Serge Dassault, né Bloch le à Paris et mort le dans la même ville, est un ingénieur, industriel, homme d'affaires milliardaire, patron de presse et homme politique français.

Fils de Marcel Dassault, il est chef d'entreprise dans l'industrie aéronautique et de l'armement, ayant notamment été président-directeur général du groupe Dassault Aviation. Il possède l’une des plus grandes fortunes françaises.

Engagé politiquement à droite (RPR, UMP, LR), il est notamment maire de Corbeil-Essonnes de 1995 à 2009 et sénateur de l'Essonne de 2004 à 2017.

Impliqué dans plusieurs affaires judiciaires, il est condamné en Belgique avec sursis pour corruption active dans le cadre de l'affaire Agusta et mis en examen ou condamné en première instance en France dans des affaires de blanchiment d'argent et d'achat de votes, dont les instructions sont interrompues par sa mort.

Situation personnelle Origines Second fils de Marcel Dassault et de Madeleine Minckes (elle-même fille de Hirch Minckès, juif lituanien de Wilno), il a un frère aîné autiste, Claude Dassault. Descendant de Moïse Allatini, originaire de Livourne, première fortune de Salonique et troisième fortune de l'Empire ottoman, et d'une famille juive alsacienne, originaire de Fénétrange en Moselle (Lorraine), il est le neveu de Darius Paul Bloch, général d'armée, du musicien Darius Milhaud et du pilote Nissim de Camondo.

En 1946, la famille Bloch (d'origine juive) adopte le patronyme Dassault puis, en 1950, se convertit au catholicisme. Ce nom deviendra un aptonyme avec les activités dans l'industrie aéronautique.

Seconde Guerre mondiale Serge Dassault effectue ses études secondaires au lycée Janson-de-Sailly de 1936 à 1939, puis au lycée Carnot de Cannes en 1940..

Serge, son père et sa famille sont arrêtés par la Gestapo, en mars 1944, et transférés d'abord à la prison Montluc puis au camp de Drancy. Il est reproché à Marcel Bloch ses sympathies gaullistes et son refus que ses sociétés apportent aux nazis leur savoir-faire, notamment sur la construction de ses avions d'observation, les Bloch MB.170 à MB.178. La famille est libérée quelques jours plus tard. Marcel Bloch est, en août 1944, déporté au camp de concentration de Buchenwald ; il est sauvé huit mois plus tard par Marcel Paul, membre de l'Organisation spéciale (OS), et par Albert Baudet, résistant breton.

Études et formation En 1945, il étudie en classes préparatoires au lycée Janson-de-Sailly : à l'issue de sa première année de « taupe » (mathématiques spéciales), il est admis à l'École centrale, mais pas à Polytechnique, qui est son objectif. Il décide alors de « repiquer » une année et s'inscrit, en , au lycée Saint-Louis qui a la réputation de mieux préparer au concours de Polytechnique qu'il passe avec succès en 1947. Il en sort , choisit le corps des ingénieurs de l'armement et suit en école d'application l'École nationale supérieure de l'aéronautique et de l'espace (Sup'Aéro), dont il obtient le diplôme en 1951.

Serge Dassault est également diplômé d'HEC Paris (Executive MBA, promotion 1963).

Vie privée et familiale Serge Dassault épouse Nicole Raffel (1931-2019) le La famille Dassault sur le site d'Olivier Dassault... Ils ont quatre enfants : Olivier, député de l'Oise jusqu’à sa mort dans un accident d'hélicoptère ; Laurent, chargé des investissements du groupe Dassault notamment dans la viticulture et co-gérant d'Artcurial Développement ; Thierry, spécialisé dans l'intelligence économique ; Marie-Hélène, responsable du mécénat.

Mort et funérailles Le , Serge Dassault succombe soudainement d'une défaillance cardiaque à son bureau au siège du groupe Dassault, sis au rond-point des Champs-Élysées-Marcel-Dassault, à Paris, à l'âge de 93 ans.

vignette|redresse|gauche|Tombe de la famille Dassault au cimetière de Passy.

Pour le président de la République, Emmanuel Macron, . Il est également salué par une partie de la classe politique française. Le président des Républicains, Laurent Wauquiez, salue le . Bruno Le Maire, ministre de l'Économie et des Finances, dans un communiqué officiel, affirme qu' ; il dit saluer . L'ancien Premier ministre socialiste Manuel Valls dit que et que c'est qu'il a appris sa mort. L'ancien candidat du Nouveau Parti anticapitaliste à l'élection présidentielle française de 2012 et à celle de 2017, Philippe Poutou estime pour sa part que Dassault était un et n'éprouve à l'annonce de son décès.

Ses obsèques sont célébrées le aux Invalides en présence de personnalités comme Valéry Giscard d'Estaing, Nicolas Sarkozy, François Fillon, Manuel Valls, Laurent Wauquiez, Michèle Alliot-Marie, Valérie Pécresse, Rachida Dati, François Baroin, Patrick Balkany, Gérard Larcher, Gérard Longuet, Éric Ciotti, Christian Jacob, Laurence Parisot et Pierre Gattaz. Le cercueil couvert d'une étoffe violette est porté par des militaires de l'Armée de l'air, de la Marine et de l'École polytechnique. Les honneurs militaires lui sont rendus ; le Premier ministre, Édouard Philippe, lui rend hommage, tout comme sa fille Marie-Hélène. Serge Dassault est ensuite inhumé dans le cimetière de Passy, aux côtés de son père.

Carrière professionnelle Dans l'industrie En 1951, à sa sortie de Sup'AéroDes "Supaeros" célèbres Sur le site isae.fr, il entre à « Générale aéronautique Marcel Dassault », comme ingénieur, au bureau d'études des avions de série.

vignette|Mirage III de l'armée de l'air suisse.

En 1954, il participe, en tant qu'ingénieur d'essai à la mise au point de prototypes et est nommé, un an plus tard, directeur des essais en vol, supervisant notamment les essais des Super-Mystère, Étendard, Mirage III et IV. En 1960, muté à la direction des exportations, il négocie la vente de Mirage III à l'Australie et à la Suisse et lance, en 1962, le Mystère 20 à l'exposition de la National Business Aviation Association de Pittsburgh. En 1963, il est nommé directeur général adjoint de l'Électronique Marcel Dassault dont il devient président-directeur général en 1967 et qui est renommée Électronique Serge Dassault en 1982.

Après plusieurs fonctions de direction dans le groupe, il est nommé, en 1987, à la suite de la mort de son père, président-directeur général de Dassault Industries, devenue depuis, le Groupe Dassault. La succession n'est pas évidente, car Serge Dassault ne jouit pas du même prestige que son père. Il n'était pas le fils préféré de son père pour sa succession. Le ministre de la Défense, André Giraud, fait ouvertement opposition à ce schéma successoral, souhaitant transformer au profit de l’État les statuts du groupe qui s’appelait alors Dassault-Breguet. Le ministre de la Défense donne donc consigne aux 6 représentants de l’État siégeant au conseil d'administration (composé de 12 administrateurs) de ne pas voter en faveur de Serge Dassault. À la stupéfaction, ce dernier est néanmoins élu, le , président du groupe lors d'une élection à bulletins secrets, un des représentants de l'État ayant voté dans le sens contraire sur demande expresse du président de la République, François Mitterrand, qui avait été convaincu dans ce sens par le général Pierre de Bénouville (ami le plus intime du père de Serge Dassault, mais toujours resté complice de François Mitterrand, qu'il connut enfant chez les jésuites d’Angoulême).

vignette|Dassault Rafale A A01 démonstrateur.

Il mène un long lobbying pour sauvegarder le financement du projet du nouveau chasseur multirôle Rafale, dont le développement est régulièrement remis en cause par les différents gouvernements successifs. Il arrive même de haute lutte à convaincre que la Marine nationale renonce à acheter des avions américains F-18 au profit du Rafale M pour équiper son futur porte-avions Charles-de-Gaulle.

En 1995-1996, alors que le Rafale peine à s'exporter, le Premier ministre, Alain Juppé, envisage d'unir l'avionneur Dassault avec Aérospatiale et le groupe britannique BAE. Serge Dassault soutenu par son personnel, lutte contre le projet de fusion pour préserver l'indépendance du groupe. L'échec de la droite aux élections législatives qui suivent la dissolution de l'Assemblée nationale, en 1997, met fin à ce projet.

Il mène la diversification du groupe vers les avions civils (Falcon), pour que le groupe soit moins dépendant des commandes militaires.

En 2000, atteint par la limite d'âge prévue dans les statuts de l'entreprise, il devient président d'honneur de Dassault Aviation. Le , il choisit Charles Edelstenne pour lui succéder à la tête du groupe.

Diversification De 1986 à 2018, Dassault a notamment produit : aviation militaire :

aviation civile :

Patron de presse vignette|Serge Dassault à l'université d'été du Mouvement des entreprises de France (2009).

Serge Dassault suit l'exemple de son père, éditeur en son temps de Jours de France.

Le , il devient président de la Socpresse, groupe publiant Le Figaro et les magazines du groupe Express-Roularta qui ont depuis changé de propriétaire. À ce titre, il devient l'actionnaire principal du Football Club de Nantes jusqu'à l'été 2007 et la relégation du club en Ligue 2 ; il revend le club à l'homme d'affaires franco-polonais Waldemar Kita pour une somme estimée de 8 à 10 millions d'euros.

Il refuse que son journal publie, en , un entretien avec Andrew Wang dans le cadre de l'affaire des frégates de Taïwan (l'entretien est finalement publié par Le Point du ). À la suite de ses propos sur la subordination du journal à son propriétaire, des troubles surgissent pendant quelques mois au sein de la rédaction. En , le journal Le Monde rapporte des témoignages de journalistes du Figaro qui se plaignent de la pression exercée par Serge Dassault sur la rédaction.

Le , à trois jours du premier tour de l'élection présidentielle, Nicolas Dupont-Aignan, qui fait partie des candidats, affirme avoir reçu des SMS de Serge Dassault lui demandant de retirer sa candidature au profit de François FillonDans un SMS, Serge Dassault lui aurait écrit : , et dans un autre SMS : . L'échange de SMS entre les deux hommes n'a pas été démentiLorsque le journal Liberation tente de joindre le directeur de la rédaction du Figaro, Alexis Brézet, ce dernier ne répond pas aux sollicitations. Puis Alexis Brézet s'exprime auprès de l'AFP, déclarant que le journal avait « accordé une large place à M. Dupont-Aignan ». Cependant, les journalistes du Figaro publient un communiqué dans lequel ils Le communiqué ajoute : Cf. . Le journal Le Monde estime cependant que . Un journaliste du Figaro rétorque que cela correspond au poids politique de Nicolas Dupont-Aignan.

Fortune La valorisation du groupe est, en 2018, dix fois celle de 1986. L'ensemble du groupe est constitué de Dassault Aviation, Dassault Systèmes, Dassault Falcon Service et d'une participation dans Thales. S'ajoutent au patrimoine : Le Figaro, l'Immobilière Dassault, le vignoble Château Dassault, la maison de vente aux enchères Artcurial, ainsi que diverses autres participations dans plusieurs entreprises.

En 2015, selon le journal français Challenges et d'après sa déclaration de patrimoine, Serge Dassault est la de France avec une fortune estimée à plus de 17,5 milliards d'euros..

En 2018, Forbes estime sa fortune à 19 milliards d'euros, ce qui le classe parmi les milliardaires français.

Parcours politique 1974-1983 : débuts Issu d'une famille proche de celle de Jacques ChiracÉmission Droit d'inventaire, diffusée le sur France 3., il adhère au Centre national des indépendants et paysans en . Il se présente aux élections municipales de 1977 à Corbeil-Essonnes face au député-maire sortant, Roger Combrisson. Dans cette ville communiste de longue date, ce dernier est confortablement réélu au premier tour. Malgré cet échec, Serge Dassault décide de se présenter aux élections législatives de 1978, mais il est battu de peu par Combrisson.