Vahid Halilhodžić, né le . à Jablanica en Yougoslavie (aujourd'hui en Bosnie-Herzégovine), est un footballeur international yougoslave reconverti en entraîneur. Depuis 1995, il possède la nationalité française.
Formé au FK Velež Mostar, l'attaquant remporte avec ce club la Coupe de Yougoslavie en 1981. Il est transféré au FC Nantes, avec lequel il est sacré champion de France en 1983. Il est le meilleur buteur du championnat lors de cette saison ainsi qu'en 1985. Il termine sa carrière de joueur au Paris SG lors de la saison 1987. Champion d'Europe en 1978 avec l'équipe espoirs, il est appelé à quinze reprises et inscrit huit buts pour le compte de l'équipe nationale yougoslave, avec laquelle il dispute le championnat d'Europe 1976 et la Coupe du monde 1982.
Devenu entraîneur, il dirige tout d'abord le FK Velež Mostar, son club formateur. Après un passage à l'AS Beauvais, il rejoint le Raja Club Athletic qui remporte sous ses ordres la Coupe d'Afrique des clubs champions en 1997 et le titre de champion du Maroc en 1998. De retour en France, il entraîne le LOSC Lille qu'il porte en première division, le Stade rennais FC et Paris Saint-Germain, qui s'impose en finale de la Coupe de France en 2004.
Il est recruté par Trabzonspor, puis l'Al-Ittihad Club, avant d'être nommé sélectionneur de la Côte d'Ivoire, qu'il qualifie pour la Coupe du monde 2010. Il est sacré champion de Croatie en 2011 avec le Dinamo Zagreb. De 2011 à 2014, il est sélectionneur de l'Algérie, qui pour la première fois se qualifie pour les de finale de la Coupe du monde. Le , il prend les commandes de l’équipe nationale du Maroc, succédant à Hervé Renard. Son contrat est résilié le . Le , il est de nouveau nommé entraîneur du FC Nantes, succédant à Ahmed Kantari.
Biographie Jeunesse Vahid Halilhodžić naît en 1952 à Jablanica, une ville de Bosnie-Herzégovine qui fait alors partie de la république fédérative populaire de Yougoslavie. Son père Safet pratique le football en amateur dans le club de la ville, le , où s'initient Vahid Halilhodžić et deux de ses frères. Il s'intéresse également à la musique rock et espère accéder à l'université pour devenir électrotechnicien. À 14 ans, il intègre un lycée technique de Mostar. Il assiste à des rencontres du FK Velež Mostar, où évolue son frère Salem. Repéré à son tour par l'encadrement du Velež, Vahid intègre le club et joue durant deux saisons dans l'équipe espoirs.
Carrière de joueur Velež Mostar Au cours des années 1970, le Velež Mostar est un club populaire, qui pratique un football offensif. Il dispute le championnat de Yougoslavie, dominé par Hajduk Split et l'Étoile rouge de Belgrade. Entre 1971 et 1981, Vahid Halilhodžić inscrit plus de 100 buts pour le Velež et devient l'un des meilleurs attaquants du pays. Il fait partie d'une équipe comptant plusieurs internationaux, dont Franjo Vladić, Boro Primorac et Blaž Slišković. Le Velež termine régulièrement dans les dix premiers et, sous la direction de l'entraîneur Sulejman Rebac, se classe du championnat en 1973 et 1974. Leur bilan au plan européen est plus mitigé, même s'ils atteignent les quarts de finale de la coupe UEFA 1974-1975. Au cours de la saison 1980-1981, Halilhodžić inscrit notamment un doublé en finale de la Coupe de Yougoslavie, remportée par le Velež Mostar sur le score de 3-2 face au FK Željezničar Sarajevo.
FC Nantes Conformément à la loi en vigueur à cette époque en Yougoslavie, l'attaquant ne peut s'expatrier avant d'avoir atteint l'âge de 28 ans. En 1981, plusieurs clubs cherchent à le recruter, les Allemands du VfB Stuttgart, les Italiens du Torino et les Anglais de Leeds United, mais il s'engage finalement avec le FC Nantes, qui enregistre le départ de son avant-centre Éric Pécout. Vahid Halilhodžić connaît un début de saison difficile et tarde à inscrire son premier but dans le championnat de France. Au mois de septembre, l'attaquant yougoslave marque face aux Belges du KSC Lokeren, qui disputent à Saupin un de finale de coupe UEFA, mais il est expulsé par l'arbitre et écope d'une suspension de quatre matches pour avoir bousculé un défenseur adverse, qui, selon Halilhodžić, lui a mordu le doigt. Ne maîtrisant pas la langue française et se sentant isolé dans le groupe, il songe à quitter le club. Alors qu'il se montre efficace avec l'équipe de Yougoslavie, qui dispute les éliminatoires de la coupe du monde 1982, il n'inscrit que trois buts avec Nantes jusqu'en octobre (dont deux à Alain Giresse, gardien d'un soir de Bordeaux), avant de porter son total à sept en fin de saison.
En 1982, Jean Vincent part entraîner l'équipe nationale du Cameroun et est remplacé à Nantes par Jean-Claude Suaudeau, qui encourage Halilhodžić à rester. Après chaque entraînement, l'attaquant s'impose des séances de travail supplémentaires, seul devant le but. Suaudeau, au cours de longues conversations, lui fait comprendre qu'il doit mieux s'intégrer au jeu collectif nantais. En 1982-1983, Nantes est champion de France et finaliste de la coupe. Halilhodžić s'impose comme un joueur complet, à la fois créatif et efficace. Il est sacré meilleur buteur du championnat avec 27 réalisations. Il marque à 19 reprises en 1983-1984 et obtient un deuxième titre de meilleur buteur en 1984-1985 après avoir fait trembler 27 fois les filets. Lors de sa dernière saison au FCN, le Bosnien inscrit 18 nouveaux buts.
Paris Saint-Germain Maintenant âgé de 34 ans, Vahid Halilhodžić envisage de retourner en Bosnie et de consacrer plus de temps à sa famille, notamment son père invalide. Mais Francis Borelli, le président du champion en titre, le Paris Saint-Germain, est à la recherche d'un attaquant. En , il convainc le joueur de rejoindre le club de la capitale. En août, Halilhodžić perd sa mère et se rend en Bosnie auprès de sa famille. Marqué par cette perte et craignant de pénaliser l'équipe, il demande en cours de saison que son contrat soit résilié. Il met un terme à sa carrière de joueur. En , il regagne la Bosnie avec sa femme et ses enfants.
En 2022, le magazine So Foot le classe dans le top 1000 des meilleurs joueurs du championnat de France, à la ..
Équipe nationale Entre 1976 et 1985, l'attaquant est sélectionné à 15 reprises et inscrit 8 buts pour le compte de l'équipe de Yougoslavie. Il est retenu par le sélectionneur Ante Mladinić à l'occasion du Championnat d'Europe de football 1976. Remplaçant durant le tournoi, il entre en jeu au cours du match pour la opposant la Yougoslavie aux Pays-Bas, qui s'imposent 3-2. Halilhodžić est titularisé pour la première fois en . La même année, il est choisi pour renforcer l'équipe espoirs, comme l'autorise le règlement du championnat d'Europe des moins de 21 ans. La Yougoslavie s'impose en finale contre la République démocratique allemande. Halilhodžić marque l'unique but de la finale aller, disputée en Allemagne. Lors du match retour, qui se termine sur le score de 4-4, il inscrit un triplé en l'espace d'une mi-temps.
Il ne parvient pas à s'imposer comme titulaire indiscutable à la pointe de l'attaque yougoslave. Il dispute les éliminatoires de la coupe du monde 1982 avec l'équipe nationale, mais se retrouve une nouvelle fois sur le banc des remplaçants durant la compétition. Il entre en jeu lors de deux rencontres du premier tour, suppléant Nikola Jovanović. L'équipe ne parvient pas à se qualifier pour le second tour. Par la suite, il décrit ce tournoi comme « [son] pire moment en sélection ».
Carrière d'entraîneur Période de transition vignette|Vahid Halilhodžić à Abidjan en 2008. Vahid Halilhodžić retourne en Bosnie en 1987 afin d'être au chevet de son père invalide, qui meurt peu après. Il ouvre plusieurs commerces, dont un bar, à Mostar. En 1989, il entre à l'université afin d'obtenir son diplôme d'entraîneur. En 1990, il devient directeur sportif du Velež Mostar, son « équipe de cœur », mais le pays est bientôt déchiré par les guerres de Yougoslavie. Après avoir envoyé sa famille se réfugier en France, il échappe lui-même à la mort.
AS Beauvais et Raja CA En 1993, il est sollicité par l'AS Beauvais et regagne la France. Cette offre beauvaisienne permet au technicien de se sauver alors de la situation délicate que traverse son pays et, selon ses dires, d'échapper à la mort .. Halilhodžić parvient à maintenir les Isariens en mais démissionne pourtant au bout d'une saison, trouvant que le club « manque d'ambition ».
Vahid Halilhodžić connaît une période de trois ans de chômage, durant laquelle il suit une série de stages et visite différents clubs afin d'observer les méthodes d'entraîneurs comme Marcello Lippi et Fabio Capello. Sur les conseils d'Henri Michel, sélectionneur de l'équipe du Maroc et ancien coéquipier du Bosnien au FC Nantes, Halilhodžić part entraîner le Raja Club Athletic. Sous sa direction, le RCA décroche la Ligue des champions de la CAF en 1997.. L'année suivante, ils remportent le championnat du Maroc en ne concédant qu'une seule défaite.
LOSC Après avoir vécu éloigné de sa famille durant un an, Halilhodžić choisit de rentrer en France. Bernard Lecomte, le président du LOSC, qui évolue alors en Division 2, prend contact avec lui. Il entraîne les Lillois à partir de . L'équipe remporte le championnat de D2 1999-2000 et accède ainsi à la D1. Troisièmes à l'issue de leur première saison, les Dogues comptent la meilleure défense (27 buts encaissés) et se qualifient pour l'édition 2001-2002 de la Ligue des champions. Pour sa première participation dans l'épreuve continentale, l'équipe sort Parme au troisième tour de qualification et accède à la phase de groupes. Le stade Grimonprez-Jooris n'étant pas homologué, les rencontres « à domicile » se jouent alors au stade Bollaert de Lens. Dans un groupe comprenant Manchester United, La Corogne et l'Olympiakos, le club se classe , et les Nordistes sont repêchés en coupe UEFA où ils sont éliminés en de finale par le Borussia Dortmund. L'équipe est réputée solide, n'encaissant que peu de buts, à l'image de sa performance à Old Trafford où elle ne cède qu'à la minute, sur une frappe de David Beckham. Lille termine du championnat. Estimant que le club manque de moyens, l'entraîneur annonce son départ quinze jours avant la fin de la saison.
Stade rennais En , Halilhodžić remplace Philippe Bergeroo, limogé par le Stade rennais après dix journées de championnat, alors que les « Rouges et Noirs » occupent la dernière place. Il pense démissionner en constatant l'état physique et psychologique dans lequel se trouvent les joueurs, mais parvient à reprendre en main son effectif. Il n'hésite pas à exclure du groupe ceux qui ne respectent pas la discipline qu'il tente d'instaurer. Sous sa conduite, l'équipe marque 21 points lors des 12 rencontres suivantes et remonte à la au mois de . En fin de saison, le Stade rennais parvient de justesse à éviter la descente en seconde division, obtenant un nul déterminant à l'avant-dernière journée au Parc des Princes. Il croise alors Luis Fernandez, à qui il va succéder.
Paris Saint-Germain Le technicien est recruté en par Francis Graille, président-délégué du Paris Saint-Germain et ancien dirigeant du LOSC. Après le départ de son joueur vedette Ronaldinho, le club de la capitale recrute l'attaquant portugais Pedro Miguel Pauleta. Les Parisiens renouent avec le succès en terminant seconds du championnat et en remportant la Coupe de France, leur premier titre depuis 1998. Ils retrouvent également la Ligue des champions.