Philippe Aghion, né le Notice d'autorité personne sur le site du catalogue général de la BnF. à Paris, est un économiste français schumpéterien. Il est professeur au Collège de France (depuis ), à l'INSEAD (depuis 2020), à la London School of Economics et associé à l'École d'économie de Paris.
Il est à l'origine, avec Peter Howitt, du développement de la théorie de la croissance schumpétérienne en sciences économiques.
Il obtient le prix dit Nobel d'économie en 2025, conjointement avec l’Israélo-Américain Joel Mokyr et le Canadien Peter Howitt. Ses travaux sont récompensés pour sa ..
Biographie Origines familiales et sociales Philippe Mario Aghion est le fils de Raymond AghionAlexandrie, 1921 - Paris, 2009., propriétaire d'une galerie d'artRaymond Aghion (fils de Maurice Moise Frederic Aghion et Linda Curiel) et Gabrielle "Gaby" Hanoka.Disparition de Raymond Aghion. boulevard Saint-Germain., fils d'un banquier-exportateur de coton., adhérent au parti communiste, et de Gaby Aghion, styliste de prêt-à-porter de luxe, fondatrice de la maison de mode ChloéGaby Aghion, fondatrice de la marque Chloé, est morte, lemonde.fr, 27 septembre 2014.Philippe Aghion et Abhijit Banerjee, Volatility And Growth. Oxford University Press, 2005 (voir dédicace : « To our parents Gaby and Raymond Aghion… »)., fille d'un directeur d'usine.
Ses parents sont tous deux issus de familles juives italo-grecques d’Alexandrie.. En 1945, après deux ans d'exil en Israël, dans une propriété d'un oncle (Beit Aghion) , ils s'installent à Paris, dans le Quartier latin puis acquièrent une maison à Neuilly-sur-Seine.
Philippe Aghion est le neveu de l'économiste Pierre SalamaDéclaration de Julien Dray, ancien élève de Pierre Salama, Cnews, "L'Heure des Pros", 17 octobre 2025 et le cousin du cinéaste Gabriel Aghion. Henri Curiel est le cousin germain de son père.
Études Il effectue ses études secondaires au lycée Henri-IV.. Ancien élève de l'École normale supérieure de Cachan (section mathématiques, 1976-1980), il poursuit des études de mathématiques appliquées en économie à l'université Paris I où il obtient successivement un DEA en 1981 puis un doctorat de cycle en 1983. Il obtient un doctorat en économie de l'université Harvard en 1987...
Parcours d'enseignement
En 2002, il est nommé Robert C. Waggoner Professor of Economics à l'université Harvard. Il quitte ce poste en 2015, lorsqu'il est nommé à la chaire « Économie des institutions, de l'innovation et de la croissance » au Collège de France, où il crée le Farhi Innovation Lab.. Il est parallèlement Centennial Professor à la London School of Economics et enseigne à l'École d'économie de Paris.
Autres fonctions Il a été membre du Conseil d'analyse économique (CAE) et a fait partie de la Commission pour la libération de la croissance française, dite Commission Attali, dont le rapport a été rendu le au président Nicolas Sarkozy. Il était l'un des conseillers en économie de François Hollande.
Membre du Cercle des économistes., il est, depuis 2023, co-président du Comité de l'intelligence artificielle générative..
En il préside le « Front économique » du MEDEF avec Patrick Martin.. Le rapport pour un « sursaut de croissance » est publié en et est décrit par Le Monde comme ..
Travaux de recherche vignette|gauche|À l'université de Boston (février 2015). Ses premiers travaux, à la fin des années 1980, portent sur la théorie des contrats et la finance d’entreprise, en particulier avec et Oliver Hart, autour des problèmes de mécanismes d’incitation, de faillite et de gouvernance. En 1992, il propose, avec Peter Howitt, un modèle fondateur de la théorie de la croissance endogène schumpéterienne.., centrée sur l’innovation et la destruction créatrice.
Cette publication ouvre un large champ de travaux théoriques et empiriques sur les déterminants et les politiques de la croissance. Cela l’amène, dans les années 2000, à explorer les liens entre concurrence, institutions et croissance, notamment la relation en U inversé entre intensité concurrentielle et innovation.. ses recherches s’élargissent aux questions d’inégalités, de mobilité sociale et d’économie politique de l’innovation. Ses travaux les plus récents traitent des effets de l’automatisation, de l’intelligence artificielle, de la mondialisation, ainsi que de la croissance verte..
Ses travaux sont critiqués par le philosophe Gilles Lecerf dans AOC pour son techno-optimisme, son attachement à la croissance du PIB comme indicateur phare et à sa compréhension limitée de la crise environnementale multi-factorielle contemporaine..
Aghion-Howitt 1992 et le paradoxe de la destruction créatrice Selon , le cadre de pensée développé par Philippe Aghion et Peter Howitt dans leur article de 1992 révolutionne l’analyse des dynamiques de croissance économique endogène en permettant d’établir des allers et retours entre la théorie et les données sur les firmes, d’où la prospérité du modèle dans la littérature économique. Leur approche est caractérisée par l’introduction du mécanisme de « destruction créatrice » schumpétérien, selon lequel les innovations rendent les anciennes technologies obsolètes (« business stealing » effect) et qui gouverne les créations et les faillites de firmes. L’effort d’innovation est une réponse à la recherche de rentes de la part des entreprises. Ces rentes agissent comme une carotte et la création destructrice comme un bâton ; néanmoins, lorsque les rentes sont trop importantes, elles permettent d’établir des barrières à l’entrée de nouvelles firmes sur un marché. Dans le même temps, la motivation à l’effort d’innovation disparaît et il est possible de se retrouver avec une croissance ralentie lorsqu’il n’y a plus de bâton et que la carotte est acquise. C’est notamment la prise en compte de l’hétérogénéité des firmes qui caractérise l’originalité de ce paradoxe, permettant d’étudier la dynamique de croissance selon qu’elles soient petites ou grandes, déjà actrices d’un marché ou nouvellement créées, à la pointe de l’innovation ou en position d’imitation..
Le « middle-income trap » Philippe Aghion a également contribué à l’analyse du « middle-income trap », désignant la difficulté pour certains pays émergents à franchir le cap vers une économie avancée. Selon lui., la croissance tirée par l’accumulation de capital et l’imitation technologique permet d’abord un rattrapage rapide, mais atteint ses limites lorsque les pays se rapprochent de la frontière technologique. Pour maintenir leur trajectoire, ils doivent alors réorienter leurs institutions et leurs politiques vers l’innovation de frontière, ce qu’illustre l’échec de l’Argentine au ou, à l’inverse, la réussite temporaire de la Corée du Sud après la crise asiatique de 1997. Dans ces situations, les intérêts établis des firmes dominantes freinent souvent les réformes qui favoriseraient la concurrence, la recherche et l’ouverture économique. Aghion met ainsi en lumière l’importance des transitions institutionnelles : seule l’adoption de politiques adaptées — éducation supérieure, soutien à la recherche fondamentale, marchés financiers développés et concurrence effective — permet d’éviter l’essoufflement de la croissance et de franchir le seuil entre rattrapage et innovation.
Inégalités, mobilité sociale et éducation
, Philippe Aghion a consacré une partie importante de ses recherches aux liens entre croissance, inégalités et mobilité sociale. Ses travaux montrent que l’innovation, moteur de la destruction créatrice, tend à accroître les écarts de revenus chez les 1 % les plus riches en favorisant les individus et entreprises à la frontière technologique.. Toutefois, ces inégalités peuvent être rendues compatibles avec la croissance si elles s’accompagnent d’une forte mobilité sociale. Dans cette perspective, Aghion met en évidence le rôle central de l’éducation et de la formation : l’investissement dans l’enseignement secondaire et supérieur conditionne la capacité des individus à participer aux dynamiques d’innovation et à accéder à une meilleure mobilité intergénérationnelle.
Prises de position vignette|Philippe Aghion à l'université de Stockholm (8 décembre 2025). Étudiant, il est communiste, il vend L'Humanité Dimanche place Monge. Il fait même l'école des cadres du Parti communiste français (PCF) pour devenir permanent.
Lors de l'élection présidentielle française de 2012, il signe l'appel des économistes en soutien du candidat François Hollande en raison de « la pertinence des options [proposées], en particulier pour ce qui concerne la reprise de la croissance et de l'emploi ».. Selon Challenges, l'économiste a sans doute « influencé François Hollande sur ces mesures pro entreprises comme le CICE », mais n'a pas pris part à la conception de sa politique économique qu'il a jugée de plus comme étant « brouillonne, mal assumée et mal exécutée ».
En , Emmanuel Macron, alors ministre de l'Économie, a participé « assis au premier rang » et prenant des « notes sans regarder son portable pendant une heure » à la leçon inaugurale de Philippe Aghion au Collège de France.. Lors de l'élection présidentielle de 2017, Aghion apporte son soutien à Emmanuel Macron.. De l'avis général, y compris Emmanuel Macron lui-même, Philippe Aghion est l'un des économistes ayant le plus inspiré, dès 2017, sa politique économique ; il trouve un rôle d'inspirateur de sa politique de l'offre, axée sur le soutien à la croissance et à l'innovation de rupture et des mesures fiscales renforçant la compétitivité des entreprises., par exemple à travers la baisse de la taxation des revenus du capital via la mise en place de la flat tax.
Malgré cela, Philippe Aghion s'est progressivement détourné dès 2018 de la politique du chef de l'État et a appelé à un rééquilibrage social de cette politique. Philippe Aghion a ainsi formulé plusieurs critiques à l’égard de la politique économique menée par Emmanuel Macron. Selon lui, le président français aurait pris un « tournant libéral » s’inspirant des modèles anglo-saxon, plutôt qu’un « tournant social-libéral » fondé sur le modèle scandinave, qu’il juge plus favorable à l’innovation et à la croissance inclusive. Aghion déplore notamment le manque d'investissements publics dans les domaines de la recherche, de l'éducation et de la santé. Il critique également le fonctionnement du crédit d'impôt recherche (CIR), qu’il estime générer principalement un « effet d’aubaine » au bénéfice des grands groupes, sans véritable impact sur leur effort de recherche et d’innovation. Il souligne également l'absence de « remise à plat » des niches fiscales qui aurait dû aller selon lui de pair avec l'instauration d'un impôt à taux unique.. Enfin, Philippe Aghion se montre très critique de la gestion de la réforme des retraites par le gouvernement Philippe; il lui reproche de s'être arc-bouté sur la mise en place de l'âge pivot à 64 ans sous la pression d'Edouard Philippe, au détriment de la mise en place de la retraite par points, sujet sur lequel la CFDT avait déclaré être ouvert à la négociation avec les organisations patronales.
Mediapart le décrit comme l’« un des principaux pourfendeurs de la taxe Zucman » : l’économiste a critiqué la proposition de son collègue, estimant qu’elle risquerait de « brider l’innovation » et de transformer la France en « prison fiscale ».
En , Philippe Aghion apporte son soutien à une alliance entre l'aile droite du Parti socialiste et Place publique, à l'occasion d'un meeting rassemblant François Hollande, Carole Delga, Raphaël Glucksmann et Bernard Cazeneuve. Il estime alors que ce dernier « incarne l'espoir » en vue de l'élection présidentielle de 2027.
Distinctions vignette|Philippe Aghion avec Peter Howitt et Joel Mokyr à l'Académie suédoise (7 décembre 2025).
Récompenses scientifiques