vignette|redresse=1.5 Le zodiaque (prononcé en français) est une zone circulaire de la sphère céleste, dont l'écliptique occupe le milieu. Le zodiaque est donc la zone dans laquelle, aux yeux des Terriens, les planètes du Système solaire effectuent leur course apparente autour de la Terre. La largeur du zodiaque a ainsi varié en largeur selon le nombre de planètes connues, d'une largeur de dans l'Antiquité, à environ aujourd'hui.

vignette|redresse=2.5|Positionnement des constellations sur la ligne du zodiaque d'un planisphère de partition du ciel en constellations.

vignette|redresse=1.5|Représentation des étoiles et des signes du zodiaque dans l'hémisphère nord à gauche et dans l'hémisphère sud à droite, au .

Par abus de langage, le zodiaque est aussi le cercle médian de cette zone circulaire.

Étymologie Le terme zodiaque est attesté en ancien français, vers 1265, et sous la graphie erronée vers 1230. Il vient du substantif latin masculin , lui-même emprunté à l'adjectif grec qui veut dire « [cercle] de petits animaux, zodiaque », d'après le mot signifiant « figurine d’animal ». La plupart des constellations du zodiaque portent en effet des noms d'animaux.

De la division du zodiaque en parties vignette|redresse=1.5|Constellations de l'écliptique, dites « constellations du zodiaque ». Le zodiaque actuellement utilisé en astronomie historique et en astrologie est divisé en douze secteurs égaux de 30°. Cette division régulière apparaît progressivement -- entre autres -- dans l’astronomie mésopotamienne, puis est transmise et développée dans l’astronomie grecque https://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_des_Antiquit%C3%A9s_grecques_et_romaines/Zodiacus. Il convient de distinguer deux notions qui ont été longtemps associées mais qui ne sont pas de même nature : la constellation, qui est une figure céleste formée par des étoiles et dont l’étendue est irrégulière, et le signe, qui est une division géométrique régulière de l’écliptique.

Le « Chemin de la Lune » de MUL.APIN

L’un des plus anciens systèmes mésopotamiens qui préfigurent le zodiaque est le « Chemin de la Lune » (KASKAL d.SIN) décrit dans le compendium astronomique MUL.APINhttps://www.researchgate.net/publication/227551806_The_Path_of_the_Moon_the_Rising_Points_of_the_Sun_and_the_Oblique_Great_Circle_on_the_Celestial_Sphere/link/68c2d109d7b7c27e0735c436/download?_tp=eyJjb250ZXh0Ijp7ImZpcnN0UGFnZSI6InB1YmxpY2F0aW9uIiwicGFnZSI6InB1YmxpY2F0aW9uIn19. La version connue de ce texte est généralement située au début du Ier millénaire av. J.-C. et rassemble des traditions astronomiques plus anciennes. Le « Chemin de la Lune » énumère 17 ou 18 constellations ou astérismes situés dans la région parcourue par la Lune. Le nombre est donné comme 17 ou 18 selon la manière dont certains éléments de la liste sont interprétésHermann Hunger et David Pingree, MUL.APIN: An Astronomical Compendium in Cuneiform, Archiv für Orientforschung, Beiheft 24, 1989; la section I iv, 31–39 donne le « Chemin de la Lune » et ses 17/18 stations. Une édition révisée est disponible : Hermann Hunger et John Steele, The Babylonian Astronomical Compendium MUL.APIN, Routledge, 2018. La traduction française récente de ce passage permet également de contrôler le sens de KASKAL d.SIN. Gennady E. Kurtik, « On the origin of the 12 zodiac constellation system in ancient Mesopotamia », Journal for the History of Astronomy, 52/1, 2021, p. 55–72: Kurtik insiste sur la coexistence du système de 17/18 constellations et du système à douze constellations pendant la seconde moitié du Ier millénaire av. J.-C., ainsi que sur le développement parallèle du zodiaque uniforme de 12 × 30°.. Il serait cependant impropre de dire que le « Chemin de la Lune » était « divisé en 17 ou 18 parties ». Les éléments énumérés sont des figures célestes servant de repères, et non des secteurs géométriques de même étendue. Cette distinction est importante : MUL.APIN décrit un ensemble de repères stellaires dans la région de la trajectoire lunaire, mais ne fournit pas une division régulière de l’écliptique. Le « Chemin de la Lune » constitue ainsi l’un des principaux antécédents du zodiaque, sans être encore le zodiaque mathématique au sens ultérieur du terme .

Vers le zodiaque à douze parties Au cours du Ve siècle av. J.-C. apparaît dans l’astronomie mésopotamienne un système mathématique dans lequel le cercle zodiacal est divisé en 360°, soit douze secteurs égaux de 30°. La date exacte de cette innovation n’est pas connue. Des travaux Teije de Jong, « A study of Babylonian planetary theory I. The outer planets », Archive for History of Exact Sciences, 73, 2019. La section 3, « The 360° zodiac », indiquent que la date exacte d'introduction du zodiaque de 360° demeure incertaine, mais que son invention peut être située au Ve siècle av. J.-C. ; la plus ancienne attestation textuelle connue date d'après environ 450 av. J.-C. indiquent que le zodiaque de 360° a probablement été introduit au cours du Ve siècle av. J.-C., dans le contexte du développement des théories lunaires et planétaires babyloniennes. La plus ancienne attestation textuelle actuellement connue d’un zodiaque de 360° est postérieure à environ 450 av. J.-C. La position du Soleil, de la Lune ou d’une planète peut ainsi être exprimée par une longitude sur l’écliptique, indépendamment de l’étendue réelle des figures formées par les étoiles.

Ce remplacement n’a pas été brutal, des recherches récentes montrent qu’un système de 17 ou 18 constellations et un système à douze constellations zodiacales ont coexisté en Mésopotamie durant la seconde moitié du Ier millénaire av. J.-C. ; parallèlement s’est développé le zodiaque mathématique divisé en douze parties égales de 30° : le passage à un zodiaque régulier n’est donc pas simplement une réduction du nombre des constellations. Il correspond à l’introduction d’une division géométrique de l’écliptique, qui constitue un objet différent des constellations elles-mêmes.

Le zodiaque actuel, une création mésopotamienne

vignette|redresse=1.5|Le chemin de l'écliptique entouré des constellations du zodiaque. Le cercle rouge est la ligne de l'écliptique. Le cercle blanc est l'équateur céleste c'est-à-dire l'intersection du plan de l'équateur terrestre avec la sphère céleste.

La trajectoire du Soleil sur la voûte céleste est l'écliptique. Les planètes et la Lune s'en écartent plus ou moins, et l'on retient comme limite conventionnelle de cette déviation, une bande de plus ou moins 8°30' de latitude de part et d'autre de l'écliptique. Cette bande est nommé le zodiaque. L'écliptique traverse treize constellations dans le ciel, mais l'une d'entre elles, Ophiuchus (ou le Serpentaire), ne fait pas partie du zodiaque traditionnel de l'astrologie.

Cette trajectoire apparente a été divisée en Babylonie au en douze parties égales, d'autres civilisations divisaient celle-ci en un nombre différent de parties (p.ex en 36 parties dans l'Égypte antique..). Ces douze parties correspondaient à une pour chaque mois de l'année, à laquelle on a donné le nom de la constellation traversée par le soleil.. vignette|Le zodiaque et l'équateur céleste selon une vision géocentrique avec le soleil qui se déplace sur la ligne de l'écliptique devant les constellations du zodiaque. Les douze signes du zodiaque apparaissent dans une tablette cunéiforme astronomique datée de .. Elle présente un état différent du zodiaque des Grecs, introduit par Cléostrate, qui regroupait les étoiles en d'autres astérismes, avec des astérismes communs. Le zodiaque actuel, qui prend pour modèle celui des Grecs, est décrit par Eudoxe de Cnide au ...

Les constellations présentes dans le zodiaque sont : le Bélier, le Taureau, les Gémeaux, le Cancer (ou le Scarabée, ou le Crabe), le Lion, la Vierge, la Balance, le Scorpion, Ophiuchus (ou le Serpentaire), le Sagittaire, le Capricorne (ou la Chèvre), le Verseau et les Poissons. Aucune constellation n'a jamais "ressemblé" à son nom, les arabes voyaient un chameau là où nous plaçons un scorpion.

Diffusion du zodiaque Le zodiaque ne doit cependant pas être considéré comme une invention demeurée confinée à la Babylonie, ni comme un système transmis suivant une chaîne simple et univoque. Sa diffusion s'inscrit dans les nombreux échanges qui reliaient les différentes civilisations de l'Antiquité. Le projet européen ZODIAChttps://cordis.europa.eu/project/id/885478/frhttps://www.geschkult.fu-berlin.de/en/e/zodiac/index.html (Ancient Astral Science in Transformation), consacré à l'étude de la transformation et de la diffusion des sciences astrales antiques, situe l'introduction du zodiaque en Babylonie au Ve siècle av. J.-C. et souligne qu'à partir de là la science astrale fondée sur le zodiaque se répandit en Égypte, dans le monde gréco-romain et au-delà. Il insiste toutefois sur le fait que cette diffusion ne fut pas une simple transmission d'un savoir intact : les pratiques astronomiques, astrologiques, mathématiques et iconographiques furent adaptées et transformées au contact de nouvelles cultures. Cette perspective est particulièrement importante pour comprendre les relations entre les traditions mésopotamienne, iranienne, indienne, égyptienne et grecque : il convient moins de rechercher un unique « inventeur » ou une unique voie de transmission que de suivre, pour chaque élément du système zodiacal, les différentes voies par lesquelles il a circulé et s'est transformé.

Le zodiaque chez les Grecs

À une époque où les calendriers n'existaient pas, ou n'étaient pas d'une précision suffisante, et où il n'existait pas de système fiable pour la détermination des heures durant la nuit, la chronologie de certaines actions étaient déterminées par des évènements célestes..

Pour pouvoir reconnaître les étoiles, celles-ci ont été regroupées en astérismes, auxquels un nom a été donné, associé à une histoire (procédé mnémotechnique).

Il est apparu aux diverses civilisations ayant pratiqué une forme d'astronomie que les planètes, contrairement aux étoiles (d'où leur nom signifiant "errant" en grecs), n'occupent qu'une bande étroite de ciel. Ces civilisations ont découpé cette bande particulière en un nombre variable de parties.

Dans Sur l'origine du zodiaque grec, M. Letronne précise que : la division de cette route [le zodiaque] en 27 ou 28 parties au moyen de la lune, en 12, 24, 36 ou 48 parties au moyen du soleil, peut exister chez des peuples qui n'ont eu, entre eux, aucune communication, parce qu'elle résulte de phénomènes constants et partout les mêmes. Tous les peuples ont pu observer que le mouvement propre de la lune, dans le ciel, s'opère dans un nombre de jours qui est entre 27 et 28, et que la route annuelle du soleil est marquée par environ douze pleines lunes. Les uns purent donc imaginer de partager cette route en 27 ou 28 parties, les autres en 12, ou en nombres multiples de celui-là...

Ces distinctions, prises dans la nature même des choses, sont confirmées par ce qu'on remarque sur la sphère de plusieurs peuples, où l'on voit le zodiaque divisé dans le même nombre de parties, mais ayant des figures et des dénominations différentes : tels sont les 27 khordehs des Persans, les 27 Nakshatras des Indiens, les 28 sou des Chinois.

Diffusion du zodiaque hors de Grèce On a longtemps cru que le zodiaque avait été transmis aux peuples orientaux par les Grecs. Il en était ainsi pour M. Letronne, qui écrivait : les douze signes du zodiaque grec, noms et figures, nous sont connus dès le temps d'Eudoxe de Cnide (370 à 380 avant J.-C). On les retrouve à très-peu près les mêmes, et dans le même ordre, sur les monuments écrits ou figurés de l'Égypte, de la Perse, de l'Inde et de la Chine.