Le tramway de Versailles à Maule (TVM) est une ancienne ligne de tramway à vapeur appartenant au département de Seine-et-Oise. Construite initialement à voie métrique et longue de , elle reliait la gare de Rive-Droite à Versailles au centre-ville de Maule (Yvelines).
Le tramway assurait le transport des voyageurs et des marchandises et était renommé pour ses nuisances sonores et olfactives, ses retards légendaires et son déficit d'exploitation.
Histoire vignette|droite|La gare du tramway à Meulan. Messieurs Perrichon et Gallotti, constructeurs de chemins de fer et de tramways, obtiennent en 1896 du département de Seine-et-Oise la concession pour une durée de 50 ans d'une ligne de tramway entre Versailles et Maule. Celle-ci reprend une partie des infrastructures du tramway d'Épône à Mareil-sur-Mauldre, inexploité depuis 1883 à la suite de la faillite de son exploitant.
Cette concession consiste à construire aux frais du département et exploiter, aux risques du concessionnaire, une ligne de tramway entre ces deux villes pour le compte du département de Seine-et-OiseArticles 3 à 8 de la concession annexée à la déclaration d'utilité publique de la ligne.. La ligne, déclarée d'utilité publique par décret du . est mise en service en 1899.. Les promoteurs de la ligne cèdent leurs droits à une compagnie dédiée, la compagnie française des tramways à vapeur de Versailles à Maule.
Dès l'origine du fonctionnement de la ligne, les habitants de Bailly et Noisy-le-Roi se plaignent du bruit, de la vitesse du train, alors jugée excessive, et de la fumée âcre et nauséabonde de la locomotive Pinguely.
vignette|gauche|Tramway Versailles-Meulan s'engageant sur le grand pont de Meulan en direction des Mureaux.
En 1909, obtiennent la concession d'un prolongement jusqu'à Meulan., sur Gallica., dans le cadre de la mise en place du réseau départemental de Seine-et-Oise, de chemin de fer secondaire à voie normale, pour laquelle ils créent la compagnie des Chemins de fer de grande banlieue.
La ligne du Versailles-Maule est reprise par cette compagnie et transformée à l'écartement normal en 1913, toujours pour le compte du département. Elle est intégrée au réseau nord pour former une liaison de entre Versailles et Magny-en-Vexin.. A cette date, l'histoire se confond avec celle des Chemins de fer de grande banlieue. La voie métrique disparait et le matériel roulant vendu.
Durant et après la Première Guerre mondiale, du au , le trafic est interrompu, à la suite de la réquisition des employés, celle du matériel roulant et des rails utilisés pour l'effort de guerre.
Dans l'entre-deux-guerres, le chemin de fer, qui constituait jusqu'alors la seule solution efficace pour assurer les déplacements interurbains, est de plus en plus concurrencé par les transports routiers, que ce soit les (rares) voitures particulières, les autocars et les camions. Le déficit des lignes de chemins de fer et de tramways croît, aggravé par l'inflation qui apparait à la fin de la Première Guerre mondiale et les premières conquêtes sociales.
Afin de réduire le déficit et d'améliorer les performances de la ligne pour le transport des voyageurs, en 1924, la compagnie des Chemins de fer de grande banlieue remplace les trains par des autorails à essence.
En , face à la situation, le Conseil Général prévoit de fermer une grande partie du réseau de Seine-et-Oise, mais sa décision est suspendue par la Seconde Guerre mondiale et le chemin de fer devient le seul moyen de déplacement de la population face à la pénurie de carburants et de matières premières.
Le trafic a définitivement cessé en 1944 et la ligne est déclassée en 1951.
En 2025, la ligne (Anciennement 17S) du réseau de bus Centre et Sud Yvelines est manifestement, compte tenu de ses deux terminus, un lointain successeur de cette ancienne ligne de tramway.
Infrastructure vignette|Le tramway à son terminus de Maule. La ligne Le tracé de la ligne est défini par le décret du comme suit, selon la toponymie de l'époque :
La ligne entre Versailles et Maule () est ouverte : de Versailles à Noisy-le-Roi, le ., de Noisy-le-Roi à Maule, le .
Elle est prolongée de Maule à Bouafle et à Meulan () en 1909, portant la ligne à .
Il existe deux sections partagées avec la voie normale. Au départ de Versailles, voie à trois files de rail avec les tramways Versaillais et pour la traversée du pont de Meulan, section partagée avec la compagnie des CGB, ligne de Saint Germain en laye à Maules.
En 1913, la ligne, construite à l'écartement métrique et gabarit étroit, est convertie à l'écartement normal. Les sections à construites à double écartement disparaissent. Seule la voie normale est alors utilisée.
Gares et stations Les stations disposaient de petits bâtiments sur fondations de meulières, faits d’une alternance de maçonnerie et de briques sur quatre ou cinq rangées. La station de Noisy-le-Roi (face à la poste actuelle) était équipée pour la prise d’eau des locomotives.
Le cahier des charges de la concession prévoyait la création d'une gare de marchandises à Versailles, dite Gare des Marais, les gares de Noisy-le-Roi-Grande-Ceinture, Saint-Nom-la-Bretèche, Feucherolles, Crespières, Mareil-sur-Mauldre et Maule disposant d'un bâtiment pour les voyageurs et les marchandisesArticle 11 du cahier des charges de la concession, du Bulletin des lois..
Raccordement aux autres réseaux La ligne dispose en gare de Noisy-le-Roi-Grande-Ceinture d'installations d'échange avec la ligne de Grande Ceinture, où se faisait le chargement des matériaux destinés aux entreprises voisines.
Le cahier des charges prévoyait que la Gare de Maule serait également une gare d'échange lors de la mise en service de la ligne de Plaisir - Grignon à Épône - Mézières.
Exploitation Le cahier des charges de la concession prévoyait la circulation d'au moins trois trains, d'une longueur maximale de , par jour dans chaque sens. La vitesse était limitée à sur l'accotement des routes, à sur les sections en site propre et à dans la traversée de villagesArticles 14 et 15 du cahier des charges de la concession, du Bulletin des lois..
Le tramway, qualifié de « Tacot », mettait pour rallier Versailles à Maule. Le premier train quittait Versailles à , passait à Bailly à , à Noisy à et arrivait à Maule à . Cette lenteur s'expliquait par le fait que la compagnie faisait circuler des trains mixte, c'est-à-dire composés de voitures à voyageurs et de wagons à marchandises. Dans chaque gare, le train s'arrêtait le temps nécessaire pour décharger les marchandises ou laisser en gare un wagon en attente de chargement ou de déchargement. vignette|center|upright=2|Chemins de fer de grande banlieue - Horaires de mai 1914.
Trafic voyageurs La ligne dessert la plaine de Versailles et facilite les déplacements.
Début 1900, le trafic est renforcé les dimanches et jours fériés pour permettre aux Versaillais à se rendre à la campagne. À la station de Saint-Nom-la-Bretèche, un omnibus les conduisait à l’orée de la forêt de Marly.
En 1909, des trains spéciaux furent même affrétés en soirée entre Saint-Nom et Versailles, pour permettre à la population d’assister au spectacle des Grandes eaux.
Trafic marchandises A une époque où les transports routiers étaient rares, la ligne joue un rôle majeur pour favoriser le développement des industries locales, essentiellement la sucrerie de Chavenay (1871-1931), la briqueterie de Feucherolles (1828-1954) et la fabrique de cannes de Maule, générant un important trafic de marchandises. Elle transporte également les « gadoues », déchets urbains compostés et utilisés comme engrais agricoles.
Matériel roulant vignette|Arrivée d'un tramway de Versailles à Maule.
Locomotives à vapeur Le matériel roulant est constitué de : , de type 020T, livrées par Pinguely en 1896L’évolution et l’apport des chemins de fer secondaires en traction électrique et thermique (automotrices et autorails), dans Revue d'histoire des chemins de fer, paragraphe 67., , de type 030T, livrées par Pinguely en 1898. , de type 030T, livrées par Corpet-Louvet en 1907.
Matériels et installations préservés L’ancienne gare de Feucherolles a été préservée. Racheté par la mairie en 2002 puis restauré en 2015 grâce à une subvention européenne, l'équipement s’appelle désormais « Maison de la Plaine » et abrite le siège de l’association patrimoniale de la Plaine de Versailles et du Plateau des Alluets (APPVPA)Élisabeth Gardet, article mentionné en bibliographie..
Notes et références
Bibliographie Henri Domengie et José Banaudo, les Petits trains de Jadis tome 4 : Nord de la France, éditions du Cabri, 1995,
. Cartes IGN au 1/50 000, Pontoise (1940), Versailles (1933).
Voir aussi
Articles connexes Chemins de fer de grande banlieue Tramway d'Épône à Mareil-sur-Mauldre Tramway 1 Paris - Versailles Tramways de Versailles
Versailles-Maule Catégorie:Histoire des Yvelines Catégorie:Transport à Versailles Catégorie:Maule Catégorie:Ancienne compagnie de chemin de fer secondaire en France Catégorie:Ligne de tramway de la CGB