L'Homme de Florisbad est le nom donné à un crâne fossile humain partiel, découvert en 1932 par Thomas F. Dreyer à Florisbad (État libre d'Orange), en Afrique du Sud. Le fossile est daté d'environ avant le présent (AP). Il était associé à une industrie lithique du Paléolithique moyen d'Afrique, autrement appelé Middle Stone Age.

À l'origine attribué par son découvreur à l'espèce Homo helmei, ce spécimen est considéré depuis 2017 comme une forme archaïque de l'espèce Homo sapiens, à l'image des fossiles un peu plus anciens trouvés à Djebel Irhoud (Maroc), et datés en 2017 d'environ .

Historique Thomas F. Dreyer et G. Venter découvrirent les fragments fossiles d'un crâne humain en 1932 à Florisbad, à 45 km au nord-nord-ouest de Bloemfontein, en Afrique du Sud. Thomas Dreyer créa pour eux en 1935 l'espèce Homo helmei. L'épithète spécifique helmei lui avait été donnée en l'honneur du capitaine C. Egerton Helme qui avait apporté son soutien financier aux opérations de fouilles.

Description Le crâne de Florisbad original comprend la partie droite de la face, l'essentiel de l'os frontal, une partie du maxillaire, et des fragments de l'occipital et des os pariétaux. Une reconstruction du crâne a été opérée, avec comblement des parties manquantes. Une dent isolée, la troisième molaire supérieure droite, a aussi été trouvée. Ce fossile a une capacité endocrânienne de 1 400 cm, comparable aux humains modernes.

Datation L'âge du fossile est longtemps resté sous-estimé en raison de l'absence de techniques de datation fiable avant les dernières décennies du .

En 1996, des prélèvements d'émail de la dent isolée ont été soumis à la technique de datation directe par résonance de spin électronique, ce qui a conduit à dater le fossile entre 294 et (259 +/- 35 ka), soit environ avant le présent.

Culture Le fossile a été découvert parmi un assemblage d'outils du Paléolithique moyen, période qui démarre en Afrique autour de avant le présent.

Faune associée Le site de Florisbad a aussi produit durant plusieurs décennies de fouilles de nombreux fossiles d'une faune diverse. Les restes de petits vertébrés comme des gerboises, lapins, et autres rongeurs ou reptiles, ont apporté aux chercheurs des informations sur l'environnement de l'Afrique du Sud intérieure au cours du Pléistocène moyen. Les nombreux mammifères trouvés suggèrent l'existence à cette époque d'une forme de prairie avec des ressources en eau dans le voisinage immédiat.

Analyse En 2019, une étude des paléoanthropologues français Aurélien Mounier et espagnole Marta Mirazón Larh, publiée dans la revue Nature Communications, a recherché, parmi les plus anciens fossiles africains connus attribués à Homo sapiens, lesquels préfiguraient le mieux la morphologie finalement acquise par l'Homme moderne. Ayant étudié de nombreux crânes fossiles d'hommes modernes, cette étude propose une morphologie virtuelle du dernier ancêtre commun de l'humanité actuelle, et la compare à 5 crânes africains relativement complets datés d'au moins : Irhoud 1 (Maroc), Florisbad, Eliye Springs (Kenya), Omo Kibish 2 (Éthiopie), et LH 18 (Tanzanie). Le crâne de Florisbad est jugé le plus proche de notre ancêtre virtuel, devant celui d'Eliye Springs. Cette étude apporte la confirmation finale de l'appartenance de l'Homme de Florisbad à l'espèce Homo sapiens.

Références

Bibliographie

Voir aussi

Articles connexes Homme de Djebel Irhoud Homme d'Eliye Springs Homme de Kibish Homme de Herto

Liens externes

Florisbad Catégorie:Préhistoire de l'Afrique du Sud Catégorie:Paléontologie en Afrique du Sud