Pierre Paul Nicolas Henrion de Pansey, né le à Tréveray et mort le à Paris , est un juriste et homme politique français.

Biographie Son père, de petite noblesse parlementaire, occupe une charge dans la magistrature. Après le collège de Ligny, Pierre Paul Henrion fait des études de droit civil à la faculté de Pont-à-Mousson, à l’issue de quoi il est admis comme avocat au Parlement de Paris, le .

En 1770, il est remarqué par le succès qu'il obtient dans le procès d'un esclave noir, qui, amené en France par son maître, réclamait sa liberté. Son brillant plaidoyer pour « Roc, Nègre, homme né libre » est imprimé et lui vaut les compliments de Voltaire. Néanmoins, par gout de l'érudition, Il plaide rarement, préférant le travail d'avocat-consultant.

Pendant l'exil du Parlement de Paris, décidé par Louis XV à la suite du conflit provoqué par la réforme du chancelier Maupeou, Henrion revient vivre au château paternel de Pansey, près de Joinville. Il se fait appeler Henrion de Pansey pour se distinguer de son frère puîné, appelé Henrion de Saint-Amand (Tréveray, 1774 - Pansey, 1829).

Le , Henrion est initié à la loge des Frères zélés de Ligny-en-Barrois. Il est ensuite député de la grande loge Nahanet, puis au Grand Orient en 1774. De retour à Paris, Henrion publie en 1773, un Traité des fiefs de Dumoulin analysé et conféré avec d'autres feudistes, précédé d'un éloge de Charles Dumoulin. En 1775, il publie un mémoire en défense de Louis Sébastien Mercier privé de présenter une seconde pièce à la Comédie Française qui le fait remarquer, il reçoit un éloge chaleureux de La Harpe pour son ton de sagesse et de modération..

En 1789, il complète son traité par ses célèbres Dissertations féodales. Au début de la Révolution française, il quitte Paris et se retire à Pansey. Ayant perdu sa charge d'avocat, il rend service à ses compatriotes par des consultations juridiques et, après la Terreur, accepte certaines fonctions publiques dans l'administration centrale départementale de la Haute-Marne (an IV et V). En l’an VI, il devient professeur de législation à l'École centrale de Chaumont.

Sous le Consulat, en germinal an VIII (), Henrion de Pansey (encore dit de la Haute-Marne) est nommé juge au Tribunal de cassation. Dès lors, il se consacre à l'étude et aux commentaires des lois nouvelles : De la compétence des juges de paix (1805, en 1809, traduction en allemand et en italien), De l'autorité judiciaire en France (1810), où il démontre les bienfaits de la séparation des fonctions et définit une doctrine originale sur le contentieux administratif.

En 1810, il s'installe à l'hôtel de La Trémoille, au 50, rue de Vaugirard, à Paris, avec son neveu et sa nièce, le général de Pernety et son épouse Angélique Françoise née Henrion de Saint-Amand. Napoléon le nomme président de la chambres des requêtes, l'une des formations de la Cour de cassation et, en 1811, membre du Conseil de l'intendance du Domaine extraordinaire. Chevalier de la Légion d'honneur depuis 1804, lors de la création de l'ordre, il est promu officier le et commandeur le .

Il est fait chevalier de l'Empire par lettres patentes de , et baron d'Empire par lettres patentes du . Travailleur acharné (on dit qu'Henrion de Pansey resta douze ans sans dîner hors de chez lui, pour ne pas perdre de temps), c’est aussi un homme intègre et un esprit indépendant.

Henrion de Pansey devient, le , membre du Conseil d'État, tout en restant à la Cour de cassation.

Lors de la première Restauration, le gouvernement provisoire le nomme, le , commissaire au département de la Justice, fonction qu'il assume jusqu'au . Il est de nouveau nommé conseiller d'État en service extraordinaire, le , tout en demeurant président de la chambre des requêtes.

Mort à 87 ans, en pleine possession de ses moyens : Il est inhumé au cimetière du Montparnasse..

Le gastronome Brillat-Savarin cite à plusieurs reprises le président Henrion de Pansey dans sa Physiologie du goût, dont XXV . J. Béliard lui attribue deux autres aphorismes célèbres : Et, plus loin, .

, le qualifie de héros gastronomique du premier Empire.. Lucien Tendret, dans La table au pays de Brillat-Savarin le classe au rang des gastronomes illustres … qui ont tous été des hommes d'esprit.. Il rapporte également, au sujet de Brillat-Savarin, qui avait pour ambition de faire de la gastronomie une science, qu'elle est aussi un art et une pratique, le Président Henrion de Pansey s'adressant à lui ajoutait finement

Jean Vitaux ne donne pas sa source quand il affirme qu'il eut pour cuisinier Nicolas Doyen, inventeur du foie gras truffé..

Armoiries Règlement d'armoiries de Chevalier de l'Empire :

Règlement d'armoiries de Baron de l'Empire :

Publications Traité des fiefs de Dumoulin analysé et conféré avec d'autres feudistes, 1773. Dissertations féodales, 1789. De la compétence des juges de paix, 1805 ; éd., 1809 ; . Des biens communaux et de la police rurale et forestière, par le président Henrion de Pansey, , Paris, T. Barrois père et B. Duprat, 1833, in-8º, -32-517 p. Rédaction d'articles sur le droit féodal pour les volumes Jurisprudence de l’Encyclopédie méthodique.

Notes et références

Bibliographie . Pierre-Aubin Paillart, Éloge de M. le baron Henrion de Pansey, Premier président à la Cour de cassation,… prononcé à l'Académie de Stanislas… Séance du , par M. Paillart,…, 1856. .

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