Les cymbales antiques (parfois aussi appelées crotales) sont des instruments de la famille des percussions idiophones. Elles se présentent sous la forme de petits disques de diamètres variables, et reproduisent un peu la forme d'une cymbaleCrotales sur l'Encyclopædia Universalis. Les sons qu'elles émettent sont très cristallins, et ont la particularité de pouvoir être accordés.
Instrument ancien
Les crotales sont des anciens instruments de percussion de Grèce et d'Égypte formés de deux plaques métalliques (aussi appelées claquettes). Claude Debussy et Maurice Ravel s'en inspirent pour leurs partitions, afin de leur donner une couleur sonore asiatique ou antique.
Instrument moderne Le premier compositeur à en faire usage au est Hector Berlioz, qui fit réaliser les premiers instruments modernes pour le Scherzo de la reine Mab de sa symphonie Roméo et Juliette (1839), puis pour une danse exotique (« Pas des esclaves nubiennes ») au acte de son opéra, Les Troyens (1858).
Berlioz donne une description détaillée de l'instrument dans son Traité d'instrumentation et d'orchestration (1844) :
C'est à ce compositeur que l'on doit le terme « cymbales antiques », pour la raison qu'il expose lui-même dans son Traité. Aujourd'hui, les cymbales antiques se présentent par paires, ou sur une rangée de disques épais en bronze, soutenus par leur centre, qui peuvent se jouer frappés à l'aide de maillets ou d'une baguette de triangle. Cette dernière disposition présente un avantage, qui est de pouvoir frapper plusieurs notes dans un mouvement assez vif.
Dans ses Mémoires, Berlioz mentionne que pour le mouvement très rapide qu'il avait composé (à ), deux musiciens étaient nécessaires pour manipuler simultanément deux instruments. Lors d'un concert en Russie, en 1847, .
Charles Kœchlin ajoute, dans son propre Traité de l'orchestration (1941), que
Étendue Les cymbales antiques peuvent être employées sur toute l'étendue suivante (avec les intervalles chromatiques) : upright=1.5|center
Le son est produit en frappant le côté de la cymbale avec une baguette en métal ou en bois. L'instrument peut être suspendu à un fil pour une résonance prolongée, ou posé au sommet d'une tige verticale. Selon Charles Koechlin,
Emploi dans l'orchestre L'usage des cymbales antiques s'est peu à peu généralisé, à partir du Prélude à l'après-midi d'un faune de Claude Debussy (1894). Pour cette partition, Debussy emploie encore le terme « cymbales antiques ». Cependant, la quatrième pièce des Épigraphes antiques s'intitule « pour la danseuse aux crotales », en 1914. Ce second terme se confond parfois avec le précédent.
Parmi les grandes œuvres musicales du faisant appel aux cymbales antiques, il convient de citer : Le Sacre du printemps d’Igor Stravinsky (1913), Les Noces de Stravinsky (1923), L'Enfant et les Sortilèges de Maurice Ravel, Études antiques de Charles Koechlin, La Course de printemps, (du Livre de la jungle) de Charles Koechlin, Symphonie d'Alexandre Lokchine, Mantra de Karlheinz Stockhausen, From Me Flows What You Call Time de Toru Takemitsu, Folk Songs de Luciano Berio (1964), « Sons confondus », des Douze études d'interprétation pour piano et percussion de Maurice Ohana (1985) Short Ride in a Fast Machine de John Adams (1986) Origins de Brian Balmages (2024)
Bibliographie Traités d'orchestration , . Ouvrages cités , présentés par Pierre Citron.
Lien externe Illustration sonore des cymbales antiques
Notes et références Notes
Références
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