Les élections législatives françaises de 1968 ont lieu les et , après la dissolution de l'Assemblée nationale par le président de la République Charles de Gaulle, pour pourvoir les mandats de la législature de la Cinquième République. L'objectif de la dissolution est de répondre à la crise de mai 68. Les partis de gauche, alors considérés comme partiellement responsables de ladite crise, subissent une cuisante défaite au profit de la majorité sortante, qui avait pourtant éprouvé de sérieuses difficultés à l'emporter lors des précédentes élections, un an auparavant.

Contexte Pour ces élections consécutives à la crise de Mai 68, les gaullistes forment l'Union pour la défense de la République (UDR). Leur thème de campagne est simple et efficace : la défense de l'ordre et la dénonciation de la menace subversive et totalitaire (associée au Parti communiste)Serge Berstein, La France de l’expansion. Tome 1 : La république gaullienne, 1958-1969, Paris, Le Seuil, 1989, .. Aux côtés de l'UDR, on retrouve également la Fédération nationale des républicains indépendants et divers centristes (comme René Pleven) et modérés.

Dans l'opposition, les communistes comme la FGDS ne savent véritablement comment réagir à Mai 68. Ils souhaitent préserver les acquis des accords de Grenelle, mais sans paraître approuver le désordre. Les socialistes, après une déclaration de candidature de Mitterrand à une potentielle élection présidentielle le – considérée comme inélégante par une grande partie de l'électorat qui l'accuse de velléités putschistes –, se retrouvent isolés entre le PSU qu'a rallié Mendès France d'une part, les mouvements d'extrême gauche étudiants, et le Parti communiste qui a refusé de suivre les tentatives personnelles illustrées par le rassemblement de Charléty.

Les communistes entendent donc représenter lors de cette élection l’exceptionnelle mobilisation qu’a constitué le mouvement de grèves de mai-. Voulant s’appuyer sur la classe ouvrière et les organisations de masse avec lesquelles les communistes ont combattu, le Parti communiste tente cependant de se démarquer du désordre provoqué par les mouvances étudiantes parisiennes.

Seul le Parti socialiste unifié (PSU), qui présente désormais , revendique l'héritage des thèmes de la crise des étudiants de Mai.

Pour les Français, les thèmes importants restent la peur devant le désordre et la crainte de la remise en question des acquis de Grenelle et des bénéfices de la croissanceSerge Berstein, La France de l’expansion. Tome 1 : La république gaullienne, 1958-1969, Paris, Le Seuil, 1989, ..

Mode de scrutin Le scrutin uninominal majoritaire à deux tours reste en vigueur avec les mêmes modalités que pour les élections législatives de 1967. Nul ne peut être candidat dans plusieurs circonscriptions. Un candidat est élu au premier tour s'il a reçu la majorité absolue des suffrages exprimés et un nombre de suffrages égal au quart des électeurs inscrits. Au second tour, la majorité relative suffit. Sont admissibles au second tour les candidats du premier tour qui ont obtenu un nombre de suffrages au moins égal à 10 % du nombre des électeurs inscrits. Résultats Au niveau national + Résultats nationaux des élections législatives de 1968PartiPremier tourSecond tourSiègesVoix%Voix%37,2847,942946,631,79640,401,0890,75Total Union des républicains de progrès46,8549,9836716,5421,26573,890,5700,36Total Fédération de la gauche démocrate et socialiste20,7921,845719,9720,04340,050,090Total PCF et alliés20,0220,133410,478,05271,17Total Progrès et démocratie moderne11,648,05270,3500,1600,0700,0700,030Alliance républicaine0,0100,0002

Composition de l'Assemblée + Groupe parlementaire Députés Membres Apparentés Total UDR Union des démocrates pour la République27023293 FNRIFédération nationale des républicains indépendants 57461 FGDSFédération de la gauche démocrate et socialiste57057 COMCommuniste33134 PDMProgrès et démocratie moderne30333 Total de députés membre de groupes 478 Députés non-inscrits 9 Total des sièges pourvus 487 (4) le Groupe socialiste se reconstitue en

Analyse La majorité présidentielle remporte très largement ces élections. Elle recueille 46 % des suffrages et dispose de 144 élus dès le . Au second tour, elle obtient , dont 293 pour la seule UDR. C'est la première fois dans l'histoire de la République qu'un parti conquiert la majorité absolue à l'Assemblée nationale. Les Républicains indépendants doublent leur nombre d'élus avec .

L'opposition enregistre un recul significatif. Le Parti communiste perd et la FGDS 64.

Dans ces résultats, les Français semblent sanctionner le désordre lié à la crise de Mai 68.

Il y a 1,6 % de femmes députées, soit 8 pour , alors qu'elles constituent 3,3 % des candidats.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Assemblée nationale (France) Récapitulatif des résultats des législatives françaises depuis 1958

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