La Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (en abrégé CEDEAO ; , ECOWAS) est une des communautés économiques régionales en Afrique, une organisation intergouvernementale ouest-africaine créée le . Cette structure est destinée à coordonner les actions des pays d'Afrique de l'Ouest. Son but est de promouvoir la coopération et l'intégration avec l'objectif de créer une union économique et monétaire ouest-africaine. En 1990, son pouvoir est étendu au maintien de la stabilité régionale avec la création de l, groupe militaire d'intervention qui devient permanent en 1999. En 2025, la CEDEAO compte . En 2020, le produit intérieur brut global des États membres de la CEDEAO s'élève à de dollars américainsPIB en milliards de dollars courants : Nigeria 429,42 ; Ghana 70,01 ; Côte d'Ivoire 62,95 ; Sénégal 24,53 ; Burkina Faso 17,96 ; Mali 17,64 ; Bénin 15,67 ; Guinée 14,18 ; Niger 13,76 ; Togo 7,59 ; Sierra Leone 4,06 ; Libéria 3,04 ; Cap-Vert 1,87 ; Gambie 1,81 ; Guinée-Bissau 1,52 ; TOTAL CEDEAO 686,02Source : ..
Bien qu'au départ son rôle soit purement économique, la CEDEAO s'est assez vite intéressée au maintien de la paix. C'est en effet une condition essentielle pour qu'une union puisse se réaliser. Par ailleurs, la CEDEAO crée des infrastructures régionales en matière de transports et de télécommunications.
Le , le Burkina Faso, le Mali et le Niger quittent la CEDEAO.
Histoire Antécédents L'union douanière de l'ouest africain formée par les quatre États du Conseil de l'Entente et le Mali en est l'ancêtre de la CEDEAO..
Établissement En 1972, le général Yakubu Gowon du Nigeria et le général Gnassingbé Eyadéma du Togo proposent la création d'une zone d'intégration économique régionale, attirant l'attention des dirigeants de la région. Ils proposent cela entre et à de la région.
Premier traité En raison de tensions entre différents pays, la CEDEAO décide en 1978 d'adopter un protocole de non-agression, suivi en 1981 par le protocole d'assistance en matière de défense et en par une déclaration des principes politiques. Mais c'est en 1990 que l'aspect sécuritaire de la CEDEAO est appliqué concrètement. Lors de la Conférence des chefs d'État et de gouvernement, est convenue la mise en place d'un groupe surveillant l'application d'un cessez-le-feu, lEconomic Community of West African States Cease-fire Monitoring Group (Ecomog). Ce groupe de supervision est devenu en peu de temps une force d'interposition. Il est notamment intervenu dans les guerres civiles du Liberia, de Sierra Leone et de Guinée-Bissau.
En 1999, à la suite des différentes guerres civiles, les États membres créent une force de sécurité en attente. Cette force conserve son appellation d'origine (Ecomog). Ses principales tâches seront entre autres l'observation et la supervision des cessez-le-feu, le maintien de la paix, l'intervention humanitaire, le déploiement préventif, la construction de la paix, le désarmement et la démobilisation.
En 2000, la Mauritanie se retire de la CEDEAO afin de se consacrer au développement de l'Union du Maghreb arabe. Ce projet ne s'étant pas finalisé, le pays demande en à réintégrer l'organisation..
Traité révisé (depuis 2003) Interventions et médiations Le , la CEDEAO propose au Conseil national pour la démocratie et le développement d'envoyer des forces d'intervention en Guinée.. Le , à la suite du refus de Laurent Gbagbo (déclaré élu par le Conseil constitutionnel de la Côte d'Ivoire) de céder le pouvoir à Alassane Ouattara (déclaré élu par la Commission électorale indépendante, la plupart des États, l'Organisation des Nations unies et l'Union africaine) après l'élection présidentielle de 2010, l'organisation suspend la Côte d'Ivoire de l'ensemble de ses travaux.. Elle est réintégrée après la victoire d'Alassane Ouattara en .
Le , le Conseil de sécurité des Nations unies charge les pays de la CEDEAO de définir un plan de reconquête militaire du Nord Mali. qui se trouve entre les mains de groupes armés islamistes comme Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) et Ansar Dine. La Mission internationale de soutien au Mali commence à se déployer fin .
En , la CEDEAO s'engage dans la médiation de la crise gambienne survenue à la suite de l'élection présidentielle de décembre 2016 et au refus de Yahya Jammeh de quitter le pouvoir au profit d'Adama Barrow donné vainqueur. Le , ce dernier prête serment en tant que président de la République de Gambie dans l'ambassade de Gambie au Sénégal.. Ce même jour, dans l'après-midi, à la suite de l'adoption de la résolution 2337 du Conseil de sécurité des Nations unies, des troupes des armées du Sénégal, du Nigeria, du Ghana, du Mali et du Togo entrent en Gambie « de partout » et en mobilisant « l'ensemble des moyens, terre, air et mer » selon les déclarations du colonel Abdoul Ndiaye, porte-parole de l'armée sénégalaise... Des avions de guerre et un navire nigérians sont mobilisés.. Le , Yahya Jammeh accepte de quitter le pouvoir. Il part en exil le pour Conakry, en Guinée, avant de rejoindre la Guinée équatoriale.. La gestion de la crise gambienne par la CEDEAO est considérée comme un succès sans qu'aucun mort ne soit à déplorer.
Faits économiques et institutionnels Le , le tarif extérieur commun de la CEDEAO entre en vigueur, mais il n'est appliqué que par neuf des États membres. Ce tarif extérieur commun doit remplacer le tarif extérieur commun de l'Union économique et monétaire ouest-africaine mis en place en 2000La CEDEAO lance un appel pour la signature de l'APE et la mise en œuvre du TEC, ICTSD, 9 juin 2016.
Libre circulation Les résidents des États membres de la CEDEAO peuvent circuler dans les États membres et s'y établir sans visa..
Vers la monnaie unique Le , la du conseil de convergence de la zone monétaire ouest-africaine (ZMOA), se tient à Conakry, en Guinée. La ZMAO regroupe les pays membres de la CEDEAO qui n'utilisent pas le franc CFA. La rencontre porte notamment sur le lancement d'une future monnaie de l'Afrique de l'Ouest, l'eco..
Le , les chefs d'État des de la région ont adopté le symbole de l'eco – « EC » – ainsi que le nom de la future banque centrale de la CEDEAO, la « Banque centrale de l'Afrique de l'Ouest ». Aucun calendrier précis n'est annoncé officiellement..
Le , le Nigeria demande un report du lancement de l'eco, monnaie unique ouest-africaine, prévu théoriquement cette année. « La position du Nigeria sur l'eco est que les critères de convergence [entre États] n'ont pas été atteints par la majorité des pays » devant adopter cette monnaie commune, a indiqué la présidence nigériane sur son compte Twitter. « Il doit par conséquent y avoir un report du lancement de la monnaie unique », ajoute-t-elle..
Le , un sommet extraordinaire de la CEDEAO a lieu. De nombreux points sont abordés. Notamment la mise en place de la monnaie unique (eco)..
Fin , l'agence de notation Standard & Poor's réalise une étude sur la concrétisation du projet de sortie du franc CFA, et se dit rassurée par le fait que l'eco reste arrimé à l'euro et que la France continue à garantir sa convertibilité monétaire. Le lancement de la nouvelle monnaie n'aurait donc pas d'effets immédiats, et une dévaluation n'est à ce jour pas prévue. L'étude rappelle de même que « les États membres de l'Union économique et monétaire ouest-africaine ne seront plus tenus de conserver la moitié de leurs réserves de change sur un compte d'opération au Trésor français. Autrement dit, la banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) pourra gérer ses réserves de changes comme elle le jugera approprié »..
Le , le Conseil des ministres français adopte un projet de loi qui entérine la fin du franc CFA.. La BCEAO ne sera plus obligée de déposer la moitié de ses réserves de change auprès du Trésor public français..
Avec la sortie du Mali, du Niger et du Burkina Faso de l'instance, deux monnaies uniques pourraient voir le jour, le SAHEL pour l'Alliance des États du Sahel (AES), et l'ECO pour les pays membres de la CEDEAO..
Membres États membres actuels L'adhésion de tous les membres de la CEDEAO date de la création de l'organisation en 1975, à l'exception du Cap-Vert, qui l'a rejointe en 1976.
(suspendue à la suite d'un coup d'État en )
Membres suspendus En 2021, deux États membres sont suspendus de la communauté à la suite de coups d'État : le Mali en mai, à la suite d'un deuxième coup d'État en neuf mois.., et la Guinée en septembre. La CEDEAO décide de geler les avoirs financiers et d'imposer des interdictions de voyage aux auteurs du putsch en Guinée et à leurs familles..
Le , à la suite d'un coup d'État militaire le qui entraine la démission du président Roch Marc Christian Kaboré, obtenue sous la menace et l'intimidation, le Burkina Faso s'ajoute à la liste des membres suspendus..
Le , le Mali obtient la levée des sanctions financières et économiques de l'organisation, mais il reste suspendu des organes de la CEDEAO. La CEDEAO accepte les deux ans de transition au Burkina Faso et la nomination de Thomas Boni Yayi comme médiateur pour la Guinée..
Le , la CEDEAO suspend toutes les transactions commerciales et financières avec le Niger à la suite du coup d'État militaire de juillet 2023..
Le , le Burkina Faso, le Mali et le Niger, ayant des pouvoirs militaires à leur tête après des coups d'État, annoncent leur volonté se retirer de la CEDEAO et ce avec effet immédiat.., sans toutefois en informer l’organisation par voie officielle. Si chaque État membre est libre de quitter l’organisation, ce départ ne peut s’effectuer avant l’expiration d’un délai d'un an stipulé par l’article 91-1 du traité révisé de la CEDEAO. Cependant, le Mali et le Burkina Faso annoncent ne pas vouloir respecter les engagements multilatéraux et tenter une sortie « sans délai ».. Le , après une conversation avec Vladimir Poutine, le président du Sénégal Bassirou Diomaye Faye évoque la possibilité d'un maintien des trois pays de l'Alliance des États du Sahel au sein de la CEDEAO pour des raisons liées à la sécurité régionale.. Le , les dirigeants du Burkina Faso, du Mali et du Niger réaffirment leur décision de quitter la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest..
Le , la Conférence des chefs d'État de la CEDEAO adopte une période de transition pour la sortie du Niger, du Burkina Faso et du Mali, du au . Pendant cette période de transition, la CEDEAO veut continuer la médiation.. Le , le Mali, le Niger et le Burkina Faso rejettent le délai de rétractation accordé par la CEDEAO..
En , les chefs d'États de la CEDEAO se réunissent pour acter les formalités de sortie des pays de l'alliance des États du Sahel..
En , la Guinée-Bissau est suspendue à la suite d'un coup d'État..
Le , la Guinée est réintégrée au sein de la CEDEAO..
Demandes d'adhésion : Le pays, après avoir fait son retour au sein de l'Union africaine après d'absence, a formulé une demande d'adhésion à la CEDEAO le . (il était déjà membre observateur de l'organisation depuis 2005). Le , l'organisation donne son accord de principe à cette demande.. Initialement prévue pour , la décision finale de la CEDEAO devait être rendue en 2018. Cependant la décision a été reportée à une date ultérieure..
: Le pays a quitté la CEDEAO en 2000. Néanmoins, il a signé un accord d'association avec l'organisation le : à travers cette alliance actée par la ministre mauritanienne du Commerce, Naha Mint Mouknass, et son homologue sénégalais, Alioune Sarr, la Mauritanie devient donc officiellement membre associé de l'organisation..
Anciens États membres