Cet article dresse une liste des ponts (viaducs) et passerelles de Lyon sur le Rhône et la Saône, ordonnés d'amont en aval.

Sur le Rhône vignette|900px|center|Plan des ponts sur le fleuve Rhône. Pont Raymond-Poincaré (1939-1989)

vignette|right|Le pont Raymond-Poincaré en 2008. Le pont Raymond-Poincaré est compté parmi les ponts de Lyon même s'il est en fait en dehors de la limite de la ville : sur la rive droite, on se trouve à Caluire-et-Cuire, sur la rive gauche à Villeurbanne. Ce pont ne fut construit que tardivement, en liaison avec la mise en place du boulevard périphérique initié par le président du Conseil général Laurent Bonnevay, dont il porte aujourd'hui le nom.

En 1937, on commença l'édification d'un ouvrage classique en béton reposant sur quatre piles. Dès le début, on le dédia à Raymond Poincaré, président de la République de 1913 à 1921, président du Conseil de 1926 à 1929, période pendant laquelle il doit dévaluer le franc, qui devient le franc Poincaré.

Le , il est baptisé pont Raymond-Poincaré. En 1940, les travaux du pont reprennent, mais le pont est détruit par l'offensive des forces allemandes. La guerre ralentit les travaux mais ceux-ci recommencent immédiatement jusqu'à la destruction totale des arches dynamitées par les Allemands avant leur retraite.

Le pont est reconstruit en 1950. À la suite d'une inspection de contrôle, on découvre des fissures dans le béton du pont qui est fermé à la circulation. Les travaux reprennent et le pont est ouvert en 1954, mais 10 ans plus tard, des fissures apparaissent au-dessus des voies de chemin de fer. Il est remplacé par un pont provisoire en fer qui reste en place jusqu'à la réouverture du pont dans son état actuel en 1989. Plus récemment encore, on l'a élargi et modifié à ses deux extrémités pour le raccorder à l'échangeur du périphérique Nord et par un gigantesque giratoire au boulevard Laurent-Bonnevay.

Il est encore aujourd'hui très fréquenté, mais le périphérique Nord, qui est gratuit dans le franchissement du Rhône, l'a soulagé d'une partie de son trafic.

Viaduc ferroviaire de Saint-Clair (1857) vignette|Le viaduc ferroviaire de Saint-Clair (1857) en 2008. Le viaduc ferroviaire en fonte est construit de 1854 à 1857 pour supporter la ligne Lyon-Genève qui fusionne cette même année avec la PLM. Il permet le passage aujourd'hui, par le tunnel de Collonges, vers l'ouest de la France et vers Paris, puisque le TGV l'emprunte. Il se trouve à quelques mètres en parallèle du pont routier Raymond-Poincaré.

Les piles reposent toujours sur des pieux enfoncés dans le Rhône, et la construction de la Cité internationale de Lyon, qui a rétréci le lit et augmenté le niveau de l'eau, a été l'occasion d'une refonte, d'un renforcement complet de leurs bases protégées par des massifs de béton. En 1856, lorsque les travaux étaient très avancés, on les avait arrêtés car on soupçonnait le pont d'avoir fait barrage et augmenté le niveau de l'inondation. On obligea les constructeurs à remplacer l'extrémité occidentale de la digue qui limite le parc de la Tête d'or par plusieurs travées permettant le passage des eaux. Cette disposition est toujours très visible.

Endommagé par les Allemands en 1944, il est totalement rouvert au trafic en 1946.

Passerelle de la Paix (2014)

Le Grand Lyon construit une passerelle entre la Cité internationale et la place basse Henri Demoncy du parc de Saint-Clair (commune de Caluire-et-Cuire)Informations complémentaire sur le .. Le premier projet, conçu en 1994, n'a pas été réalisé à cause d'un différend juridique avec l'un des candidats à la maîtrise d'œuvre. Un nouveau projet, conçu par l'architecte autrichien Dietmar Feichtinger., a été relancé en 2009. Les travaux de cette passerelle longue de ont débuté en 2012 pour être achevés en 2014. La construction a été confiée à l'entreprise Suisse ZM et le études d'exécution au bureau d'études Suisse T-Ingénierie qui aura la délicate tâche d'étudier le comportement dynamique de cet ouvrage élancé et de le préserver des phénomènes d'instabilité élastique.. La passerelle est nommée « passerelle de la paix » par décision du conseil municipal du ..

Pont Winston-Churchill (1982)

right|vignette|Pont Winston-Churchill en 2008. En 1862, le maréchal de Castellane fait construire un pont constitué de bateaux afin de relier le Grand-Camp (La Doua) au camp de Sathonay. Ce pont volant est remplacé par une passerelle métallique qui est emportée en 1874.

En 1899, un nouveau pont métallique est conçu par l'ingénieur Ernest Fabrègues. Il a une silhouette inhabituelle pour les lyonnais car il est suspendu à trois doubles arches aériennes, reposant sur deux culées et deux piles intermédiaires. Victor Augagneur maire à l'époque ne l'inaugure pas tant l'ouvrage est critiqué par ses concitoyens ; les lyonnais lui prêtent le nom de pont de la Boucle, en raison de la grande courbe que décrit le Rhône contre les balmes de Caluire. Il est long de , avec une largeur faible de pour seulement de chaussée, encadrée par deux trottoirs de . Cette étroitesse provoque d'incessants embouteillages.

L'arche en rive droite est détruite par l'armée allemande en septembre 1944. Reconstruit, l'ouvrage rouvre en 1946. Un jour, le maire, Louis Pradel, s'aperçoit que cet ouvrage n'a jamais été baptisé ; il le baptise donc du nom de Winston Churchill le .

Très gênant pour la circulation d'une part, fortement corrodé d'autre part, il est remplacé par un pont en béton précontraint à trois travées construit par encorbellements successifs sous la maîtrise d'œuvre de Gilbert Lamboley. Il est inauguré en par le maire Francisque Collomb.

Pont Saint-Clair (1846-1952)

Un premier pont, le pont Égyptien, est jeté sur le Rhône en 1846. Son nom vient des huit colonnes égyptiennes qui supportent les câbles du pont. Il est long de , avec une chaussée de encadrée par deux trottoirs de . Cet ouvrage d'art est emporté par un moulin lors d'une crue en 1854.

Le pont rouvre au public le . Construit dans un style plus sobre, il est aussi légèrement plus étroit : de chaussée et deux trottoirs de . Appelé pont Saint-Clair (attesté en 1875), il est renommé pont Vaïsse le en hommage à Claude-Marius Vaïsse.

Pont de Lattre-de-Tassigny (1956)

vignette|right|Pont de Lattre-de-Tassigny en 2008.

En 1952, le percement du tunnel de la Croix-Rousse est achevé ; on détruit alors le pont Vaïsse en 1953 et on reconstruit en 1956 un peu plus en aval dans l'alignement du tunnel un nouveau pont nommé en hommage à Jean de Lattre de Tassigny. Ce pont en béton est long de et large de (chaussée de et trottoirs de ).

Pont Morand (1976)

vignette|Pont Morand vers 1900. vignette|Pont Morand en 2026. Construit à l'origine en bois, par l'architecte urbaniste Jean-Antoine Morand de Jouffrey, en 1774, c'est le deuxième plus ancien des ponts sur le Rhône. Il est long de et large de . Il a porté plusieurs noms : pont Saint-Clair, pont Rouge ou de Bois à l'origine, pont Affranchi en 1793, pont des Victoires en 1794, puis pont Morand (attesté en 1810). En 1825, le pont s'écroule ; il est alors remplacé par un pont volant pendant sa reconstruction. En 1854, il résiste à la crue qui emporte le pont Saint-Clair qui vient heurter ses piles et bloquer les eaux.

Mais dans les années 1880, le pont vétuste menace de tomber en ruine et doit être limité à la circulation. Dans les années 1890, il est remplacé par un pont à structure métallique reposant sur des piles de maçonnerie. Il est long de , avec une chaussée de et deux trottoirs de . L'arche centrale est détruite par les Allemands en 1944. Le , un pont provisoire en bois, le pont du Bâtiment, est ouvert pour permettre la circulation pendant les travaux de reconstruction du pont Morand. Il est constitué d'un tablier de reposant sur dix piles sur pilotis. Le pont définitif est rouvert le .

Il est démoli à son tour en 1974 dans le cadre des travaux du métro. En 1976, le pont actuel en béton précontraint long de est inauguré. Il permet au métro de circuler à l'intérieur du tablier, tandis que les automobiles et les piétons sont en surface sur une chaussée de de large et deux trottoirs de . Conçu à l'origine comme le premier de deux ponts jumeaux, il est dans l'alignement du projet de la percée Morand-Martinière, à la différence des ponts précédents, qui étaient dans l'alignement du cours Franklin-Roosevelt (ancien cours Morand). Ce projet ayant été abandonné, le deuxième pont Morand n'a jamais été construit.

Passerelle du Collège - Famille Péju (1844)

vignette|Passerelle du Collège en 2025. Cette passerelle suspendue tire son nom du Lycée Ampère car elle débouche rive droite sur le passage Ménétrier inclus dans le collège du même nom, autrefois appelé le Grand Collège sous l'Ancien Régime - le Petit Collège étant sur la place du même nom dans le Vieux-Lyon.

Elle fut construite sur la pression des habitants de la rive gauche qui ne disposaient pas de lycée public (celui de jeunes filles n'apparut qu'à la fin du et celui du Parc qu'après la guerre de 1914) ; la passerelle permettait aux élèves de ne pas faire le détour par les ponts Morand ou Lafayette et de traverser en sécurité.

La compagnie des ponts du Rhône est mise en demeure en 1842 et est obligée à la réalisation ; un projet est approuvé dès le mois de juillet. La passerelle en "fils de fer" repose toujours sur trois piles, dont les enrochements sont renouvelés de temps à autre, et comporte trois travées de au centre et de sur les côtés dont la largeur est de .

La construction fut marquée par un accident tragique : les travaux étaient presque achevés, lorsque le un boulon retenant un câble dans sa gaine se cassa. La passerelle s'écroula et 8 ouvriers se noyèrent. Les travaux reprirent immédiatement et on put circuler sur l'ouvrage le .

La passerelle est en partie détruite en 1944, une des piles est reconstruite quasiment à l'identique en pierres appareillées (celle du milieu porte une inscription commémorative). La passerelle est enfin ouverte au public le . Depuis lors, ce passage pour piétons du quai Jean-Moulin au quai Général-Sarrail est très fréquenté.

En novembre 2025 le Conseil Municipal vote le nouveau de la passerelle : Passerelle du Collège - Famille Péju, en hommage à la famille Péju engagée dans la Résistance puis dans la vie culturelle lyonnaise. Le changement de nom est inauguré le 23 février 2026.

Pont Lafayette (1890)

C'est le troisième plus ancien pont sur le Rhône. En 1826, est construit un premier pont, le pont Charles-X ou pont du Concert à partir de 1828. Long de et large de , il est constitué d'une charpente en bois reposant sur des culées et des piles en maçonnerie.

Le , Lafayette fait une entrée triomphale dans Lyon en empruntant le pont qui est rebaptisé en son honneur le . Il est emporté par des crues en 1840, puis en 1856.

Trop vétuste, il est remplacé en 1890 par le pont actuel, à structure métallique reposant sur des piles en pierres de Porcieu-Amblagnieu. L'arche centrale, détruite en , est reconstruite et le pont rouvre en 1946.

Pont Wilson (1918)

vignette|Pont Wilson en 2026. Un premier pont, le pont de l'Hôtel-Dieu ou de l'Hôpital fut construit en 1837-1839 par l'entrepreneur Clauzel, pour le compte de la compagnie des ponts du Rhône. Ce pont suspendu, d'une longueur de , repose sur des piles en béton massif, protégé par un enrochement.

En 1887, l'état du pont est jugé alarmant et il est finalement démoli en 1912. Il est remplacé par un pont en bois provisoire, puis par le pont Wilson inauguré le . Le nouveau pont est beaucoup plus large que l'ancien ( contre 7 auparavant) ; les trottoirs passent ainsi de à . Il est à l'époque d'un structure révolutionnaire puisque doté d'un tablier en béton armé reposant sur des piles en maçonneries en pierre de la Villette. Ce pont est endommagé en et rouvre définitivement en 1948.

Pont de la Guillotière (1958)

vignette|Pont de la Guillotière en 2026.