La cathédrale Sainte-Geneviève et Saint-Maurice de Nanterre est l'ancienne église paroissiale de la ville de Nanterre (actuel département des Hauts-de-Seine) érigée en cathédrale à la suite de la création du diocèse de Nanterre le .
L'église avait été entièrement reconstruite dans l'entre-deux guerres à l'initiative du chanoine Jules Froidevaux qui voulait doter le lieu de naissance de sainte Geneviève d'une basilique de pèlerinage digne de la sainte. Un programme iconographique ambitieux fut élaboré et conduit à la réalisation d'un ensemble unique de fresques des années 1930.
À l'inventaire des monuments historiques, le clocher du , seul élément subsistant de l'ancienne église, est classé monument historique depuis le et l'ensemble du bâtiment est inscrit monument historique depuis le .
La cathédrale est dédiée à : sainte Geneviève, née à Nanterre : patronne du diocèse de Nanterre et de la ville de Paris. saint Maurice d'Agaune, soldat romain converti au christianisme et ses compagnons martyrs.
Histoire La cathédrale sainte-Geneviève de Nanterre a été principalement construite entre 1924 et 1937 mais ses origines sont bien plus anciennes puisqu’une paroisse existait en ces lieux dès le .
Antiquité
Une église dédiée à saint Maurice
L’église, probablement déjà dédiée à saint Maurice d’Agaune, est à cette époque le seul lieu de culte de la presqu’île de Gennevilliers (communes actuelles de Nanterre, Rueil-Malmaison, Suresnes, Puteaux, Asnières-sur-Seine, Gennevilliers, Courbevoie, Colombes, Bois-Colombes, La Garenne-Colombes et Villeneuve-la-Garenne : ce n'est que vers le que ces paroisses seront progressivement détachées de Nanterre). Sa titulature remonte indirectement à l'an 426Nanterre: Des Celtes au Moyen Âge.
Geneviève
En 429, lorsque les évêques Germain d'Auxerre et Loup de Troyes passent par Nanterre au cours de leur mission d'évangélisation, ils rencontrent une jeune fille âgée de sept ans, qui devint sainte GenevièveDictionnaire de l'histoire universelle de l'église, Louis François Guérin, 1863. La jeune femme se consacre à la religion et acquiert une grande importance spirituelle et politique. Après sa mort, des pèlerinages vers Nanterre se développent rapidement : au , d'après Grégoire de Tours, le baptême du futur Clotaire II atteste du rayonnement spirituel du bourg..
Moyen Âge
Peu de documents nous permettent de connaître l’histoire de l’église paroissiale au Moyen Âge. Au , il y a encore deux églises dans la paroisse: L’église Saint-Maurice, laquelle donne son nom à la paroisse. Elle a une tour placée au côté du chœur et pourrait dater de 1300 environHistoire de la ville et de tout le diocèse de Paris, Jean Lebeuf, 1757. Elle est abîmée lors de l’incendie de Nanterre en 1346 par les troupes anglaises d'Édouard III, au cours de la guerre de Cent AnsHistoire physique, civile et morale des environs de Paris, depuis les premiers temps historiques, Jacques Antoine Dulaure, 1838, destructions qui reprendront en 1411 avec les Armagnacs. Le apporte aussi son lot de misères et ce n’est qu’en 1494 qu’un nouvel édifice est achevé, sous l'initiative de son curé Jean GaillardSainte Geneviève de Paris, Jacques Dubois (O.S.B.), Laure Beaumont-Maillet, 1982. Elle reçoit une nouvelle façade de style jésuite en 1699. Alors que le bourg connaît une nouvelle prospérité, le pèlerinage est relancé à cette même période. la chapelle Sainte-Geneviève est construite vers le et n'est plus modifiée à partir du Itinéraire descriptif et topographique des routes de Paris à Londres, par Calais, Boulogne, Rouen, Dieppe, Douvres et Brighton, J.W.Lake, 1826. La tradition dit qu'elle a été bâtie sur la maison de Severe et Geronce, les parents de la sainte, et autour du puits miraculeux, dont l'eau aurait guéri la mère de Geneviève de sa cécitéHistoire de l'église sainte Geneviève, patronne de Paris et de la France, Charles Ouin Lacroix, 1852.
Époque moderne Outre cela, les Chanoines réguliers de la Congrégation de Sainte-Geneviève y ont un couventDescription de Paris, de Versailles, de Marly ...et de toutes les autres belles maisons et châteaux des environs de Paris, Jean-Aymar Piganiol de La Force, 1742.
Toujours au , l'abbé Pierre Beurrier, curé de Nanterre, projette la construction d'une nouvelle église destinée aux pèlerins, mais le projet ne se concrétise pas.
Époque contemporaine , renaissance du pèlerinage
Après la Révolution française au cours de laquelle l'église devint un temps, Temple de la Raison., le bâtiment est rendu au culte catholique et redevient église Saint-Maurice. De nombreux pèlerins sont guéris par l'eau du puits miraculeux, et des ex-voto ornent les murs de la chapelleDictionnaire critique des reliques et des images miraculeuses, Jacques-Albin-Simon Collin de Plancy, 1821. Cette chapelle de pèlerinage est reconstruite près du puits en 1880 et dès les années 1900, on pense à rebâtir également l’église paroissiale devenue trop vétuste et exiguë.
La reconstruction de l'église durant l'entre-deux-guerres En 1924, le curé de Nanterre, Jules Froidevaux, lance finalement un projet visant à doter le lieu de naissance de sainte Geneviève d’une à son nom. Il obtient du pape l’autorisation de renommer l’église Saint-Maurice qui devient église Sainte-Geneviève. Les architectes Georges Pradelle puis Yves-Marie Froidevaux planifient trois tranches de travaux : le transept est construit de 1924 à 1928 puis ce sont le chœur et la crypte entre 1934 et 1937.
La mort du chanoine Froidevaux en 1943 et les difficultés de l’après-guerre empêchent de construire la nouvelle nef prévue, l'ancienne est donc provisoirement conservée avec sa façade jésuite.
L'église paroissiale devient cathédrale en 1966 À la suite de la création du diocèse de Nanterre, qui correspond au nouveau département des Hauts-de-Seine, l’église Sainte-Geneviève devient cathédrale en 1966.
La façade et l’ancienne nef, à l’emplacement du parvis actuel, sont finalement démolies en 1972 en raison de leur mauvais étatCe qui ne saute pas aux yeux quand on regarde les photos de cette époque.. Les travaux donnent lieu à des fouilles archéologiques mettant au jour des sarcophages mérovingiens, de forme trapézoïdale, la tête du défunt tournée vers Jérusalem.. Une nouvelle façade est réalisée avec une porte monumentale de Pierre Sabatier en 1974.
En 2012-2013, une restauration intégrale est entreprise conjointement par la ville et le diocèse pour redonner à l’édifice tout son éclat.
Le pèlerinage
Le pèlerinage de Sainte Geneviève s'est développé dès le .
Les pèlerins les plus illustres furent saint Louis et sa mère Blanche de Castille, Louis XIII et Anne d'AutricheLa vie de sainte Geneviève, Pierre Lalemant, 1683Dictionnaire historique de Paris et de ses environs, Volume 3, Pierre Thomas N. Hurtaut, Magny, 1779.
Le pèlerinage se déroule au mois de janvier.
Caractéristiques de l'église actuelle L'église actuelle a été construite sur des plans de Georges Pradelle en pierre de Nanterre et de Château-Landon, dans le style romano-byzantin en vogue à l’époque. Le transept est construit de 1924 à 1928, puis le chœur et la crypte de 1934 à 1937. La nef n'a pas été construite, la mort du chanoine Froidevaux et la Deuxième Guerre mondiale ayant empêché la réalisation de la troisième tranche de travaux initialement prévue.
Les murs et voûtes sont décorés de fresques réalisées sous la direction de Paul Baudoüin qui y travaille avec ses élèves. Les dimensions des fresques (plus de de surface totale), leur cohérence iconographique et stylistique ainsi que leur maîtrise technique en font un ensemble unique qui a motivé le classement du bâtiment. Les vitraux du déambulatoire sont réalisés par Louis Barillet. La façade en métal et en verre est réalisée par Pierre Sabatier en 1974 avec une porte monumentale en laiton embouti, étain et plomb sur le thème du buisson ardent.
Les fresques
Il s’agit de « vraies » fresques puisque les peintures ont été exécutées directement sur l'enduit des murs alors qu'il était encore frais. Elles ont été réalisées entre 1926 et 1937 sous la direction du Maître Paul Baudoüin avec une iconographie riche et originale : la vie de sainte Geneviève, les paraboles de l’Évangile, les Béatitudes, le Sacré-Cœur de Jésus, le couronnement de la Vierge.
Fresques du chœur Au-dessus de l’autel, une figure monumentale du Sacré-Cœur de Jésus occupe le centre de la fresque. C’est un Christ en majesté assis sur un trône avec à sa droite, sainte Geneviève et à sa gauche, sainte Jeanne d’Arc, l’une et l’autre patronnes de la France. Cette fresque de Léon Toublanc s’étend sur plus de à plus de douze mètres de hauteur.
Fresques de la nef Dans la nef, sur le dôme culminant à vingt mètres, figure une grande croix rayonnante entourée de neuf anges. En dessous se trouve une banderole circulaire supportée par quatre anges peints par Pierre Poulain qui symbolisent les quatre vertus cardinales : justice, prudence, tempérance et force.
Dans les voûtes, le thème est celui des huit béatitudes proclamées par Jésus, chacune symbolisée par un saint : Heureux les pauvres de cœur : saint François d’Assise (fresque de Pierre Pechmeja). Heureux les doux : saint François de Sales (Pierre Pechmeja). Heureux ceux qui pleurent : sainte Monique, mère de saint Augustin, représenté à ses pieds (Maurice Jaladert). Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice : saint Louis, roi de France (Maurice Jaladert). Heureux les miséricordieux : saint Vincent de Paul (Georges Lusseau). Heureux les cœurs purs : sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (Georges Lusseau). Heureux ceux qui font œuvre de paix : saint Jean-Marie Vianney, le « curé d’Ars » (Paul Baudoüin). Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice : sainte Jeanne d’Arc (Paul Baudoüin).
Trois coupoles représentent les Évangélistes avec les symboles qui leur sont traditionnellement associés : l’homme pour saint Matthieu (fresque de Raymond Feuillatte), le lion pour saint Marc et le bœuf pour saint Luc. L’aigle de saint Jean aurait dû se trouver dans une quatrième coupole, jamais réalisée du fait du maintien du clocher ancien.
Fresques du déambulatoire Les fresques du déambulatoire offrent un choix iconographique rare puisqu’elles représentent quatorze paraboles de l’Évangile réparties en six panneaux de trois scènes chacun. Le texte des Évangiles est rappelé en français sous chaque scène. Différents élèves de Baudoüin réalisent ces fresques en suivant un cahier des charges précis de façon à assurer l'unité de l'ensemble. La maison bâtie sur le sable ; le mauvais serviteur ; les vierges sages et les vierges folles (fresque de Marthe Flandrin). Le filet rempli de poissons ; le semeur ; le pharisien et le publicain (Pierre Pechméja) L’Enfant prodigue (Joseph Radan). Le bon Samaritain (Louis Dussour). Le bon Pasteur ; l’ami importun ; le levain (Myrthée Baillon de Wailly). L’Ivraie ; le riche insensé ; le mauvais riche, par (Élisabeth Faure) en 1935. Sous les vitraux, de petites fresques de Joseph Radan représentent les sept sacrements.
Fresques de sainte Geneviève
Situées dans la partie gauche du transept, quatre fresques sont consacrées à sainte Geneviève.
Au centre d’une très grande fresque réalisée par Léon Toublanc, sainte Geneviève est représentée protégeant Paris et la France, symbolisés par des silhouettes d’églises et cathédrales. On reconnaît à gauche de la sainte l'église de Nanterre, représentée avec le projet de clocher jamais réalisé.
Sous les vitraux se trouve une fresque de Paul Lemasson de . Elle représente la procession dite du miracle des ardents : au , la procession de la châsse (coffret contenant des reliques de sainte Geneviève) aurait donné lieu à des guérisons miraculeuses.
À droite et à gauche de la chapelle, deux fresques remarquables de Paul Baudoüin : saint Germain et saint Loup bénissant Geneviève et la sainte guérissant sa mère auprès du puits.
Fresque de l'autel de la Vierge