Rony Brauman, né le à Jérusalem, est un médecin français spécialisé en pathologies tropicales. Il est principalement connu pour son rôle dans l'humanitaire, en particulier pour avoir dirigé les équipes médicales de l'association Médecins sans frontières (MSF) de 1982 à 1994.

Biographie Famille Ses grands-parents sont d'origine juive polonaise et parlent le yiddish. Son père, Jean Brauman, courtier en assurancesWho's Who in France, dictionnaire biographique, 1992-1993. Éditions Jacques Lafitte, 1992., fut un résistant et un militant sioniste, qui s'installa avec sa famille en Israël dès la création de cet État en 1948. À 5 ans, il part vivre avec sa mère, Génia Sauer, en France..

Rony Brauman est le père de deux enfants : Guillaume et Sarah, dictionnaire biographique, 1992-1993. Éditions Jacques Lafitte, 1992..

Il est le cousin du cinéaste Eyal Sivan.

Scolarité et jeunesse Les hasards de la sectorisation font qu'il effectue sa scolarité au lycée Lakanal où il perçoit un écart entre sa famille et celle des autres élèves mais il trouve dans la politique un moyen de dépasser ces différences. Dans le sillage du leader local André Loth, qu'il retrouvera à la Gauche prolétarienne, il milite très jeune contre le mouvement d'extrême-droite Occident, qui a implanté un groupe nombreux de militants actifs dans son propre lycée, sur les murs duquel sont affichés des slogans visant un des professeurs pour ses idées, du type « Occident veille », sur de long, avec la croix de MalteLes de Rony Brauman, ex-président de MSF : « Sans Mai 68, je ne serais jamais passé en année supérieure de mon cursus de médecine » par Camille Stromboni, publié le dans L’Étudiant .. Il reçoit un coup de matraque lors de sa première manifestation, à quinze ans, contre la guerre du Vietnam, où il est pris dans un affrontement entre militants du PCF et de l'extrême-gauche, puis devient militant de la fédération anarchiste où il rencontre des ouvriers qui le font lire sur l'histoire du mouvement social.

Il obtient le baccalauréat en 1967, puis, ayant toujours voulu devenir médecin, fait des études de médecineLes Années Lycée, livre de poche édité par le Ministère de l'Éducation Nationale et Axa, Paris : Darjeeling, 1994, .. Séduit par les slogans de il participe au saccage de la Bourse de Paris mais reconnaît avoir été impressionné par la contre-manifestation gaulliste, puis il part en Yougoslavie. Lors de l'année universitaire 1968-1969, il devient maoïsteJérôme Anciberro, « Les maoïstes, fans absolus du Petit livre rouge », hors série Le Monde-La Vie, , « L'histoire de l'Occident. Déclin ou métamorphose ? », 2014, . dans le mouvement Gauche prolétarienne (la GP), à l'âge de , le jour où son journal La Cause du Peuple fait disparaitre Staline de son logo. Il ne le quitte qu'à l'âge de , en 1973, après en avoir été « quasi permanent ».

Issu d'une famille où , il est indisposé par les discours élitistes des dirigeants de la gauche prolétarienne parlant de Au centre universitaire de Vincennes, est créé en , un « Comité de base pour l'abolition du salariat et la destruction de l'Université », dirigé par Jean-Marc Salmon, Jean-Claude Dollé et André Glucksmann, selon Génération, le livre d'Hervé Hamon et Patrick Rotman.Génération, par Hervé Hamon et Patrick Rotman, Éditions du Seuil, 1987. et préfère s'investir "Rony Brauman, rebelle de l'humanitaire" le 30 avril 1994" dans Le Monde .« Théories en crise » par Frédérique Matonti, Daniel Mouchard et Astrid von Busekist, en 2005 aux Éditions , ., où il prend de l'assurance et du galon en effectuant « Rony Brauman, poil à gratter de l’humanitaire » par Adrien Renaud dans . "Série « Rony Brauman : militant de l’humanitaire ». : S’éveiller aux combats, le sur France Inter . où est avec pour professeur un , qui entraîne à se , mais il a du mal à . Lors de la dispersion des manifestations, il prenait car il se « Histoire d'un adjectif » par Michèle Manceaux en 2003., alors qu'entre 1968 et 1972, environ passent en prison« Comment le maoïsme a séduit une partie de la jeunesse des années 68 en France », dans Les Inrockuptibles, par Mathieu Dejean le .. Parmi les , il rejoint ses « troupes de choc », qui mènent, comme celles de la Ligue communiste, des actions d'éclat comme planter le drapeau palestinien sur l’ambassade de Jordanie à Paris pour protester contre l'attitude de l'armée jordanienne contre les Palestiniens de à , ou déloger une milice patronale à Poissy où elle est dirigée par Jean-Gilles Malliarakis"Penser dans l'urgence. Parcours critique d'un humanitaire. Entretiens de Rony Brauman avec Catherine Portevin, aux Éditions du Seuil en 2021 .. Donnant coups de poing et coups de bâton"Rony Brauman : "Je faisais partie de la piétaille du maoïsme français" par Stéphane Lagarde sur Asyalist le ., il regrettera ensuite avoir participé à la sortie des usines de Renault-Billancourt à un passage à tabac de petits cadres à coups de manche de pioche et se souvient d'avoir refusé de participer à l'assassinat d'un policier infiltré, réclamé par Alain Geismar, dirigeant de la Gauche prolétarienne, qu'il quitte peu avant qu'elle ait en . Il devient alors infirmier de nuit dans une unité de cancérologie et reprend ses études.

Quand il découvre l’existence de Médecins sans frontières en 1972-1973, il , et la médecine de ce type lui semble surtout "Rony Brauman, poil à gratter de l'humanitaire", dans , le ..

Carrière Premières missions Rony Brauman se présente à Médecins sans frontières pour aller au Liban"De l'instrumentalisation de l'humanitaire à celle de la mémoire", Entretien avec Rony Brauman Gilbert Wasserman, dans la revue Mouvements en 2004 .. Il y est accueilli par Xavier Emmanuelli, qu'il a connu dans ses années militantes lorsqu'il était étudiant à l'hôpital Cochin, et celui-ci lui refuse par deux fois des missions en 1975 et 1978 en raison de son allure de gauchiste mais sans le lui dire "Médecins Sans Frontières. La biographie", par Anne Vallaeys, en 2004 aux éditions 9decins_Sans_Fronti%C3%A8res/XPS4Ounp2EAC?hl=fr&gbpv=1&dq=%22xavier+emmanuelli%22+communiste+cochin&pg=PT126&printsec=frontcover.. Il devient alors en 1976 médecin de bord sur un navire-câblier, poseur de câbles téléphoniques sous-marins le long de la côte occidentale de l'Afrique puis part en 1975-76 au Dahomey pour un remplacement chez comme médecin chef d’un petit hôpital de brousse catholique équipé d'un petit bloc chirurgical et d'un petit laboratoire, . Au cours de cette mission, il lit Cambodge année zéro de François Ponchaud, qui raconte le désastre khmer rouge, qu'il avait déjà . Il travaille ensuite à l’hôpital de Djibouti.

À son retour en France, en 1978, il voit une annonce de Médecins Sans Frontières qui cherche à recruter deux médecins pour la Thaïlande, qui accueille précisément des rescapés du désastre khmer rouge. Claude Malhuret, qui l'a aussi connu étudiant et qui , et Emmanuelli cette fois le recrutent, alors qu'il n'est ni militant. Il obtient ainsi sa première mission, de trois mois, et part après avoir été réformé du service militaire au bout de seulement un mois de classes« Entrer, rester en humanitaire : des fondateurs de MSF aux membres actuels des ONG médicales françaises » par Johanna Siméant-Germanos, dans la Revue française de science politique en 2001 .. Il est chargé par le Haut-Commissariat aux Réfugiés et Terre des Hommes de . C'est l'année où Bernard Kouchner engage le nom de MSF sur l'opération humanitaire L'Île de Lumière.

Juste après l'émission, « Les Dossiers de l'écran » du Archives de l'émission INA . sur le thème : « Cambodge, un peuple assassiné »« Le prince Norodom Sihanouk a fait sa rentrée sur les écrans de télévision français ». Compte-rendu dans Le Monde de l'émission « Les Dossiers de l'écran » du sur le thème : « Cambodge, un peuple assassiné » ., il est invité à déjeuner avec Xavier Emmanuelli, présidentMédecins Sans Frontières: La biographie, par Anne Vallaeys aux Éditions Fayard en 2014 ., et Claude Malhuret, secrétaire général de MSF, par le député UDF Jean-Pierre Pierre-Bloch, qui leur propose une « Marche pour la survie du Cambodge » à la frontière avec la Thaïlande, où entre novembre et décembre MSF double son nombre de médecins. L'épopée des hommes et des femmes qui ont inventé la médecine humanitaire par Olivier Weber en 2014 ., pour réclamer son ouverture à un convoi terrestre MSF.

Il devient le , à par mois, grâce à son expérience, opérant en « indépendant »Les intellectuels intègres, par Pascal Boniface, en 2013 chez Jean-Claude Gawsewitch Éditeur ., pour des missions exploratoires d'installation de dispensaires, de petits blocs. Il est amené à « Qu’est-ce qu’on fait là ? », entretien avec Rony Brauman le dans la revue Vacarme ., dans , notamment en Érythrée, pour des réfugiés éthiopiens du Soudan, au Pakistan pour des réfugiés afghans, au Honduras pour des réfugiés du Nicaragua et du Salvador, mais aussi en Thaïlande, à Djibouti, en Indonésie, au Cambodge et au Rwanda, à une époque où et la , car . Après le Cambodge, il estime que .

En 1980, il intervient au Tchad en guerre puis se rend en Ouganda, alors touché par une guerre et une famine, ses missions lui font prendre conscience de la nécessité pour une ONG de disposer de capacités d’expertise et d’action autonomes.

Président de Médecins sans frontières France Président de Médecins sans frontières France (de 1982 à 1994), Rony Brauman continue à exercer. Il est élu quatre ans après la scission de MSF qui a vu la plupart des fondateurs quitter l'association derrière Bernard Kouchner pour fonder Médecins du Monde, tandis que Claude Malhuret était élu président (1978). Celui-ci voulait doter MSF d'une structure permanente, avec des professionnels salariés, ce que refusait Kouchner, partisan de garder à MSF un caractère informel, bénévole. Pendant sa présidence (1982-1994), MSF multiplie par dix le volume des soins et leur budget en douze ans..

Lors de la Famine de 1984-1985 en Éthiopie, un collectif d'artistes donne naissance, en France, à l'association Chanteurs sans frontières qui enregistre en , la chanson SOS Éthiopie. Cependant, Rony Brauman observe que les secours humanitaires renforcent la politique de déplacement forcé du gouvernement éthiopien, grâce à des enquêtes menées par des ONG dans les camps de réfugiés du Soudan et de Somalie, pays voisins, avec une . Les paroles de Chanteurs sans frontières, écrites par Renaud, sont retouchées par Jean-Jacques Goldman pour tenir compte de ce point de vue.

Selon Claude Malhuret, Rony Brauman appelle les organisations humanitaires et les donateurs occidentaux à suspendre leur action, ce dont le prix est l'expulsion de MSF d’Éthiopie, estimant faire « face à une campagne de désinformation », ce qui sera ensuite contesté par Claude Julien dans Le Monde diplomatique en ..

Effectuant à cette occasion son apprentissage du débat public, en pleine guerre froide, Rony Brauman déplore qu'au lieu de dénoncer cette situation, le chanteur Bob Geldof, animateur de , ait mis , et se sent , avec qui ses relations se dégraderont ensuite . Au même moment est fondée par MSF début 1985 la fondation Liberté sans frontières, dont la présidence est confiée à Claude Malhuret, directeur de MSF, et dans laquelle il s'investit, notamment pour organiser un colloque, destiné à , à la suite de qui convergent vers . Les expériences du Cambodge puis de l’Éthiopie, où les « dons ont été massivement accaparés par le régime prosoviétique » d’Addis-Abeba, sont selon lui . Celle-ci estime dès 1987 que La dette catastrophe ou mutation. Fondation Liberté sans frontières, 1987, par François Jean .. Il est ensuite directeur de recherches de ce qui devient la « Fondation Médecins Sans Frontières ».

Après la présidence de MSF