L' (en anglais, dystrophic epidermolysis bullosa ou DEB) est une maladie génétique se divisant en trois sous types : l'épidermolyse bulleuse dystrophique récessive type Hallopeau-Siemens (EBDR-HS) ; l'épidermolyse bulleuse dystrophique récessive type non Hallopeau-Siemens ; l'épidermolyse bulleuse dystrophique dominante (EBDD). Elle appartient au groupe des épidermolyses bulleuses héréditaires.

Historique Hallopeau-Siemens sont les noms des deux médecins qui étudièrent cette maladie, les docteurs François Henri Hallopeau et .

Épidémiologie Les estimations épidémiologiques ont été obtenues à partir de recensements aux États-unis, qui évaluaient en 1990 à 8 cas pour un million d'habitants et, sur la période 1986-1990, à 18 cas parmi un million de naissances la prévalence et l'incidence des différentes formes héréditaires d'épidermolyse bulleuse.

Formes cliniques Dans l'épidermolyse bulleuse dystrophique récessive de type Hallopeau-Siemens dite forme classique grave, les bulles et les érosions se forment dès la naissance. La cavité buccale est aussi atteinte, pouvant entraîner une fusion de la langue sur le plancher de la bouche avec diminution de la taille de la bouche. Les érosions de l'œsophage sont responsables de dysphagie. Des ulcérations de la cornée peuvent aboutir à une perte de la vision. Les érosions des doigts et des orteils entraînent des cicatrices avec fusion des doigts et des orteils dite en moufles. Le risque de dégénérescence en carcinome est supérieure à 90 % Fine JD, Bauer EA, McGuire J, Moshell A, eds (1999) ..

Par contre, dans l'épidermolyse bulleuse dystrophique récessive type non Hallopeau-Siemens, les érosions et les bulles sont limitées aux mains, pieds, genoux et coudes sans limitations des mouvements et sans processus de rétractions cicatricielles des doigts et des orteils.

Dans l'épidermolyse bulleuse dystrophique dominante les bulles sont souvent limitées aux mains, pieds, genoux et coudes. Une dystrophie des ongles, surtout des orteils, est habituelle et peut être la seule manifestation de cette maladie.

Diagnostic Le diagnostic se fait par la biopsie cutanée avec examen au microscope électronique et l'utilisation de l'immunofluorescence. Le gène COL7A1, codant la protéine , est le principal gène impliqué dans cette pathologie. Le séquençage des exons 74, 75 et 76 de ce gène détecte 75 % des mutations. Le séquençage de tout le gène détecte 95 % des mutations. D'autres gènes sont aussi impliquésBardhan A, Bruckner-Tuderman L, Chapple ILC et al. Epidermolysis bullosa, Nat Rev Dis Primers, 2020;6:78-78.

Prise en charge La prise en charge nécessite que les bulles soient incisées et pansées avec des matériels non adhérents. Les enfants ayant la forme classique sévère ont des troubles de la croissance en raison des pertes liquidiennes et des électrolytes. La nutrition de ces enfants nécessite parfois une gastrostomie. Le fer et des suppléments en calcium et vitamine D sont souvent nécessaires. Une lutte contre les contractures doit être organisée. Dès l'âge de 20 ans, le dépistage de la dégénérescence carcinomateuse est commencé.

Dans divers pays, des associations se proposent de rassembler et soutenir patients et familles.

Perspectives de traitement En 2022, un essai de thérapie génique topique in vivo a permis d'obtenir des résultats satisfaisants dans le cadre de l'épidermolyse bulleuse dystrophique récessive. Le traitement consiste à appliquer sur les plaies un gel appelé contenant un vecteur HS1 non répliquant apportant le gène COL7A1 qui permet aux cellules de la peau de produire la protéine COL7 déficiente... L'application du gel permet la cicatrisation complète des lésions dans deux tiers des casGuide SV, Gonzalez ME, Bağci IS et al. Trial of beremagene geperpavec (B-VEC) for dystrophic epidermolysis bullosa, N Engl J Med, 2022;387:2211-2219. L'application de ce même produit sur l'oeil a permis la cicatrisation de la conjonctivite secondaire à la maladieVetencourt AT, Sayed-Ahmed I, Gomez J et al. Ocular gene therapy in a patient with dystrophic epidermolysis bullosa, N Engl J Med, 2024;390:530-535.

Notes et références

Liens externes Page spécifique sur Orphanet Protocole national de diagnostic et de soins pour les maladies rares (PNDS) spécifique diffusé par la HAS, , 63 Ellen G Pfendner, Anne W Lucky « Epidermolysis Bullosa Dystrophica » in GeneTests: Medical Genetics Information Resource (database online). Copyright, Université de Washington, Seattle. 1993-2006

Vidéographie

Catégorie:Maladie génétique rare Catégorie:Collagénopathie Catégorie:Dermatose bulleuse Catégorie:Maladie liée au chromosome 3 humain