Louis Blériot, né le à Cambrai et mort le à Paris, est un constructeur de lanternes d'automobiles, d'avions, de motocyclettes et de chars à voile, et un pilote précurseur et pionnier de l'aviation française.

Ingénieur de l'École centrale Paris (promotion 1895), il a déposé plus de cent brevets d'inventions« Blériot louis », sur worldwide.espacenet.com., dont celui du manche à balai ou « cloche Blériot » en 1907, dont la paternité est revenue finalement à Robert Esnault-Pelterie en 1919Icare, , Blériot..

Il vole pour la première fois en 1907 dans un avion de sa conception. En 1909, il obtient le brevet de pilote délivré en France devenant ainsi le premier aviateur breveté au monde.. Entre 1905 et 1909, il a produit onze prototypes dont le avec lequel il est le tout premier à traverser la Manche en avion le .

vignette|220x220px|Portail de l'ancien Hôtel de Simencourt à Cambrai où est né Louis Blériot

Biographie Louis Blériot naît le du mariage de Louis Charles Blériot et Clémence Marie Eugénie Candeliez.., tous deux Cambrésiens, au En 2017, la rue de l'Arbre-à-Poires a pour nom rue Sadi-Carnot. à Cambrai (actuelle rue Sadi-Carnot).

Il commence ses études à l'Institution Notre-Dame en 1882. En 1887, il quitte Cambrai pour le lycée d'Amiens, le collège Sainte-Barbe à Paris puis l’École centrale des arts et manufactures, où il est admis en 1892.

Ingénieur diplômé de l’École centrale (promotion 1895), il entre chez Baguès puis effectue son service militaire dans l'artillerie à Tarbes au d'artillerie comme sous-lieutenant puis lieutenant de réserve au d'artillerie..

Au terme de sa carrière industrielle, Louis Blériot passe la main avant de mourir précocement le , à son domicile au , emporté par une crise cardiaque... Il est enterré au cimetière des Gonards à Versailles..

Activité industrielle et découverte de l'aviation thumb|Action des Établissements L. Blériot en date du 27 septembre 1905.

Les Établissements L. Blériot qu'il a créés connaissent un succès certain dans la fabrication de phares à acétylène pour l’industrie automobile alors en pleine expansion.

Découvrant l'Éole de Clément Ader, il se lance dans la fabrication d’un premier modèle d'aéroplane :

thumb|left|Blériot N I à ailes battantes, image de L'aviation triomphante, Gallica.

le Blériot I est un oiseau mécanique à ailes battantes, d' d'envergure, pesant et mû par un moteur léger à acide carbonique de son invention fournissant environ deux chevaux (image ci-dessous). En , ce modèle s'envole. Cette est également marquée par sa rencontre avec Ferdinand Ferber, à qui il voue une sincère admiration.

En 1903, il travaille avec le mécanicien et futur aviateur Julien Mamet, avec qui il préparera la traversée de la Manche, en 1909.. L'écrasement au sol de plusieurs prototypes lui vaudra les surnoms peu flatteurs de « Roi des paquerettes » ou de « Blériot la casse » par la presse de l'époque. Il réalise les appareils suivants : Blériot II. En 1905, découvrant les travaux de Gabriel Voisin par l'entremise de Ferdinand Ferber, Blériot demande à Voisin de lui construire un planeur ; Blériot III (Blériot-Voisin I). Ils fondent en ce mois de le premier atelier d'aviation français « Blériot & Voisin » dans lequel Blériot se donne le rôle de concepteur et Voisin joue celui de mécanicien. Le est dépourvu de moteur. Remorqué sur la Seine par le canot Antoinette, il capote après s'être brièvement détaché de l'eau à la suite d'un coup de vent ; Blériot IV (Blériot-Voisin II). Ayant besoin d'un moteur et grâce à Ferber, il rencontre Léon Levavasseur qui est soutenu financièrement par Gastambile et Mengin. Il le décide à créer une société anonyme de construction de moteurs Antoinette dans laquelle il s'investit financièrement et place son frère Maurice Blériot comme administrateur. Après avoir équipé le précédent modèle d'un moteur Antoinette et ayant cédé à Voisin qui est contre les ailes en ellipses, il construit le , un hydravion qui ne connaît pas le succès. Ayant failli se noyer lors des essais précédents, Gabriel Voisin refuse de nouveaux essais sur la Seine ; Blériot IV bis. C'est un Blériot IV modifié, avec des roues à la place des flotteurs« Blériot IV », sur aviafrance.com.. Le concepteur essaye sa création le sur le terrain de la plaine de jeux de Bagatelle attenant au parc de Bagatelle mais il brise son appareil contre une pierre et un caniveau alors que son concurrent brésilien Santos-Dumont réussit un vol de ce même jour au même endroit. C'en est fini de l'association Blériot-Voisin.

Prototypes

En 1907, Blériot installe un atelier d'avionnerie boulevard Victor-Hugo à Neuilly, engage du personnel et fait fabriquer à ses frais de nombreux modèles d'avions dont : Blériot V : construit en 1907, monoplan à configuration canardPlan 3 vues du Blériot V dans la revue L'Aérophile en 1907 .. Le , Blériot essaie son monoplan dénommé « le Canard », de la nomenclature Blériot. Les ailes, gauchissables et incurvées, rappellent par leur profil l'aile de certains oiseaux planeurs. L'hélice du moteur Antoinette de est placée à l'arrière de l'appareil, tandis que la gouverne de profondeur est placée à l'avant.

Tandis que les appareils précédents avaient été pilotés par le contremaître Peyret (chef d'atelier de Louis Blériot dont l’atelier était situé boulevard Victor-Hugo à Neuilly), c'est désormais le constructeur qui pilote lui-même ses œuvres. Le Canard, doté d'une grande vitesse pour l'époque, parvient à quitter le sol avant qu'une fausse manœuvre ne lui fasse piquer du nez et n'entraîne son écrasement le . Blériot VI : , avion à ailes en tandem, surnommé « la Libellule ». C'est un biplan inspiré du type de Langley, avec deux ailes en tandem, pour une surface totale de seulement . Le fuselage est entièrement recouvert de papier verni. Les bouts d'ailes sont pivotants pour le contrôle latéral ; le gouvernail de direction est à l’arrière, mais il n'y a pas de gouverne de profondeur, le contrôle en tangage devant s'effectuer par déplacement du corps du pilote (le siège est coulissant). Les roues principales peu écartées du sont remplacées par deux roues plus écartées. La partie arrière du fuselage est soutenue par une troisième roue axiale. Le moteur Antoinette de est placé à l'avant. Blériot effectue en un premier vol de , ce qui l'encourage à doter l'appareil d'un moteur plus puissant de . Au cours d'un essai le , l'appareil parcourt et atteint une hauteur de lorsque le moteur s'arrête brusquement. L'appareil descend alors avec une forte pente, Revue Icare Blériot, , .. Les ailes et le fuselage de l'appareil sont brisés. Blériot VII : , monoplan entraîné par un moteur Antoinette de , hélice à quatre pales. Le est dérivé du précédent ; c'est plus exactement un monoplan à grand empennage, à ceci près que les ailes arrière sont maintenant mobiles et servent pour le contrôle en tangage et en roulis. Cet avion qui semble bien avoir été une conception personnelle de Blériot « est le prototype de toute l'aviation moderne »C. Dollfus, H. Beaubois et C. Rougeron, L'Homme, l'Air et l'Espace, Naissance de l'aviation, Louis Blériot, . : il comportait en effet un fuselage totalement recouvert, des ailes basses, une hélice tractrice montée sur un moteur intégré au fuselage, un atterrisseur classique et des gouvernes arrière. Avec un moteur de , il réalise quelques vols dont un de le , à une vitesse élevée de . Une fois de plus, l’appareil est accidenté à l’atterrissage en raison de l’exiguïté du terrain d’Issy-les-MoulineauxLa Vie au Grand Air, , 29 février 1908.. Blériot VIII : construit à partir du entre février et , il possède un corps fuselé quadrangulaire de dix mètres de long, deux ailes de d’envergure, réduite progressivement à . Le contrôle en roulis est obtenu par des parties pivotantes autour d’un axe horizontal montées à l’extrémité des ailes. Les gouvernails de direction et de profondeur sont placés à l’arrière. Le moteur Antoinette de est placé à l’avant. Les deux roues du train principal placées en avant du centre de gravité sont montées sur un châssis élastique orientable. Ce modèle dispose du système de commande (la cloche Blériot) par manche à balai et palonnier qui s'est imposé par la suite. Les essais de cette version débutent à la mi- pour être interrompus à la suite d’incidents à l’atterrissage. Le , l'appareil est détruit au cours d'un accident de roulage. Le modèle IX, , diffère du précédent par le dispositif de gauchissement de l’extrémité arrière des ailes à la place des ailerons et par l’augmentation de la puissance du moteur. C'est un Antoinette de refroidi par eau. Essayé sans succès, il est abandonné. À cette époque (fin 1908), les autres pionniers (Voisin, Farman, Wright) volent sur biplanIcare Blériot, .. Le Blériot X est différent des modèles précédents de BlériotBlériot, Revue Icare, , 1979.. Inspiré des avions Farman et Wright, c'est un biplan de de surface portante avec gouvernail de profondeur à l'avant, stabilisateur et gouvernail de direction à l'arrière, surfaces verticales latérales placées entre les ailes (inspirées des avions de Ferber), châssis renforcé à roues analogue à celui des monoplans, moteur Antoinette de avec démultiplicateur 30/12. Il présente un volant inclinable combinant les contrôles de profondeur et les surfaces mobiles latérales. Cet appareil, présenté au Salon de l'aéronautique de 1908, n’a pas été terminé. Le Blériot XI de 1909 conçu par Raymond Saulnier est un appareil monoplan à fuselage partiellement entoilé, les ailes recouvertes de papier parcheminé. Il est animé d'abord par un moteur R.E.P, puis par un Anzani plus léger, tricylindre en étoile à soupapes automatiques développant . Ce petit appareil, d’une envergure de , effectue son premier vol le à Issy. L'envergure est augmentée, d'abord à puis à L'envol du , Louis Blériot, Maeght éditeur, page 109. ; ce modèle devient alors le célèbre de la traversée de la Manche. L'appareil a volé à Juvisy avant de couvrir en entre Étampes et Orléans, puis traverser la Manche. Blériot pensait que ce serait son dernier avion, car il était ruiné par ses inventions« J'ai construit le , le dernier vraisemblablement », Icare, , « Blériot, La dernière chance d'un homme ruiné par ses inventions », Michel Lhospice.. Sylla Laraque d'Haiti, riche entrepreneur du XIX siecle qui lanca la ville de Saint-Lunaire participa au financement du Bleriot XI. Le Blériot XII est un monoplan à aile haute plus grand que le précédent. Avec cet appareil, Blériot réalise le premier vol avec deux passagersL'Aérophile, 1909, . (le Brésilien Santos-Dumont et le Français ) le à Issy. Le , il bat le record du monde de vitesse sur un parcours de pendant la Grande Semaine d'aviation de la Champagne. à Reims, à la vitesse de . Le lendemain, l'avion est détruit à la suite d'une perte de contrôle.

Le manche à balai (la cloche Blériot)

Moteurs et premiers vols Louis Blériot entre en conflit avec Hubert Latham, le président de la société Antoinette, et Léon Levavasseur car leurs moteurs, malgré une conception prometteuse, sont impropres au vol. Blériot abandonne Antoinette et s'adresse au motoriste Robert Esnault-Pelterie de Billancourt pour équiper ses et XI et à la société de Courbevoie pour motoriser son . Mais le mauvais fonctionnement des moteurs REP le contraint, sur le conseil de son mécanicien Ferdinand Collin, à s’adresser à Alessandro Anzani, qui copie les moteurs tricylindres de refroidis par air, brevetés par Joseph-Ambroise Farcot, décédé.

Le , Blériot effectue son premier voyage aérien, de Toury (Eure-et-Loir) jusqu'à Artenay (Loiret), et retour... Pour réaliser ce vol historique d'environ (c'est le premier vol aller-retour entre deux villes) avec un , il lui aura fallu deux heures environ, marquées de deux pannes moteur..

Le , Louis Blériot participe au premier meeting aérien mondial au Champ d'aviation de la Brayelle avec son monoplan. Louis Paulhan y participe également sur biplan Voisin.