Ahmès (ou Iâhmès ou encore Ahmosé), dont le nom signifie « Née de IâhUn dieu lunaire. », est la grande épouse royale du pharaon et la mère de la reine-pharaon Hatchepsout, ainsi que d'une autre princesse morte en bas âge, Néféroubity.

Le nom théophore de la reine, construit sur celui de Iâh, est très courant dans la famille royale du début de la , et sera porté par la suite par de nombreux Égyptiens.

Titres

Ahmès est associée à une impressionnante série de titres : « Sœur du roi » (sn.t nsw.t), « Grande épouse royale » (ḥm.t nsw.t wr.t) et « Mère du roi » (mw.t nsw.t), « princesse héréditaire » (iry.t-pˁt), « Grande des louanges » (wr.t-hzwt), « Maîtresse de la Grande Douceur Bien-Aimée » (nb.t-bnrt-ˁȝ(t)-mrw.t), « Maîtresse de la Joie » (hnw.t-ndjm-jb), « Dame de toutes les Femmes » (hnw.t-hm.wt-nb.wt), « Maîtresse des Deux Terres (hnw.t-Tȝ.wy), « Compagne d’Horus » (zmȝy.t-hrw), « Compagne Bien-Aimée d’Horus » (zmȝy.t-hrw-mryt.f).

Généalogie

vignette|De gauche à droite : le prince Sipair, la reine Ahmès, la reine Tourès, la reine Henouttamehou et une dame dont le nom est en lacune tels qu’ils sont représentés dans la tombe de Khâbekhnet à Thèbes.

La reine porte les titres généalogiques de « sœur du roi », « grande épouse royale » et « mère du roi ». Elle porte dès le début du règne de le titre de « grande épouse royale », puis à partir de l'avènement d'Hatchepsout qu'elle porte le titre de « mère du roi ». Cependant, le titre de « sœur du roi » n'est attesté que sur deux documents : les stèles Berlin 15699 et 3/71.

Il est certain qu'elle a été l'épouse du roi et la mère d'Hatchepsout, qui deviendra la souveraine d'Égypte, et de la princesse décédée en bas âge Néféroubity. Sur les murs du temple des millions d'années de sa fille Hatchepsout à Deir el-Bahari, la reine est d'ailleurs mise en scène dans une longue inscription proclamant l'origine divine de sa fille, dite « scène de la théogamie », où elle est visitée par le dieu Amon qui a pris les traits de .

La reine a parfois été donnée comme la mère des princes Amenmès et Ouadjmès. Cependant, dans le cadre de la théorie d'un mariage entre Ahmès et à l'avènement de ce dernier, ces princes sont général considérés comme les fils de l'autre épouse connue de : la reine . En effet, le « fils aîné du roi » Amenmès est déjà connu comme « général en chef » en l'an 4 du règne de , ce qui implique une naissance avant l'avènement de ce dernier, le prince devant être au moins adolescent. Quant au prince Ouadjmès, une statue de a été retrouvée dans le petit temple funéraire du prince situé près du Ramesséum.

Origines

Son titre de « sœur du roi » du roi a fait l'objet de débats. Plusieurs hypothèses ont été émises pour expliquer la succession royale et les titres portés par les différents membres de la famille royale de l'époque : il a ainsi été supposé que la reine était la fille du roi et d'une reine IâhhotepCette hypothèse se basait sur une statue du Louvre (N 496) de la princesse Ahmès-Nebetta, qui l'identifie comme « fille de roi », « sœur de roi » et fille d'une reine Iâhhotep ; ainsi, Ahmès, épouse de , et Ahmès-Nebetta, fille de la reine Iâhhotep, était considérée comme une seule et même personne, faisant ainsi d'Ahmès la fille du roi . Aujourd'hui, Ahmès-Nebetta est considérée comme une fille du roi Seqenenrê Tâa et de la reine , ce qui fait d'elle une tante du roi (, , )., tandis que aurait été le fils du roi et de la concubine SénisénebCette hypothèse se basait sur un relief de la chapelle d'albâtre d' au temple d'Amon-Rê à Karnak montrant le roi et ensemble (). ; dans cette hypothèse, aurait épousé sa demi-sœur Ahmès pour légitimer son accession au trône, il a aussi été supposé que la reine était la fille du roi et de la reine Ahmès-Néfertary et donc la sœur du roi Cette hypothèse se basait sur une stèle découverte au Ouadi Halfa et reportant le décret royal de couronnement de , fils de la « mère du roi » Séniséneb ; sur le cintre de la stèle était représenté le roi rendant un culte à deux divinités et accompagné de son épouse Ahmès et de la reine Ahmès-Néfertary (, ). Cependant, la présence de l'épouse révérée d'Ahmôsis pourrait également signifier son soutien à cette passation du pouvoir qui n'était à priori pas évidente ()., , descendant d'une branche colatérale de la famille royale, aurait donc épousé la sœur de son prédécesseur pour légitimer son accession au trône.

Cependant, la reine Ahmès ne porte pas le titre de « fille du roi », et ce, malgré une documentation relativement abondante, ce qui exclut ces reconstructions généalogiques : en effet, cet honneur n'aurait pas été passé sous silence, selon la phraséologie royale, si elle avait été la fille d'un roi. Ainsi, le consensus actuel s'oriente bien plus vers un mariage entre frère et sœur ; elle serait alors, comme , la fille de la dame Séniséneb et d'un père non connu, pouvant être apparenté à la famille royaleEn effet, ces conclusions n'excluent pas la possibilité d'un lien familial moins direct avec les prédécesseurs de : Pascal Vernus et Jean Yoyotte, mais aussi Florence Maruéjol parlent simplement d'une Ahmès dont l'apparentement à la famille royale n'est pas assuré (, ), Jean-Claude Goyon évoque également la possibilité d'une adoption dans la famille royale ()., mariage qui n'aurait pu avoir lieu qu'après la montée sur le trône de .

Maternité divine vignette|La reine Ahmès enceinte d'Hatchepsout. Relief du temple de Deir el-Bahari.

Dans son souci de légitimer son pouvoir, Hatchepsout affirme sa divinité en représentant sa conception, des œuvres du dieu AmonLe pharaon fera de même au temple de Louxor, presque un siècle plus tard., sur les murs du temple qu'elle fait bâtir à Deir el-BahariParoi nord de la seconde terrasse.. Sa mère Ahmès y occupe un rôle central.

Dans cette scène de théogamie, le dieu Amon annonce sa décision de concevoir un enfant qui règnera sur l'Égypte, et envoie le dieu Thot vérifier l'identité de la génitrice, la grande épouse royale Ahmès. Puis, sous les traits du roi , le dieu rend visite à Ahmès, qui s'éveille au parfum de la divinité. Alors qu'Amon l'enlace, Ahmès reconnaît le dieu puis le couple s'unit. Si la relation amoureuse est représentée selon les règles en vigueur, avec beaucoup de pudeur et de retenue, elle est écrite en détail et sans équivoque. S'ensuit la conception de l'enfant promise à la royauté par le dieu-potier Khnoum et plusieurs autres divinités. Le dieu Thot revient alors devant Ahmès, sans doute pour lui annoncer la conception miraculeuse.

À l'heure de la délivrance, Ahmès est conduite par les dieux Khnoum et Héqet vers le lieu de l'accouchement. Enfin, dans la scène suivante, la mère Ahmès est assise sur un trône, dans une immense composition où les principales divinités liées à la naissance et à la vie sont représentées. Le reste de la scène a pour but de montrer la présentation de la fille d'Amon à son père, et sa reconnaissance. À gauche de la scène, Ahmès est représentée une dernière fois, alors qu'une suivante la recoiffe, pour signifier que l'enfantement, avec son cortège de douleurs, a bien eu lieu.

Serviteur

Un fonctionnaire nommé Iouf officiait comme « second prophète des redevances » de l'autel, portier du temple et prêtre. Il était également au service de plusieurs femmes de la famille royale. Il servit d'abord la reine , mère du roi , puis fut chargé de la restauration du tombeau profané de la reine Sobekemsaf, avant de devenir le serviteur de la reine Ahmès. Iouf rapporta que la reine Ahmès le nomma « scribe du scelleur du dieu » et lui confia l'entretien d'une statue de Sa Majesté.

Notes et références Notes

Références

Bibliographie

.

Articles connexes Place des femmes dans l'Égypte antique

Catégorie:Index égyptologique Catégorie:Grande épouse royale Catégorie:Enfant royal de l'Égypte antique Catégorie:Thoutmôsis Ier