner le meilleur d'elle-mêmeAntoine Rédier, Hélène Boucher, jeune fille française, 179..

Le , elle se classe seconde aux 12 Heures d'Angers. Elle a piloté seule son Caudron-Rafale douze heures d'affilée, alors que les vainqueurs, Lacombe et Trivier, se sont relayés. Au passage, elle a battu le record du monde des pour avions légersUne autre aviatrice, Becker, était avec H. Boucher. Voir HIRSCHAUER L. & DOLLFUS Ch. : L'Année aéronautique 1936–1937, Dunod, 1937 – Lire en ligne..

Le , aux commandes d'un Caudron-Renault monoplan de , Hélène Boucher enlève d'une part le record international de vitesse toute catégorie sur à ; et, d'autre part, le record des à la moyenne de (Maurice Arnoux détenait l'ancien record avec ). Le , elle s'adjuge le record du monde féminin à .

Par ailleurs, la société Renault est sous contrat avec Hélène Boucher pour promouvoir sa voiture sport de prestige, la Vivasport 6 cylindres.. C'est Marcel Riffard, chef du bureau d'études Caudron-Renault et concepteur du Caudron Rafale, qui a dessiné la Renault Viva Grand Sport (appelée « Vivastella Grand Sport » avant 1935).

L'accident mortel vignette|gauche|Hélène Boucher devant son Caudron modèle Rafale.

Le , Hélène Boucher se tue lors d'un vol d'entraînement sur l'aérodrome de Guyancourt aux commandes d'un Caudron C.430 Rafale..

thumb|right|285px|Le buste d'Hélène Boucher sur son tombeau à Yermenonville.

La presse évoque une perte de vitesse à l'atterrissage et un oubli possible que les commandes sont inversées : l'avion accroche la cime des arbres au-dessus de la forêt de la Croix du Bois de Magny-les-Hameaux et s'écrase près de la route de la Butte aux Chênes à Brouessy, non loin de la demeure familiale de l'aviateur Henri Farman (une petite stèle indique l'emplacement de l'accident.).

Ce sont les pilotes Raymond Delmotte, Fouquet et Goury, témoins de l'accident, qui arrivent les premiers sur les lieux. Hélène Boucher, gravement blessée, est évacuée vers l'hôpital de Versailles. Elle meurt dans l'ambulance. dans la côte de Satory, à Guyancourt.

Avant d'être inhumée au cimetière de Yermenonville, commune d'Eure-et-Loir où elle passa sa jeunesse, un hommage national lui est rendu à la cathédrale Saint-Louis-des-Invalides à Paris. Son cercueil est exposé pendant deux jours. Elle est la première femme à recevoir un tel honneur.

Hommages vignette|redresse|Couverture du livre de Jacques Mortane sur Hélène Boucher (1936). vignette|redresse|Hélène Boucher, en quatrième page de couverture. En 1934, elle est lauréate du Prix Monique Berlioux de l'Académie des sports, en tant que femme à la performance sportive la plus remarquable de l’année écoulée. Hélène Boucher est décorée, à titre posthume, de la Légion d'honneurDécret du paru au Journal officiel du 6 décembre 1934, ministère de l'Air. avec la citation suivante :

{| class="toccolours" border="0" cellpadding="2" cellspacing="10" align="center" style="margin:0.5em;" |valign="top" style="font-size: 100%" | « Pilote aviatrice : 3 ans de pratique professionnelle. » « Pilote de haute classe, a mis au service de l'aviation française sa foi ardente et son audace réfléchie. » « A donné toute sa mesure au cours de sa brève carrière. » « Victorieuse de nombreuses compétitions, a ramené six records à la France, en particulier le record international vitesse toutes catégories sur avec . » « A donné sa vie à la cause qu'elle avait vaillamment défendue. » « A été citée à l'ordre de la nation. » |} Le , le Journal officiel publie le texte de citation à l'ordre de la Nation, rédigé par René Chambe, collaborateur du ministre de l'Air Victor Denain : {| class="toccolours" style="margin:0.5em;" cellspacing="10" cellpadding="2" border="0" align="center" | style="font-size: 100%" valign="top" | « Pilote aviatrice, personnifie la jeune fille française : modestie, simplicité, vaillance. Pilote de grande classe qui a conquis en peu de temps les records les plus enviés, grâce à son habileté et à son audace réfléchie. A donné sa vie pour l'aviation. » |} Dans les années suivant sa mort (au moins en 1935 et 1936), une compétition d'aviation féminine porte son nom : la coupe Hélène Boucher (remportée par Maryse Hilsz les deux premières années).. Un film biographique, Horizons sans fin, avec Gisèle Pascal dans le rôle d'Hélène Boucher, sort en 1953. La Poste française a émis, en 1972, un timbre à l'effigie d'Hélène Boucher et de Maryse Hilsz (Prix Monique Berlioux de l'Académie des sports en 1936). De nombreux équipements publics, voies, établissements d'enseignement portent son nomNotamment : une avenue à Draguignan, Istres, Montesson ; une rue à Amiens, Buc, Castelnau-le-Lez, Feurs, Guyancourt, Haute-Goulaine, Saint-Sébastien-sur-Loire, au Bourget, à Marseille (dans le ), Massy, Mauguio, Orvault, Plérin, Rillieux-la-Pape, Roquebrune-sur-Argens, Tours, Montbéliard ; une allée à Sevran et l'allée Hélène Boucher au Touquet-Paris-Plage ; une école à Orléans, Mantes-la-Jolie, Colomiers, Étampes, Montgeron, Montpellier ; un collège à Chartres, Voisins-le-Bretonneux ; un lycée à Paris, Somain, Thionville, Toulouse ; un lycée professionnel au Mans, à Tremblay-en-France, Vénissieux ; un parc à Marignane et un square à Paris ; un stade et une piscine à Saint-Brieuc.. À Garchizy, une allée porte son nom. Une sculpture d'Hélène Boucher (réalisée par l'artiste Camille Toutée Bonhomme) est inaugurée le à Voisins-le-Bretonneux. Un documentaire consacré à Hélène Boucher sort en 2022 : Léno par Hélène Boucher de Mike Baudoncq (La boîte à songes / France Télévisions). Depuis 2022, un boulevard à côté de l'aérodrome de Haguenau porte son nom.

Voir aussi Bibliographie Antoine Redier (préface du général Victor Denain, ministre de l'Air), Hélène Boucher, jeune fille française, éd. Flammarion, 1935, Jacques Mortane, Hélène Boucher aviatrice, éd. Plon, Paris, 1936, René Chambe, Hélène Boucher, pilote de France, Baudinière, Paris, 1937, ; rééd. France-Empire, Paris, 1964 et Hachette, Paris, 1966 (présentation en ligne) Roland Tessier (illustrations de Paul Lengellé), Hélène Boucher, coll. « Les Héros de l'air en Images », éd. Flammarion, 1943, Marguerite d'Escola, Hélène Boucher – Celle qui a vaincu la peur, Éditions des loisirs, Paris, 1946, Paul Thoraval (préface de Paul Codos aviateur français), Hélène Boucher, éd. Jean de Gigord, coll. « Tout pour tous », Paris, vers 1947, . Évelyne Morin-Rotureau, Hélène Boucher, éditions Pemf, 2005 . . Katell Faria, Les Aventurières du ciel, Points, 2021 Laure Bouglé-Bal dit Sollier, « Hélène Boucher », Nacelles, , mis en ligne le , consulté le .. Michel-Henri Gensbittel, La carrière de pilote d'Hélène Boucher, éd. par l'association « Les Amis d'Yermenonville ». « Les Amis d'Yermenonville », Hélène Boucher, la passion des airs, Ella Editions, 2024.

Cinéma Léno par Hélène Boucher, film de Mike Baudoncq (La Boîte à Songes / France Télévisions), 52 min, 2022. Horizons sans fin, film de Jean Dréville, 104 mn, 1953.

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Liens externes

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Notes et références Notes

Références

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