Jeanne Galzy, pseudonyme de Jeanne Louise Baraduc, née le à Montpellier et morte le à MontarnaudArchives départementales de l'Hérault, commune de Montpellier, année 1883, acte de naissance (avec mention marginale de décès)Archives Municipales de Montpellier, année 1977, transcription de l'acte de décès de la mairie de Montarnaud, est une femme de lettres française. Romancière et biographe, elle est aussi poétesse, essayiste, dramaturge, critique littéraire, et membre du jury du prix Femina.
Biographie
Louise Jeanne Baraduc naît le à Montpellier. Ses parents sont Léon Baraduc, négociant en mercerie de gros, et Émilie Blanche Guillot, fille d'un opticien. Galzy est le nom de son arrière grand-mère. Sa sœur cadette Berthe a écrit deux romans pour enfants.
Jeanne grandit à Montpellier dans un milieu protestant. Elle effectue sa scolarité secondaire dans le premier lycée public de jeunes filles (actuel Lycée Clemenceau) en France, puis entame des études supérieures en "auditrice bénévole" (auditrice libre) à l'Université de Montpellier. Elle poursuit ses études supérieures à l’École normale supérieure de jeunes filles de Sèvres de 1907 à 1911. Elle y obtient l'agrégation féminine de lettres en 1911Raymond Huard, Jeanne Galzy, romancière, ou, La surprise de vivre, Inclinaison, 2009, ..
Professeur de lettres de 1915 à 1943, elle est la première femme à enseigner dans un lycée de garçons à Montpellier pendant la Première Guerre mondiale. Elle publie son premier roman L'ensevelie en 1911 sous le nom asexué de J.Galzy.
Lesbienne, Jeanne Galzy entretient une liaison avec l'actrice Caroline-Eugénie Segond-Weber (1867-1945), de 1921 environ jusqu'à la mort de cette dernière en 1945.
Jeanne Galzy meurt le à Montarnaud et est inhumée au cimetière protestant de Montpellier.
Œuvre littéraire Jeanne Galzy écrit à propos de l'époque qu'elle traverse, sur ses propres expériences, décrivant avec sensibilité le quotidien de ses contemporains. Elle place la majorité de ses romans dans sa région natale. Montpellier est ainsi évoqué dans au moins onze de ses romans. Jacques Angleviel, auteur d'un mémoire "sur la vie montpelliéraine du siècle à la Première Guerre mondiale" fait de Jeanne Galzy la " Mauriac du Languedoc"Jacques Angleviel, Montpellier, du second Empire à la guerre de 1914-1918, d’après l’œuvre de Jeanne Galzy. Mémoire de maîtrise, gérard Cholvy dir. Université Montpellier 3.1982.
Les romans de Jeanne Galzy sont souvent considérés comme des romans à clef, traduisant ses expériences personnelles. Ainsi, dans La Femme chez les garçons ou L'Initiatrice aux mains vides, elle est considérée comme racontant sa propre vie d'enseignante à Paris, et de même, Les Allongés ou Le retour dans la vie sont censés traiter de son expérience de la maladie de Pott. Jeanne Galzy elle-même a résisté à une telle lecture (appelée "sophisme autobiographique" par les critiques littéraires), prétendant qu'écrire des romans lui permettait un détachement de la réalité. Dans Les Allongés, par exemple, les lecteurs devraient trouver, outre un éventuel lien biographique, "une investigation métaphysique plus générale et une validation de la souffrance humaine". Les critiques notent cependant que le déni explicite du roman à clef est souvent un geste rhétorique ; un tel déni est donné en première page de Jeunes Filles en serre chaude, un roman d'"amour intergénérationnel" (entre professeur et élève) dans un "contexte pédagogique" similaire aux expériences de Jeanne Galzy à l'École normale supérieure qui s'interroge sur "l'adéquation des possibilités éducatives contemporaines pour les jeunes femmes"...
En 1969, elle commence une tétralogie située en Camargue, dans le milieu protestant au début du , La Surprise de vivre. Dans les Nouvelles littéraires parues le , Jean d’Ormesson écrit à propos du roman Les sources vives, tome 2 de la saga La surprise de vivre :
Jeanne Galzy jouit d'une certaine popularité et reconnaissance littéraire. Elle est membre du salon de Natalie Clifford Barney et est lue par des écrivains tels que Colette ou Marguerite Yourcenar. On sait qu'elle entretient une correspondance active avec ces dernières. Hélène de Monferrand a notamment été fortement influencée par Jeanne Galzy. À l'image d'autres femmes écrivains de sa génération (la période de l'entre-deux-guerres), Jeanne Galzy a souffert de l'indifférence de la critique qui a déclaré à son propos qu'elle "méritait d'être mieux connue aujourd'hui", ce que l'on retrouve dans de nombreuses publications à son sujet. Son œuvre, ainsi que celle d'autrices comme Marguerite Audoux et Catherine Pozzi, est relativement méconnue aujourd'hui et beaucoup de ses livres ne sont plus imprimés. vignette|Plaque en mémoire de Jeanne Galzy installée le 11 juin 2022 par la ville de Montpellier Jeanne Galzy devient membre du jury du Prix Femina en 1945, alors présidé par Madeleine Saint-René Taillandier, et le reste jusqu'à sa mort en 1977.
Le Prix Femina 1923 Durant ses premières années d'enseignement, Jeanne Galzy souffre d'une tuberculose osseuse (maladie de Pott ou mal de Pott) qui la conduit en convalescence à Berck. Elle se sert de cette expérience pour écrire Les Allongés, qui emporte le Prix Femina en 1923, devant Henry de Montherlant et Joseph Kessel.
Le lesbianisme Le lesbianisme est un thème récurrent dans sa production littéraire.Trois romans écrits relativement tôt dans la carrière de Jeanne Galzy explorent le désir lesbien, L'Initiatrice aux mains vides, Les Démons de la solitude et Jeunes Filles en serre chaude, écrits entre 1929 et 1934. Selon un critique, Jeanne Galzy n'aurait pas initialement abordé le lesbianisme comme une question de genre mais comme un problème d'impératif social contre l'expression d'une attirance pour le même sexe :
vignette|Vue de la plaque posée en mémoire à Jeanne Galzy.jpg (page de description) L'Initiatrice aux mains vides met en scène une institutrice développant des sentiments de plus en plus intenses pour une de ses élèves. Dans Les Démons la solitude, un père et sa fille (qui a déjà une amie intime) tombent amoureux de la même femme. Jeunes Filles en serre chaude est de loin le roman le plus explicite des trois : une relation se développe entre une élève et sa professeure, dans un amour possible qui sera finalement frustré. Jeunes Filles en serre chaude se voulait le portrait des élèves de l'École normale supérieure de Sèvres ; l'école était réputée être un "vivier de relations homosexuelles", et avait déjà fait l'objet d'un roman explorant le désir homosexuel, Les Sévriennes (1900) de Gabrielle Reval.
Plus tard dans sa carrière, Jeanne Galzy reviendra sur le thème lesbien dans la série de romans publiée sous le titre La Surprise de vivre (1969-1976).
Raymond Huard, dans la biographie qu'il lui consacre, précise que le lesbianisme de Jeanne Galzy lui permet de décrire les femmes avec une grande sensualité:
Distinctions
Prix littéraires
1913 Prix Montyon pour L'ensevelie 1919 Prix Montyon pour La Femme chez les garçons 1923 Prix Femina pour Les Allongés 1928 Prix d’Académie pour Sainte Thérèse d'Avila 1931 Prix Brentano pour L'initiatrice aux mains vides 1950 Prix Alice-Louis Barthou pour l'ensemble de son œuvre
Décorations honorifiques
1922 1932 .
Hommages posthumes Son nom est donné à :
un bâtiment de l'Université Montpellier III un Club de loisirs pour le troisième âge à Montpellier une impasse à Montpellier une impasse à Jacou une rue à Baillargues une plaque en sa mémoire est posée à Montpellier au de la Grand'Rue Jean Moulin, adresse de sa maison natale
Liste d’œuvres
L'Ensevelie, Mercure de France, 1911. Les Allongés, F. Rieder et cie, 1923 ; rééd. Ferenczi et fils ; rééd. Gallimard, 1975. Prix Femina 1923. La Femme chez les garçons, F. Rieder et cie, 1924 ; réédition Ferenczi et fils, 1932 La Grand Rue, Rieder et cie, 1925 ; réédition Ferenczi et fils. Le Retour dans la vie, F. Rieder et cie, 1926 ; réédition Ferenczi et fils. Sainte Thérèse d'Avila, 1927. L'Initiatrice aux mains vides, Ed. Rieder, 1929. Jeunes filles en serre chaude, Gallimard, 1934. Le Village rêve, NRF, 1935. Catherine de Médicis, NRF « Leurs figures », 1936. Les Démons de la solitude, Rieder, 1936. Margot, reine sans royaume, NRF « Leurs figures », 1939. Les Oiseaux des îles, NRF, 1941. Pays perdu, NRF, 1943. Diane de Ganges, Lyon, Gutenberg, 1945 ; rééd. sous le titre Le Dieu terrible, Diane de Ganges, SEPE, Paris, 1949. La Cage de fer, NRF, 1946. Vie intime d'André Chénier, Les éditions de la Nouvelle France, 1947 George Sand, Julliard, 1950. La Femme étrangère, 1950. L'Image, Gallimard, 1952. La Jeunesse déchirée, 1952. Le Parfum de l'Œillet, Gallimard, 1956. Celle qui vint d'ailleurs, 1958. La Fille, 1961 Agrippa d'Aubigné, 1965 La Surprise de vivre La Surprise de vivre, Gallimard NRF, 1969 ; Double Interligne, 1997. Les Sources vives : la surprise de vivre II, NRF, 1971. La Cavalière : la surprise de vivre III, NRF, 1974 ; Double Interligne, 2000. Le Rossignol aveugle : la surprise de vivre IV, NRF, 1976. J'écris pour dire que je fus... Poèmes 1910-1921, Inclinaison, 2013
Voir aussi Bibliographie
Biographies sur Jeanne Galzy . Jeanne Galzy, romancière languedocienne 1883-1977, Catalogue de l’exposition présentée à la Bibliothèque du Carré d’Art de Nîmes, 1997. .
Ouvrages généraux
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Articles
Dieudonné Giraut, " Grand’rue, le souvenir de l’écrivain Jeanne Galzy", Cahiers de la Grand'Rue - volume "La Grand’rue, il y a cinquante ans, 1987.
Articles connexes Littérature lesbienne Romans de Jeanne Galzy
Liens externes
La Bouquinerie Photo et résumés. Archives de l'INA "Information Première : émission du " Vidéo de la conférence donnée à pierresvives le pour la journée des droits de la femme, par Michèle Verdelhan et Raymond Huard Un portrait de Jeanne Galzy disponible sur Le portail de la généalogie protestante en France. Une visite virtuelle autour de l’œuvre et de la vie de Jeanne Galzy via une application mobile proposée par les Archives départementales de l'Hérault. Exposition virtuelle réalisée par les Archives départementales de l'Hérault
Notes et références
Crédit d'auteurs
Jeanne Galzy Catégorie:Romancière française du XXe siècle Catégorie:Romancière française dont l'œuvre est marquée par les thèmes LGBT Catégorie:Poétesse française du XXe siècle Catégorie:Essayiste française du XXe siècle Catégorie:Dramaturge française du XXe siècle Catégorie:Critique littéraire française Catégorie:Biographe française Catégorie:Lauréat du prix Femina Catégorie:Autrice de littérature lesbienne Catégorie:Lauréat du prix d'Académie Catégorie:Lauréate de l'agrégation féminine de lettres Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur Catégorie:Élève de l'École normale supérieure de jeunes filles Catégorie:Personnalité liée à Sèvres Catégorie:Nom de plume Catégorie:Naissance en septembre 1883 Catégorie:Naissance à Montpellier Catégorie:Décès en mai 1977 Catégorie:Décès dans l'Hérault Catégorie:Décès à 93 ans Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière protestant de Montpellier