vignette|Psyché, personnification de l'âme dans la mythologie grecque : une psyché antique au Musée archéologique national de Naples, photographie de Giorgio Sommer, v. 1865. L’âme (du latin anima, « souffle, respiration ») est à la fois le principe vital et spirituel, immanent ou transcendant, qui animerait le corps d'un être vivant (humain, animal ou même végétal). Par métonymie le mot « âme » désigne couramment l’être vivant lui-même, animé par ce principe'Dans la biologie aristotélicienne l'âme végétative est la forme substantielle de la plante (Maritain, Human. intégr., 1936, ), elle est le "nom que les Anciens et les Scolastiques donnaient au principe des fonctions organiques (...) qui sont communes aux végétaux et aux animaux`` (Bach.-Dez. 1882). Voir De l'âme De Anima, Œuvre majeure d’Aristoteselon Empédocle d'Agrigente (490-430 A. C.), de l'École pythagoricienne. Voir Histoire de la botanique#Antiquité classique.Voir Anthropologie chrétienne. On retrouve un emploi similaire avec le mot vie : la vie (principe vital) et une vie (être vivant).
Les représentations symboliques de l'âme sont nombreuses, ainsi que les croyances à son sujet. On en trouve dans la plupart des civilisations à travers des conceptions religieuses, philosophiques, psychologiques ou populaires. Le terme « âme » est souvent employé comme synonyme d'« esprit ».. L'existence d'une âme est remise en question par certains scientifiques.
Pour certains rationalistes, l’âme résulte des interactions entre le corps humain et l’environnement, qui influencent la construction de l'identité et de la conscience..
Bertrand Saint-Sernin discute de la manière dont la rationalité humaine est façonnée par des facteurs biologiques, culturels et environnementaux, ce qui rejoint l'idée que l'âme ou la conscience est le produit de cette interaction dynamique.
Approche linguistique Étymologie vignette|upright|Début du Phèdre de Platon sur le parchemin Codex Clarkianus 39. Les termes originaux en arabe نَفَس (nafas), en syriaque/araméen (naphşā / npheşā), en hébreu nèphèsh [נפׁש] et en grec psyché [, psukhê] sont employés dans la Bible. et montrent qu’une « âme » est soit une personneGen 2, 7 ; 1 Cor 15, 45 ; 1 Pie 3,20 : Jos 11,11., soit un animalGen 1, 20 21 24 25 ; Lév 24, 17 18 ; Apo 16, 3., soit la vie dont jouit une personne ou un animalGen 9,5 ; Ez 18,4 ; Mat 10,28 ; Ac 3,23.. Nèphèsh vient vraisemblablement d’une racine qui signifie « respirer ». Dans un sens littéral, nèphèsh pourrait être rendu par « un respirant »Lexicon in Veteris Testamenti Libros (Leyde, 1958, ) de L. Koehler et W. Baumgartner donne cette définition : .. Le terme français provient du mot latin anima, qui a donné « animé », « animation », « animal »..
Le concept d'âme a été étudié dès l'Antiquité en philosophie ; selon le Phèdre de Platon, l’âme est Phèdre, 245 c-d. ; selon les Lois de Platon, l’âme la meilleure est celle du mondeLivre X, 897 c.. Aristote, en accord avec Les Lois de Platon, et qui a écrit un ouvrage De l'âme, l’a définie comme De l'âme, II, 2.. Al-Kindi rapporte qu’Aristote considère l’âme comme une substance simple dont les actions se manifestent dans les corps. L'âme est personnifiée dans la mythologie grecque par Psyché. Le poète Virgile fait allusion à la métempsycose, selon laquelle l’âme change souvent de sexe.
Morphologie La langue cléricale médiévale emprunte au latin, dès le , le nom féminin « anima ». Ce terme se maintient jusqu'au début du , il figure dans la « Cantilène de sainte Eulalie » composée en l'an 900. Le Poème de saint Alexis, qui date du , transforme le mot anima en aneme. Vers 1100, « la Chanson de Roland » utilise ce terme sous la forme « anme ». Outre des variantes dialectales telles « alme » ou même « arme », le mot se stabilise en français sous la forme « âme » au . Phonétiquement, la voyelle initiale [a] assimile la consonne qui suit et s'allonge, ce qu'indique l'orthographe érudite « âme » qui persiste jusqu'à ce jourAlbert Dauzat, Dictionnaire étymologique de la langue française, ..
Sémantique De nombreuses connotations religieuses, philosophiques, et psychologiques s'attachent au terme « âme », comme à son synonyme esprit, entré plus tardivement dans la langue française, sous la forme « espirit » au , orthographiée « esprit » à partir du Albert Dauzat, Dictionnaire étymologique de la langue française, page 294.. L'âme est unie au corps et à la matière, l'esprit en est détaché ; l'âme assure des fonctions vitales, l'esprit des fonctions mentales.
L'usage commun contemporain oppose les termes « âme » et « esprit ». Le nom « esprit » désigne les facultés intellectuelles de l'Homme, considérées dans leur ensemble, tandis que le nom « âme » signale un esprit humain doté principalement de facultés morales. Si le sens ordinaire du mot âme désigne aussi l'entité ontologique qui se sépare du corps après la mort, le terme esprit signale en outre que l'âme du mort a été raisonnable et pensante de son vivantRené Bailly, Dictionnaire des synonymes de la langue française, page 32.. L'allusion à la mort évoque aussi le terme « fantôme ».
Une définition complexe
Définitions de l'âme André Lalande distingue dans le mot âme deux significations différentes : 1. . Il ajoute que cette réalité peut être conçue . 2. Principe d'inspiration morale. Il apparaît que le mot . L'âme diffère de l'esprit en ce qu'elle contient l'idée d'une substance individuelle, l'esprit s'appliquant surtout aux opérations intellectuelles.
Il cite Aristote : . Il ajoute que cette réalité peut être conçue soit comme matérielle comme chez Epicure ou Tertullien, soit comme immatérielle, comme chez Descartes et il précise plus loin que le " mot implique toujours une dualité de nature et de fins, une opposition, au moins provisoire, avec l'idée du corps, soit au point de vue métaphysique, soit au point de vue empirique, soit au point de vue moral " . Le dictionnaire ajoute que le terme âme présente le plus souvent chez les modernes une nuance religieuse la reliant à l'idée d'immortalité, à celle de Dieu considéré comme l'origine et le lien des âmes selon le christianisme (Descartes, Malebranche, Leibniz et Berkeley) Par ailleurs cette définition de l'âme doit être mise en relation avec les trois définitions aristotéliciennes distinctes de l'âme, à savoir l'âme pensante, principe de la pensée, l'âme sensitive, principe de la sensation et de la sensibilité que l'on rencontre chez l'homme et les animaux et l'âme végétative, qui produit la nutrition, la croissance, la reproduction et le déclin des êtres vivants.
De nombreux concepts religieux, philosophiques et psychologiques, nés au sein de domaines anthropologiques variés, contemporains ou datant d'époques révolues, ne peuvent se traduire en français que par le terme unique d'âme, souvent source de polémiques et d’ambiguïtésCharles R. Taber, « Soul, Spirit » dans le Dictionary of World religions, originellement Abingdon Dictionary, pages 699 à 702.
Complexité Quand la a publié une , les cinq premiers livres de la Bible, le rédacteur en chef, , du Hebrew Union College, déclara que le terme « âme » avait été virtuellement éliminé de cette traduction parce que . Il a ajouté : The New York Times, 12 octobre 1962..
La New Catholic Encyclopedia dit : New Catholic Encyclopedia 1967, vol. XIII, ..
Être une âme Théo, l’Encyclopédie catholique pour tous explique : « La Bible ne distingue pas clairement en l’homme le corps et l’âme, division qui trouve son origine dans la philosophie grecque. (…) L’homme selon la Bible est un tout»Théo, l’Encyclopédie catholique pour tous, Paris : Droguet-Ardant / Fayard, 1992, , 720..
La , traduction catholique, déclare : The New American Bible, Glossaire des termes de théologie biblique , 28, 1970 P. J. Kenedy & Sons, NY First Printing Catholic.
Le Dictionnaire encyclopédique de la Bible de l'Abbaye de Maredsous explique : « Le sens du mot psuchē dans les paroles de Jésus (Mc 3,4; 8,35s; 10,45; 12,30; 14,34 par.; Lc 12,16-20; Mt 6,25; 10,28; 11,29) et dans les passages johanniques voisins (Jn10,11-18; 13,37; 15,13; 1 Jn 3,16) est conforme à l'usage du judaïsme palestinien de l'époque néotestamentaire. Seul Mt 10,28 suppose le dualisme anthropologique âme-corps d'origine grecque. Les autres textes se situent en continuité avec l'usage vétérotestamentaire. Il y a même des cas où psuchē, tout comme nepeš, équivaut purement et simplement au pronom personnel réfléchi (Mc 10,45; 14,34; 6,25; 11,29) et ne connote donc pas de signification théologique. Un usage analogue de psuchē, inspiré de l'A.T., se retrouve dans les autres écrits du N.T., où le mot psuchē peut aussi signifier un être vivant, animal (Ap 16,3) ou homme (Rm 13,1), ou avoir la valeur d'un pronom réfléchi (Hé 10,39; Jc 1,21; 5,20; 1 1,9; 4,19). »Dictionnaire encyclopédique de la Bible, BREPOLS, Centre : Informatique et Bible, Abbaye de Maredsous, @ 2015 Knowhowsphere Consulting, asbl – Belgique, Responsables scientiiques : Pierre-Maurice BOGAERT, Matthias DELCOR, Edmond JACOB, Edouard LIPINSKI, Robert MARTIN-ACHARD, Joseph PONTHOT
Être et avoir une âme
La confusion s’installe quand ceux qui la définissent fusionnent ces deux acceptions : être et avoir une âme, témoin ce qu’on a dit à propos de Platon : Archibald McCaig, "Thoughts on the Tripartite Theory of Human Nature", The Evangelical Quarterly vol.III 1931, (cf. infra Philosophie).
Religions La notion d’âme joue un grand rôle dans les croyances religieuses. Avec ce concept vitaliste, la mort devient moins mystérieuse : lorsqu’une personne meurt, son âme la quitte, raison pour laquelle son corps devient inerte ; cette âme pourrait alors aller vers un au-delà (comme un paradis ou un enfer). Concentrant la fonction vitale essentielle, l’âme est alors porteuse d'un espoir de vie éternelle ou de résurrection et rien ne s'oppose même à sa réincarnation.
Par extension, tout élément naturel, par exemple une montagne., est considéré dans certaines cultures comme investi d'une âme avec laquelle il serait possible d'interagir. Cette perception est propre à l'animisme.
Babylone Le professeur Morris Jastrow Jr, de l’Université de Pennsylvanie, aux États-Unis a écrit dans son livre The Religion of Babylonia and Assyria : Morris Jastrow Jr. Handbooks on the history of religions, Vol. 2, The Religion of Babylonia and Assyria, 1898.
Égypte antique vignette|upright|Le ba et la momie.
La culture égyptienne antique, de l'époque des premières pyramides à l'invasion hellénique sous Alexandre le Grand, utilisait un ensemble de notions spécialisées pour décrire l'entité psychosomatique du Pharaon.
Christian Jacq a énuméré les composantes de l'âme selon les croyances de l'Égypte pharaonique : « L'initié égyptien prend conscience des neuf éléments essentiels de l'être : le corps [djet], image matérielle du grand corps céleste ; ka, dynamisme créateur ; [l'âme], ba, possibilité d'incarner le divin sur cette terre ; l'Ombre [shut], reflet de la vérité ; l' akh, lumière de l'esprit ; le Cœur [ab], siège de la conscience ; le sekhem, puissance de réalisation ; le Nom [rèn], vérité ultime de toute création ; le sakh, corps spiritualisé. […] »Christian Jacq, La sagesse égyptienne (1981), Pocket, 1997, ..
Inde et Extrême-Orient Védisme, brahmanisme, hindouisme